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Confrontation entre quelques centaines d’Anti CPE, des milliers de « Loups Gris », fascistes turcs ultra-violents, et la police !

Publié le 19 mars 2006

Maj le 24 mars 2006

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À la suite de la grosse manif Anti Précarité, qui a rassemblé 25 000 personnes ce samedi 18 mars, une manif de 5 000 « Loups Gris », fascistes turcs ultra-violents, sous le nom de Comité Solidarité franco-turc, s’est vue aidée par les forces de l’ordre à défiler sous bonne garde, contre la construction d’un Mémorial du génocide arménien à Lyon. Et des opposants gazés, violentés et arrêtés. Six arrestations.

Après la fin de la manif anti CPE à Bellecour, une AG devait s’y tenir à l’aide des camions sono de la CGT. Bizarrement ceux-ci refu­sè­rent, pré­tex­tant le fait, qu’ils devaient ranger leur camion. Ils dis­per­sent alors, la plus grande partie de la foule. Ce que l’on ne savait pas, les syn­di­cats étaient-ils au cou­rant, eux ?

Des AG spon­ta­nées se for­ment. Près de deux cents mani­fes­tants de tous âges, « gar­dent » encore la place.

- Puis, l’étonnement, la stu­peur, la nausée, une révolte intime.

Une autre manif entrait en scène.

Des masses de dra­peaux rouges au crois­sant blanc, une quan­tité impres­sion­nante, par­se­mée de quel­ques dra­peaux fran­çais et un dra­peau euro­péen, inon­dent pro­gres­si­ve­ment le milieu de la place Bellecour.

Comme si un cou­rant gla­cial avait saisi l’assis­tance.
Devant nous, défi­laient par vagues de plu­sieurs cen­tai­nes, suc­ces­si­ve­ment, toutes les cinq à dix minu­tes, des mil­liers de « Loups Gris », fas­cis­tes turcs ultra-vio­lents et très orga­ni­sés.

- La ten­sion est immé­dia­te­ment plus que pal­pa­ble. Elle est oppres­sante.
Certaines de ces vagues de colère et de haine, extrê­me­ment remon­tées, gueu­laient des slo­gans en turc, mais on voyait bien qu’ils fai­saient tout pour nous faire passer le mes­sage, gri­mant des faciès mena­çants, d’une grande vio­lence et agres­si­vité.
En dépit de leur inquié­tante pré­sence, de leur proxi­mité, à quel­ques pas seu­le­ment de nous, et de notre pré­sence trop peu nom­breuse, quel­ques sif­flets, huées et « Fascistes ! » com­men­cent cou­ra­geu­se­ment à fuser. Ce qui a pour effet de rameu­ter d’autres mani­fes­tants anti CPE plus loin. Pas seu­le­ment des étudiants, mais des hommes et femmes de tous âges, médu­sés, révul­sés par le spec­ta­cle.

Les visa­ges sont blêmes. La colère gronde. Les sif­flets et huées pren­nent de l’ampleur.

Les grou­pes de fachos n’en finis­sent pas de passer, peut-être pen­dant près d’une demi-heure, quel­ques 5 000 venus de la région, plus quel­ques autres de France, ainsi qu’un bus d’Allemagne, pour contes­ter la cons­truc­tion d’un mémo­rial du géno­cide armé­nien à Lyon.

Avec pour pan­car­tes : « Il n’y a jamais eu de géno­cide armé­nien », « Non au mémo­rial d’un pré­tendu géno­cide »

La police court par­tout. Des cor­dons de gardes mobi­les s’ins­tal­lent.

