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Témoignages sur la « prison » Bellecour

Publié le 22 octobre 2010

Maj le 16 septembre 2012

Compilation des témoignages reçus par rebellyon.info sur la « prison » à ciel ouvert que fut la place Bellecour jeudi 21 octobre pour près de 500 personnes. Pour ajouter votre témoignage, le forum sous l’article est à votre disposition. Lire aussi le suivi de la journée de jeudi.

Sommaire

- Suites
- Les videos
- Les photos
- Du son
- Les témoi­gna­ges
- Les appels aux témoi­gna­ges

Suites

- Un tract a été fait à partir de témoi­gna­ges recueillis ici, faites tour­ner !

PDF - 119.8 ko
Tract témoignage Bellecour

- Une lec­trice nous fait part des pour­sui­tes juri­di­ques à l’encontre du préfet qui pour­raient être mises en oeuvre….

Vidéos

Journée du 21 en vidéo bien­tot sur RebellyonTV


Un autre témoi­gnage vidéo

Photos

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La manif’ d’Antonin Poncet bloquée par les gardes mobiles
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Bellecour, la souricière 21 octobre (photo Ando)
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Le GIPN sur la place (Photo Ando)
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Bellecour, la souricière 21 octobre (photo Ando)
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Bellecour, la souricière 21 octobre (photo Ando)
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De la place Antonin Poncet (photo Pauline A.)
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Supercopter (photo Burak Koca)

Les photos notées d’Ando sont signées @fight­wi­th­dogma et @bi­loud43, et sont tirées d’un album « Bellecour, la sou­ri­cière, 21 octo­bre » dispo sur Flickr.

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Fouilles et arres­ta­tions à la sortie - Fle-ur

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Les cars des­ti­nés à embar­quer les mani­fes­tants - Fle-ur

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Soutien au bout de la rue de la Barre - Fle-ur

Nous rece­vons beau­coup de photos de cette jour­née, dif­fi­cile de toutes les mettre… Pensez à flou­ter les visa­ges des mani­fes­tant-e-s sur les photos, tout le monde n’a pas for­cé­ment envie d’être vu / reconnu ! Merci.

Sons

- un repor­tage de l’émission de Radio Canut « Mégacombi » de l’inté­rieur de la place Bellecour est dispo :

Témoignages


Il est 2h du matin, et je ne peux tou­jours pas dormir, après ce que j’ai vu et entendu aujourd’hui place Bellecour.

Je suis restée blo­quée d’envi­ron 13h30 à 17h30, et je ne suis sortie saine et sauve, et sans contrôle, uni­que­ment parce que je suis une jeune femme blan­che, sans dreads ni pier­cing...
J’ai vu un CRS faire le signe de déca­pi­ta­tion en rica­nant, à l’atten­tion de mon ami. C’était après nous avoir dit qu’on pou­vait sortir du côté de la Saône, en ajou­tant « Merci qui ? ». Mon ami lui avait alors envoyé un baiser avec la main... Et voilà, comme ça, c’est beau : un repré­sen­tant du pou­voir en place faire ce signe de mort en rica­nant !
J’ai vu un type se faire pren­dre et tabas­ser lors d’une charge de CRS alors qu’il ne fai­sait rien, qu’il était juste là, à fuir, à tenter de se pro­té­ger, à être là, comme nous, sauf qu’il était un jeune homme d’ori­gine magh­ré­bine, évidemment.

Au fait, se faire char­ger quand on sait qu’il n’y a aucune issue, c’est une sacrée expé­rience ! On a véri­ta­ble­ment essayé de se pré­pa­rer psy­cho­lo­gi­que­ment à se faire matra­quer. C’est dur (hohoho).

Plus tôt, après une charge, des coups de feu (lacrymo ? fla­sh­ball ?), je me retourne et je vois une fille à terre, incons­ciente, de l’écume aux lèvres, der­rière un kios­que à l’est de la place. Que doit-on faire ? Est-elle sim­ple­ment évanouie ? A-t-elle reçu quel­que chose dans la tête ? A-t-elle une crise quel­conque ? A-t-elle besoin de secours d’urgence ?
Je cours vers un mur de CRS, en hur­lant, hys­té­ri­que, d’appe­ler le SAMU (« IL Y A UNE FILLE A TERRE INCONSCIENTE ET C’EST A CAUSE DE VOUS ! » je hurle de toutes mes forces), JE VOIS ALORS UN CRS SOURIRE !!!

Avec mon ami, on a dis­cuté avec beau­coup de ces « cas­seurs des cités » : tous étaient froi­de­ment cons­cients de la situa­tion poli­ti­que, et SURTOUT DU RACISME OMNIPRÉSENT. Les blancs eux, s’en sor­ti­ront, PAS EUX, ni aujourd’hui, ni demain, ni dans la vie ! On a dis­cuté avec des jeunes qui cor­res­pon­daient par­fai­te­ment aux cli­chés relayés par les médias : jeunes d’ori­gine afri­caine à fou­lard, bas­kets, capu­che... On a briè­ve­ment dis­cuté de la réforme (“et on ne va pas tra­vailler jusqu’à 70 ans !” me dit un jeune avec un petit sou­rire au lèvres : il le sait, il est sur­tout là pour se battre contre une société raciste et pour­rie, dont la réforme est un élément qui fina­le­ment ne le concerne que de loin), on a appris que cer­tains lycéens se bat­taient également contre la sup­pres­sion des BEP, on a parlé du racisme, de la pro­pa­gande... Tous sem­blaient rési­gnés ; il n’y avait AUCUNE VIOLENCE.

Après l’ultime charge, le piège tendu contre nous vers 17h20, des tirs, on se plaque contre une vitrine avec d’autres jeunes, puis on se réfu­gie, mon ami et moi, pani­qués, dans la pre­mière cour inté­rieure, pour se pro­té­ger des tirs (là encore, pas eu le temps de voir, ou de sentir ce que les repré­sen­tants de l’État fran­çais tiraient). Il y a là, dans l’esca­lier de cet immeu­ble, un jeune d’ori­gine magh­ré­bine, un lycéen tout gentil, un peu enrobé, à la voix douce, bref tout sauf quelqu’un de mena­çant et d’effrayant, qui s’est retrouvé bloqué vers 11h place Bellecour alors qu’il ne fai­sait que passer. Il nous a raconté, sans haus­ser la voix, comme si c’était là quel­que chose de banal, qu’un CRS, en le blo­quant, lui a dit d’un air mépri­sant qu’il l’avait reconnu, lui, un « cas­seur » de ce matin 9h. Le garçon nous a alors dit : « à 9h, je fai­sais une interro ! ». « Ils m’ont dit que les Blancs pas­saient mais pas les autres ». Je lui ai alors fait répé­ter la chose, ne pou­vant en croire mes oreilles. Oui, oui, le CRS lui a dit ça comme ça. Oui, oui. D’autres jeunes stig­ma­ti­sés depuis leur plus jeune âge par les flics nous ont adressé plus tôt la parole, d’un air rési­gné : « eh pour­quoi vous partez pas vous ? Vous êtes blancs, essayez, ils vous lais­se­ront passer, vous... ». Nous n’avons pas essayé. Trop fiers pour tenter de partir, trop effrayés pour faire face à une charge de CRS. Dans cette cour, trois filles sont ensuite venues non pas se réfu­gier, mais faire pipi. Elles sont ensuite res­sor­ties ; nous n’avons pas osé.

Finalement, pas de contrôle d’iden­tité pour nous : « coup de chance » : dans la cour où nous nous sommes « réfu­giés » (on atten­dait les flics, prêts à mettre les mains sur la tête), on voit arri­ver des jeunes de droite à mèche ! Surréaliste ! Les che­veux de droite se reconnais­sent de loin ; enfants de bour­geois habi­tant place Bellecour, et leurs copains riches de droite. Une dis­cus­sion suit en bas des esca­liers avec deux d’entre eux, pen­dant que des jeunes pau­vres se font matra­quer sur la place : non, tous les gens qui ont voté Sarko ne sont pas pour ça, nous dit l’un des jeunes à la coupe Sarko fils pré-tonte ; ça....
Mon ami s’énerve, lui dit que si, que si on a voté Sarko, on a voté pour le racisme, pour l’État poli­cier, pour l’ORDRE, pour ça, CA... Les gens savaient, ils savaient pour quoi ils votaient : pour ça !
Le jeune d’ori­gine magh­ré­bine lui se tait, c’est juste un gamin qui veut ren­trer chez lui. Ces deux jeunes de droite avaient l’air si sym­pa­thi­ques, si inno­cents, et pour­tant c’est eux aussi la France qui pue.
Au final, c’est « grâce » à un groupe de blancs riches que nous sommes sortis sans contrôle, la rage et la peur au ventre. Un flic à blou­son en cuir et bras­sard entre dans la cour, nous dit de sortir, qu’on peut partir main­te­nant. On ne le croit pas ; je lui dis :« et tout à l’heure ? Vous nous avez dit qu’on pou­vait partir ! ». Il m’ignore, et va parler aux riches. Le gamin se dirige vers la porte, on le retient en lui disant d’atten­dre pour sortir avec les blancs. Il refuse. On insiste, on le met en garde, mais il a son hon­neur, lui. Il garde la tête haute, et s’en va.
Puis nous sor­tons, nous, effrayés, avec ces gens, un bon Français aux che­veux gris et à lunet­tes, une dame à talons, et des autres Blancs. Nous pas­sons devant les autres jeunes restés sur la place, qui sont main­te­nant contrô­lés par les flics, un à un, vers le pont Bonaparte. Je n’ai pas pu rete­nir mes larmes en criant aux badauds, une fois le bar­rage de flics passé sans encom­bres, sans même un arrêt : « Nous sommes passés parce que nous sommes blancs ! Elle est belle la France, hein ?! »

Plus tard dans les rues tou­ris­ti­ques du 5e, je vois une télé­vi­sion dans un bou­chon. Je m’avance, une com­mer­çante me dit bon­soir, pen­sant que je suis une cliente. Je ne fais pas atten­tion, je tente d’aper­ce­voir des images de ce que je viens de vivre. La bonne Arbeiter me redit bon­soir, cette fois fer­me­ment, comme si je lui avais manqué de res­pect, comme à une gamine. Je la regarde dans les yeux et lui répond « Bonsoir. ». Je me retourne vers l’écran. J’entends la femme me lancer :« ah, la télé » comme si j’étais une mouche atti­rée par la lumière. Je réponds : « oui, je veux voir la pro­pa­gande ». « La pro­pa­gande ? » me lance-t-elle, d’un air à la fois moqueur et cho­quée. J’ai alors eu envie, pen­dant une frac­tion de seconde, de lui défon­cer la gueule. Mon fiancé m’a prise et m’a enle­vée de là, et je ne suis même pas arri­vée à pro­non­cer un mot intel­li­gi­ble. Nous sommes partis.

QUE DOIVENT RESSENTIR CES JEUNES CONSTAMMENT STIGMATISÉS SI MOI-MÊME JE PEUX RESSENTIR UNE TELLE HAINE APRÈS UNE APRÈS-MIDI ????!!!! RÉSISTANCE FACE A LA FRANCE QUI PUE !

Lapins


Bonjour,

Je suis un étudiant en phi­lo­so­phie et je vis à Lyon. Aujourd’hui, jeudi 21 octo­bre, alors que je me diri­geais de l’hôtel de ville en direc­tion de ma faculté, j’ai du emprun­ter la place Bellecour ; à savoir le chemin logi­que et normal.

En arri­vant à l’entrée de la place Bellecour à 14H30, je vis de nom­breux CRS pré­sents tout autours de la place, néan­moins aucun réel bar­rage n’était en place et les forces de l’ordre ne m’ont abso­lu­ment rien dit en me voyant arri­ver et se sont même sépa­rées dou­ce­ment pour me lais­ser passer. Je m’engage donc tran­quille­ment sur la place. Cependant, à l’autre extré­mité, je fais face à une ordre de CRS en posi­tion de blo­cage. Je décide de faire demi-tours, cons­ta­tant que l’ensem­ble des sor­ties de la place sont blo­quées de la même façon. Arrivant par là où j’étais entré sur la place, je cons­tate qu’un bar­rage de CRS vient d’être mis en place. Ceux-ci me refu­sent le pas­sage sous pré­texte des ordres du préfet alors même que quel­ques minu­tes avant ils venaient de me faire péné­trer sur la place.

C’est alors que com­mence un déten­tion avec plu­sieurs cen­tai­nes de per­son­nes sur la place, sans aucune raison.

Pire encore, durant cette déten­tion, je décou­vre que cer­tai­nes per­son­nes sont enfer­mées depuis 13H15, donc les forces de police m’ont laissé ren­trer en sachant par­fai­te­ment qu’il s’agis­sait d’un piège.

Pendant ma déten­tion, sachez que toutes les per­son­nes âgées, ou même non-jeunes pour être précis, ont pu partir sous pré­texte qu’elles « habi­taient la rue juste à côté ». Un véri­ta­ble fil­trage a opéré pen­dant cette période, afin que nous ne finis­sions qu’entre « jeunes », favo­ri­sant ainsi l’amal­game entre lycéens révol­tés et cas­seurs. Les forces de police ont été bru­ta­les, insul­tan­tes, face à des per­son­nes pro­fon­dé­ment calmes, cher­chant juste à com­pren­dre ce qu’il se pas­sait. C’est fina­le­ment après 5 heures que je pu sortir par le « Check-Point » mis en place à l’une des sor­ties. Là, sachez que je fus vic­time d’un contrôle d’iden­tité abusif, allant même jusqu’à pren­dre une pho­to­gra­phie de mon visage. Je sortis à 19H30, sans aucune autre expli­ca­tion. Enfin, durant les 5 heures d’enfer­me­ment, seule une ving­taine de per­son­nes ont osé se révolté, résul­tant d’une répres­sion aux gaz lacry­mo­gè­nes et tirs de jets d’eau à haute pres­sion. Qui, enfermé pen­dant 5 heures sans raison, insulté et dégradé par des forces de police, ne devien­drait pas fou ? L’état cher­che à engen­drer une haine chez les jeunes en les enfer­mant volon­tai­re­ment et en les pous­sant à bout. Ainsi, les diri­geants pour­rons, preu­ves à l’appui, dis­cré­di­ter au yeux de son peuple soumis et cré­dule l’enga­ge­ment des jeunes dans cette réforme.


Je suis écœuré. Difficile de trou­ver les mots. Pas l’habi­tude d’écrire. Mais je res­sens le besoin de témoi­gner tout sim­ple­ment. Je ne par­le­rai que de cette jour­née du Jeudi ici à Lyon Bellecour. 


Ce matin vers 10h45, avant d’aller cher­cher mon enfant à l’école, quel­ques grou­pes d’étudiants regrou­pés, atten­dant pour mani­fes­ter. Aucune agi­ta­tion. Les forces de l’ordre encer­claient, contrô­laient déjà tous les accès. À noter en plus l’ héli­co­ptère(pas encore là à ce moment), les 2 tanks à eau...

Je suis revenu vers 13h45, j’ai pu ren­trer sur la place et me poser vers la rue Emile Zola sur un banc comme la plu­part des lycéens. Quelques pas­sants... Et même une « baqueuse » avec bras­sard rouge, casque, bou­clier qui tra­ver­sait en solo d’un bout à l’autre à grands pas... À côté de moi, un groupe d’ado­les­cents. J’entends l’un d’eux dire : « J’ai envie de pisser ! J’en peux plus... ! » Un autre lui répon­dre ; « T’as essayé là-bas quai de Saône ? » Je regarde plus atten­ti­ve­ment et je vois en effet que chaque ado était refoulé par les crs. Soleil, un gros pétard qu’explose tran­quille­ment...calme plat.

Puis vers 14h00, retenti un méga­phone et cla­meur... Comme beau­coup d’autres, je me lève et pars en direc­tion de la place Antonin Poncet. Arrivé à l’angle, attrou­pe­ment de jeunes, qui comme moi vien­nent voir ce qui se passe. Je vois des dra­peaux : « Libérez nos cama­ra­des ! Libérez nos cama­ra­des ! » Je passe le contrôle...je sens un regard casqué se retour­ner vers moi et... rien.. Jean, blou­son, che­veux gri­son­nant, je passe.. 
La ten­sion monte.. Crs et Bac+ camion­net­tes cons­ti­tuent une cein­ture empê­chant l’inter­syn­di­cal et d’autres venus, côté place Antonin Poncet sou­te­nir et mani­fes­ter avec les lycéens, côté Bellecour... Les points se lèvent, des cris cou­vrent le bour­don­ne­ment de l’héli­co­ptère qui tourne au-dessus de nos têtes inlas­sa­ble­ment... Autour de moi, la ten­sion monte, en moi aussi... Situation blo­quée.

Cette situa­tion est restée blo­quée ainsi pen­dant plus d’un quart d’heure sans aucune hos­ti­lité. Du coup, j’ai pris le temps de regar­der de plus prêt les crs, leur équipement, mais aussi leur regard. J’ai vu des cyborgs.. Aucune dis­cus­sion pos­si­ble. Le rap­port de force (pro­tec­tion, équipements armés) est tel­le­ment dis­pro­por­tionné que je me suis senti agressé, menacé.. Puis, la ten­sion monte encore, encore et ce blo­cage de cette situa­tion absurde, amène quel­ques jets de pierre. Moi phy­si­que­ment, je ne savais pas quoi faire et j’ima­gi­nais qu’une percée pou­vait chan­ger le cours des choses et je la res­sen­tais phy­si­que­ment. Nous étions nom­breux, bien plus nom­breux qu’eux. Et par sur­prise, nous aurions réussi. Mais je me voyais mal crier ; " Allez, on fonce dedans... ! 
Non. Je reste debout. Des pier­res volent, j’attends et la pre­mière salve de lacrymo tombe. Des repré­sen­tants syn­di­caux avec des dra­peaux sem­blent par­le­men­ter. ça siffle, ça hue.. Mégaphone : faut rejoin­dre le cor­tège inter­syn­di­cal der­rière sur quai gaille­ton... Vers où ? Laisser les lycéens enfer­mer ? Partir sans eux ? Et aller où ? (Place Guichard). Un p’tit tour et puis s’en vont. Non. Pas envie. La situa­tion était là. Les dra­peaux flot­tent, côté Bellecour, fumée blan­che, les lycéens dis­pa­rais­sent.. Ah oui, j’ai pas bien com­pris mais y’a le dra­peau peace qu’arrive comme un tro­phée sous les accla­ma­tions.. Il se place en tête et là, j’ai même cru naï­ve­ment qu’on allait enfin ren­trer sur la place dra­peau peace en figure de proue. 
Bon j’abrège.

Tension, ten­sion, pétards, roue de vélo, héli­co­ptère, bal­lets des cyborgs, 2e salve bien four­nie de lacrymo et là on recule tous jusqu’au quai et pous­ser jusqu’au début de la rue de la Barre. Pas mal de dra­peaux par­tent en direc­tion de Guichard, regrou­pe­ment, à nou­veau face à face police. Il devait être vers 16h. De loin, Bellecour sem­blait déser­ti­que. Je ne sais pas ce qui s’est passé exac­te­ment. J’ai entendu dire qu’il y avait eu gazage, matra­quage, tan­kage à eau... Sur qui ?, Pourquoi ? Il y a un fil­trage. Comment s’est-il opéré ?

Vers 17h00, je bouge de check­point, celui de la ré, je vois qques lycéens errer dans le vide, ensuite rue Émile Zola, là je vois un crs plai­san­ter, s’amuser à meno­ter une demoi­selle nanti en fai­sant mine de la trai­ner sur la place et faire recu­lons parce qu’il y avait un gradé. Je fais l’tour jusqu’au pont Bonaparte et là je vois plus d’une cin­quan­taine de lycéens les uns der­rière les autres. Ils sont fouillés, contrô­lés. Je demande à l’un d’entre eux qui vient de sortir si ils sont pho­to­gra­phiés. Il me dit que lui non, mais d’autres oui : « J’ai posé des ques­tions dit-il : » Qui pho­to­gra­phiez-vous, sur quels cri­tè­res ? On lui répond : « Eux par exem­ple, en sur­vê­te­ment... ! »

Il com­mence à faire nuit. 
Rue Antoine St Exupéry, un car avec des dizai­nes de lycéens prêt à partir... Un dra­peau rouge avec le visage de Che gue­vara : « Révolution- Solution ». 
Je quitte Bellecour. 
Si mon enfant s’était retrouvé enfermé sur cette place... J’aurais été capa­ble d’une agres­si­vité dif­fi­ci­le­ment contrô­la­ble. Mêmes les pier­res n’auraient pas suffi, encore moins les voi­tu­res retour­nées.. Ce qui est cassé par cer­tains est la marque d’une grande force, d’un grand cou­rage. . Consciemment ou incons­ciem­ment, ces gestes arra­chent des mar­chan­di­ses alié­nan­tes dans un décor de rues murées de vitri­nes, va et vient inces­sant de voi­tu­res stres­sées, bruit, air irres­pi­ra­ble. Marchandises parmi les mar­chan­di­ses, où étes-vous parents ? Où êtes-vous vivants ?

[Mot à la modé­ra­tion ; J’ai sorti tout ce qu’y s’est extirpé de ma tête. Jetez ou publiez. Si trop long, faites ce que bon vous sem­blera, mais ne coupez pas pré­ci­pi­tam­ment .]


D’autres témoi­gna­ges :

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témoignage place bellecour : Retour sur lʼ action des forces de lʼ Ordre place Bellecour 21/10/10
PDF - 50 ko
Témoignage de Lou-Andrea, étudiante de Normale Sup en socio

Vous pouvez lire de très nom­breux autres témoi­gna­ges dans le forum de l’arti­cle.


Appel à témoignage

Comité de lutte :

Nous appe­lons toutes les per­son­nes pré­sen­tes à Bellecour, ce jeudi 21 octo­bre et vou­lant témoi­gner de ce qu’il s’est passé à nous contac­ter rapi­de­ment. Il est néces­saire d’infor­mer la popu­la­tion sur cet évènement, les médias ne fai­sant que relayer la pro­pa­gande gou­ver­ne­men­tale. Le comité de lutte sou­hai­tant orga­ni­ser une confé­rence de presse, nous avons besoin de vos témoi­gna­ges.
Pour nous contac­ter : comi­te­de­lutte at gmail.com

Témoignage vidéo :

Pour par­ti­ci­per au recueil vidéo (au besoin avec mas­quage des visa­ges) des témoi­gna­ges à propos du tra­que­nard poli­cier qui a été orga­nisé place Bellecour les 19 et 21 octo­bre der­niers, vous pouvez join­dre la per­sonne qui s’en occupe aux coor­don­nées sui­van­tes : jf.buire (at) free.fr 06.83.56.34.27

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  • Le 8 décembre 2010 à 15:55, par monique

    Témoignage le mercredi 20 novembre 2010 en fin d’après midi ( entre 17 et 18H30)

    des gaz lacrymogènes ont été utilisés , sans tenir compte du passage de l’ensemble de la population. Comme d’autres se trouvant ici, par hasard, j’ai eu la désagréable surprise alors que je faisais mes courses , de me faire gazer , rue Paul Bert alors que j’arrivais en haut de la rue, à proximité de l’ancienne « fosse aux ours » : yeux qui pleurent, gorge prise, très grande difficulté à respirer malgré le foulard que j’avais aussitôt placé sur mon visage ; sans compter,l’affolement , de deux mamans avec enfants et bébés dans des poussettes, dans les gaz, qui se dirigeaient en direction du metro guillotière et qui ont, elles aussi dû rebrousser chemin, en direction de l’avenue de Saxe . Puis alors que portée de ce coté de la ville, j’étais entrée salle des RANCY, rue Vendôme, la rue fut , elle aussi envahie brusquement par des jeunes courant de toute part, en provenance semblait-il de Gambetta , poussés par une ligne de CRS avançant derrière eux, dans une zone de circulation non concernée par des manifestations. Un hélicoptère tournait au dessus de nos têtes augmentant cette impression désagréable d’être en insécurité , dans notre pays, pays des droits de l’homme et de la libre circulation . monique

  • Le 7 décembre 2010 à 09:44, par Léonard Pinton

    On croise les regards des marionnettes Aimables comme des portes de prison Qui font un zoo de la manifestation Ou les plus nerveux perdent la tête

    Dans ce silence infernal Avant les détonations des grenades Balayés par la tornade De tentatives à l’escapade

    sous le vacarme des hélicoptères :

    Au fond le goût du spectacle c’était de voir ces gens se faire ... Enfin le clou du spectacle c’était d’écouter les autres se taire Sous le vacarme des hélicoptères.