Les huées, les sif­flets sont cons­tants, et des slo­gans anti-néga­tio­nis­tes, anti-fas­cis­tes fusent de colère.
« No pasa­ran ! », « Devoir de mémoire ! », « Nous sommes tous des armé­niens ! »
Cette situa­tion va durer un bon moment, avant que ne se déclen­che un mou­ve­ment.
Plus de deux cents gardes mobi­les for­ment un cordon de sécu­rité autour des « Loups Gris », eux-même enca­drés par un SO très pré­sent, qui retient à plu­sieurs repri­ses, les ten­ta­ti­ves de sor­ties vio­len­tes des extrê­mis­tes, à tel point, qu’on a pu voir le SO frap­per cer­tains de leurs mani­fes­tants pour les calmer.

D’autres anti-fas­cis­tes arri­vent à nous rejoin­dre, nous sommes quel­ques cen­tai­nes.
La Mobile nous fait face.
Pas loin, des djum­bes accom­pa­gnent ce mou­ve­ment anti-fas­ciste. Il règne une ten­sion, une effer­ves­cence, une volonté tenace, de ne pas lais­ser faire, de ne pas accep­ter, de ne pas lâcher.

- La mani­fes­ta­tion turque démarre, en direc­tion de la rue Édouard Herriot pour la place des Terreaux.
La ten­sion monte, des deux côtés.
Des per­son­nes ten­tent de s’inter­po­ser. Une rangée de CRS s’aligne, et com­mence à vou­loir nous faire recu­ler. Des objets sont lancés sur les CRS et une camion­nette de police.
Des pous­sées des CRS. Des mou­ve­ments sou­dains de foule. Des « CRS SS ! », des « Pétain reviens ! T’as oublié tes chiens ! » sont lancés. Une cen­taine de per­son­nes font face aux CRS, refu­sant d’être dis­per­sés. Un jeune, le visage tumé­fié, est arrêté, et est forcé vio­lem­ment à monter dans le véhi­cule de police. Des per­son­nes s’inter­po­sent à son arres­ta­tion. « Laissez-le ! », « J’ai vu, il n’a rien fait ! », « Vous n’avez pas le droit ! »Des « Comment tu t’appel­les ? » sont lancés, à son inten­tion. Ils sont deux sur lui, pour l’empê­cher de parler, mais il arrive néan­moins à crier d’une faible voix son nom. Dix minu­tes plus tard, il sera relâ­ché.

- Des lances-lacrymo sont char­gés. Et ce, malgré la pré­sence de famil­les avec leurs enfants, des pous­set­tes de bébés, des anciens, qui n’ont pas le temps de s’éloigner. Les lacry­mo­gè­nes sont lan­cées.

- Dispersion, et regrou­pe­ment, effi­lo­ché, tout au long de la rue de la Ré, pour remon­ter en direc­tion des Terreaux. D’autres jeunes accom­pa­gnent le mou­ve­ment. Vitrines bri­sées. Des com­mer­çants bais­sent les stores. Les gardes cou­rent pour blo­quer les pas­sa­ges. À leur pas­sage, des camions de CRS sont caillas­sés. Pendant ce temps, arrivé avant les fas­cis­tes, un groupe impro­vise un sit-in sur la place des Terreaux. Les CRS ont alors couru vers eux, et les ont vio­lem­ment rele­vés à coups de ran­gers.
Ils ont été repoussé sur les pentes, et des lacry­mos furent lan­cées. Certains ont réussi à faire le tour et reve­nir face à l’Hôtel de Ville. Les CRS ont alors repoussé tout le monde à coups de bou­cliers, jusqu’à avoir le dos au mur.