    Et ça gaze par derrière Ca cogne par devant La place est une poudrière Où brulent les manifestants

    et ceux qui pourraient ouvrir les barrières et calmer le jeu poussent à la haine qui inspire les pierres et les casseux.

    Au fond le goût du spectacle c’était de voir ces gens se faire ... enfin le clou du spectacle c’était d’écouter les autres se taire sous le vacarme des hélicoptères.

  • Le 27 novembre 2010 à 03:58, par hannovre

    Et ça se passe également en Allemagne, un exemple, le 1er mai 2009 à Hannovre, 400 antifascistEs dans une souricière à la sortie d’un train, emprisonnéEs dans un tunnel sous la gare. Sur ce cas, en allemand : http://de.indymedia.org/2009/05/249143.shtml http://www.pia-zimmermann.de/index.php?option=com_content&view=article&id=212&Itemid=18 http://www.antifa-hannover.de/2009/1-mai-2009-nachspiel/

    L’Allemagne est plutôt spécialistes de ce genre de technique policière et l’importe peu à peu dans les autres pays d’europe comme la Grèce. La France et l’Allemagne sont aussi les deux pays pilote de Europole

    Un blog en allemand et anglais à propos des conférences des ministères de l’intérieur européens, et de beaucoup d’autres choses concernant les tactiques policières, et la coopération des polices à l’intérieur de l’Union Européennes, mais aussi à ses frontières et autres services rendus à d’autres démocratie (comme l’Iran et le Mexique, avec les motards fonçant dans la foule par exemple) http://euro-police.noblogs.org/

    Et un autre : A new blog collecting calls and actions that target European security architectures. http://outofcontrol.noblogs.org/

    D’autres choses intéressantes sur la militarisation des polices, les armes non létales (taser - flash ball) ont été développées par l’armée (entre autres américaine) pour des situations de guérilla urbaine. Dans le livre : Georges-Henri Bricet des Vallons L’arme non létale dans la stratégie militaire des Etats-Unis : imaginaire stratégique et genèse de l’armement Extrait : « Apparue aux Etats-Unis dans les années 1960-1970, dans un contexte marqué par l’émergence des masses contestataires et des mouvements de défense des droits civiques, la théorie de la non-létalité a gagné à partir du début des années 1990 une place centrale dans la réflexion militaire sur les conflits asymétriques et la guerre urbaine. La mise en service à titre d’expérimentation en 2006 en Irak, dans le cadre de la politique de contre-insurrection, d’armes comme le Long Range Acoustic Device (LRAD) et l’Active Denial System (ADS) a signé une étape primordiale dans le développement de systèmes antipersonnels de nouvelle génération. L’apparition de ces armes à énergie dirigée amène à s’interroger sur la nature de la révolution scientifique et stratégique que tente de promouvoir la théorie de la non-létalité. » Dans le kit répression des guérillas urbaine dans un complexe militaire, on trouve également les drônes et les hélicoptères filmant les foules ou des rues désertes...

  • Le 26 novembre 2010 à 14:30, par peace

    ca se passe aussi à Londres avec les étudiants... la technique policiere s’appelle kettling :

    http://en.wikipedia.org/wiki/Kettling http://www.guardian.co.uk/education/2010/nov/25/student-protesters-new-round-marches

  • Le 11 novembre 2010 à 19:59, par Benjamin Cottet

    On en reparle sur FR3 ! Cette après-midi j’ai répondu avec mes amis aux questions de deux journalistes de France 3 Rhône-Alpes. Rebellyon est cité plusieurs fois, et c’est très bien, le buzz prend petit à petit ! On continue ! et n’oubliez pas, venez témoigner, surtout ceux qui ont subi des discrimination ne courbons pas l’échine sous le baton et donnons de la voix contre ces injustices criantes !

    Je compte sur vous.

  • Le 8 novembre 2010 à 19:02, par Weedlegend

    Ces pratiques policières sont en train de se banaliser : samedi, près de Strasbourg (à Hoeneim), sur le passage du train de déchets nucléaires, les mêmes méthodes illégales d’encerclement (en beaucoup moins violent) ont été utilisées... http://www.strastv.com/catalogue/Actu-info-Strasbourg-Actualite-reportage/hoenheim-les-castor-crs-militants-strasbourg-kelh-passage-police-france-allemagne-novembre-strastv-train-dechet.html

  • Le 6 novembre 2010 à 08:48, par ANNE

    J’ai enfin pu trouver les informations concernant l’action en justice en cours. Voici ce qu’il en résulte : Un comité du 21 Octobre s’est mis en place suite aux évènements de la place BELLECOUR regroupant associations, syndicat, etc. Un groupe plainte s’est constitué et recherche toujours des témoignages. J’ai peur que les témoins potentiels n’aient pas compris quel organisme ils devaient contacter. Ce groupe recherche notamment des gens pris en photo sur la place BELLECOUR et sur le pont de la GUILLOTIERE la veille au moment des contrôles d’identité pour sortir de la place et du pont. Pour contacter le groupe « plainte », écrire à l’adresse suivante : temoignage.bellecour rebellyon.info Le comité « plainte » tient également une permanence tous les mercredis de 14H00 à 20H00 afin de recueillir vos témoignages dans les locaux de la Ligue des droits de l’homme, 5 place BELLECOUR. Une réunion du comité « plainte » aura lieu le 10 novembre à 18H00 dans le local d’ATTAC au 44 rue St GEORGES, 69005 Il est important de contacter ce comité qui ne dispose actuellement en tout et pour tout que d’une quinzaine de témoignages.

  • Le 5 novembre 2010 à 16:45, par claire

    Mails envoyés au Monde et au Canard enchaîné le lendemain des ces scandaleux événements. Depuis, je scrute vainement les colonnes...

  • Le 2 novembre 2010 à 14:49, par m

  • Le 29 octobre 2010 à 17:13, par chloéchloé

    j’ai simplement oublié de préciser que nous n’avons pas gardé tous les témoignages (étant donné que le dossier fait déjà 30 pages)mais seulement ceux qui nous paraissaient intéressants et complémentaires.

  • Le 29 octobre 2010 à 13:03, par Charlotte

    Bonjour à tous, je tenais à saluer le commentaire de Véronique, qui est fonctionnaire de police, qui a pris la parole un peu plus bas .http://rebellyon.info/Temoignages-sur-la-prison.html#forum24567

    Je suis surprise, je dois l’avouer, mais vraiment heureuse de lire son message et je tenais à saluer son courage et sa détermination. je vais de mon côté continuer à faire passer les infos dont on dispose ici, le lien de Rebellyon, et tout particulièrement ce commentaire. Les fonctionnaires civils de l’État, s’ils sont tenus au « secret professionnel », ne sont pas pour autant soumis au « devoir de réserve » (L’obligation de réserve, qui contraindrait les agents publics à observer une retenue dans l’expression de leurs opinions), et trop souvent, ont croit le contraire. Je me permets aussi de rajouter un petit extrait de la loi « le Pors » « Loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires », pour alimenter le message de Véronique :

    "Article 28 Tout fonctionnaire, quel que soit son rang dans la hiérarchie, est responsable de l’exécution des tâches qui lui sont confiées. Il doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public.

    Il n’est dégagé d’aucune des responsabilités qui lui incombent par la responsabilité propre de ses subordonnés.

    Article 29

    Toute faute commise par un fonctionnaire dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions l’expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale."

    et le lien vers le texte au complet :

    http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=82524C690C6CEE2046352741FDB5BA62.tpdjo02v_2?cidTexte=LEGITEXT000006068812&dateTexte=20101029

    Avec mon soutien, à tous ceux qui ne laissent pas tomber, qui s’indignent, qui s’insurgent, qui n’allument pas leur télé ou qui n’en ont pas, qui gardent l’oeil, les oreilles et la bouche ouverts, qui cherchent, qui inventent et qui ont l’espoir que c’est possible autrement. « Faîtes du bruit avec vos pantoufles ! » :D

  • Le 29 octobre 2010 à 00:04, par chloéchloé

    Nous avons réalisé un dossier rassemblant l’ensemble des témoignages que nous avons pu trouver sur ce fameux jeudi après-midi. N’hésitez pas à envoyer un mail à comitedelutte gmail.com si vous voulez qu’on vous l’envoie ou si vous n’avez pas encore témoigné.

  • Le 28 octobre 2010 à 17:56, par daffy duck

    Mail envoyé a mediapart, expliquant brièvement les evenements avec renvoi aux nombreux temoignages presents ici En esperant que ca puisse etre utile

  • Le 28 octobre 2010 à 11:08, par -ANOUK -

    Bonjour, j’ai 15ans et je fais partit des quelques 500 personnes qui ont étés pris dans une garde à vue générale, pris au piège tel des animaux, place Bellecour ce jeudi 21 octobre 2010. Nous étions environ 6 jeunes, tous âgés entre 15 et 16ans. On avait décidé d’aller rejoindre le rendez vous lycéen place Bellecour vers 13h30 pour participer de manière passive à une manifestation. une fois entrés sur la place (sans encombre) nous avons vu un tas de gens place Antonin Poncet , nous nous sommes approchés sans nous douter que au fur et à mesure que nous avancions, nous nous enfoncions dans se qu’on a appelé par la suite cette « prison à ciel ouvert »... C’est seulement une fois arrivé place Antonin Poncet que nous nous sommes rendu compte. Là, un groupe de jeunes manifestants faisaient un siting, les mains en l’air, l’un deux avait un drapeaux « PEACE » face à une horde de CRS . On a essayer de tenter une approche, tout en politesse, vers un CRS. Engager un dialogue. Comprendre pourquoi nous étions là. Mais les seules réponses au quels nous avons eu droit on étés des « ta gueule » « recul toi sinon on va gazer » « jpeut pas te dire gamine, j’obéis aux ordres ». et quand on demandais pendant combien de temps on allait devoir rester bloqué, on nous a répondu « on attend que la manifestation s’éloigne et on ouvre le barrage » (car oui, on a bien essayer de nous faire croire que nous avions rater le départ de la manifestions, qui était déjà loin) Bref, nous étions là, avec des centaines d’autre personnes, sans savoir pourquoi et pour combien de temps. Au début, on prenait tout ça à la rigolade. Mais plus les heures passaient, plus la tension montait...on tournait en rond, on avait faim, on avait froid. On en avait marre de se faire menacer par les CRS, de courir dans tout les sens pour échapper aux lacrymogènes aux charges des CRS d’entendre le bruit insupportable de cet hélicoptère etc. Les gens devenaient comme fous. il y avait des rumeurs qui disaient qu’on ne sortirait pas avant 20h00. J’ai vu, j’ai entendu un CRS prendre un mégaphone et dire, face aux 500 personnes « arrêtez vos mouvements de foules sinon on sort le KARSCHER » soudains, les cris, les doigts d’honneurs, les sifflements. évidement, cette phrase était pour provoquer une révolte. Alors ils ont tirés, dans le tas. Et ils l’ont fait, il ont sortit un jet d’eau si puissant que lorsqu’ils l’ont allumé, le jet a couper net le sommet d’un arbre. j’ai entendu un garçon crier « mais qu’est ce qu’ils font ?! » et un policer répondre en souriant « on arrose les plantes ! » Ils s’en sont donné à cœur joie je vous assure. Nous ne savions plus de qui nous devions avoir peur : de la foule de personnes séquestrées en colère ou des CRS agressifs et de leurs matraques ? La place fumait, les gens courait. On aurait dit un film de guerre. Et tout ça, au cœur de Lyon, tout ça sous les yeux des personnes habitants place Bellecour qui admirait (avec effrois ou délectation) ce spectacle des plus inédits. 18h30, une nouvelle rumeur circulait : nous allions pouvoir sortir si nous avions nos papiers. pour tout les autres c’était le poste de police. nous avons fais la queue pendant plus d’une demie heure. un CRS nous a dit en nous poussant violemment : « allez, rangez vous ! » je lui ai répondu « ça va, on est pas des moutons » certaines personnes dans la files et mes amis ont rient. le CRS l’a mal pris et nous avons engagé une « conversation ». le CRS face à l’ado de 15ans. qu’es ce que je pouvais dire ? « Fallait pas jeter des pierres et casser des magasins, vous vous seriez pas retrouvé ici » « vous pensez que parce que nous sommes jeunes, nous sommes tous des casseurs ? vous mettez tout le monde dans le sac ? » « bah je sais pas, pourquoi vous étiez ici alors ? » « pour la manifestation, résultat on se retrouve bloqué de 13h30 à 19h00 sans savoir pourquoi » « moi je suis là depuis 5h00 du matin gamine » « oui, mais vous vous êtes payer pour faire ça. Nous on a pas demandé à être là, on devrait pas y être, on a rien à voir avec tout les casseurs » « bah si t’es là c’est que tu l’a chercher ! chacun est à sa place, t’es resté bloqué, c’est bien fait pour toi » « OK, bah en attendant, moi dans une demie heure je sors, vous dans trois heure vous êtes encore là » contrôle d’identité, photographie, prise d’adresse etc 19h15 nous étions dehors. accueillis à la sortie du barrage par deux étudiantes tombées du ciel qui nous ont donnés du pain et du chocolat. voila, nous étions sorti de l’enfer. Dans le bus qui me ramenait chez moi, j’avais la rage au ventre, les larmes aux yeux. je n’arrivait pas à croire que truc aussi énorme ai put se déroulé, là comme ça. arrivé chez moi, il n’y avait rien aux infos. je compris que nous avions étés victimes du manipulation géante, soigneusement censurée évidemment. Si j’écris aujourd’hui, c’est parce que je pense qu’un pays comme la France fédérateur de se qu’on appel « liberté » ne devrait pas appliquer la censure, et ne devrait pas cautionner une telle « prise d’otages public » . Il est impensable et intolérable qu’une chose aussi énorme ai put avoir lieu sous les yeux de tout le monde, sans qu’on en parle. Il faut que ça se sache. Que tout le monde sache se qu’il est arrivé.

  • Le 27 octobre 2010 à 12:55, par Véronique HURTADO

    Ce n’est pas un pseudo. Je suis fonctionnaire de police et ECOEUREE par ce que je découvre.

    En tant que syndicaliste de la CFDT INTERCO POLICE, je vais demander OFFICIELLEMENT à mon syndicat qu’une enquête EXTERNE, judiciaire sur la base de la mise en danger volontaire d’autrui, pas par l’IGPN, on sait comment ça se termine !, soit diligentée et que des sanctions disciplinaires soient prises contre les exécutants de base, qui doivent refuser d’exécuter des ordres illégaux lorsqu’ils peuvent créer un trouble à l’ordre public et un danger grave, policiers de la base aujourd’hui en capacité d’apprécier la LEGALITE d’un ordre à exécuter puisque devenus catégorie B !!!!!!!!!!!!!!, faute à laquelle s’ajoute le fait de n’avoir laissé aucune issue aux manifestants pour pouvoir sortir, alors que c’est une obligation dans ce type de manifestations, jusqu’aux hautes autorités qui ont ordonné, sinon couvert et laissé faire en haut lieu !

    Ce piège indigne et scandaleux en démocratie française, cet enfermement de jeunes uniquement par jeu, un jeu sadique et immoral, lorsqu’on regarde les vidéos et les photos, devrait être condamné par tous les autres syndicats policiers, surtout les syndicats corporatistes majoritaires.

    Françaises, français, ça suffit ! La police doit protéger les citoyens, pas les agresser. Les propos tenus, les gazages « gratuits » des jeunes piégés sur cette place de la honte, doivent être SANCTIONNES de manière exemplaire.

    J’invite les jeunes à saisir la justice, leurs parents à se constituer partie civile à leurs côtés et les autres citoyens à NE PLUS LAISSER FAIRE. Il y a des policiers républicains qui n’acceptent pas et n’accepteront plus que ordres donnés soient illégaux et tout d’abord imbéciles, gravement imbéciles.

    Message syndical de soutien et de PROTESTATION, organisez-vous, résistez, faites-vous entendre et diffusez ! Bravo pour votre courage ! Vous représentez la France de demain et votre comportement résigné mais exemplaire (pas d’affrontements au grand regret sans doute de ces policiers dénaturés) le prouve.

    A vos côtés, ET fonctionnaire de police,

  • Le 26 octobre 2010 à 21:57, par emma

    bonjour, il ne s’agit pas d’un complément d’info sur la« prison » bellecour mais d’une proposition suite à ce que j’ai entendu des témoignages. je suis militante et suis de très près et activement le mouvement, je suis aussi psychologue clinicienne et ce que j’ai entendu des témoignages m’inquiète beaucoup . je travaille avec des ados depuis plus de 20 ans et j’ai l’habitude.j’ai un cabinet à côté de mon travail et je propose (gratos) de mettre en place des groupes de paroles pour les jeunes qui auraient été « séquestrés » à bellecour et auraient du mal à s’en remettre.il ne s’agit pas de discuter des luttes avec eux eux mais de leur apporter un vrai soutien aussi longtemps que cela sera nécessaire. c’est une proposition très sérieuse. vous pouvez diffuser mon mail, j’ai laissé mes coordonnés à la grypphe aussi. je pense que cela peut être utile. soit vous organisez des groupes ( 5, 6 maxi) soit vous proposez mon mail aux jeunes. mon cabinet est sur la cX rousse. les parents peuvent me contacter. je répète c’est sérieux et gratis... chacun dans ses compétences doit contribuer à la lutte........ je m’engage à vous tenir informé si cette proposition à des échos ( sans vous donner les noms bien sûr). je contacte d’autres collègues . n’hésitez pas à me contacter pour plus d’infos ; Emmanuelle

  • Le 26 octobre 2010 à 12:50, par etudiante lyon 3

    Je suis étudiante à Lyon 3 - une des rares qui viens manifester - mais je suis présente tous les jours sur les pqieuts de grève, principalement bellecour, à toutes les manif’s etc. et avec le nombre d’horreur que j’ai vu ou vécu bah faut que ça sorte.

    Lundi 18 : je retrouve mes camarades place Bellecour, et un cortège se forme pour une manif jusqu’à la préfecture. La manif en elle même s’est bien passé, mais c’est après, une fois les syndicats partis que ça a commencé à dégénérer. Les CRS ont commencé par entouré la place Jean Macé où nous étions une cinquantaine grand maximum, il y a eu de la casse de la part des manifestants mais les réponses des forces de polices étaient démesurées : course poursuite sur 1 manifestant par 7 CRS, coup de matraque dans le tas surement pour se croire puissant. J’ai vu un manifestant se faire embarquer la tête en sang juste parce qu’il ne s’est pas mis à courir quand les CSR ont chargé, jai vu un manifestant se faire matraqquer et ne plus se relever ni bouger (coma ?) a cause d’un coup de matraque et d’une charge sur la tête, et j’en passe. J’étais déjà halluciné, mais le pire est venue par la suite.

    Mardi 19 : Je fais la manif, comme d’habitude, et lorsque l’on arrive a Bellecour, le dispositif policier était déj très nombreux. Le cortège n’avait même pas encore entièrement rejoint la place Bellecour que les CSR ont commencé à charger et entouré la place, à gazer. Beaucoup sont partis, mais je suis restée, et bien plus tard le soir, je suis allé me mettre sur un coté de la place, j’ai vu les CRS et tous les flics se regrouper sur les cotés de la place, prêts à gazer, à tirer les flashball, l’helico était bien sur au-dessus de nos têtes. Alors j’ai filmé avec mon appareil photo, ils ont chargé et tiré sur un groupe d’une dizaine de manifestants qui étaient au centre de la place. De loin ont les voyaient courir, on voyait les matraques tombaient sur les gens. C’était impressionnant, alors je me suis rapproché pour filmé mieux, qu’on voit bien qu’il n’y avait ni provocation ni danger de la part des manifestants mais que la répression était inadmissible. Et les CRS ont de nouveau tiré, étant en plein centre de la place, j’ai du courir pour ne pas me « faire avoir », je suis rentré dans un CRS sans faire gaffe, ilk m’a demandé ma carte mémoire d’appareil et l’a cassé en deux « on ne doit pas voir les interventions ». Du coup, la haine au ventre, je suis retournée sur la place avec les autres, et là, les lacrymos, les flashball, tout ce qu’ils avaient ils l’ont lancé d’un coup pour évacuer la place. Heureusement, y’avait un manifestant qui m’a aidé à m’en sortir comme on était encerclés.

    Mercredi 20 : Rassemblement place Bellecour, comme, d’habitude, on est nombreux, on propose de partir en manif’, on commence, les CRS charge, le groupe s’éparpille. Quand j’ai réussi a rejoindre la place bellecour, j’ai voulu traversé le pont avec de nombrexu autres manifestants. Et là, on se fait bloquer sur le pont par les flics, des deux côtés : aucune issu. On attend, la tension monte face au provocation des policiers, un contrôlé d’identité commence avec une fouille au cas où on était armé (comme si un stylo et une bouteille d’eau c’était dangereux), prise de photo et de nos noms. J’ai même vu qqn sauté dans le rhône mais les forces maritimes étaient l pour le récupérer. Bref, la fouille par le ;GIPN peut être suffisamment traumatisante mais ça ne s’est pas arrêté là, il y a eu un filtrage au facies pour laisser sortir les personnes du pont. J’ai pu sortir mais pour rester solidaire je suis resté face au CRS bloquant la circulation. Une fois la fouille finie, les arrestations faites, la foule évacuées, jai eu une impression bizarre : les CRS ont bloqué le quai claude bernard. L’helico nous illuminait avec sa lampe, le bateau sur le rhône était face à nous. Je me suis dit qqc ne va pas là. Et ils se sont mis à charger. On était une trentaine au maximum, on a couru le long des quais, les pont bloqués par les CRS, les rues transversales également. Et pendant qu’on courait, les flics encore sur Bellecour nous attendait au pont qui rejoignait Perrache. On courait de plus en plus vite face à ces CRS « enragés » (c’est ce qui les définit le mieux). Puis on s’est rendu compte qu’on était encerclé, que c’était fini en gros. Les voitures de CRS et dsu GIPN nous ont bloqué, ils sont descendus vers nous, ont sélectionnés des individus, ont laissé partir d’autres. Et l ils ont commencé taper coup de pied, menace, coup de matraque, etc. J’ai reçu un coup de pied sur la rotule, un coup de matraque sur le bras : deux os félés, et un oedem impressionnant au genou. J’ai vu certains la tête en sang, d’autres qui boitait. Et j’ai entendu un des CRS dire mot pour mot « on ne vous arrêtera pas, on est là pour casser du manifestant, et ça défoule ! » Et ils sont partis, la rage au ventre je vous assure que même platrée j’irai manifester encore plus contre des actes inadmissibles et inhumain !! Jeudi 22 : je rejoins la place bellecour pour le rdv habituel et je vois pleins de CRS et ils me laissent passer, je rejoint la place antonin poncet pour le début de la manifestation et je vois une rangée de CRS entourant et bloquant toutes les issues de la place et sur la place des centaines de personnes voulant manifester. La tension monte, face aux provocations des policiers, un coup de lacrymo histoire de nous faire bouger mais on ne bouge pas, on est là à crier « liberez nos camarades ! » . c’était tout simplement incroyable : que des forces de polices empêchent des individus de manifester c’est tout simplement intolérable et même contraire la constitution !!! Bref, un cortège pour la manif commence, je rejoins la manif et une fois arrivée place guichard je retourne vite à Bellecour voir si nos camarades ont réellement étés libéré de cette prison en plein air. et non. les flics effectués un filtrage et contrôle de papier sur tous les individus présents. Jai vu les canons à eau, les gaz lacrymos, les flashball, les fumigènes etc. Le GIPN qui se promène avec des fusils à pompe, la « torture » que les flics ont fait subir à ces gens n’était pas caché, j’entendais ce qu’ils se disait, ils ricanaient parce que des manifestants étaient gaezé, parce que des manifestants étaient à terre (crise de panique, malaise etc) et même les blessé ne pouvait pas sortir de la place. C’était enrageant, la seule envie qu’on avait avec ceux qui était avec moi c’était de foncer dans le tas pour libérer ces pauvres gens. C’était traumatisant pour nous, alors j’imagine pas pour eux !!! Vendredi 22 : j’ai rejoint la place bellecour comme d’hab pour le rdv quotidien, et on va faire un sit-in devant le TGI, une amie restée sur bellecour me dit qu’une centaine de faschos remontaient vers bellecour pour frapper des manifestants, et que les CRS les laissaient passé même s’ils étaient armés, alors hop je suis vite retournée à Bellecour pour voir ça. Et j’ai halluciné : face à une centaine de fachos armés, chantant des chants nazis et xenophobes, les CRS ne bougent pas le p’tit doigt, ne gazent pas et ne matraque pas, face à des manifestants pacifiques ont a le droit à la totale ?! Mais où va le monde ! J’ai pu discuter avec un CRS sur Ampère qui délimiter le secteur, et je lui ai demandé pourquoi une telle répression ? il a simplement répondu : c’est comme ça, c’est les ordres. La violence casse votre mouvement, nous on provoque la violence et on terrorise pour que le mouvement cesse".

    Mais m**** , c’est quoi cet état français ? Les gardiens de la paix et les forces de polices sont pas là pour nous rpotéger normalement ?!

  • Le 26 octobre 2010 à 12:32, par dicky64

    Tout ça est sans surprise. Vous avez l’air de découvrir les méthodes de la police. Elles sont toujours les mêmes et sont prévisibles. Il faut être très méfiants, nombreux, et organisés. J’ai été arrêté en 1995 après une manif d’artisans à Bordeaux. Il leur fallait des coupables car il y avait eu quelques dégats matériels. sur 90 arrêtés au hasard après la manif (comme toujours !) on était 15 à aller en prison sur des témoignages bidons faits par les flics eux mêmes, des indics, ou des appariteurs -"désigne un auxiliaire de police ou un agent en civil effectuant voies de fait, violences et saccages sous couverture afin de justifier aux yeux de l’opinion publique l’intervention musclée des forces de l’ordre » wikipédia- Par exemple, moi j’étais accusé d’avoir participé au retournement d’un véhicule de police à 21h30, alors que j’avais été arrêté à 21 h ! j’ai donc été relaxé mais avec un bon avocat ! mais 15 jours de tôle quand même ! Ils ont dit qu’ils m’avaient arrêté avec un bâton, ce qui était faux. On était 15 au trou. certains étaient si amochés et déprimés qu’ils n’ont pas quitté leur paillasse des 15 jours... alors aujourd’hui sur les 2000 jeunes environ ayant été arrêtés, et les 200 environ en prisons, combien de réels casseurs à votre avis ?...

  • Le 26 octobre 2010 à 11:08, par Moe Conan Andrivet

    APPEL A TEMOIN.

    Etudiante en communication, je suit des cours de radio et j’aimerais faire un shoot sur ce qui s’est passé ce 21 Octobre. Ce shoot sera diffusé ensuite durant l’émission que nous créons de A à Z, et en direct. Je ne connais malheureusement pas encore la chaine de radio et la date de sa diffusion.

    Je cherche donc à contacter des personnes qui étaient Place Bellecour mercredi dernier et qui accepteraient de m’offrir leur témoignage.

    Merci d’avance.

    andrivet.morgane-im efapiens.com

  • Le 26 octobre 2010 à 09:02, par j

  • Le 26 octobre 2010 à 01:36, par Mo

    Bonjour, Je suis française mais je vis pour l’instant à l’étranger j’ai habité plusieures années à Lyon pour mes études et ce n’est que récemment et via ma sœur ( qui vit là-bas) que j’ai eu vent des évènement j’avoue qu’il est rare que je regarde les infos ou ne lise le journal. Après avoir vu et lu pas mal de témoignages sur facebook et dans les mails de mes amis en France j’ai regardé les infos française et anglaise et j’ai été surprise de voir plus d’information du côté des anglais qui d’ailleurs pensent qu’un jour on finira tous par se trancher mutuellement la gorge ( reste de la révolution ), selon eux cette crise ne serait que passagère n’arrivant pourtant pas à savoir de quel côté penchera la balance, mais étant néanmoins bien conscient de l’impopularité de notre cher président. quoi qu’il on soit nul part ailleurs que sur facebook je n’ai entendu parler de ce blocage qu’il y a eu sur la place Bellecour, j’ai regardé toutes ces vidéos et je ne vais pas faire dans l’original en disant que cela m’a choqué j’ai vu les coins de la place que j’empruntais tous les jours pour aller en cours assaillis soit par les CRS soit par les militants, j’ai bien conscience qu’il faut se renseigner et voir les opinions des deux parties mais il semblerait bien que tous ces gens coincés des heures sur la place se soit fait manipuler par les forces de l’ordre les poussant à l’émeute et à la violence. Je n’y étais pas et je ne sais pas si tous ces témoignages sont très objectifs mais ce que je sais c’est que notre pays va de plus en plus mal et n’est pas près d’avancer vers des solutions, la réforme des retraite n’est qu’un problème parmi tant d’autres et c’est très certainement la goutte d’eau qui a fait déborder la vase. Je trouve ça triste et dommage d’avoir fait de ce pays ce qu’il est aujourd’hui, vivant à l’étranger je suis fière de dire que je suis française et les gens sont toujours aimable et aimant des français ce qui me surprend toujours quand je vois l’état de notre pays. Nous ne sommes surement pas les plus à plaindre dans tout ça, il y a des nombreux pays bien plus endettés et détruit que le notre mais ce qui est sur c’est que je rentrerai dans deux ans pour voter en personne contre Sarkozy.

  • Le 25 octobre 2010 à 23:51, par elo

    bonjour,

    Comme pour beaucoup il a été difficile pour moi de m’endormir jeudi soir... Et il m’a parut sur réaliste de me lever vendredi matin et de reprendre ma classe(en grève depuis lundi, je souhaitais revoir mes élèves avant les vacances)...

    Finalement, je suis vraiment « contente » (si on peut le dire comme ca) d’avoir vu et vécu cela... Parce que sinon, je crois que j’aurais eu du mal à y croire tant ce que l’on a vécu était fou... Tant ce que l’on a vécu est effrayant, paniquant et écoeurant...

    Jeudi, tout à commencé pour moi sur vaulx en velin, nous avons défilé avec les lycéen de Doisneaux (sur leur demande)... Nous avons fait un super défilé, très bonne ambiance... Profs, communaux, lycéens... tout se passait dans « la joie ».

    La manif s’est terminée vers 12H30 et toujours à la demande des lycéens, nous avons décidé de rejoindre la manif place bellecour, chose qui résulte déjà d’un certain parcours du combattant, vu que la presqu’ile n’est plus du tout desservie. Depuis les débuts de la mobilisation, les lycéens sont très très demandeurs d’adultes pour les encadrer, pour les rassurer.... Arrivée échelonné entre 13H20 et 14H... Nous nous retrouvons entre profs vaudais (syndiqués ou non). certains qui sont arrivés plus tôt nous expliquent que la place est fermée, que des personnes et surtout des jeunes sont prises au piège sur la place... Qu’ils ne peuvent pas en sortir et qu’on ne peut pas y entrer... Incompréhension.. sur le coup, je n’arrive pas à y croire.. Mais j’ai la gorge qui se serre et une boule qui grossit dans le ventre... (tot le matin, j’ai vu sur BFM l’important dispositif déployé : centaines de crs,gipn, camion anti émeutes...).. On ne voit pas nos lycéens vaudais... ou sont-ils ? on a peur qu’ils soient pris au piège....

    Donc, une partie est coincée, séquestrée place bellecour et nous on est désemparé et impuissants place antonin poncet.... Les gamins place bellecour caillassent les crs, les bourreaux qui les séquestrent depuis plusieurs heures pour certains(avec les cailloux d’un tas de gravats qui est là, ÉTONNEMENT depuis le début de la semaine)..En même temps que peuvent-ils faire d’autre ??? RIEN !!! ce qui est plus fou, c’est que ceux qui ont jettés des cailloux, ont du etre mitraillé par l’appareil de l’hélicoptère... Et dans quelques jours ils passeront surement en jugement pour avoir caillassé ceux qui les ont retenu en otage !! Bien sur, comme ils ont caillassés les crs...bein les crs les ont gazés.... et comme nous les occupants de la place antonin poncet, ont les a hués (et peut etre aussi caillassés).... on s’est fait gazer.... (1re fois !).. Comme on a du reculer.. les crs ont avancés pour nous éloigner un peu plus de la place bellecour...

    Lueur d’espoir dans tout ca, on appercoit les lycéens de vaulx...ouf ils sont là... et apparament tous en dehors.... grace à la manif du matin, ils sont arrivés suffisamment tard pour ne pas etre piégés...

    On est donc resté sur cette place antonin poncet, on a parlé avec les jeunes lorsqu’on les voyait prendre des cailloux, (on les comprenait, mais jet de cailloux=gazage=.... Les jeunes étaient totalement à l’écoute et repectueux... Et ils étaient en colère.. en colère contre les injustices, en colère parce qu’on se faisait gazer pour rien, en colère parce qu’ils avaient des amis proches ou des membres de leur familles coincés la bas... Dans tout ca, on s’est fait gazer une deuxième fois....alors on a reculé puis on a ré avancé....

    Et la, hallucinant, alors qu’on était tous, aveuglés par les gaz lacrymogène, une voiture (genre 206 ou clio) apparait au niveau d’un arrêt de bus, (le long de la poste)... On ne la remarque meme pas tout de suite trop préoccupés par ce qui se passe sur la place (les jeunes qui se font gazés chargés, sans pouvoir fuir ou s’évader de la place bellecour)... Des collègues en retrait nous font remarquer cette caisse... Depuis quand est-elle là (elle est arrivée après nous, c’est sur), comment est elle arrivée ? Pourquoi est elle la ?... Tenter ? Filmer ? Enregistrer ? Attente impuissants.....Quelques jets de projectiles.... 3e gazage de la place antonin perrin... gazage si intense et danse, que la, on recule jusqu’au quai quand même !!!! Et là avec mes collègues.... on a regardé des que les gaz étaient dissipés ou était cette voiture.... Disparue !!! elle n’était plus à sa place !! Comment a -t elle pu être enlevée ??? Il fallait forcément un masque à gaz....

    Après ce troisième gazage, on était donc sur le quai, et la on a eu beaucoup d’infos disant qu’ils libéraient les gamins de bellecour...que c’était fini...tout le monde partait dans n’importe quel sens : guillotière, cordelier, place guichard... Que faire ?! innocemment j’ai cru les fausses rumeurs ! ils avaient enfin réussi ce qu’ils voulaient, ils nous avaient divisés séparés !!!

    PAs un seul des jt n’a raconté cette prise d’otage, pas un seul jt n’a parler de la violence physique et morale, de la violation des droits de l’homme... Par contre ils ont parlé des « casseurs » ces casseurs qui viennent de l’est lyonnais...( AH OUI ??? Bein non messieurs dames ! Les vaudais ne sont pas majoritairement des casseurs et les lycéens de doisneau le prouvent !) France 2 a même parlé du « travail quasi héroïqe » des crs qui ont rétablis l’orde à lyon... (j’ai d’ailleurs écrit un post sur rmc info pour dire à quel point j’étais choquée par le travail et les mensonges des médias, qui a disparut...)

    De plus ds ces jt, on voit des gamins (non floutés qui plus est : droit à l’image), qui courent et sautent sur les voitures pour les casser.... AHHHHHH... Alors les médias arrivent à filmer ca.... mais les 800 CRS mobilisés, les tarés du GIPN, .....EUX ... ne peuvent pas les contenir et les stopper ????!!! Mais ou étaient-ils à ce moment la ???? Ahhhh ?!! C’était beaucoup plus médiatique, simplement, de faire une grande garde à vue place bellecour... et c’était tellement mieux pour notre gouvernement de jouer la carte de l’insécurité... des vilains dangereux casseurs (une très petite minorité) et des héros crs...

    Au lieu de toucher à nos retraites, ils feraient mieux de faire des économies sur ce genre d’interventions disproportionnées qui vont nous couter trèèèès cher !!

    Elo

  • Le 25 octobre 2010 à 22:29, par nad

    Serait-il possible qu’une page existe où les gens pourraient déposer toutes les menaces/paroles/injonctions/provocations de policiers violentes/irrespectueuses/racistes ENTENDUES afin qu’elles soient consignées ???

    S’il y a très certainement un honneur à être policier/gendarme/crs etc. Il y a des choses que nous ne voulons plus entendre et qui doivent être punies. Les propos racistes par exemple ne doivent pas être tolérés. Nous nous devons de ne pas accepter cela et de le dénoncer. Les victimes de ces paroles inacceptables doivent être entendues, savoir que nous sommes nombreux à ne pas l’accepter.

    Je ne veux pas marcher en baissant la tête de honte dans nos rues parce que le racisme est cautionné par l’état. Et que les forces de l’ordre censées nous défendre et nous représenter, nous, Français, représentent...une certaine idée de l’état... avant notre constitution française et la déclaration des droits de l’homme.

  • Le 25 octobre 2010 à 21:56, par Maxence Gévaudan

    Je suis un étudiant en philosophie et je vis à Lyon. Aujourd’hui, jeudi 21 octobre, alors que je me dirigeais de l’hôtel de ville en direction de ma faculté, j’ai du emprunter la place Bellecour ; à savoir le chemin logique et normal.

    En arrivant à l’entrée de la place Bellecour à 14H30, je vis de nombreux CRS présents tout autours de la place, néanmoins aucun réel barrage n’était en place et les forces de l’ordre ne m’ont absolument rien dit en me voyant arriver et se sont même séparées doucement pour me laisser passer. Je m’engage donc tranquillement sur la place. Cependant, à l’autre extrémité, je fais face à une ordre de CRS en position de blocage. Je décide de faire demi-tours, constatant que l’ensemble des sorties de la place sont bloquées de la même façon. Arrivant par là où j’étais entré sur la place, je constate qu’un barrage de CRS vient d’être mis en place. Ceux-ci me refusent le passage sous prétexte des ordres du préfet alors même que quelques minutes avant ils venaient de me faire pénétrer sur la place.

    C’est alors que commence un détention avec plusieurs centaines de personnes sur la place, sans aucune raison.

    Pire encore, durant cette détention, je découvre que certaines personnes sont enfermées depuis 13H15, donc les forces de police m’ont laissé rentrer en sachant parfaitement qu’il s’agissait d’un piège.

    Pendant ma détention, sachez que toutes les personnes âgées, ou même non-jeunes pour être précis, ont pu partir sous prétexte qu’elles « habitaient la rue juste à côté ». Un véritable filtrage a opéré pendant cette période, afin que nous ne finissions qu’entre « jeunes », favorisant ainsi l’amalgame entre lycéens révoltés et casseurs. Les forces de police ont été brutales, insultantes, face à des personnes profondément calmes, cherchant juste à comprendre ce qu’il se passait. C’est finalement après 5 heures que je pu sortir par le « Check-Point » mis en place à l’une des sorties. Là, sachez que je fus victime d’un contrôle d’identité abusif, allant même jusqu’à prendre une photographie de mon visage. Je sortis à 19H30, sans aucune autre explication. Enfin, durant les 5 heures d’enfermement, seule une vingtaine de personnes ont osé se révolté, résultant d’une répression aux gaz lacrymogènes et tirs de jets d’eau à haute pression. Qui, enfermé pendant 5 heures sans raison, insulté et dégradé par des forces de police, ne deviendrait pas fou ? L’état cherche à engendrer une haine chez les jeunes en les enfermant volontairement et en les poussant à bout. Ainsi, les dirigeants pourrons, preuves à l’appui, discréditer au yeux de son peuple soumis et crédule l’engagement des jeunes dans cette réforme.

  • Le 25 octobre 2010 à 21:30, par racepay

    Voici mon témoignage... c’était vraiment moche ce qu’il à fait la police

    http://elcruasanambulante.com/2010/10/25/la-fin-des-incidents-a-lyon/

  • Le 25 octobre 2010 à 20:18, par ANNE

    Je sors du tribunal. Un jeune qui a été arrêté place BELLECOUR le 21 Octobre en fin d’après-midi dans les circonstances que l’on connait déjà vient d’être condamné à trois mois de prison ferme en flagrant délit. L’unique motif d’inculpation évoqué par le tribunal était le témoignage de CRS l’ayant reconnu à son aspect vestimentaire, l’accusant de leur avoir jeté des cailloux le matin. Aucune vidéo ou photo ne venait étayer leur témoignage. Curieux lorsque l’on connait le système de vidéo surveillance installé sur la place et la présence ininterrompue de l’hélicoptère qui filmait tout ce qui s’y passait. Il faut dire qu’il était de type maghrébin, cela explique sans doute l’objet de son arrestation tout comme l’objet de sa condamnation. Cela fera peut être monter de quelques points la cote de popularité de SARKOZY dans les sondages. C’est inacceptable. Il faut s’organiser afin de se mobiliser pour apporter notre soutien à ces jeunes qui se retrouvent seuls au tribunal défendus par des avocats commis d’office.

  • Le 25 octobre 2010 à 19:28, par Caroline

    J’ai 35 ans, je suis syndicaliste, et en grève le 21/10/10, je me suis retrouvée enfermée place Bellecour en compagnie d’une autre militante qui a la quarantaine, une amie de mon âge ainsi qu’un ami étudiant de 23 ans…Pas vraiment le profil décrit dans les médias ! Les témoignages publiés précédemment sur Rebellyon sont assez précis et exhaustifs, j’abonde tout à fait dans leur sens, et je ne vais pas ici reprendre toute la description des faits qui ont eu lieu. Néanmoins je tiens à dire que j’ai été très choquée par ce que j’ai vécu et vu. Le filtrage au faciès par les flics, les provocations envers les lycéens maghrébins…Le calme dont ces mêmes lycéens ont fait preuve, ne répondant pas aux provocations policières. Le GIPN armé jusqu’aux dents, l’hélico, les CRS et gendarmes, les chars anti- émeutes…Un déploiement des forces de l’ordre digne d’une situation de guerre civile ! Et évidemment la stupeur de constater que nous étions emprisonnés à ciel ouvert. Les gaz lacrymogènes tirés des 4 coins de la place alors que nous pouvions y échapper, tout cela n’avait aucun sens. Si ce n’est de mettre la pression afin que les jeunes ripostent, justifiant un matraquage en règle et plusieurs arrestations….Riposte qui n’a pas eu lieu, donnant à voir ce spectacle ridicule et désolant du contrôle d’identité massif et des arrestations de fin de journée, après avoir pris soin de relâcher au compte- goutte et auparavant les plus âgés d’entre nous, dont je faisais partie… J’ai aussi assisté à une belle opération de communication policière : les flics nous repoussaient des côtés vers le centre de la place, sans résistance des manifestants, lorsqu’un journaliste est arrivé et a commencé à filmer la scène. Devant l’œil de la caméra, un CRS a alors poussé violemment un jeune qui se trouvait en face de lui…Pitoyable.

    Une fois n’est pas coutume, j’ai regardé le soir même le JT de TF1 pour voir ce que des millions de téléspectateurs sauraient de cette journée : J’y ai appris que la police avait « réussi à isoler les casseurs place Bellecour » et avait dû « les évacuer au lance-à- eau ».Tiens- donc, et aucune allusion au fait que nous étions prisonniers des flics, qu’on attendait tous justement d’être évacués ! Je passe sur les images de voitures renversées qui avaient déjà été diffusées le 19/10…Et celles des « occupants » de la place Bellecour, tous vêtus de survêt- capuche, cela va de soi. Pourtant j’en ai vu des caméras cette après-midi là, mais les journalistes ne m’ont jamais filmée.

    Une société qui a tant peur de sa jeunesse est une société malade. Par ailleurs, quel modèle donne aux jeunes une société qui glorifie la réussite individuelle, l’argent et la Rolex à 50 ans ? Peut-elle vraiment s’étonner que les gosses sans pognon aillent se servir eux –mêmes ?

  • Le 25 octobre 2010 à 17:32, par myx

    J’ai lu les commentaires des personnes prises au piège à Bellecour le 21 octobre dernier et c’est vrai que c’est terrifiant.

    Des grèves, des manifestations nous en avons vécu mais voir cette scène de début de guerre civile fait peur.

    Les CRS sont inhumains, tels des robots programmés, et acceptent tous les ordres qu’on leur donne. Ils auraient pu accepter de libérer la place s’ils l’avaient souhaité majoritairement. Au lieu de ça, ils ont séquestrés des centaines de personnes.

    Il ne faut pas lâcher nos efforts de lutte, cependant, il ne faut pas non plus se faire prendre, les CRS étant sans pitié (voir les vidéos). Mais comment faire face à ce gouvernement qui ne plie pas ? Quels sont nos moyens de lutte (si inégaux) ?

    La lutte peut se faire par voie intellectuelle, par la rédaction d’articles, par soutien à un parti politique très à gauche, par des manifestations, par des journées de grève (cependant comme tenir sans paie durant plusieurs jours...), par collage d’affiches... La lutte a heureusement plusieurs formes.

    On sait qu’à court terme le gouvernement restera sourd et muet, tout au plus, Sarkozy nommera son favori Borloo comme 1er ministre afin de faire mine de se socialiser. Le loup déguisé en petit chaperon rouge ne doit pas nous tromper, un loup est un loup.

    Je résiste à ma manière, je ne peux malheureusement pas me rendre dans les manifestations mais ce n’est pas l’envie qui me manque. Le soutien à tous ces jeunes est primordial. Nous ne devons pas faiblir car il y a effectivement une lutte de classes réellement présente. Sarkozy ne fait que nous le rappeler un peu plus chaque jour.

    2012 doit donc être son heure de départ de l’Elysee, mais en 18 mois, on sait très bien qu’il fera tout pour achever son oeuvre de destruction massive en lançant des textes de loi tous plus infames les uns que les autres. Le démantelèment de ce que nos ancêtres ont construit est en cours et nous restons là à contempler la destruction sans pouvoir piétiner le berger protégé par ses dangereux bergers allemands aux babines ensanglantées.

    Nous devons continuer la lutte sans céder un centimètre de terrain à Sarkozy, camarades restons unis le poing levé devant l’adversité si perverse soit-elle.

    Je voudrais surtout par ce message tendre une main vers notre jeunesse qui comprend les enjeux de l’époque actuelle, merci à vous tous. Les casseurs ne sont pas tous des personnes en manque de violence, ce sont souvent des jeunes en proie à la détresse. Il y a de quoi dans la France actuelle...

    La violence la plus abjecte est surtout celle de Sarkozy, il se comporte en despote. Son psychisme est certainement déficient, on peut le voir à sa manière de parler, de bouger, à son hyperactivité aussi. Il est violent dans ses propos, dans ses gestes, dans ses pensées.

    Au final, le casseur que l’on devrait arrêter est bel et bien ce président indigne de sa fonction et de son pouvoir. Les autres présidents n’étaient pas mieux question éthique mais restaient courtois et relativement dignes de leur fonction côté tenue publique. Sarkozy a surtout l’air d’un pauvre type vulgaire, aussi petit que stupide.

    Enfin, j’apporte mon petit soutien à toutes les initiatives des syndicats, des travailleurs, de la gauche, et j’envoie une grande pensée à chacun d’entre vous qui tentez de lutter par tous vos moyens.

  • Le 25 octobre 2010 à 16:01, par Olivier

    Sortant du boulot à 13H, rejoignant mon amie arrivée par le train de Paris à peu près à cette heure là, nous nous sommes allés prendre le métro à la Part-Dieu.

    Arrivé à Saxe boum métro D bloqué sur quasi toute la ligne : impossible de remonter à Vaise. On nous dit : demande de la préfecture, pour votre sécurité, blabla, les trucs habituels. Traduction : n’allez pas à Bellecour y’a des casseurs, vous risquez donc de vous faire taper et gazer par les forces de l’« ordre ».

    Qu’à cela ne tienne, nous remontons la ligne à pieds. Arrivé à Bellecour vers 13h45 nous sommes bloqués au bout de la rue de la Barre. Nous bifurquons par la rue des Marronniers pour tenter de traverser Bellecour de l’autre côté. J’avoue que j’aurais du passer plutôt côté nord, mais les clameurs que j’entendais dans le sud m’attiraient pas mal.

    Là, forcément, nouveau cordon de CRS. Étant relativement à bout de nerf (trainant une valise énorme, levé 4H, bossé non stop de 6H à 13H... fatigue cumulé de mon poste en 3x8 qui me fera crever avant tout le monde - mais ce n’est pas grave ça fait longtemps que j’ai fait le deuil d’une quelconque retraite), bref à bout de nerf, n’ayant qu’une envie c’est de finir ma randonnée d’une heure pour aller enfin faire une sieste chez moi, je tente de discuter avec un CRS, plutôt gentil, qui nous explique que non on ne passe pas parce qu’on va se retrouver bloqués toute la journée sur la place Bellecour. C’est toujours marrant ce genre de discussion, on sait qu’on arrivera jamais à rien : le pauvre bougre à ses consignes, son cerveau dans sa poche comme ses chefs lui ont gentillement conseillé, mais malgré tout on ne peut s’empêcher de lui parler, comme si on pouvait éveiller quelque chose en lui, comme si il allait soudainement comprendre quel rôle il est en train de jouer, comme si il allait jeter matraque et armure pour rejoindre la manif... ah c’est beau de rêver...

    Mais en nous, toujours ce sentiment d’injustice. Je suis un con de citoyen, ayant bossé toute la matinée, voulant rentrer chez lui, mais non, là y’a un mec en uniforme robocop, il veut encore nous faire faire un détour (qui amènera surement un nouveau cordon et un nouveau détour etc.) d’une heure de plus pour pouvoir enfin dormir. Il veut nous faire croire que c’est à cause d’une manif, d’un mouvement social qu’on ne peut rentrer. Il veut nous faire croire qu’on doit être assez con pour croire à ça.

    Et comme à chaque fois que je suis bloqué à un cordon de CRS, je vois des gens passer impunément à 2 mètres de moi. Je ne sais pas si c’est parce que je suis jeune, j’ai la barbe, ou quoi d’autre, mais je suis toujours bloqué quand d’autres passent.

    Finalement, est-ce parce que j’ai ma jolie amie à côté de moi, et son énorme sac à roulette avec nous, il nous laisse passer, avec ce terrible avertissement : vous allez être bloqué de l’autre côté, ils ne vous laisseront pas passer à St Jean, c’est à vos risques et périls.

    Nous traversons la place vite fait bien fait. J’avais qu’une envie, c’est de rester en fait, mais bon là, chargé, accompagné, ce n’était pas le moment.

    Nouveau cordon bloquant l’accès au pont Bonaparte. Forcément rebelote. Là c’est unE CRS qui m’arrête. Je ne suis pas sexiste (ou peut être un peu), car je suis quand même déçue de voir qu’une femme fasse ce choix de tenir une matraque. Et là ce n’était pas notre petit jeune sympa de l’autre côté, c’était la méchante, cassante et méprisante. Et incapable de regarder dans les yeux. Cette fois pas de salive à perdre, on se décale à l’autre bout du cordon, on emboite les pas d’un costard-cravate qui sort sans qu’il soit même regardé par le moindre flic et CRS, et on file sans demander notre reste.

    Nous arrivons à la maison une demie heure après, sur le chemin, je ne peux que lutter contre la haine qui monte en moi, à nouveau. Quelques jours après je découvre les vidéos de ce à quoi nous avons pu éviter. Rien d’inhabituel en fait quand on a l’habitude, mais je suis plutôt content d’avoir évité ça au final.

    Le plus dur en fait dans tout ça, quand « on sait », c’est de côtoyer au quotidien l’aveuglement des gens, des collègues, des amis, de la famille. Ils ne savent pas, et même si, ils n’y croient pas. Le deuil de la démocratie va être long à faire.

  • Le 25 octobre 2010 à 14:41, par slider69

    ces jeunes peuvent être fier ! ils étaient debout et dignes alors que la police dans une ville sous mandat socialiste à laissé les policiers ce comporter hors des limites , voir même excéder leur mission sous l’ère Vichyste. le Maire de Lyon porte une grande responsabilité dans les humiliations que ces jeunes garçons, ces jeunes filles ont vécu.c’est indigne de Mr Collomb.

    la police portera comme une étoile cette journée d’indignité et de Crime contre des enfants. Sarkozy nous enfin montré son Karcher ! il s’appelle « Police Nationale »

    honte à eux , honte à l’uniforme qu’il porte, honte à leur chef qui ont laisser des expression digne de la Soah passer. Honte à Lyon et à la France !

    nous les oublierons pas ! ils étaient là pour les Libertés ! la police pour les bafouéer.

    slider69

  • Le 25 octobre 2010 à 14:08, par Calins

    Je tiens à apporter mon témoignage sur ce que j’ai vécu hier, jeudi 21/10/10, à Bellecour.

    Je suis arrivée vers Bellecour aux alentours de 13H40 ; là, je ne peux que constater que l’état de siège a été déclaré à Lyon.

    J’ai voulu atteindre la place, mais une partie de la rue de la Barre était déjà interdite d’accès par des rangées de CRS ; j’ai atteint la place Antonin Poncet par la rue des Marronniers ; là, à mon grand étonnement, j’ai constaté que la place était cernée de toutes parts par les CRS et même des membres du GIPN, cagoulés et armés … Les miltants seraient-ils devenus des terroristes ? Une partie des « futurs manifestants » était sur la place Bellecour, l’autre sur la place A.Poncet.

    Nous étions séparés par des lignes de CRS qui filtraient déjà les allées et retours entre les 2 places ; vers 14H, j’ai enfin pu atteindre la place Bellecour ; il y avait là quelques centaines d’étudiants, de lycéens, de syndicalistes …comme parqués en plein air ; beaucoup d’entre nous ont voulu revenir rejoindre l’autre groupe ; les CRS nous en ont empêché ; je suis allée de l’autre côté de la place, côté rue de la Barre ; là–bas, idem ; aucune possibilité de sortie.

    Résignée, je prends donc mon mal en patience ; les autres s’y résignent aussi ; aucun d’entre eux ne tentera d’échapper ou de se faufiler à travers ; je suis stupéfaite du calme ambiant des « parqués » de la place Bellecour.

    D’un coup, sans aucune raison apparente, une des lignes de CRS décide d’avancer sur la place en nous repoussant au centre ; de l’autre côté, la même chose.

    Nous étions pris comme dans un étau ; l’étau resserré, une pluie innombrable de grenades et autres projectiles de gaz lacrymogène nous tombe dessus ; stupéfiés, asphyxiés, les gens courent un peu dans tous les sens pour tenter d’échapper aux gaz répandus.

    Cet épisode s’est répété ; à chaque fois, même surprise, même panique…

    Des CRS traversent la place au pas de course ; un hélicoptère nous survole en permanence, des détonnations régulières…

    Quand nous avons tenté de nous asseoir le long des bâtiments, à chaque fois, les CRS nous ont délogés ; nous avions l’interdiction de rester assis, impassibles à attendre la suite des évènements.

    Pour autant, que pouvions nous faire d’autre ? Si ce n’est compter les p’tits cailloux dilués dans le sable rouge sur la place…

    Je suis restée ainsi prisonnière, parquée sur la place pendant 2H environ.

    Humiliée, épuisée nerveusement, oppressée totalement par cette démonstration de force ; des centaines de CRS, armés, cagoulés pour certains, qui semblent prendre un malin plaisir à nous ballader d’un coté à l’autre de la place, à nous voir ainsi pris au piège…

    Finalement, ils me laisseront sortir… pourquoi moi et pas les autres ? Au compte-gouttes…Au faciès…A l’auto-collant sur nos vêtements…A l’âge …

    Et brutalement, le rang de CRS se resserre, plus personne ne peut sortir.

    Je laisse derrière moi quelques 150 à 200 manifestant encore prisonniers sur la place.Je rejoins le cortège situé devant la poste ; et là, en quelques secondes, les gaz sont lâchés, les CRS chargent, les gens éparpillés ; avec 4/5 copains syndiqués, nous sommes repoussés matraques pressées dans le dos ; quelqu’un tente de prendre une photo de la scène ; un policier réagit mal et nous asperge, si besoin en était, de sa bombe lacrymo, en pleine figure.

    Ce matin encore, mes yeux sont rouges et irrités (je porte des lentilles de contact) ; la peau de mon visage a viré au rouge et me brûle …

    Quand j’apprends ce matin ce qu’ils ont encore subi (gazages, canons à eaux, …) j’en ai la nausée.

    Solidaires SUD Emploi

    calin69 (arobase) wanadoo.fr

  • Le 25 octobre 2010 à 12:17, par ashab

    Faut-il avoir 40 ans et être père comme je les suis et avoir vécu chaque jour ce qui s’est passé place Bellecour pour dire à tout ceux qui ne voient suite aux mots et aux images que des casseurs que tout ce que les gens disent ici est vrai et inquietant. Que leurs voix ne soient que relayer par une presse alternative est inquietant aussi. Moi je remercie du fond du coeur ces gens qui racontent parce qui s’est passé est une vaste fumisterie, un spectacle organisé pour ceux qui ne voient que la vie par écrans interposés. Indigne l’attitude certains C.R.S et leurs paroles aussi, étrange la stratégie mise en place et j’espère que cette jeune fille qui témoigne dans ce sinistre baptême a de quoi rester vigileante à vie et gardera toujours comme le dit Hessel matière à s’indigner. Par ce qui s’est passé ces trois jours n’est pas à ranger sans suite et à passer aux oubliettes.

  • Le 25 octobre 2010 à 10:28, par chantal de lyon

    Je suis une Maman qui a passé également l’après midi place Anthonin Poncet pour essayer de savoir ce qui arrivait à ma fille bloquée place Bellecour. Elle a été enfermée sans avertissement à 13h30 et s’est retrouvée piégée jusqu’aux alentours de 19 h où on a pris son nom et une photo avant de la « libérer » Pendant ce temps j’attendais sagement place A Poncet. Sans avertissement, nous avons été une première fois obligés par la force de reculer de quelques mètres, grenades lacymogène sans avertissement une jeune fille m’a prise en charge j’étais sur le point de me trouver mal ( merci pour le sérum).Là nous ne pouvions presque plus voir ce qui se passait place Bellecour. j’avais des nouvelles de ma fille par portable, de temps en temps ils étaient chargés par les crs. Nous ne pouvions voir que des mouvements de car ou autres véhicules d’assez loin. Essayant d’en savoir davantage, nous sommes allée du côté de la rue de la République où là aussi le temps d’un demi sommation nous avons pris en pleine figure d’autres gaz (qui font en mal de chien on a l’impression que les yeux sont remplis d’acide). Tout cela sans savoir pourquoi ces gens étaient enfermés. Nous avons pu voir de loin qu’ils étaient arrosés d’eau . Ils les ont donc relâchés après avoir pris leur identité et une photo. Je m’interroge sur la légalité de tout cela : être retenu contre son gré pendant plusieurs heures, ne pas pouvoir s’enfuir quand on est chargé ( cela rappelle d’autres souvenirs dans d’autres pays sans exagérer). je m’interroge sur l’opportunité de déposer une plainte notamment aussi pour le fait qu’ils aient pris leur identité alors même qu’ils n’avaient encore rien fait : pour la plupart ils avaient sans doute l’intention d’aller manifester ce qui aurait été leur droit mais n’en ont pas eu l’opportunité. Voilà mon après-midi. je ne suis pas fière de mon pays je ne suis pas fière d’avoir vu ma propre fille enfermée dans une place dans notre pays elle qui a été élevée dans des valeurs fortes de démocratie et de respect du droit. J’ai peur maintenant de ce gouvernement qui ne recule devant aucun abus de droit pour faire avancer sa machine infernale. J’ai peur pour nos jeunes.

  • Le 24 octobre 2010 à 22:41, par .

    J’ai 17 ans, je suis lycéenne. Jeudi dernier j’ai voulu aller manifester. Le rassemblement étant à 14h place bellecour je m’y suis rendu vers 13H30 environ. Les CRS nous ont dit en riant « vous rentrez mais vous n’en sortirez pas ». Nous n’avons pas tenus compte de cette remarque irréelle. Et pourtant, je suis resté coincé durant 4h30 sur cette place. Quand nous nous sommes rendus compte du piège nous avons fait le tour de le place plusieurs fois pour en sortir, les CRS prenaient un malin plaisir a nous indiquer des sorties a l’autre bout de la place. Après de nombreux allers retours nous sommes allé vers l’entrée ou les autres manifestants étaient. Un drapeau de la paix flottait, tout le monde levait les mains en l’air, on voulait juste rejoindre les autres manifestants de l’autre coté du cordon policier. Quelques pierres on voler et les lacrymos sont partis. Au bout de 30min tout le monde s’est dispersé sur la place, on avait compris que notre acharnement n’aboutirai a rien. La place a été très calme pendant 3h, des jeunes jouaient au foot avec leurs gants roulés en boule, nous parlions avec ces prétendus « casseurs ». Presque tous les CRS avec qui nous parlions étaient très agressifs, ils nous provoquaient ouvertement. Nous avions soif, ils disaient qu’on méritait notre sort. Vers 17h ils nous ont dit qu’une sortie rue de la Ré allait être mis en place, tous le monde y est allé. Une dizaine de cailloux ont volés, les premiers depuis des heurs et tout est partis très vite. Ils nous ont repoussés, nous coinçant sur un trottoir et nous gazant. Les doses étaient surchargés, plusieurs personnes se sont évanouis. Un homme s’est fait tabasser sans raison et les manifestant qui ont essayé de l’aider alors qu’il etait au sol se sont recus de nombreux lacrymos. Des gens étaient au sol et les crs continuaient a avancer. On hurlait d’appeler les pompiers mais ils disaient« s’en battre les couilles ». Je n’en pouvait plus, j’ai commencé a pleurer et un crs m’a finalement laissé sortir avec une amie. J’ai pleuré de colère pendant 30min. Ils nous ont détruit mentalement. En sortant de cet enfer je me suis dit que c’était la dernière manif que je fessais. Mais c’est ce qu’ils veulent alors j’y retournerai. Car jamais je ne me soumettrai a cet état qui a enfermé des enfants sur une place et qui les a traité comme on traite des terroristes (le GIPN nous menaçait). Je suis sortie plus forte de cette journée et prête a me battre jusqu’au bout pour nos droits, pour que ce gouvernement ouvre les yeux et agissent enfin.

  • Le 24 octobre 2010 à 22:19, par Cam

    Merci lapin, j’ai cherché à poster le lien de rebellyon vers cet article sur le site de « Arrêt sur image » mais il fallait être abonné pour le faire et l’abonnement étant payant j’ai renoncé. J’ai posté cependant le lien sur des forums de France 2, France 3, M6. S’il vous plait que vous ayez été sur laplace Bellecourt ou non jeudi, si vous trouvez ce qu’il s’est passé scandaleux, faites tourner ce lien sur les réseaux sociaux, vos adresses emails et tous les forums que vous pourrez. Il faut que les gens sachent ce qu’il s’est passé jeudi à Bellecourt. C’est important pour que les victimes soient crus et se sentent soutenues et surtout que ce genre d’actions policieres ne se reproduisent pas.

  • Le 24 octobre 2010 à 20:40, par Lapins

    Bonsoir à tous,

    CECI EST UN APPEL À TOUS CEUX QUI ONT DÉJÀ TÉMOIGNÉ ICI !

    Hier soir, j’ai contacté arretsurimages.net, qui en retour a déjà posté un lien vers ces témoignages. Je leur ai demandé de faire quelque chose, d’en parler, de dénoncer ce silence puant ! J’ai même essayé de faire un « best-of » (je ris jaune) de nos témoignages pour leur faciliter la tâche... Je suis sur le point de l’envoyer. Cela dit, j’ai pensé à un problème essentiel : ces témoignages restent anonymes. Je suppose que les journalistes exemplaires d’arretsurimages.net auront besoin de noms pour bien pouvoir démolir la propagande sans être traités de menteurs et d’inventeurs de témoignages ! Je leur fais entièrement confiance. Faites leur également confiance en leur envoyant votre pseudo utilisé sur ce site et votre nom ! Si vous souhaitez réellement ne pas divulguer votre identité, présentez-vous au moins, même brièvement, pour ceux qui ne l’ont pas fait. Je crois que c’est très important, et qu’on a besoin de gens comme eux, car ils sont respectés et même craints par les journalistes collabos et crétins, et donc par le pouvoir en place.

    Cela prend 2 minutes et peut être décisif !

    Écrivez ici : http://www.arretsurimages.net/contact.php , dans la rubrique « proposez un sujet d’enquête » et titrez « LYON BELLECOUR 21.10.10 témoignage » suivi de votre pseudo utilisé sur cette page. Dans votre mail, présentez-vous, voire plus si vous avez encore des choses à dire.

    Je ne sais pas trop si ce que j’essaie de faire sert à quelque chose... Je ne suis qu’une étudiante absolument scandalisée par ce que j’ai pu voir et entendre, et je souhaite agir. Je ne peux rien toute seule. Rebellyon ne peut rien isolé. Il faut faire appel à des journalistes plus puissants, ennemis des mass medias.

    Résistance !

  • Le 24 octobre 2010 à 15:39, par matt

    Je ne suis pas la première à décrire ce qui s’est passé ce jour là. J’espère aussi que je ne suis pas la dernière.

    Dès le matin, l’info est là : rassemblemet à Bellecour pour la manif. Avec mon copain nous sommes donc présents sur la place à 11h30. Rien de spécial, pas d’inquiétude. Des CRS de partout mais bon, habitude quand tu nous tient ... A 13h-13h15, nous rejoignons nos amis de l’autre côté de la place, vers la Rép. C’est là la surprise. Le cortège de la manif est inrejoignable, des CRS nous barrent la route. Comment ça ? La place est étanche. Comment ça ? Encore et toujours par la violence. Les premiers jets de lacrymo volent, en réponse à notre volonté de circuler. Mais la manif est autorisée pa le préfet, par ce même préfet qui ordonne notre séquestration sur la place ! C’est à partir de ce moment là que commence l’horreur. Provocation, insultes, intimidation semblent être les mots d’ordre. Pourquoi sommes nous là ? Les CRS nous disent que « ce n’est pas leur problème » en souriant. J’ai passé une heure à tourner autour de tous les checkpoints. Voila un dialogue que j’ai eu avec un CRS : moi : Je veux sortir, j’ai besoin de pisser, ça fait 4H que je suis parquée ici sans savoir pourquoi CRS : (en souriant toujours) : Parquée comme un animal ? Bah alors vous pouvez aller pisser derrière ce tas de bois ! Sa blague pleine d’humour a au moins eu le mérite de faire rire franchement tous ses copains. Humiliation gratuite, donc. Comme j’ai eu le malheur de répliquer, ils ont commence à devenir franchement menaçants. 6 CRS en rang serrés devant une gamine de 19ans, bravo ! J’ai vu une fille avoir une crise d’asthme à cause des lacrymos, ils lui ont ri au nez et l’ont repoussée sur la place. Un môme de 10 ans ? Même sort. Une fille qui se plaint d’avoir soif et envie de pisser ? Elle n’a qu’a « boire sa pisse ! ». Auncun respect pour nous. J’ai vu un jeune collégien s’être fait matraquer sans raison, il a peur et eux ? Ils rient encore. Il s’est passé 2h sans que rien ne bouge. Toutes les personnes présentes errent sur la place, pas un bruit, personne ne comprend ce qui se passe. Ce que l’on comprend, c’est leur volonté à faire craquer. Des tirs de lacrymo nous font courir d’un bout à l’autre de la place comme des lapins. Des tirs de flashballs ont blessé des gens mais ils ne peuvent toujours pas sortir, c’est limite si ils ne se font pas matraquer en prime ! L’hélico gronde en permanence au dessus de nous, soulève la poussière. Des compagnies de CRS traversent la place, leur but ? Nous provoquer, nous faire réagir, enfin leur donner une bonne raison et la légitimité de nous tapper dessus ! En tout cas, c’est comme ça que je l’ai ressenti. Nous apprenons que nous pouvons sortir à la sortie vers le vieux lyon, mais en arrivant, surprise ! C’est photo + relevé d’identité ! Hors de question, mon copain et moi retournons sur la place et réussissons à passer vers le canon à eau en profitant de discussions entre CRS. Dehors, les lacrymo sont remplacées par des jets d’oeufs par les fenêtres ... sans commentaire. 1h plus tard, les CRS évacuent la place, nous retrouvons nos amis dans le même état que nous : choqués (certain en pleurent) mais surtout pleins de haine. Ce n’est plus de la colère et de l’incompréhension, j’ai envie de les tuer de nous avoir fait subir ça sous couvert de la préfecture, sous couvert d’une politique sécuritaire et raciste (la plupart des interpellés sont évidemment rebeu ...). La haine de n’avoir même pas été considérés comme des hommes. Cette après midi, ils ont violé les droits les plus élémentaire de l’homme, ils ont bafoué notre dignité. Sous couvert du gouvernement d’une « République », avec l’accord de ce gouvernement. Pour finir, je veux préciser que les baqueux et les flics ont encore bien fait leur boulot : j’ai vu des personnes enfermées qui affolaient la foule « faut casser du CRS ! », qui organisaient les mouvements violents vers les CRS ... et j’ai vu les mêmes personnes enfiler un brassard POLICE quelques minutes plus tard ...

  • Le 23 octobre 2010 à 23:14, par un jeune

    j’ai vécu la meme chose en 2008 pour une manif lycéenne a grenoble mais seulement pendant 45 min et pas aussi gravement

    je suis choqué mais pas surpris de se que fait la police et l’état !

    En voyant les info du jeudi soir j’ai entendu « une nouvelle journée d’émeute a lyon a cause des casseurs » en montrant quelque image de gens qui courent dans les fumi et une image du pillage de micromania qui a eu lieu le mardi

    En faite , nous somme tous des casseurs au yeux de l’état et pour les jeunes de banlieu , LA SOCIETE MERITE SES DELINQUANTS

    A bas le pouvoir !

  • Le 23 octobre 2010 à 20:52, par Hayat

    Je suis jeune, plus étudiante du tout mais pas encore la trentaine. Je suis d’origine algérienne. Je travaille place bellecour. Je me suis retrouvée enfermée dans la boutique dans laquelle je travaille de 11h à 17h. Pourquoi ? Parce que j’ai vécu la journée de mardi, avec casseurs, révoltés, manifestants et cons. Je ne cautionne pas le comportement des CRS, mais quand je me souviens des petits jeunes bourgeois du 2e défonçant une poubelle mardi parce qu’il faut que jeunesse se fasse et que de toute façon en aucune façon ils ne seront inquiétés je comprends. C’est le bordel en France mais depuis plus longtemps que cette réforme, depuis plus longtemps que N. Sarkozy aussi, la France est un pays ingrat qui ne reconnait pas le travail fourni par les immigrés d’après guerre, la France est un pays qui accuse les jeunes issus de l’immigration d’être des voyous qui ne s’intègrent pas alors qu’ils ont été eux même parqués dans des cités loin de recueillir toutes les cultures. D’ailleurs qui peut m’expliquer la phrase que j’ai souvent entendu prononcer à mon égard dans mon enfance : « retourne dans ton pays » ? C’est peu cher le charter puisque je suis née en France, et que c’est celui là mon pays. Pour tous les jeunes qui ont subi gazage et racisme jeudi, pour ceux qui ont eu honte d’être des français pure souche aussi, je souhaite que ce traumatisme ne devienne pas une banalité. Pour moi, c’est trop tard.

  • Le 23 octobre 2010 à 19:41, par Jiji

    « Je voulais vous signaler un incident qui nous a été rapporté par notre secrétaire de syndicat. Il était sur la place Bellecour à Lyon avant le début de la manif du mardi 19 octobre avec ses collègues pompiers et des groupes de jeunes, quand ils ont assisté à une agression verbale et physique de la part d’individus, qui portaient des badges CGT, vis à vis d’un groupe de jeunes. Les pompiers se sont interposés et ont réussi à ceinturer les agresseurs (ce sont des pompiers et ils sont costauds !).Tant et si bien qu’ils ont eu la surprise de voir ces individus sortir leur carte de police pour se défendre car c’était des flics de la BAC ! Non mais est ce que vous y croyez ?!!! J’ai beau me dire qu’ils sont capables de tout, je n’en suis quand même pas revenu ! Du coup, les pompiers leur ont arraché leurs badges CGT et leur ont dit qu’ils valaient mieux pour eux qu’ils foutent le camp, ce qu’ils ont fait ! »

    Cet incident illustre la faiblesse du pouvoir qui n’a plus d’autres choix, face à la forte mobilisation populaire, que de faire de la provocation pour faire capoter la résistance à toutes les saloperies qu’il décide ! Voilà, vous pouvez tout utiliser comme vous le sentez... il faut informer, informer, informer pour sans cesse gagner la bataille de l’opinion publique car rien n’est jamais gagné définitivement, ni perdu d’ailleurs. »

    Il faut absolument témoigner et je peux vous assurer que depuis plusieurs jours que je participe à ces rassemblements d’opposition à la casse de nos acquis sociaux, je suis moi aussi témoin d’actes absolument intolérable de la part des forces de l’ordre : insulte, violence provocatrice.

    Aujourd’hui, ils ont parqué pendant 6 heures des jeunes sur la place Bellecour à Lyon pour les empêcher de rejoindre la manifestation prévue à 14H : envoie de gaz lacrymogène, flash ball, lance à eau, je suis rentrée écœurée et me serait cru « dans les territoires occupées » : check point, rues bloquées, arrêt des transport en commun, personnes bloquées au sol, des actes qui vous poussent à bout pour vous rendre vous aussi violent.

    Voici le communiqué de presse : Lyon le 21 Octobre 2010 à 17H50

    A Lyon depuis ce matin et encore en ce moment des violences policières intolérables

    Les violences policières s’abattent encore sur Lyon depuis ce matin dans des proportions intolérables et disproportionnées.

    En début d’après midi un cortège syndical a voulu se joindre à l’appel des lycéens et étudiants sur la place Bellecour. Les forces de police ont fermé complètement la place bellecour, bloquant sur place plus de 1000 manifestants.

    Malgré toutes les négociations que nous avons pu entamer avec les RG et les chefs de police présents, il n’a pas été possible d’obtenir l’ouverture de la place pour une évacuation en douceur via le cortège syndical qui serait alors parti en manifestation. Les Interlocuteurs de la police affirmaient « avoir des ordres » et étaient conscients que la situation telle qu’elle était allé dégénérer. Le cortège syndical gazé à plusieurs reprises a du finalement quitter les lieux. Depuis 13H00 des

    manifestants sont donc pris dans une nasse place Bellecour à Lyon dont ils ne peuvent sortir et se font très régulièrement « gazer ».Personne ne peut entre sur la place voir ce qui se passe réellement, mais des blessés évacués sur brancard ont été vus.

    L’intersyndical exige l’arrêt immédiat du massacre place Bellecour et demande à ce que les forces de police lèvent le piège tendu aux manifestants.

  • Le 23 octobre 2010 à 17:59, par Leïla

    Prête à manifester, ayant abandonné mes cours pour la bonne cause, je pars retrouver ma soeur place bellecour d’ou devait partir la manif. Malheureusement j’ai pu y entrer...mais la sortie etait en option ! Enfermés place bellecour, et avec en prime des lacrymo et un jet à eau sur fond d’hélico ? On dirait le sénario du nouveau james bond... Nous étions encerclés , pris au piège par des tortues ninjas obéissant aux ordres de leur chef, sans savoir pourquoi. Un garcon de 10 ans un peu perdu près de moi voulait sortir et rentrer retrouver ses parents,pas moyen. Une jeune fille s’écroule à 50m, tout le monde appelle à l’aide ... il a fallu quelques longues minutes aux CRS pour deigner se bouger. Nous étions partagés entre colère et incompréhension.Des syndicalistes de la CGT me disent de faire appeler la préfecture par nos parents afin de tenter de débloquer la situation : au bout du fil une standardiste répondra « Dites leur de demander aux CRS gentillement et poliment de sortir et ils les laisseront sans aucun problème »LA BLAGUE. Finalement 5h plus tard, la vessie prête à exploser, nous faisions la queue,entourés surtout seulement de jeunes,( pour la plupart noirs ou magrébin soit dit en passant...), comme pour un concert : Pourquoi ? Pour pouvoir sortir librement en ville !!! Carte d’identité à présenter sans savoir pour quelle raison : Mes questions sont restés vaines. En sortant de cette place que désormais je ne regarderais plus du même oeil, nous étions accueillis avec du chocolat et du pain de mie, nous , les « rescapés de Bellecour ». Une après midi qui ne me réconcilie pas avec le gouvernement !

  • Le 23 octobre 2010 à 17:06, par méli

    J’ai envie d’hurler, de chialer, de tout défonser et de vomir rien quand lisant les témoignages, je n’ose même pas imaginer le sang bouillant ds les veines des « prisonniers ». Je salue leur sang froid. Pauvre France que fait-on de toi. J’ai très peur et bien honte. Nos gouverneurs ont trop longtemps joué aux playmobiles, leurs « gentils cowboys » pouvaient chasser les « indiens » sans que ceux-ci se rebellent.... Attention vos playmobiles aujourd’hui ne sont pas aussi maniables. Bravo vous avez réussi : j’ai peur.

  • Le 23 octobre 2010 à 16:18, par Yohan

    Ce que je lis me rends vraiment fou de rage !!! Je n’était pas sur la Place Bellecour ce Jeudi 21 Octobre 2010 ni les jours précédents d’ailleurs... Je fais parti de ces gens qui sont de tout cœur avec les manifestants mais qui ne prennent pas le temps de se « bouger » réellement. Peur de perdre mon emploi, d’autres iront à me place me dis-je...

    C’est en lisant vos témoignages, en écoutant des enregistrements et en voyant des images que l’envie de descendre dans les rues me prend. D’une part pour manifester contre cette réforme des retraites mais aussi (et surtout) contre cet abus d’autorité qui pour moi est inadmissible. Depuis quand en démocratie il est interdit de manifester ? Depuis quand les forces de l’ordre ont le droit de « séquestrer » quelques centaines de personnes sur une place publique sans raison valable ? Mais où vas-t-on ???

    Je tenais aussi à dire aux personnes ayant assisté à cette mascarade : BRAVO. Bravo de ne pas avoir craqué et d’être resté le plus calme possible. Et si jamais ce genre de situation était amenée à se reproduire, j’espère que vous serrez encore plus nombreux pour montrer que le peuple ne cherche pas à « foutre la merde » mais simplement à se faire entendre. Une chose est sur, la prochaine fois je serais là !!

  • Le 23 octobre 2010 à 16:12, par Fanny

    Dénonciation et témoignage de l’attitude des CRS (où gendarme mobile) par une participante aux manifestations de ces derniers jours (18-19-20 octobre).

    Quand tu vois les mecs qui sont contents d’avoir touché des gamins avec les fumi, quand tu vois que ça leur suffit pas d’avoir crevé l’œil d’un gamin, quand tu vois qu’ils chargent sur des mouvements pacifiste, tu sais que c’est pas normal. Ils font chier les manifestants place Bellecour qui sont simplement là pour faire entendre leurs voix. Sure cette place il y a les casseurs qui n’attendent que de voir les CRS avec leurs jolie armures débarquer pour les caillasser. Les CRS excitent les casseurs comme le rouge excite le taureau. Ils feraient mieux de s’infiltrer parmi les casseurs. A un bout de la place carrée de Bellecour, il y a les casseurs en train de piller les magasin. Pendant ce temps, à l’autre bout de la place, les CRS se pavanent devant les casseurs qui n’attendent que leur venue. Il sont là pour provoquer les gamins de moins de 17 ans qui ont une rancœur (ou pas) contre les CRS.

    Mardi. Manif normale. Interprofessionnelle avec les jeunes. Sans débordements. Avec les camarades on se calent Place Bellecour. 5 minutes après notre arrivée des jets de pierres apparaissent et l’on décide de partir. Tous s’en vont sauf moi qui décide d’aller voir les CRS postés à l’entrée d’une petite rue parallèle à la rue principale. Ils bloquent la rue naturellement, et j’observe alors les dizaines de cailloux gros comme le poing gisant aux pieds des CRS au bord du trottoir. Je les regarde, amusée, et décide alors de rassembler tout les cailloux à terre du pied et d’en faire un tas. Histoire de montrer ce dont sont capable les caillasseurs et pour faire passer un message aux hommes en noir. Je n’hésite pas à m’approcher au plus près des boucliers de plexiglas pour montrer que je ne veux pas de violence et que l’on peut faire quelque chose contre les flic sans forcément se battre. Le moindre petit cailloux est ramassé. Un flic me regarde souriant et me « Merci mademoiselle ». Là je m’excite « Oula ! Mon pauvre ! Ne croyez surtout pas que je fais ça pour vous aider hein ! Je fais ça simplement pour ne les ré-balanciez sur les jeunes ! Parce qu’on sait d’où il vient le problème ! Les casseurs vous balancent des pierres parce que vous les excitez et vous vous répondez avec des flashball et des lacrimo. » Le policier ne bronche pas. Je voulais les faire réfléchir et marquer la fin des hostilités. Des jeunes femmes me rejoignent dans mon initiative et ramassent les cailloux avec moi. On rit de ce qui se passe et de la position des policiers. Mais au bout d’une minute le « chef » de la bande vient nous voir et nous demande d’ « arrêter de faire ce que vous faites, on le fera nous même dégagez la voie » On réplique « Çà vous dérange qu’on évite que l’affrontement se finisse en guerre civile ? Nous on veut que ça s’arrête et vous arrêtiez de répondre aux jeunes ! » Sur cette phrase je m’en vais en prenant bien soin de ramasser les derniers cailloux tout aussi calmement. Je reçois un appel des camarades et je vais pour les rejoindre.

    Quand on voit que l’AG de la Bourse va sur Bellecour pour manifester pacifiquement jusqu’à la préfecture et que les CRS sont postés à chaque coin de rue pour les empêcher de manifester, disons les choses clairement , on sait très bien qu’ils sont là pour provoquer les jeunes immatures qui n’attendent que ça et qui sont chauds bouillants pour la bagarre. On a beau crier aux jeunes de ne pas s’intéresser aux CRS, de ne pas rentrer dans leur jeux, les jeunes sont trop près à caillasser. Les CRS nous poussent petit à petit vers le pont de la Guillotière pour nous parquer dessus comme des animaux. Dans la rue, pendant la battue, une fille tombe et suffoque. Quand j’arrive vers elle 4 CRS sont déjà là et ne font quasi rien. Un CRS, contre sa volonté et blasé demande à la jeune fille qui n’a pas 18ans ce qu’il lui est arrivé. Vous n’allez pas me dire ! Je m’énerve et leur cri dessus « Et qu’est-ce qu’elle a votre avis, franchement !? On se demande ce qu’elle a hein ! C’est à cause de vous qu’elle est comme ça ! » Un CRS me donne du sérum et j’en applique sur la blessée et son amie. Je me relève pour repartir et le CRS du sérum me dit hautin « Et merci, non ?! » Je réplique « nan mais attendez pour une fois que vous faîtes quelque chose de bien, je vais pas vous dire merci en plus ! » Et je pars énervée en vidant le sérum par terre. J’espère que tout les hommes non plus en bleu mais en noir l’on vu. Et pourquoi il avait du sérum dans sa poche lui ? Et pourquoi il nous en donne ? Il en avait pour ses collègue et il nous l’a donné pour nous, des manifestants, des stupides étudiants qui ne font que tout casser. Contradictoire non ? Enfin. Sur ce, blocage du pont, et ceux qui ont eu la malchance d’être prisonniers sur le pont subissent des contrôles d’identité. Deux heures s’écoulent et les CRS sont imperturbables. L’on a beau les critiquer ils ne bougent pas. Comme signe de pacifisme je brandit mon sac, dessiné de signes pacifistes et de messages d’amour. Je cris à la foule « Vous avez vu ce qu’il est écrit sur mon sac ?? Vous avez vu ? Bah moi j’aimerai que eux aussi ils le voient et qu’ils sachent qu’on veut pas qu’ils nous chargent où qu’ils nous tabassent !! » Pendant cinq bonnes minutes je restais à exhiber mon sac, sous les regards vides des hommes (s’il on peut encore appeler ça des hommes). Toute les dix minutes des convois d’hommes arrivent, les supérieurs, avec leurs brassard. La nuit arrivée ils ne laissaient pas passer les honnêtes citoyens qui voulaient rentrer chez eux. Impassible et sans expression n’est pas assez fort pour décrire ce que j’ai lu sur leurs visages. Et encore et encore des convois de CRS, des supérieurs en brassard, des dizaines et des dizaines. Ils ne se comptaient plus.

    Quand on voit des adultes casser des vitrines et piller des magasins et ensuite enfiler des brassards Police, on se pose des questions. Et on sait très bien que la droite paye des flics pour qu’ils cassent et déclencher les émeutes, on se dit que c’est normal. OK ils sont là pour « contrôler » les casseur. Sauf qu’au lieu d’emmerder les manifestants qui ne demandent rien d’autre que d’occuper la place au lieu d’arrêter les bons casseur, on se dit merde. Infiltrer vous dans les bande ! Arrêtez les bons ! Allez au cœur du problème au lieu de montrer que vous avez de la chair à canon manipulée par des grosses ficelles par vos supérieur ! Arrêtez d’emmerder les autre ! On sait qu’ils sont manipulés part leurs supérieurs, mais quand on voit qu’ils sont CONTENTS de viser des jeunes avec les flashball et les lacrimo, (je sais de quoi je parle j’ai été à coté d’eux et j’y ai vu), on se dit merde. Un jeune touché = des cris de joie tel un match de foot. Je vous assure. Et ils mettent ça sur le compte de la manipulation. A se demander s’ils ont un cœur. Je suis persuadée qu’individuellement ils sont d’excellents pères de famille, avec leur femme (ou même leur mari car il y a aussi des femmes). Mais qu’ils s’imaginent une seule seconde qu’’ils gazent leurs fils ou fleurs fille et ça les fera réfléchir.

    On s’éloignent de quelques arrêts de Bellecour, mais des collègues décident d’y retourner.. On ne peux les suivre. On les rejoint trois quart d’heure après. Arrivés devant le pont de la Guillotière, je me met à courir. Je ne sais pas où ils sont et je dois les retrouver. Là une vision d’horreur. Une voiture brule, la foule, les CRS... l’apocalypse. Je me met à paniquer, à pleurer. Finalement je vois un des camarades qui prend des photos de la voiture. Je l’interpelle et il m’emmène vers mon copain. Je vois que tout va bien mais il manque Medhy, en fauteuil. Je dois le retrouver. Je cours et me retrouve sur la rue où une ligne de CRS bloque. Je leur dis qu’ils doivent me laisser passer, ils refusent. Je m’aperçois de la galère derrière eux, de l’apocalypse au loin et me met à pleurer, pensant que mon ami et peut-être là dedans, comme jamais je n’ai pleuré. Je pleure, je cris, je les supplie de me laisser passer, je leur explique, sans succès. Je tourne, je vire devant eux et plus les secondes passent et plus la pression monte. Je force le passage on me repousse. Des jeunes fille voient que je suis désemparée et me consolent. Je n’hésite pas à critiquer les hommes et à leur crier dessus de rage. Au bout de dix minute je décide de m’assoir et d’attendre. Un acte pacifique et symbolique. Je ne leur voulais aucun mal.

    Mais là une bande de curieux arrive dix mètres derrière et créent la pression. Les CRS menacent de charger et je ne bronche pas. Seulement quand je vois un des flics dégainer un flashball. En pleures et choquée je me lève et me met sur le coté contre les vitrines pour ne pas être chargée. Quand je leur cris de toute mes forces en pleure « Ba allez-y !! Chargez !! Vous ne savez faire que ça de tout façon !! Vous avez pas le droit de faire ça !! C’est illégale !! Vous avez déjà crevé un œil à un gamin ! Ça vous suffit pas !! Faut encore que vous tuiez d’autres jeunes qui n’ont rien fait !! Vous faîtes n’importe quoi !! Vous avez pas le droit !! Vous avez pas le droit !! » « Chargez !!!! » Je me plaque contre la vitrine. Mais je suis embarquée. Le flashball braqué sur moi m’a le plus effrayé. Je résiste et force contre les hommes. Il me serrent le bras tellement fort, ils me traînent sur 10 mètres, m’insultent, et me disent « On tdit d’remonter alors tu remonte ! T’as compris ?!!! » Je n’ai jamais vu telle violence. Je me débat et cris « Lâchez moi !! Vous n’avez pas le droit !! Lâchez moi j’vous dit !! Vous avez pas l’droit !! Lâchez moi !!.... » J’arrive à me defaire mais après le refus de deux pharmaciennes de m’ouvrir ils me reprennent et me trainent sur 5 mètres. Là ils me jètent violemment contre un mur. Je suis toujours en pleures. Ils avancent en ligne et s’éloignent de moi. Une dizaine de mètres devant eux, je vois mon leader qui me fait de grands signes pour me dire d ’aller chercher le camarade. Je repars alors en courant et le cherche. Les rues forcements surveillées sont celées. Ici s’arrête les débordements. Ou alors le fait qu’ils nous gazent jusqu’à derrière la fontaine qui donne sur la route.

    Lundi. Un mouvement pacifiste s’était créé lors des arrivées de manif, avant les affrontements. Un sit-in a été créée, et ce fut bien là le seul bon acte que l’on réussi à faire collectivement. En effet les CRS avançaient vers nous et voyant l’inutilité de foncer sur nous se replièrent et finirent 40 mètres plus loin. Après une provocation de la part de l’UEC (Union des Étudiants Communistes) toute entière, mouvement que je n’ai pas compris qui consistait à chanter l’Internationale à 1m des policiers et sur lequel j’ai halluciné, et des jets de pierres, tout nos efforts de pacification avaient été ruinés. La guerre civile commence.

    Fautes d’orthographe excusées, ce communiqué est là pour témoigner personnellement et au nom de bon nombres d’autres les débordements de l’État et de leurs pions sans cœurs la « Compagnie Républicaine de Sécurité ».

    P.-S. : Je prévois de faire paraître ce communiqué dans le Progrès Lyon.

  • Le 23 octobre 2010 à 13:43, par Lycéenne Lyonnaise

    Je suis allé avec mes camarades de classe a la place Belcour vers 9h45 le jeudi 21 ( Notre lycée etait bloqué ) . Nous sommes aller Manifesté avec des personnes d’autre lycée Completement innocants qui ne pense qu’a defendre leur avie . Cette manifestation a commencé vers 10h30 , Il y avais des casseurs mais aussi des manifestants , Meme plus de manifestant que de casseurs . Des le premier mouvement sur la place belcour , les crs , Gendarme , Police , G.I.P.N , Ont commencé a lencé des bombes l’acrymo . ( COMMENT VOULEZ VOUS QUE L’ON PUISSE MANIFESTER ???? ) Avec mes pottes , Nous sommes donc resté posé sur la place belcours jusqu’a 13h , Juste avant de s’etre fait gazifié par ces CRS , Nous avons cherché plusieur entrée , mais chaqun nous disait « ala sortie suivante » , Coté vieux lyon nous avons essayé de sortir j’étais avec des filles et des garcons . Nous avons demander au CRS de passer , Ils on exactement dis « Les filles passez , Les garcons restez » alors nous , nous disions « ILS SONT AVEC NOUS » , et ils repondaios « RESTEZ ICI ! »

    C’est vraiment exaspérant !

  • Le 23 octobre 2010 à 13:07, par Rose-Marie

    Je suis arrivée en retard, il devait être 14 h30. Un cordon entourait la place Bellecour. J’étais côté rue de la République, impossible de passer ni d’un côté, ni de l’autre du cordon. Certains passants demandaient comment rentrer chez eux, comment accéder à des rues de l’autre côté de la place Bellecour (charité, victor hugo...). Les flics leur disaient d’essayer d’un autre côté. Certains revenaient en disant qu’ils avaient été baladés qu’il était impossible de passer nulle part, très en colère après la police, mais malgré cela, les flics continuaient de dire à ceux qui voulaient passer d’aller voir ailleurs... Plus le temps s’écoulait plus la tension montait. J’étais en liaison téléphonique avec des amis qui eux étaient « gardés à vue », armes parfois pointées sur eux. Il régnait un calme incroyable compte tenu des circonstances, entrecoupé de gaz lacrymos, puis de cris... Quand la police tirait sur les prisonniers, on aurait dit des lapins enfermés dans une cage sur qui des projectiles étaient lancés. Les gaz accentuaient cette course insensée vers nulle part dans cet espace clos.. Quand les prisonniers s’échappaient d’un endroit c’était pour se faire refouler vers un autre, violemment, quand ils n’étaient pas pris en sandwich, comme ce fut le cas vers la Place Antonin Poncet. C’était effrayant, grotesque, et inhumain. Cette place avec une poignée de manifestants éparpillés qui circulent pour tenter de passer ici ou là, qui téléphonent... et ce dispositif de guerre : des hommes armés jusqu’au dents ; des véhicules en tout genre, cars, voitures banalisées ou blindés avec hommes armés, GIGN, camions à eau, hélicoptère... démesuré, surréaliste... Je mesurais, au travers des échanges téléphoniques, combien cette situation était angoissante, perturbante, pour mes amis, nos dialogues étaient entrecoupés de toux et de crachats. J’ai interrogé un des flics qui composaient le cordon infranchissable : « combien de temps ça va durer ? quand allez-vous les libérer ? » Il me répond qu’ils vont laisser sortir ceux qui ne sont pas des casseurs, un à un... Je lui demande comment ils vont pouvoir trier les casseurs de ceux qui ne le sont pas ? à quoi ils vont les reconnaître ? Il me répond qu’ils ont des photos et des vidéos. Je lui demande alors, si, pour chaque personne ils vont regarder l’album et les films ? Il me répond qu’ils ont des méthodes qu’il n’a pas à me dévoiler, elles sont secrètes ! Puis il me dit que le matin, il y avait 500 jeunes cagoulés, ici même, qui ont tout cassé sur leur passage. Et juste derrière le cordon de flics, il y avait une voiture banalisée, avec, à l’intérieur, 5 hommes armés, avec des cagoules, on n’apercevait que leurs yeux. J’ai eu un moment l’impression que l’un deux me fixait, j’étais terrorisée. Je lui ai dit « les hommes cagoulés, ils sont là, pourquoi vous ne les arrêtez pas ? » Il me répond : « je ne vous parle pas de ceux-là, eux c’est autre chose... » Puis, le nombre de témoins, de photographes devenant peut-être trop important, ils ont décidé de mettre entre nous et la place : des cars, des camionnettes pour nous boucher la vue, et ils nous ont fait reculer, « derrière ERAM » craient-ils en nous poussant.

    Certains de mes amis sont sortis, ils ont été séparés et s’inquiétaient pour les autres qu’on n’arrivait pas à contacter. Ils sont sortis et ils culpabilisaient parce que plus des personnes sortaient de cette place, plus ceux qui restaient étaient bien moins blancs et bien plus jeunes qu’eux mêmes l’étaient. En acceptant de sortir, un à un, ils avaient l’impression de sacrifier une partie des manifestants, en plus, les plus vulnérables... Après la terreur, la culpabilité... Certains des libérés sont partis en manifestation. D’autres sont restés, notamment rue de la Barre et sur la trémie au dessus de l’axe qui longe les quais du rhône, (à hauteur de la Guillotière). On a pu assister à un balais de voitures de police en tout genre (banalisées ou pas) qui fonçaient, sirènes hurlantes.. D’autres véhicules qui semblaient tourner en rond, sans savoir où ils allaient, toujours sirènes hurlantes. Puis, plus le temps passait moins il y avait de monde autour.. On est allé manger un bout et boire un coup. Quand on est revenu vers la place, l’une des dernière personne sortie nous a dit ce qu’elle a vécu, ce qu’elle a vu, les personnes arrêtées... J’ai son téléphone, elle est prête à témoigner. On lui a donné le numéro de téléphone de « TÉMOINS ». Elle était très secouée, mais bien moins que d’autres personnes qui ont pris des crises d’angoisse, qui se sont trouvées mal et pour qui les secours étaient bloqués, derrière le cordon de « sécurité qui protégeait la population de ces dangereux terroristes » , imperméable le cordon, même aux secours des blessés...

  • Le 23 octobre 2010 à 12:42, par Mari

    Vers 15h, j’arrive Rue de la barre... Cordon de CRS, personne ne rentre sur la place. Difficile de voir exactement ce qui se passe quand ces montagnes de plastique noir et des rangées de camions nous coupent la vue.

    Une rumeur « il y a des gens coincés sur la place ». J’essaye toutes les entrées. Je vois bien qu’il y a du monde, je voudrai m’approcher, voir si ils vont bien leur proposer de l’eau « non, on approche pas mademoiselle » je sors mon appareil photo et tente de négocier « je suis photographe » on me répond « rien à foutre »... En plus d’être cons ils sont très classes ! Je réitère l’opération devant chaque cordon de CRS, partout la même réponse.

    Et je ne comprends pas. Je ne comprends pas parce que ce que je réussis à voir, c’est tout sauf des jeunes déchainés, tout sauf de la casse, tout sauf de la violence... J’aperçois des groupes de jeunes, assis par terre, ils ont l’air fatigués... Et à ce moment là, j’ignore depuis combien de temps ils sont bloqués . A ce moment là, j’ignore encore comment les « forces de l’ordre » les ont laissés rentrer sur la place en sachant très bien qu’ils ne les laisseraient pas sortir.

    Je croise un ami qui me dit que ça bouge de l’autre côté de la place, côté antonin Poncet. Je cours, j’arrive... Trop tard. « Circulez y’a rien à voir »... Effectivement, y’a plus rien à voir. Même le cortège s’est éloigné... Je les rejoins sur le pont de la Guille, ils partent pour la place Guichard, il doit être 17h.

    Je suis un peu naïve, je me dis que les gens sur la place ne risquent rien, ils sont bloqués, mais puisqu’ils sont fatigués et usés d’attendre, ils ne leur feront pas de mal.

    Arrivés Place Guichard, les gens commencent à se disperser. Prises de parole au mégaphone. Personne ne parle de Bellecour. Je décide quand même d’y retourner. Le temps que j’arrive, il n’y avait plus personne sur la place. Alors je rentre chez moi en croyant presque que tout va bien.

    Et puis c’est le coup de bambou. Devant mon ordinateur, je réalise en voyant les photo qu’ils ont simplement attendu que le cortège s’en aille pour les gazer à volonté. Je lis les témoignages et je comprends... J’ai presque honte d’avoir suivi le cortège. Presque honte de ne pas avoir été sur la place pour soutenir les gamins qui devaient être morts de trouille. Et surtout, j’ai honte d’avoir cru qu’il n’y aurait pas de charge, qu’ils seraient gentils...

    Et à toutes les personnes qui ont connu l’enfer sur cette place, j’ai deux choses à leur dire. Premièrement, je voudrais leur demander pardon. Parce que, non je ne savais pas, mais j’ai quand même le sentiment de les avoir abandonnés. Et ensuite je voudrais leur dire que j’admire le courage et la force avec lesquels ils ont affronté la situation. Ils ont payé de leur personne pour notre engagement à tous.

  • Le 23 octobre 2010 à 12:08, par Frans

    Bonjour, En lisant tout ça, j’ai bien la haine... Je suis bien loin de cette agitation dans mon petit village à environ 30 min de Lyon.. et je me sens bien impuissant (ce qui me révolte encore plus !...) alors je me tiens au courant grace à votre site (Un grand MERCI à Rebellyon pour cet « autre » info vitale !...) Je vais aux manifs (surtout à Vienne) mais c’est tout ( ah si, je suis aller apporter mon soutien à la raffinerie de Feyzin) et j’imagine (un peu) ce qui se passe sur Lyon, et je suis dégouté d’habiter dans ce pays... (mais est-ce bien mieux ailleurs ?...) COURAGE ET NE LACHEZ (ONS) RIEN !! Frans

  • Le 23 octobre 2010 à 11:33, par yo

    Hier Vendredi sur l’entrée de la rue Victor Hugo et des rues parallèles : nouvelles scènes aberrantes de ces barrages de CRS / Gendarmes mobiles, qui filtrent tous les passants au faciès... Je suis blanc et habillé de façon « conventionnelle » (j’ai pris le soin d’ôter le foulard devant ma bouche que je mets pour me protéger des lacrymos et des appareils photos indésirables), je passe, tout de même avec des regards appuyés de CRS à l’air narquois... Un black est prié juste après moi d’aller voir ailleurs.

    Ces scènes de l’Etat policier, on les a déjà vues... dans les films de SF, dans « 1984 »... On a pour seule réponse à la colère de braquer sur une place des canons à eau et de quadriller tout un quartier, hélico compris.

  • Le 23 octobre 2010 à 03:39, par baillonné et enchainé

    Bonsoir à tous. Je ne sait pas pourquoi, mais ce soir il faut que cela sorte. Tout commence le jeudi 14 octobre lorsque je me rend en tant qu’étudiant autonome (comme toujours) au blocus de mon ancien lycée. C’était la première fois qu’un blocus de cette ampleur y avait lieu. J’ai été arrêté à 11h45, alors que le cortège lycéen s’était plusieurs fois fait chargé sans aucune raison (seules quelques poubelles avaient été placées sur la route), pour avoir fait un doigt d’honneur et lancé un sac de feuilles. J’ai réellement fait un doigt d’honneur mais je n’ai pas lancé ce putain de sac. Passé en comparution immédiate le lundi 18 après 53h de détention (remis en liberté le samedi 16 à 17h), je me retrouve avec 3mois de sursis pendant 5 ans et 300e d’amande pour l’instant vu que le parquet, donc le ministère, fait appel pour ce jugement qu’il estime trop clément.

    Mardi 19, je suis passé à Bellecour pour voir ce qu’il s’y passait. Mes amis n’ayant par chance pas encore été arrêtés, ils étaient bien naturellement « en plein dedans » et je voulais être proche d’eux géographiquement, j’en ai tout les jours le besoin physique, je ne peut pas me dire que ça y’est je dois rester chez moi et attendre de voir la télé. Ce qui se passe est trop énorme pour que quelqu’un comme moi qui lutte depuis des années se pose. C’était vraiment hardcore, des gens de 13 à environs 45 ans se faisaient littéralement détruire MAIS détruisaient aussi (un peu) les flics ; moi je me tenais très loin pour ne pas risquer à nouveau d’être embarqué et d’aller cette fois vraiment en taule... Vivre une telle scène de l’extérieur alors qu’on préfèrerait encore aller dedans pour combattre la répression, un système fasciste et une volonté de casser du jeune est terrible à supporter. J’ai pourtant une immense fierté pour ces hommes et femmes qui ont tenu ces affrontements TOUTE LA JOURNEE ! Et OUI, les « casseurs » font bien partie des manifestants et savent tout-à-fait pourquoi ils vont(et viennent) dans la rue.

    Jeudi 21, hier, j’étais à la Grande Poste puis un peu partout sur Antonin Poncet de 10h à 17h. Tout était visuellement « calme » même si dès 10h des centaines de flics étaient tout autours de bellecour, attendant de mettre en route leur mégaG-A-V à ciel ouvert. Un ami a moi, Camel, passé en comparution immédiate mercredi et rappelé à la loi, a fait un malaise lors du 1er gazage d’ Antonin Poncet, compressé par les gendarmes mobiles et flashballé dans le dos. Mon meilleur srab, filou, était de l’autre côté sans papiers d’identités... Et moi, toujours à 150 mètres de là où je voudrait être, déjà marre de faire ce que j’ai toujours combattu jusqu’à mon jugement : rester passif. Fuir sans courir tout en se faisant gazer, se poser le plus près possible du quais pour éviter d’être arrêté, retourner un peu en arrière pour voire, de 13h30 à 18h...

    J’en peut plus d’avoir été mis hors course.

  • Le 23 octobre 2010 à 03:24, par Ahmed

    Bonjour,

    Je suis passé ce jeudi place Bellecour. Je suis français, d’origine Maghrébine. J’ai pu rentrer sur la place parce que je devais acheter des courses, vers 13h40. Puis, des representant du gouvernement, des force de lordre, son venu vers moi controlé mon identité. je cherchai mon porte feuille pour le donné mes papier, mais ils ont commencé a s’ennerver « les casseurs comme toi, on les connait, depeche toi ! ». j’ai trouvé ma carte, ils lont longuement regardé, puis sont parti...

    Je suis resté 6h enfermé sur cette place bellecour, avec pour seule réponse des rires et moquerie quand je tentai de discuter...

    Jespère que mon témoignage vous sera util

    Ahmed

  • Le 23 octobre 2010 à 03:21, par ETUDIANT LYONNAIS

    Quel soulagement de voir que vous êtes aussi nombreux à avoir trouvé INADMISSIBLE le comportement des CRS jeudi 21 octobre 2010 à Bellecour. Je ne suis donc pas le seul…Malheureusement et bien malgré moi, j’ai également fais parti de ces personnes bloquées à Bellecour. Voici comment « ma séquestration » à ciel ouvert s’est produite. Il était environ 12h ce jeudi 21 octobre lorsque j’ai été contraint de descendre du métro D à l’arrêt SAXE GAMBETTA (terminus de la ligne D exceptionnellement), les arrêts guillotière, belle cour et vieux Lyon n’étant plus desservis par ordre de la préfecture. Ne connaissant pas très bien les TCL, je demande donc à un agent d’accueil TCL présent à SAXE de m’indiquer l’itinéraire à suivre pour me rendre à proximité de PERRACHE (lieu où je devais prendre le bus 46 pour me rendre à mon domicile dans le 5e) ou bien à vieux lyon (pour prendre le funiculaire). Il consulte alors sa fiche des bus et m’explique que la seule solution est de m’y rendre à pied en passant par Bellecour compte tenu des perturbations importantes sur l’ensemble des lignes de bus TCL. J’ai donc suivi ces conseils… Arrivé à un premier barrage des CRS tout proche de la place bellecour (qui n’était d’ailleurs pas vraiment un barrage vu que les gens passaient sans aucunes difficultés), je demande à un premier CRS de m’indiquer l’itinéraire à suivre pour parvenir à pied à Perrache ou bien à vieux Lyon mais il fait semblant de pas m’entendre voire même de ne rien comprendre. J’insiste et demande alors à un deuxième CRS. Ce dernier me répond sèchement de passer par la place Bellecour puis sourit… Arrivé à un deuxième barrage de CRS (qui n’en était toujours pas vraiment un), je demande une nouvelle fois à un CRS de m’indiquer le chemin à suivre. Il me répond alors directement de passer par la place bellecour. Après avoir emprunté des chemins inhabituels et guidés par les CRS j’arrive enfin à la place Bellecour prés de la grande poste vers 12h30. Je découvre alors un petit rassemblement de personne plutôt calme et assez bien organisé prés à manifester. Puis à ma grande surprise et mon grand étonnement je découvre des centaines de camions de CRS et GIPN tout autour de la grande place Bellecour. Des centaines de CRS (selon moi plus nombreux que les manifestants) étaient postés autour de la place munis de leurs uniformes et accessoires de tous genres au complet ! J’étais dans un film… Je me dirige alors rapidement prés d’un barrage de CRS sur la rue VICTOR HUGO (pour aller à Perrache). Cette foi, il s’agissait réellement d’un véritable barrage. Les CRS me disent fermement que je ne peux pas passer. Je décide alors de tenter ma chance à un autre barrage de CRS posté sur la route qui donne accès au quai TILSIT mais rien à faire je me fais refouler fermement et sans aucune délicatesse… Têtu je tente une dernière fois ma chance à un troisième barrage de CRS mais sans résultat. Un des CRS me dit même d’un air moqueur « tu vas rester là encore des heures ! ». Je n’arrivais pas à y croire, depuis le départ, tous les CRS que j’avais pu croiser sur mon chemin m’ont tous orienté vers la place Bellecour pour finalement y être bloqué ! Après une heure d’attente debout, dans le froid avec mon sac de course sous le bras (je venais de faire les courses) j’essaye à nouveau de franchir un barrage mais rien. Je ne pouvais plus rester d’autant plus que les CRS envoyé des bombes lacrymogènes à tords et à travers sur la population (les manifestants et les non manifestants bloqués tout comme moi à leurs insu). Des journalistes de chaînes TNT étaient présents pour filmer ce désastre. Après plus de deux heures d’attente toujours debout, dans la crainte de recevoir une bombe lacrymogène ou autre projectile envoyé par les CRS, dans le froid avec mon sac de course sous le bras je m’aperçois que seuls les personnes d’une certaine catégorie pouvaient franchir librement et sans aucun mal les barrages de CRS (personnes blanches, plutôt bien habillé, parfois âgés). Je décide alors d’accoster une femme âgée en lui demandant de bien vouloir se faire passer pour ma grand-mère…malheureusement elle refusa. Elle est donc passée sans difficulté mais pas moi… Bien que j’ai le physique d’un français de souche, j’avais ce jour là une casquette et une sacoche ! Très mauvais choix vestimentaire dans ces circonstances…Après plus de 3h d’attente je trouve enfin une idée…me faire passer pour un diabétique en pleine crise ! Je me dirige alors vers un CRS pour lui demander de me laisser sortir et croyez moi ou non ce dernier me répond : « Vas jeter des cailloux sur les flics c’est mieux pour toi ! » puis se met à rire avec ses trois collègues qui se postaient tout prés de lui. A bout de force je commence alors mon mensonge, je leur explique que je suis diabétique et que j’ai absolument besoin de mon traitement. Après quelques minutes d’hésitations, un des CRS décide de me laisser ENFIN passer. En m’éloignant ses trois autres collègues me lancent toujours d’un air moqueur : « Et ramène nous un café tant que t’y es pour nous remercier de te laisser partir ! ». J’ai fais mine de rien entendre… Après prés de 4 heures d’attente et grâce à un mensonge, je me suis retrouvé enfin LIBRE avec un mal de dos atroce (souffrant d’une scoliose et d’un déhanchement), un mal de crâne épouvantable (à cause du bruit assourdissant de l’hélicoptère qui tournait au dessus de ma tête), profondément affaibli et complètement gelé !! Voila ce qui s’est réellement passé ce jeudi 21 octobre à Bellecour…

  • Le 23 octobre 2010 à 01:52, par mona

    Ces témoignages me rappellent le 6 mai 2007 place de la Bastille à Paris, jour de l’élection de celui qui n’aura jamais été et ne sera jamais mon président de la République. Nous étions venus spontanément, en famille, entre amis, avec des enfants, jeunes et moins jeunes, parfois en poussettes, nous réunir pour partager notre déception. Ici pas de banderoles, pas de panneaux, pas de slogans. Nous discutions ensemble, sur les marches de l’opéra Bastille, lorsque nous avons vu les CRS débouler vers nous en nous lançant des grenades lacrymogènes. Tout le monde s’est alors mis à courir partout, dans tous les sens, en hurlant, c’était horrible. Je me suis pris une grenade dans le ventre et me suis moi-même mise à courir, je ne voyais plus rien, j’avais du mal à respirer, je ne trouvais plus les deux amis avec qui j’étais venue, je n’entendais plus que des cris, des pleurs. Je pleurais moi-même, je ne comprenais pas ce qui était en train de se passer.

    J’ai réussi à leur échapper. Je me suis retrouvée, avec une poignée de manifestants, dans une rue adjacente. Nous n’étions plus les mêmes. Choqués, peinés, scandalisés, exaspérés, les nerfs à vif, nous avons décidé de bloquer la circulation, deux rues plus loin. Nos regards n’étaient plus faits que de rage, de haine. Nous avons balancé des poubelles au milieu d’une intersection, sommes restés au milieu comme barrage filtrant, certains ont essayé de mettre le feu aux poubelles. Ce jour-là, ma vie a changé. J’ai vécu la violence et la brutalité policière, l’injustice d’Etat, j’ai été profondément traumatisée par ce qu’il s’est passé, d’où d’ailleurs ma rage lorsque je lis vos témoignages. Ce jour-là, j’ai voulu répondre à la violence par la violence, alors que jusqu’ici je n’avais envisagé que la paix. Ce jour-là, j’ai voulu arracher des pavés pour me défendre, pour nous défendre tous, j’ai voulu tout foutre en l’air, et les CRS en premier. La violence d’Etat a fait ce que je suis aujourd’hui.

  • Le 22 octobre 2010 à 23:33, par quelq’un d’autre

    Tres bonne idée de « pacifique mais pas trop » , cela aurait une forte image , il faudrai leur enlever leur masques a gaz , qu’ils voient ce que ca fait quand on t’envois des lacrymos mais que tu n’as nul part ou fuir .

  • Le 22 octobre 2010 à 22:45, par Clémanifestant

    Lettre a la France Témoignage suite a une prise d’Otage qui c’est deroulé Place Bellecour, au sus et au vu de tout le monde, mais personne n’est au courant de ce qui c’est réelement passé : Une provocation gratuite par les Forces de l’Ordres contre nous, manifestant.

    Jeudi 21 octobre, environ 13h

    Je marchai direction place bellecour, en prevision du rassemblement qui etait place Antonin Poncet. J’etait en avance me diriez vous, oui, car je voulai manger un bout avant de rejoindre le rassemblement. Alors que je traverse la Place Bellecour, je remarque plusieur groupes rassemblé qui criait. Rien de grave je me dit, crier n’est pas interdit par la loi ! Manifestement si... Une salve de lacrymo est tiré, j’assiste (et je participe) a un gazage gratuit, tout le monde cours et se disperse... J’en oublie ma faim et propose au gens les plus touché (et les moins prevoyant) une dose de serum, histoire de laver et d’apaiser les yeux brulé par ces lacrymo de l’enfer. Une fois ma distribution terminé, je me dirige tranquilement vers mon but, la rue Victor Hugo. La je me heurte a une barriere de C.R.S, tous plus sympa les un que les autres, qui repondent a mes question pars des « casse toi trou du cul » ou encore « t’est blanc ta rien a foutre la, mais maintenant c’est trop tard tu va payer ».

    Légerement enervé par ces propos, je pars alors en direction du rassemblement qui etait en train de se former, a l’angle de la Place Antonin Poncet. Un drapeau ’peace’ flotte dans l’air, et je decide de le rallier, face a un melange de C.R.S, Police nationale, gendarmerie et GIPN. L’expression de leurs yeux fait peur... On sent une absence total d’émotion, comme si ils avaient été victime d’une lobotomie. Je repere un Bleu, certainement tout nouveau, c’etait le seul qui avait l’air vivant. Il etait visiblement mort de peur d’ailleur.

    Des jet de cailloux commence, et ca y’est la gazage puis la charge recommence... Un vehicule de pompier passe, on essaye de s’engouffrer derriere, on est durement repoussé. Regazage, Recharge.

    L’horreur commence réelement quand les personne Place Antonin Poncet, qui jusqu’a la nous soutenait, se sont fait dispersé. On avait perdu notre seul point de ratachement, la seul chose qui nous ramenait a la réalité, le seul espoir que nous avions en faite !

    Commence une longue attente.

    Plus rien de ne se passe ou presque, les policiers sont decontractés, les personnes presentes place bellecour sont dispersé un peu de partout, entre la satue, et les rues bloqué, où beaucoup de personne essaient de negocier leur relaxation. Car c’est belle et bien une prison. Une immense prison a ciel ouvert, avec comme seul bande son, le bruit d’un helicoptere qui tourne au dessu de nous, qui repart, qui reviens...

    Je precise aussi que aucun moyen de boire, ou de manger n’etait accessible. Aux alentour de 17h30, un CRS nous annonce que nous allion bientot pouvoir partir.

    Malheureusement, quelqun jette un cailloux, et rebelote, lacrymo... Un vrai enfer cette apres midi. Nous avions faim, froid et soif, heureusement que ces « gentil » CRS ont bien voulu nous donner de l’eau... Sous haute pression. Canon a eau en action, sans aucun motif, juste histoire de calmer les derniers ardeur. Si nous avons certe eu a souffrir des Lacrymo, des charges et du matraquage, le plus dur coté des chose etait psychologique. Sous tension depuis le debut de l’apres-midi, toujours etre vigilant a ce quil se passe, toujours se sentir observer... Vraiment une des pires experiences de ma vie de manifestant... A un moment, juste apres un gazage, je m’etait refugié au coin de la Rue de la Barre, me pensant en securité. Que neni ! Un detachement d’une dizaine de crs arrive, en formation, et fonce sur une personne, qui avait fait pour seul délit je pense, d’etre un peu trop « bronzé » a leur gouts... Le pauvre jeune n’a rien compris a ce qu’il lui arivait. Je pense qu’heureusement un certain nombre de temoin etaient present, et que nous avons tous poussé un cri pour faire cesser le matraquage, sinon, c’etait hopital direct pour lui.

    Les camions a eau reculent dans leurs rue respective, cette fois ca y’est, on peu sortir par le « checkpoint » installé sur la rue qui donne sur le pont Napoléon Bonaparte. Je me dirige par la bas, presque tout le monde etait calme, ou je dirai plutot, tout le monde etait brisé. Control d’identité, Fouille, Photo, Recontrole d’identité. Ca y’est, je suis sortit.

    Je suis arrivé chez moi fatigué, épuisé, les yeux me piquaient encore, ma gorge me brulait... Et la je me suis dit, comment peut on manifester contre un etat qui s’en fout de TOUT. Car je le dit haut et fort, c’etait une simple demonstration de force, pour montrer le « je suis le plus fort ». Ce jeudi 21/10/2010, nous avons servi d’exemple. Regardez comme il est fort l’état ! environ 600 CRS pour 300 personne ! Et encore, je n’ai pas parlé des paroles raciste de la plupart de CRS des qu’une personne Bronzé s’approchait... Seul 2 CRS nous on soutenu pendant cette longue attente. Oui oui, c’est vrai tout les CRS ne sont pas des connard ! En tout cas, moi j’en ai trouvé 2 qui etait bien sympa. Et qu’on ne me traite pas de collabos, simplement je dit ce que j’ai vu et entendu et ressenti...

  • Le 22 octobre 2010 à 21:21, par pacifique mais pas trop

    je propose que l on s organise contre la répression a venir...

    Il faut infiltrer de longue corde de marin ou d escalade au sein des mouvement, pour au bon moment, entourer en sandwich les CRS derrière leur boucliers.

    Il suffit d un mouvement assez important et de personne qui court vite, corde tendu par les deux extrémité. Prévoir masque et lunette de surfer pour tenir face au lacrymogène...

    PENSEZ Y - ce serais une image forte que de voir ces brutes pris par la ruse

  • Le 22 octobre 2010 à 21:08, par un dangereux casseur

    J’étais aussi présent dans la garde a vue géante de jeudi. Je ne vais pas répéter encore une fois encore ce qui est dit dans les autres commentaires mais je tenais a ajouter quelques lignes.

    Je suis trés choqué et décu de l’attitude des syndicalistes présent place antonin poncet qui, au courant de cette horrible situation , nous on laissé en partant en manif , ils sont en parti complice selon moi , et eux meme pensaient-ils que les dangereux casseurs de la place bellecour allaient gacher leur petite manifestation ...? Des baceux qui nous controlent dans une allée pour protéger la sacrosainte propriété privé et se moquent d’une jeune fille cherchant comment ouvrir la porte « on a pas fait d’études hein ?!! » lui répondant doucement « parce qu’il faut en faire pour bloquer des jeunes sur une place ? » il nous repousse dehors avec mépris...

    Concernant les « gentils pacifistes » que les flics ont laisser sortir rapidemment , eux aussi me decoivent beaucoup certains doivent se dire anarchiste ou communiste mais ont fait preuve d’un grand égoisme a mon avis a ce moment la , nous laissant entre « casseurs » à la mercie des charges policiéres...

    La police se ridiculise de jour en jour dans lyon et la SOLIDARITE n’a malheuresement pas été présente, sauf du coter des « casseurs » rester qui ont au bout d’un long moment enfin décidé de se réunir pour se révolté en s’approchant en groupe d’un barrage : 30 minutes aprés ils nous laissaient sortir ... Comme quoi... Les policiers sur les dents s’en prenne ensuite a moi car j’avais une capuche ... à 2 doigts de me frapper quand je regarde dans les yeux un porc pendant 15sc en n’enlevant pas mon écharpe . Par contre bravo a ceux qui en sortie de gardav’ nous ont distribué un peu de bouff’ c’était trés gentil et a la fois ironique on aurait dit qu’on sortait d’un exploit sportif ! merci a eux a bas l’état policier ..

  • Le 22 octobre 2010 à 21:08, par Pataourk

    Bonsoir, Je lis et relis ces témoignages. J’en ressors secouée mais je tâche de me rassurer, ces violences sont plus qu’inquiétantes mais il faut savoir raison garder la France sarkosyste n’est pas devenue une dictature assoiffée de sang prête à commettre toutes les horreurs contre son peuple pour imposer sa politique néanmoins cette histoire de manifestants encerclés et faits comme des rats me rappelle une autre histoire, celle du massacre de la Place des Trois Cultures en 1968 à Mexico qui avait débutée exactement de la même manière : cet encerclement concerté par la police armée jusqu’aux dents qui avait pris dans sa nasse des manifestants pacifiques essentiellement jeunes et étudiants s’était soldé au final par plusieurs centaines de morts, certains disent même qu’ils dépassaient le millier (le nombre exact n’a jamais été historiquement établi car ce massacre a d’abord été nié, escamoté, la place ayant été rigoureusement nettoyée jusqu’à effacement de la dernière trace de sang). Le Mexique avait alors à sa tête un régime certes autoritaire, bancal, inégalitaire et semi-corrompu mais c’était une démocratie, et les mexicains disposaient d’une authentique liberté d’expression et de contestation. Alors je me dis que je divague, que ce rapprochement est inconvenant et pourtant il s’impose à moi de façon insistante. Quel degré de violence répressive les français sont-ils capables d’accepter sans broncher, où se situe la frontière de l’inacceptable, de l’intolérable que ce régime ne saurait franchir sans que son peuple tout entier se soulève ? C’est la question que je me pose...

  • Le 22 octobre 2010 à 20:02, par Armentaire.

    Bonjour à tous et à toutes,

    Aujourd’hui, au deuxième jour de grève reconductible pour ma part (je suis assistant d’éducation) je me suis réveillé prostré. Et j’ai commencé à chercher toutes les vidéos sur l’action policière de Bellecour, chercher les coupures de presse et à les diffuser toutes, une à une, méthodiquement sur les différents réseaux sociaux auquel j’appartiens, pour faire comprendre à toutes mes connaissances ce qu’avaient pu vivre hier des êtres de chair et de sang.

    A vrai dire, arrivé vers 14h, je faisais parti du cortège place Antonin Poncet, nous nous sommes fait gazés à multiples reprises, mais nous avions la liberté de bouger et de nous déplacer pour éviter les lacrimos. Ensuite, vers 16h 30, nous sommes partis direction place Guichard avec le cortège délaissant les quelques 200 300 400 personnes enfermées dans la souricière. Arrivé place Guichard, crevé je suis rentré chez moi.

    En me posant, en réfléchissant, j’ai eu honte de ce que j’avais fait, d’être parti sans rien faire comme ça... d’avoir laissé des minots seuls dans un bordel pareil. C’est un peu par honte et dégout que je balance tout ça aujourd’hui sur les réseaux, cherchant à disséquer tout ce qui a pu se passer.

    C’est peut-être par transfert ou je ne sais quelle connerie, mais cette action policière m’a profondément choqué. Et pourtant sur le moment, je ne sais pas si les gaz lacrimos ont cet effet, mais j’étais dans un brouillard profond qui m’a fait me figer, puis m’en aller avec tout le troupeau.

    Je n’en peux plus d’entendre dire de la part des gens « ouais normal, c’est les flics après tout », ou des « ouais c’est choquant mais c’est comme ça, rien à faire... ». J’ai l’impression d’être face à des voisins d’Aushwitz qui nieraient l’horreur, de personnes qui n’ont plus aucune ampathie pour leurs semblables. Et je ne vous parle même pas de mon dégoût pour tous les posts et les différents commentaires que l’on peut trouver sur les sites d’information grand public.

    En fait ils me balancent à la gueule, ce que j’ai moi même été quelques heures hier, par peur. Je viens de découvrir la vraie honte et l’ignoble indifférence du genre auquel j’appartiens. Je me rattrappe comme je peux.

    Armentaire.

  • Le 22 octobre 2010 à 19:55, par Anemo

    Comment on fait pour voir les photos d’Ando si on est pas sur facebook ? :) Y a pas un flickr à faire tourner ?

  • Le 22 octobre 2010 à 19:50, par Quelqu’un

    Aujourd’hui je suis choquée, j’ai été prisonnière 7h place Bellecour le 21 octobre 2010, je précise cette date car il faut qu’elle nous reste en mémoire. De plus, la plupart de la population française n’est pas au courant du déroulement de cette journée, même les personnes habitant Lyon sont étonnés quand on leur fait part de notre situation qui fut si injuste, certain et un grand nombre ne croient même pas nos propos. (Les CRS vous frappés ?! Mais arrêtez voyons, vous n’êtes pas des héros n’embellissez pas les choses. ) J’ai 16 ans et je suis en Première au lycée Ampère, le matin du 21 octobre nous avions décidé avec un petit groupe du lycée de faire blocus pour mobiliser un maximum de gens et pour en ramener le plus possible à la manifestation prévue et encadrée par la CGT place Antonin Poncet. De 8h à 11h on chante avec le sourire, tous ensemble en fessant la ronde. « Ce n’est pas les steaks haché, ce n’est pas les flageolé c’est Sarkozy qu’il faut manger ! » Fait écho dans la rue. Quelque personne klaxonne pour nous soutenir. Vers 11h on rassemble un peu de monde, on leur explique qu’il faut passer par petit groupe avec les pancartes pour ne pas se faire refouler par les CRS. Arrivé place Bellecour, nous sommes à peu près 40 manifestants pacifistes. Autour de nous, au moins 200 casseurs, du moins des gens venant se défouler contre la société pour faire passer leur message. Au milieu de ce bordel, on est la, les 40 pacifistes, assis par terre avec notre Drapeau Peace levé en l’air. A peine arrivé, l’agitation se met en place, les CRS et la GIPN chargent sur les casseurs et donc sur nous car ils ne font aucune différence. Je venais à peine d’arrivée que j’étais déjà par terre avec mon masque et mon tube de sérum qui m’a sauvé plusieurs fois dans la journée. Je me relève, on se resserre et on se soutient, tous debout avec nos pancartes levée, dans la fumée des lacrymaux avec la télé qui nous film. Nous restons calme en attendant le rassemblant de la manifestation place antonin Poncet. Arrive 14h et les ennuis, on se dirige place Antonin Poncet, on nous répète de passer par petit groupe pour que les CRS nous laissent passer, malheureusement personne ne pourra passer. On regarde la situation et on constate : les CRS et la GIPN on encerclé une partie de la manifestation place antonin Poncet et l’autre partie place Bellcour. Ils nous séparent en deux pour nous empêcher de manifester. Aujourd’hui je demande des raisons Valables à cette injustice. Pourquoi ? Dans notre groupe de 40, j’en connais bien 15, dont une, c’est avec elle que je me suis rendu compte qu’on était coincé dans un piège. Après avoir vu la situation assez compliqué de la manifestation on attend, on va à la recherche de toilette, on se dit que dans rue de la ré on pourra aller dans un café, à cette instant on se rend compte que tout est bloqué. On tente tous les accès possible, dans chaque croissement de rue se trouve une trentaine de CRS, avec un regarde de chien de garde. On tente en direction des quais de Saône car sur la place se trouve un bar, on rentre et demande l’accès au toilette, il refuse par ordre des CRS. Révoltées on retourne vers notre manifestation séparée. Je me suis retrouvé devant, face à une vingtaine de CRS hargneux, ils nous provoquaient, nous souriaient et nous traitais de « moutons ». Leur but étant de nous faire peur ils nous visaient avec leur flash Ball. Imaginez, face à moi : 20 CRS, derrière moi : un grand nombre de manifestant, derrière eux ; les casseurs. La tension monte, une pierre arrive sur un des boucliers, les CRS chargent, le temps que je me retourne ils étaient déjà derrière moi, je trébuche et un CRS en profite pour me donner un coup de matraque dans la cote, les lacrymaux tombent un peu partout, je ne vois plus rien, une dame vient m’aider, me relève et m’encourage. Je regarde mes camarades, on est tous dans le même état, on est énervé, révolté. Et c’est ce que les forces de l’ordre veulent, nous mettre la pression pour qu’on dérape. On fait face et on retourne devant les CRS, on crie « Libérez nos camarades », ils font pareils de leur côté. « Police partout, justice nulle part » c’était bien le moment de le dire, c’est si véridique. Les CRS nous font reculer, il est bien 15h, on propose alors un sitting en attendant la suite. On raconte des blague aux CRS, celle de l’ours bleu en à même fait rire un, il se cache dans son bandana pour ne pas être vu. On sort le jeu de carte et nous jouons au président / trou du Cu, on reste dans le thème qu’on disait. Une de mes amies sort des mots fléchés, on cherche tous ensemble le mot bouclier en 4 lettres, CRS peut être ? On leur demande, pas de réponse, en plus des méchants ils ne sont pas cultivés, oui c’est ce qu’on leur disait, de la provocation gentil face à cette injustice qui nous mettait la pression. On leur demande de nous prévenir quand ils chargeront, qu’on est le temps de ranger les cartes et de se lever. Au bout de 30 min, un CRS nous dit qu’on va pouvoir passer de l’autre côté au compte goutte, on se lève tous en espérant pouvoir enfin commencer cette manifestation. Je ne sais pas comment, mais je suis passé de l’autre côté, seulement 10 personnes je dirais, dont moi. De l’autre côté je suis seule, mon groupe est bloqué, je retrouve des amis du lycée et ils m’expliquent la situation et demande si tout va bien de l’autre côté, on se sentait un peu à la guerre, tous séparé attendant les nouvelles des autres. Au bout de 10 min, les CRS lancent de la lacrymaux, nous ont t’il fait passer pour nous gazer ? Je ne sais pas. En tout cas, dans ce deuxième moment de panique je suis tombé, je suis devenue complètement aveugle à cause de la lacrymaux. Je me suis mis en boule, étouffée, attendant quelque chose. Quoi ? Je me le demande encore maintenant. Je vois les CRS arriver, sans pitié, dans ce grand nuage blanc, leur lumière rouge, c’est leur flash Bal, je me dis que c’est le moment ou je vais gouter à leur fameuse haine à coup de matraques. Je sens quelque chose, quelqu’un me porte, il me pose un peu plus loin et me donne du Sérum. La fumée se calme et tout le monde se réunis, le Cortège décide d’abandonner l’autre groupe et de partir sur les Quais en direction du pont Wilson. J’ai perdu mes amis, et mon groupe est coincé à Bellecour. J’avance dans le centre ville, l’esprit perdu, quoi penser de cette situation et retrouve deux de mes amis qui étaient coincées avec moi dans Bellecour , elles cherchent à rejoindre les autres mais impossible de rentrer. Je vais voir les CRS, par solidarité faut qu’on rentre retrouver les autres, je fais croire que j’habite Place Bellecour, après quelques minutes d’hésitation ils me font entrer dans la Place. On aperçoit nos amis, le problème maintenant c’est de sortir, autour de nous les casseurs courent dans tous les sens suivis des CRS, matraquent en l’air et fumigène partout. On va voir des CRS, ce n’est pas ça qui manque en ce moment et sur cette Place. Quand est ce qu’on va sortir ? On ne sait pas, tard. Pourquoi on est bloqué ? Regardez autour de vous. Mais nous on casse rien ! Et alors ? Un dialogue de sourd. Bilan : il est 17h30, on est bloqué depuis 6h30 pour seule et bonne raison qu’on voulait manifester. Nous avons réussi à sortir, d’une certaine manière. Quelqu’un que je ne connais pas vraiment c’est fait passer pour ma mère. Je suis enfin libre et il est 18h.

    Voila , c’est mon témoignage , du moins ce que j’ai vécu et qui ne sort pas de ma tête.

  • Le 22 octobre 2010 à 19:41, par Angellina

    Bonjour, j’ai 17 ans et j’étais présente sur la place de 10h à 17h30. J’aimerais juste témoigner de ce que j’ai pu voir tout au long de cette journée. En effet, à 10h je suis descendue avec mes camarades lycéens de st ex. Avant de pouvoir atteindre la place Bellecour nous nous sommes fait tous fouiller un par un. Quand nous sommes arrivé, on attendait. Finalement j’ai décidé de partir et de rejoindre la manif seulement à 14h. je suis donc revenu vers 13h30. Il y avait un rassemblement de jeunes au centre de la place et je pouvais voir la manif au loin essayant de nous rejoindre. A ce moment là je ne savais pas encore que j’étais coincé. On s’est donc avancé vers la manif mais il y avait un barrage de CRS qui nous séparait. j’ai donc demandé comment pouvait on faire pour les rejoindre, ils m’ont répondu que c’était impossible, qu’il n’y avait pas d’issues. La manifestation tentait de nous aider mais en vain, et au final on a tous subit la lacrymo. Avec mes amies nous avons essayer de chercher une issue en demandant à tous les CRS présents sur la place de nous laisser partir : Impossible. On commençait à tourner en rond, et je sentais bien que tous les autres jeunes commençaient à s’énerver.. Vers 17h, je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé mais la place s’est transformée en un nuage de fumée, On voulait s’échapper mais les CRS nous demandaient de reculer. Il y’avait de nombreuses personnes à terre et au lieu d’appeler les urgences ils voulaient qu’on recule ( ça tournait en piétinement) Quelques minutes après, ils nous ont tous rassemblé sur un trottoir, à ce moment là ils ont lancé la lacrymo dans le tas. Est ce normal ? A ce jour, il n’y a plus de liberté de manifestation. Surement plus de forces policières que de personnes dans les rues

  • Le 22 octobre 2010 à 19:05, par bd

    Lyon, place Bellecour, jeudi, 12 H 40.

    Les rues qui débouchent sur la place sont gardées par des cordons de CRS. Devant moi des jeunes ont été refoulés, je m’approche. Un CRS s’écarte pour me laisser passer : « Allez y Madame, on n’empêche de passer que les enfants. » Nous nous regardons dans lesyeux, les siens sont bleus, perdus. Les enfants....Ai je bien entendu ?

    La place est étrangement calme.

    Quelques photos plus loin, un jeune homme me regarde : « C’est nous les stars hein ? ».

    Elles sont trois elles ont quinze ans à tout casser. « T’as vu comme il est beau R. ? »

    Je pénètre dans une boutique de vêtements que l’on pourrait qualifier de luxe. Ses vitrines - cassées - donnent sur la place.

    Plus loin un vendeur me dit « c’est surtout les CRS qui font peur. » Ai je bien entendu ?

    Au dessus des toits, un hélicoptère tourne depuis 9 heure du matin. C’est irrésistible, irraisonnable, un hélico me place toujours entre Short Cuts et Apocalypse Now.

    http://www.flickr.com/photos/bdarnal/5104397523/

    http://www.flickr.com/photos/bdarnal/5102689682/

  • Le 22 octobre 2010 à 18:32, par Elliot

  • Le 22 octobre 2010 à 18:06, par Sylvain

    Content de voir que nos photos (avec Ando) vous servent.

    Pour faire court, Ando et moi avons été bloqués de 13h30 a 18h30 place Bellecour. Nous étions passés pour prendre des photos, et nous sommes tombés comme des boulets dans l’embuscade. Nous sommes venus sans aucun désir de manifestation ou de rébellion, juste pour faire quelques clichés.

    On nous a toujours refoulé au barrages des rues, même si je suis blanc (bon ok, Ando est black, mais n’avait aucune attitude louche, nous n’avions que notre sac à dos vide de tout reproche et notre appareil photo). J’ai cependant parlé un long moment avec certains CRS très sympathiques il faut le reconnaître. Ils m’ont dit qu’ils nous avaient en photo, car tout au long de l’après-midi ils ont pris des clichés : par exemple, je suis monté sur une des mottes de terre de la place pour prendre une photo, et apparemment les CRS avaient cette photo. Bref, je m’en fiche bien, je n’ai strictement rien à me reprocher !

    A la sortie vers 18h30, j’ai aussi discuté avec la personne chargée de contrôler mon identité. Je lui explique que je suis là depuis 5h et que j’en ai marre, que je n’ai rien fait à part prendre des photos. Elle avait l’air bien compréhensive, mais bon, ça ne m’a pas fait sortir plus tôt.

    Bizarrement, je suis resté bloqué, pourtant je n’ai pas le profil d’un quelconque casseur : blanc, 18 ans (plus au lycée), juste mon app photo et mon sac sur le dos. Alors, pourquoi ne pas nous avoir laissé sortir ?

    Au final, on aura bien eu ce qu’on voulait, des photos. On a d’ailleurs vu une scène assez sympathique d’un manifestant qui subit une crise d’asthme, et où les CRS ne veulent au début pas l’aider. Ils arrivent en suite en nous menaçant et nous visant pour reculer, on doit lever les mains en l’air, et bien sûr, on ramasse qq lacrymos par la tête. Après quoi le jeune se rebelle, de peur surement, et a le droit d’être trainé comme une merde par un puis 2 CRS. C’est affligeant.

    Ils ont évidemment pris mon adresse, photo, noms prénoms. Je n’ai rien à me reprocher alors peu m’importe, mais bon.

    Bonne journée à tous.

  • Le 22 octobre 2010 à 17:58, par james

    De nouveau aujourd’hui (de 16h à 17h, le moment ou j’ai été témoin de cela), les CRS ont mis en place des barrages racistes sur les rues qui donnent sur Perrache. J’ai fait moi-même l’expérience : les Blancs de tous ages passent, les jeunes Noirs ou Beurs ne passent pas. J’invite tous les lyonnais à s’en rendre compte par eux même et à rester, pacifiquement sur la place Bellecour. Personnellement, à partir d’aujourd’hui, je passerai tous les jours au moins deux heures sur la place pour témoigner des dérives racistes de la police et du gouvernement français. Et j’invite tous ceux qui peuvent se le permettre à le faire.

  • Le 22 octobre 2010 à 17:33, par Alex

    Bon, je prends moi aussi mon clavier pour apporter mon témoignage de cette mauvaise expérience. Je suis aspirant réalisateur, actuellement au chômage, et je me suis rendu à Bellecour avec deux amis pour filmer les événements. L’un est basané, l’autre est blanc comme moi, on est tous les trois fagotés comme des sacs à patate en prévision des remous. Vers 14h, on commence à se rendre compte qu’on s’est fait avoir et que le filet de CRS étendu tout autour de la place ne nous laissera pas sortir. Passés quelques jets de caillasse, une charge, une pluie de lacrymo et le show des cow-boys du GIPN digne des plus grands cosplayeurs de la Japan-expo, la tension retombe et on regarde, incrédules la masse de gens tassée près du pont de la Guillotière et à Antonin Poncet (avant que ces derniers ne se fassent gazer à leur tour). Nous, on erre comme les 200 autres sur une place quasi déserte, en plein soleil, parqués comme des infecté dans un film de zombies. Après avoir essuyé plusieurs refus de sortir de la « zone de confinement », on fini par essayer de chercher une issue dans une cour intérieure près de Décitre. Pas moyen non plus, on est bloqués. On ressort alors que juste derrière nous rentre un détachement de CRS. Ils s’enferment à l’intérieur avec un groupe de personnes qui tentaient elles-aussi de s’échapper. Quelques-uns ressortent (surtout les blancs), dont un dans une colère noire : on vient de lui fouiller son sac, il a répondu qu’il était étudiant et un CRS a rétorqué : « moi j’aime pas les étudiants ». Bravo. On cherche d’autres accès dans les cours intérieures. Des habitants nous balancent des crêpes sur la tête ! On croit rêver, bonjour la solidarité ! Bien sûr, personne ne répond quand on sonne aux interphones, quelques visages se contentent de nous observer comme des bêtes de foires. 16h45 : avec rien d’en le ventre et la colère qui commence à monter, je prends la résolution de sortir. Je simule un malaise à l’un des « checkpoints » et on nous laisse finalement sortir. L’un de mes amis a entendu « Bon, on laisse ceux-là sortir avant que... » de la bouche d’un CRS. Avant que quoi ? L’avenir nous a apporté la réponse : avant qu’on passe les prisonniers à tabac... Aucun doute sur la préméditation de ce filtrage à la gueule du manifestant. Quand j’entends l’autre pingouin dire qu’il est « inadmissible de prendre les français en otage », ça me fais doucement rire... A moins que les « parqués » de Bellecour ne soient pas considérés comme français ?

    Mais malgré tout ça, je reste heureux d’avoir vu en ce jour une jeunesse unie et courageuse tenir tête à ce gouvernement idéologiquement puant. Une grande victoire sur l’ère Sarkoziste qui aura malheureusement vu se creuser le gouffre entre les communautés. Je ne suis pas pour les jugements à l’emporte-pièce, et à mon avis le mot « fachisme » est utilisé beaucoup trop souvent sans aucun sens de la nuance et des proportions. Je ne suis pas non plus dans un exercice d’auto-flagellation quand à la couleur de ma peau ni de glorification de la banlieue. Je relate simplement et en toute objectivité ce que mes yeux ont observé durant cette journée, et même les précédentes. Au-delà des frissons provoqués par la lutte, au-delà des séchages de cours, au-delà de la retraite qui reste une simple justification, il y a un cri de ras-le-bol général, celui de la jeunesse qui se fait bananer à longueur de temps, à qui on demande beaucoup trop sans rien donner en contrepartie si ce n’est la désillusion. Les jeunes sont trop jeunes pour être cyniques, trop frais pour être résignés, trop inexpérimentés pour anticiper la portée parfois dramatique de leurs actes, pas encore attachés aux lanières de la vie active... Ils peuvent donc faire une révolution.

  • Le 22 octobre 2010 à 15:17, par Manolito

    Si jdevais résumer cette aventure absurde je dirais que je suis venu un peu en retard à Bellecour pour manifester a 14h30 et que finalement j’ai été séquestré durant 4 heures, gazé, arrosé régulièrement sans raison apparante ! Tout ça pour, selon un CRS, évité de faire sortir les casseurs dans la manifestation qui se déroulait de l’autre côté ! Alors la solution pour éviter les débordements c’est d’enfermer tout le monde ?! Génial !

    Je me demande comment on a supporté de se faire nier notre liberté de déplacement comme cela pendant plusieurs heures ! J’avais la sinistre impression d’être du gibier dans un grand champs, à la merci des chasseurs qui nous titillaient régulièrement pour nous exciter alors qu’on savait même pas ce qui nous arrivait ! J’ai rien compris et je suis sortie (chanceux) complètement abruti ! S’ils voulaient des débordements, que les gens craquent c’était sans doute la meilleure solution mais qu’est-ce qu’ils attendaient ?

    Enfin, pour l’anecdote, dans la queue vers la sortie un CRS rasé de près disait, très sérieux : « Ramène les tes potes qui font les malins là bas (restés sur la place) et moi j’les boxe, même à mains nues ! », cela pour dire qu’ils valent autant que ceux qu’ils critiquent ! Mais ça me fait chier de ne pas être étonné par ça !

  • Le 22 octobre 2010 à 15:11, par imagine

    Un vrai scandale ce jeudi 21 Octobre !! j’ai 56 ans et je soutiens le mouvement des jeunes contre la politique d’austérité, de régression et maintenant de Répression du gouvernement sarko « le nain de jardin hongrois ». Un vrai guet apens sur la Place Bellecour : impossible de manifester, impossible de se déplacer, encerclé par 800 Robocops avec le Gipn, les canons à eau, l’hélicoptére etc.. des charges de CRS, des bombes lacrymogénes et tout cela pour soi disant maitrise 200 casseurs : dans quel démocratie vit on, pire qu’en Iran... Peuple Français, révoltez vous et Lyonnais montrez que vous étes la Ville de la Résistance sur la Place Bellecour ou nos ancétres résistants ont été fusillés un 27 Juillet 1944 par les Nazis...

  • Le 22 octobre 2010 à 15:05, par Delphine

    Bonjour,

    je ne suis pas syndiquée, ni très engagée dans le mouvement actuel, je fais seulement partie de ces millions de français qui souhaite voir le gouvernement s’asseoir à la table des négociations, selon la longue tradition démocratique de notre supposée République. Au chômage technique suite à la fermeture de l’université Lyon2, je me décide alors à aller en centre-ville, place Antonin Poncet, pour une « manifestation pour le droit à manifester » selon le web. J’ai décidé de m’y rendre car aujourd’hui j’ai très peur aujourd’hui pour les libertés publiques.

    La place Bellecour est cernée de CRS, je dois la contourner, barrages policiers à chaque entrée. Arrivée place A. Poncet, c’est le choc : la manifestation est coupée en deux par les CRS, « jeunes » d’un côté, syndicalistes de l’autre, un cordon de CRS au milieu. L’ambiance est bonne enfant, des drapeaux « Peace » de chaque côté. Mais les cris et les slogans « liberté, égalité, fraternité » « libérez nos camarades » n’y font rien. 6 camions de CRS affluent en renfort, et les deux côtés sont séparés un peu plus physiquement à grands renforts de bombes lacrymogènes et de matraques. Une personne qui passait par là (pas un militant) vient interpeller les CRS : « c’est les syndicats que vous chargez. Vous voulez provoquer la guerre civile ? »

    Nous nous retrouvons au milieu, dans la rue, ou un nouveau cordon de CRS se forme face aux « curieux » (et aux apeurés). Les « vieux » peuvent quand même circuler... Nous buvons un café dans un bar à côté, mon ami met BFM qui retransmet l’événement en direct. « 400 casseurs sur la place Bellecour ». Où sont les casseurs ??? Les personnes qui travaillent dans le café s’inquiètent bien plus du sort des étudiants lycéens que de leur vitrine ! Nous restons 2h avec mon ami (qui n’est venu que pour m’accompagner car j’avais peur). Les étudiants et lycéens venus manifester sont toujours parqués, gazés.

    Oui, il y a eu des jets de pierre, mais la violence a été provoquée par ce dispositif bien démesuré. Vers 16h, une dizaine de jeunes sont libérés, et à nouveau les policiers empêchent les manifestants de sortir.

    Nous partons faire le tour (il fait froid), apparemment juste avant que la place Antonin Poncet ne soit définitivement évacuée... Nous évitons de passer vers le pont de la Guillotière, le souvenir des 200 personnes bloqués la veille dans nos mémoires. De l’autre côté de la place, même dispositif, mais nous restons car nous avons une vue dégagée sur les « casseurs » : des jeunes marchent un peu partout, certains sont assis devant les CRS, résignés. Une fille est libérée, en pleurs. Derrière nous, un jeune libéré saute dans les bras de ses amis. Un CRS : « c’est bon, t’as rejoint ton amoureux ? » Il recommence sa provocation sans succès. Une personne qui passait par là vient voir et demande aux CRS : « ils sont où vos casseurs ??? »

    Nous repartons résignés, impuissants. Nous suivons l’actualité par BFM qui avait planté sa caméra place Bellecour, et qui a entre-temps (enfin) changé ses sous-titres et son discours. Les manifestants ont été libérés vers 19h selon la presse.

    Que faire face à un gouvernement qui bafoue publiquement, sous l’oeil de la presse, les libertés fondamentales ? Les moins de 30 ans sont-ils donc sans droits ??? Je vous écris pour témoigner, car je pense qu’il est de la responsabilité de tous, de témoigner, de dénoncer les dérives policières en cours, de défendre les « jeunes » personnes qui s’engagent dans la vie politique et démocratique. Si les personnes parquées choisissaient une action en justice (plainte pour harcèlement moral à la préfecture ? saisine de la cour européenne des droits de l’homme ?), je n’hésiterai pas à témoigner à nouveau.

    Bien cordialement, Delphine.

  • Le 22 octobre 2010 à 14:49, par CV

    Je suis arrivée à 14h place Bellecour, pour participer à la manifestation pour la liberté d’expression et soutenir les lycéens et étudiants. Je suis professeur, mariée et maman d’un petit de 3 ans.

    Un policier jouait ostensiblement avec un objet rond, que je n’ai identifié que plus tard comme une grenade lacrymogène. Des forces de CRS très importantes étaient présentes au pont de la Guillotière, rue de la Barre et à l’entrée de la place, mais j’ai pu rentrer sans qu’on me demande rien. J’ai voulu rejoindre le cortège syndical (drapeaux Sud, CGT place Antonin Poncet) mais en ai été empêchée par les CRS. Il n’y avait que très peu d’adultes sur la place.

    J’ai seulement compris que le piège se refermait, quand les CRS ont complètement séparé les 2 cortèges et nous ont repoussés vers la place Bellecour. Il y a eu un mouvement de protestation, des huées et une volée de gaz lacrymogènes : on s’est retrouvé à courir vers la place et on s’est rendu compte qu’on ne pouvait plus sortir. Les jeunes se sont massés devant les CRS qui gardaient les abords côté Rhône et ont demandé à partir. Ils étaient effrayés. Les CRS répondaient qu’ils ne savaient pas quand nous pourrions sortir. Ils renvoyaient souvent un groupe qui demandait à sortir vers le barrage d’en face, qui le renvoyait à son tour d’un autre côté.

    Les jeunes sont restés très calmes même s’ils avaient peur, pour la grande majorité. J’en ai vu très peu qui « faisaient les malins » dans ce jeu du chat et de la souris. La place ressemblait à une grande cour de récré où régnait l’ennui, entre deux montées de la peur ou de la curiosité quand un mouvement se dessinait à un endroit.

    La place se vidait petit à petit, on se retrouvait de moins en moins nombreux. J’ai vu sortir des adultes, des étudiants, mais je n’ai pas voulu demander comme une faveur à des CRS adultes de me laisser sortir, alors que je trouvais indigne, révoltant, le traitement qu’ils faisaient subir à des enfants, même si : âge + sac à main + couleur de peau, j’avais tout bon.

    J’ai assisté à 5 interpellations mais je n’ai jamais eu la présence d’esprit de demander leur nom aux interpellés (jeunes et le plus souvent de type maghrébin). Les CRS ont vidé des jeunes qui étaient rentrés dans les allées à côté de la librairie Privat, puis sont rentrés à 10 environ et ont après 10 minutes sorti deux jeunes menottés, courbés, en courant. Scène très effrayante devant les autres lycéens, serrés contre le mur. Des jeunes filles m’ont dit avoir vu que ces deux jeunes avaient été tabassés dans l’allée.

    Vers 17h, il y a eu des tirs au canon à eau des deux camions placés au nord de la place, rue Herriot et à côté, alternant avec des tirs très fournis de lacrymogènes. Tout cela faisait courir une ou deux centaines de jeunes sur la place.

    Il y a eu des malaises : une jeune fille est tombée, dans les courses provoquées par les gaz, deux se sont évanouies, une autre encore je crois. Les CRS ont ricané quand une jeune fille, en état de choc, a crié d’une voix stridente d’appeler une ambulance pour la blessée. Les pompiers ont pu avancer leur camion pour emporter les blessées.Les pompiers nous regardaient avec un drôle d’air et j’aurais bien aimé -les jeunes autour de moi aussi- monter dans leur camion pour quitter cette place où nous nous faisions gazer pour rien.

    Ensuite, les cordons de CRS se sont rapprochés et nous ont poussés vers le centre de la place. On nous a dit que nous pourrions sortir côté Saône. Arrivés là, à deux barrages, on nous a dit que non, qu’il fallait attendre. Il faisait froid et j’avais besoin d’aller aux toilettes. Plusieurs jeunes m’ont dit être là depuis le matin, sans manger ni boire.

    Mon mari était venu me retrouver vers la place Antonin Poncet et les CRS lui ont dit « il n’y a plus personne sur la place, il n’y a plus que CEUX QUI S’AMUSENT. »

    Vers 18h, j’ai vu que des « gens normaux » traversaient la place côté est, je suis revenue par là. Un CRS m’a demandé où j’allais, j’ai dit que je rentrais chez moi, c’était tout ce à quoi j’aspirais. Il m’a dit de traverser lentement (le no man’s land !) et je suis repassée du côté de la ville normale avec un sentiment de vertige.

    J’ai lu que d’autres avaient été relâchés à 19h. Je suis dégoûtée du traitement infligé à ces jeunes, considérés comme des menaces a priori et comme des délinquants confirmés dès qu’ils sont de couleur.

  • Le 22 octobre 2010 à 14:28, par Big G

    Est-ce que quelqu’un aurait des infos sur les blessés. Pour l’instant, j’ai eu écho de deux personnes inconscientes au début de l’aprèm (cf. un témoignage et une vidéo), et vers 17h, les pompiers ont évacué quelqu’un sur civière près de l’ancienne librairie flammarion place antonin poncet. Est-ce qu’il y a eu d’autres cas de blessés graves ? Et est-ce que quelqu’un sait comment ça a évolué pour les personnes en question ?

  • Le 22 octobre 2010 à 13:02, par UNE AMBRASSADRICE DU CLOWNISTAN

    j’étais place bellecour hier dès 13h, heure de rassemblement que j’avais eu.

    je rentre sur la place assez facilement en ayant eu une autre info : le lieu de rassemblement n’est plus place bellecour, mais place antonin poncet.

    bizarre... quand on sait que le lieu habituel est place bellecour... ET que la place bellecour est transformée en piège !

    en effet, une fois entré sur la place, pas moyen d’en sortir, ni encore moins de rejoindre le gros des troupes place Antonin Poncet : un cordon impressionnant de CRS et GIPN sépare les deux places.... sur le coup je ne comprends pas le but de la manœuvre, ce n’est que plus tard que je comprendrais...

    un long moment, les « choses » ne bougent pas... jusqu’à ce que les forces de l’ordre entrent en actions, gazent, chargent, interpellent...

    je ne sais pas quelle heure il est à ce moment là... toujours est il que nous sommes coincés, piégés en « garde à vue » à ciel ouvert...

    pour une fois, je suis en « civil » (plus habitué à faire face à ce genre de situation en clown activiste) et relativement discret... par chance, mon amie et moi avons sur nous un justificatif de domicile qui prouve que nous habitons pas loin... après plusieurs tentatives de négociations infructueuses pour sortir du piège, nous réussissons à rejoindre le gros des troupes qui se fait gazer à peu près à ce moment là coté Antonin Poncet cette fois.

    peu de temps après, je constate la volonté de départ en « manifestation » des syndicats et un départ massif en remontant les quais... laissant pris au piège les enfermés de bellecour !!!

    devant cet abandon et cette séparation, je décide de retourner voir vers bellecour le dispositif en place, de comprendre à quoi rime tout cela... j’obtiendrais ma réponse auprès d’un CRS qui me déclare : « le but de l’opération est d’isoler les casseurs pour contrôler les identités... nous cherchons des gens ayant participé aux »casses" et nous avons photos/identités à l’appui pour nos recherches !

    je me dis alors que si j’ai réussi à sortir, c’est aussi parce que je suis blanc, mon amie aussi, et que je ne correspond pas aux « signalements types » que je ne peux qu’imaginer... (« jeunes, voir très jeunes, jeunes de quartiers, racailles, voyous, »casquettes, survet’, délit de salle gueule )

    bref, je suis cette fois bloqué à l’extérieur... j’avoue que j’accuse un gros coup de fatigue et que devant mon sentiment d’impuissance, je rentre.

    après coup, je me rend compte de comment nous nous sommes faits avoir... comment notre impuissance collective était et est toujours d’actualité face à ce déchainement de terreur d’État !

    quand je revois les images de ces derniers jours, voir semaines si on pense au No Border de Bruxelles par exemple (plus de 500 arrestations en quelques jours ciblées sur les « No Border », presque autant de GAV, dont 150 préventives ET 4 détenus sans preuves et juste des indices... détentions préventives)

    je ne peux que me dire que nous devons faire appel à notre créativité, à des modes d’actions plus revendicatifs, plus directs !

    je renvois donc aux propositions formulés dans un autre article sur ce site ou ici sur indymedia bruxelles (ou vous trouverez aussi des témoignages, photos, vidéos de la police européenne en action contre des militants pacifistes)

    propositions de « prendre la rue », « occuper les lieux qu’il nous reste et faire vivre nos idées pour une autre organisation de la société », de répondre aux appels internationaux pour « la justice sociale et climatique »

    tout est sur indymedia bruxelles et j’invite les gens de rebellyon à les publier pour élargir les luttes et revendications !!!

    merci à toutes et tous

    que la lutte continue, s’amplifie, se nourrisse des autres actions à travers le monde et s’en inspire !!!

    à bientôt

  • Le 22 octobre 2010 à 12:59, par james

    Bonjour, j’ai 33 ans, je suis en fin de thèse de doctorat (c’est juste pour me situer)...J’étais aussi passé place Bellecour jeudi midi....étant bloqué comme tout le monde, je suis allé fumer un clope avec trois jeunes lycéens. Après quelques pierres lancées sur les flics, ils ont gazés tout le monde sans discernement. c’est seulement à ce moment et si vous étiez blanc qu’il était possible de sortir de la place. Que personne ne s’y trompe, les flics ont des ordres qui viennent du ministère. En haut lieu, ils savent trés bien que la situation est pré-révolutionnaire. Ils veulent monter les communautés les unes contre les autres pour casser le mouvement social et syndical. A nous d’être lucide, de rester groupé, notamment sur la place Bellecour, de dénoncer, sur tous les réseaux possibles (médias, réseaux sociaux du web), les arrestations au faciès et autres dérives racistes et la violence policière. Il faut prendre un maximum de photos, de vidéos et d’enregistrements sonores et les publier partout. Il faut boycotter les médias de masses (tous sans exceptions) ou en tout cas remplir leur sites et courriel de mail et de messages contredisant point par point leur propagande. Il faut soutenir les grévistes des raffineries et autres en leur amenant à bouffer et à boire. Il ne faut pas croire les grands instituts de sondages : Laurence Parisot (présidente du MEDEF) est la principale actionnaire de l’IFOP, Pierre Giaccometi (proche de Sarko, décoré par ce dernier de la légion d’honneur) était le patron de l’IPSOS jusqu’à 2008, ses proches on récupéré l’institut. Bolloré, Lagardère et Dassault (tous trés proches de Sarko) détiennent plus de 60% de la presse en France et une partie des chaines de télé (BFM, Itélé, Canal plus, TF1, LCI etc).Ils ont le pouvoir, les armes, la propagande, les médias (à quelques exceptions près)...nous avons le nombre et le temps. Réveillons-nous.

  • Le 22 octobre 2010 à 12:37, par BXM

    Bonjour. J’étais à Bellecour hier de 11h à 14h. Quand je suis arrivée, il y avait des lycéens, peut-être 300, sur la place. Ils ne faisaient rien de spécial, ils attendaient et se chambraient. Beaucoup de flics, des camions le long de la rue, des escouades qui barraient la Rue Victor Hugo, la rue de la République, d’autres qui gardaient les autres rues, sans bloquer tout d’abord. Quelques journalistes rôdent. Un groupe de gamins se massent devant l’un d’eux pour lui donner l’image qu’il attend, une dizaine de jeunes qui rigolent et crient « Vaux-en-Velin représente ! ». Certains ont jeté des pétards.

    Vers midi et demi environ, la situation se tend. Les jeunes qui veulent s’acheter un sandwich peinent à sortir. Vers 13h (je ne suis pas absolument sûre des heures), premier tir de lacrymo, à ma connaissance sans sommation ni provocation. Tout le monde court, de nouveaux tirs, la plupart des groupes courent vers la place Poncet et la rue de la Charité. Là, c’est la panique : nous fonçons droit vers des murs d’hommes du GIPN, avec cagoules et armes non identifiées. D’autres tirs de lacrymo, je vois un collégien se faire arrêter, vraisemblablement pour un tir de caillou. Je distribue de sérum physiologique. Après cinq minutes d’adrénaline, la pression tombe, et les gens essayent de sortir.

    J’ai tourné 30/45 minutes avant de pouvoir le faire. Un gamin vient me trouver, me demande : « madame, je peux venir avec vous ? Vous ils vous laisseront sortir ». Je lui prends le bras, mais on nous refoule au niveau de la place Antonin Poncet. Je longe la place Bellecour. Les gamins disent : « ils nous encerclent. Ils nous ont laissés entrer mais ils ne nous laisseront pas sortir. » Je fais un tour complet sans pouvoir sortir.

    A un moment, je suis près de trois garçons. Un flic me dit de passer. Je regarde les garçons, pour voir s’ils peuvent en faire autant. Le flic me dit de circuler, que si je ne le fais pas on ne me laissera pas sortir. Je parlemente : « écoutez, si je peux sortir, pourquoi eux ne peuvent pas ? Je ne veux pas faire de problèmes, laissez-les juste sortir, ce sont des gamins ». Ils peuvent passer, l’un d’entre eux au passage s’entend dire de remonter son pantalon.

    C’était vers 14h. Je suis retournée à la place Poncet vers 15h. Je pense à ces gamins qui sont restés des heures à se faire courser entre les lacrymo. Nous avons également vu des canons à eau se mettre en action. Ils n’avaient pas déjeuné, il n’y avait de toilettes, en plus de la trouille et du froid, je ne suis pas étonnée qu’il y ait eu des évanouissements.

    Cet attirail de contre-sommet m’a d’abord fait rire quand je suis arrivée sur la place. J’ai pensé qu’aucun gamin ne ferait rien qui puisse lui être reproché vu le contexte. A mesure que l’après-midi passait, je n’ai plus ri du tout. J’étais en empathie avec ces gosses dont on se sert pour terroriser les citoyens. Or je n’ai pas eu peur d’eux une seconde, mais bien des CRS. Les medias parlent de guerilla urbaine, de guerre civile. C’est totalement ridicule. On a des gamins qui s’échauffent, dont les plus hardis balancent des cailloux dans les vitrines, abribus, cabines de téléphones ou CRS. Où sont leurs armes, leurs commandos, leurs embuscades, leurs cibles militaires pour que l’on puisse parler de guerilla ? A qui s’en sont-ils pris dans la population civile pour évoquer une « guerre civile » ?

    Et vu le traitement qui leur est fait, je comprends que certains aient envie de brûler des poubelles ou casser des vitrines. Les messages qui nous a été adressés hier sur la place semblait être 1) Les blancs sortent, les autres restent. 2) Les voitures et les vitrines sont bien protégées. 3) Nous n’avons pas peur du grotesque.

  • Le 22 octobre 2010 à 12:27, par Benjamin C-E

    Je voudrai vous faire part de mon témoignage qui est déjà en ligne. J’ai utilisé vos photos et les miennes pour illustrer les faits.

    un lien google doc : https://docs.google.com/fileview?id=0B_Xjc2yYi3j9MDc0NWE0ZmUtYTgwMi00ZWYyLTk0OGYtOWM2ZjAwNWEwZmVk&hl=en

    et un lien scribd : http://www.scribd.com/doc/39880149/CRS-LYON-BELLECOUR

    J’ai lu les témoignages et je confirme j’étais dans le même cas que vous bloqué pendant près de 4h harcelé par les flics voulant juste manifester avec le cortège jeune et syndical.

    Resistons face à l’État policier.

  • Le 22 octobre 2010 à 12:02, par ANNE

    J’habite le centre ville de LYON. Cela fait trois jours que j’assiste en témoin à un déploiement de forces de police qui met la ville en état de siège. Il est fréquent de voir des hordes de CRS courser des jeunes isolés dans de petites rues et utiliser des gaz lacrymogènes hautement toxiques contre l’ensemble de la population. J’ai fait les frais de ces excès en me faisant gazer à plusieurs reprises en effectuant mes déplacements quotidiens. J’ai même essuyé un coup de coude de la part d’un CRS que je n’avais pas vu en tentant d’atteindre mon bureau de banque. IL est évident que tout ceci est une vaste mise en scène d’un goût douteux tentant à ré crédibiliser un gouvernement que la majorité de la population en est arrivée à exécrer. Il est navrant de lire dans la presse le contraire de ce que l’on a pu voir « en live » la veille dans les rues. Les informations partisanes et manipulées diffusées par les médias sont une preuve que la presse n’est plus libre dans notre pays qui n’a plus rien à envier aux pires des républiques bananières. Je n’ai jamais vu 1600 casseurs place BELLECOUR, mais des lycéens venus manifester probablement infiltrés par quelques très jeunes casseurs et des policiers en civils plus agés vêtus de la panoplie du casseur de quartier sensible. Il ne suffit pas d’opposer un déni médiatique systématique à la réalité pour faire croire aux gens qu’ils vivent dans une démocratie. Un grand nombre de gens ne sont plus dupes.

    Je tiens à témoigner de ce que j’ai pu voir hier jeudi 21 Octobre :

    Je marchais vers la place BELLECOUR vers 17H00 rue Emile ZOLA. Je me suis retrouvée bloquée par une rangée de CRS placés derrière un « camion lance eau ». L’on pouvait voir sur la place des jeunes paniqués qui courraient dans tous les sens harcelés par les grenades lacrymogènes lancées par les CRS. J’ai demandé aux gens qui étaient présents ce qui s’était passé. L’on m’a répondu que les CRS avaient bloqués toutes les issus de la place BELLECOUR dès le matin et ne laissaient pas sortir les jeunes qui servaient de cible aux CRS qui les gazaient et tiraient dessus au taser. J’ai vu un jeune qui courait pour se protéger des gaz lacrymogènes arrêté par les CRS qui bloquaient la rue. Ils ont commencé à le rouer de coups. Des gens parmi les passants voulaient prendre des photos. Le commandant de la brigade de CRS s’est rué vers nous en hurlant qu’il était interdit de prendre des photos. Puis, alors que les manifestants n’avaient même pas réagi, le camion lance eau s’est mis en marche. Le commandant de la brigade de CRS s’est à nouveau dirigé vers nous, menaçant, cette fois, une grenade lacrymogène dans chaque main, nous donnant l’ordre en hurlant de dégager. Par peur, les uniques passants qui pouvaient être témoin ont du partir. C’est alors que j’ai vu trois policier en civil qui ramenaient un jeune isolé d’origine maghrébine qu’ils venaient d’arrêter alors qu’il n’avait rien fait en affirmant : « Toi, je t’ai vu lancer des cailloux ce matin ». Et l’on appelle cela du flagrant délit, c’est un comble ! J’ai honte d’être originaire de ce pays qui tente vouloir s’aligner sur l’Allemagne, certes, mais l’Allemagne d’une autre époque. Pour ma part, il m’est odieux d’avoir à vivre au milieu des bruits de botte. Je suis dégoutée d’avoir assisté sans pouvoir rien faire à ce spectacle.


Infos locales


13 avril

  • Vie des quartiers - urbanisme - initiatives

    Goûter solidaire contre la fin de la trêve hivernale

    Depuis le 31 mars, fin de la trêve hiver­nale, plu­sieurs famil­les dont les enfants sont sco­la­ri­sés à l’école Gilbert Dru se retrou­vent à la rue ou dans des situa­tions d’héber­ge­ment très pré­cai­res. C’est pour­quoi des parents et des ensei­gnants de plu­sieurs écoles et col­lè­ges de l’agglo­mé­ra­tion lyon­naise s’orga­ni­sent et vous invite le jeudi 17 avril.


12 avril

  • Résistances et solidarités internationales

    Rencontre autour de la naissance d'une école autogérée

    Rencontre débat avec des cama­ra­des venu-e-s de Barcelone pré­sen­ter leur projet d’école auto­gé­rée, coo­pé­ra­tive et com­mu­nau­taire, le mer­credi 16 avril.

  • Salariat - précariat

    Blocage du site ERDF de Vénissieux

    Depuis jeudi 10 avril, une tren­taine de sala­riés du groupe ERDF de Vaise et Vénissieux, blo­quent l’entrée du site de Vénissieux deman­dant entre autre le retrait des cour­riers d’aver­tis­se­ment et de blâmes adres­sés à cer­tains d’entre eux. Il se sont relayés toute la nuit du 10 au 11 avril dans l’attente d’une négo­cia­tion juste.

  • Résistances et solidarités internationales

    « Les négociations Israélo-Palestiniennes » : Premier bilan et perspectives

    Conférence d’Élias Sanbar, ambas­sa­deur de la Palestine auprès de l’UNESCO, mer­credi 16 avril à 18h, salle Victor Hugo, Lyon 3e.

  • Discriminations

    Lecture de soutien à Act Up-Paris

    Pour sou­te­nir l’asso­cia­tion, rendre visi­bles ses actions et ses combat en matière de lutte contre le sida, deux évènements sont orga­ni­sés à Lyon dans la jour­née du samedi 12 avril


7 avril

  • Ecologie - nucléaire - Alternatives

    « No Gazaran » : Film & débat au ciné Caluire

    Projection le ven­dredi 18 avril à 20h30, avec le Collectif Caluire Environnement, du film docu­men­taire « No gaza­ran » suivi d’un débat. Avec la pré­sence de la réa­li­sa­trice Carole Menduni.


6 avril

  • Droits sociaux - santé - services publics

    Rassemblement contre la casse de l'assurance chômage

    Rassemblement contre la casse de l’assu­rance chô­mage à l’occa­sion de la venue de Pierre Gattaz (pré­si­dent du Medef) à Lyon 1, le mardi 8 avril à partir de 17h45. Et assem­blée géné­rale le mer­credi 9 avril à 15h à l’Opéra de Lyon.

  • Informatique

    Infokiosque et atelier informatique au squat Le Kajibi

    Ce mardi 8 avril à partir de 14h, le squat Kajibi pro­pose un info­kios­que et un ate­lier infor­ma­ti­que sur le thème « com­pren­dre et auto­gé­rer/par­ta­ger sa connexion Internet ».


3 avril


1er avril


30 mars


28 mars


27 mars


26 mars

  • Droits sociaux - santé - services publics

    Un nouveau collectif pour penser le médico-social à Lyon

    Alerte ! Le col­lec­tif qui veut penser le médico-social !
    Le col­lec­tif Alerte ! se pré­sente et vous invite à pren­dre connais­sance de ses pers­pec­ti­ves d’actions et de réflexions.


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