Les « Loups Gris » arri­vent sur la Place et posent des pan­car­tes, niant le géno­cide armé­nien, devant l’Hôtel de Ville.
Des per­son­nes ont alors fait le tour par les pentes, pour les repren­dre à revers. La Mobile a alors chargé, et tout le monde est monté rue Romarin. Une dou­zaine de per­son­nes se sont retrou­vées prises au piège dans une impasse, asper­gées de gaz et sous la menace d’autres pul­vé­ri­sa­tions d’un garde qui blo­quait la sortie, mais heu­reu­se­ment un voisin soli­daire, les a libé­rées en leur ouvrant une autre porte de sortie.
Les jeunes des pentes sont venus nous sou­te­nir, et ont lancé des pavés.
Des peti­tes bar­ri­ca­des sont érigées sur les pentes. Les flics sont repous­sés, mais, alors qu’ils arri­vent aux Terreaux, grosse charge et envois de lacry­mos, qui vont enva­hir toutes les pentes.
Des gens balan­cent des seaux d’eau par les fenê­tres pour les éteindre, caillas­sent la police depuis leur appart, et ouvrent les portes fer­mées des tra­bou­les. Les gens dans les bars, sor­tent et lan­cent des cou­verts sur la police.

Les pentes ne sont pas mortes, elles se réveillent !

- Finalement, après une course-pour­suite avec la police, tout le monde revient sur les Terreaux.
Un nou­veaux sit-in est fait, mais la police repousse les mani­fes­tants. Une tren­taine de fas­cis­tes fran­çais, dont on avait craint l’atta­que pour nous-même, se « joint » aux oppo­sants et insul­tent la police. Les turcs extrê­mis­tes s’empor­tent et dépas­sent leur SO.
La Mobile se tourne enfin du bon côté, et leur fait face. Ils sont repous­sés et fina­le­ment, sous bonne garde répu­bli­caine, sont escor­tés jusqu’aux bus sta­tion­nés quai Jean Moulin.
Des heurts ont aussi eu lieux à l’opéra , avec des arres­ta­tions. Vers 17h30, der­nier mou­ve­ment, der­nière ten­ta­tive, des grou­pes de jeunes cou­rent en direc­tion des bus des « Loups Gris ».

Le jour­nal télé­visé natio­nal n’a pas parlé de cet événement. Excepté sur d’autres, quel­ques rares lignes « d’inci­dents » ou « petite échauffourée », malgré la pré­sence mas­sive de nom­breux médias ! Il devait bien y avoir trente camé­ras et vingt pho­to­gra­phes.

Le bilan est de deux bles­sés par la police, un pho­to­gra­phe et un étudiant (ou un garçon de café ?), ainsi que six inter­pel­lés, qui ont été emme­nés au com­mis­sa­riat cen­tral Marius Berliet, à Lyon 8ème.
Du coté turc for­te­ment armé, il n’y a eu aucune arres­ta­tion. L’un d’eux a même été arrêté et relâ­ché, à cinq repri­ses pen­dant les événements. Il a pu repar­tir tran­quille­ment chez lui.

Que cher­chent les diri­geants poli­ti­ques qui auto­ri­sent ces mani­fes­ta­tions, alors que le néga­tion­nisme est inter­dit par la loi fran­çaise [1] ? Les lois sont tou­jours bien appli­quées quand cela les arrange. Et pour­quoi les CRS ont-ils chargé leurs oppo­sants ? Ont-ils peur de com­pro­met­tre leur rela­tion avec cer­tains grou­pes ? Les « loups Gris » font partie d’une mafia. Des répon­ses doi­vent être don­nées. De plus, per­sonne ne sem­blait être au cou­rant, mais pour­quoi la CGT s’est empres­sée de ranger ses camions ? Tout comme le camion de tête, qui pro­ve­nait de Sos Racisme ? Les étudiants de L’UNEF (proche du PS et de SOS) ont eux déserté dès que la Mobile a com­mencé à arri­ver.

Il s’agit aussi de savoir pour­quoi la pré­fec­ture a permis la confron­ta­tion de ces deux manifs ?!
Encore cer­tai­ne­ment, pour avoir les moyens de conte­nir et mani­pu­ler la grogne popu­laire, dans un climat d’insé­cu­rité et de peur !

Des étudiants, des hommes, des femmes, des retrai­tés, des jeunes de quar­tier, le voi­si­nage, des com­mer­çants, ont prouvé leur soli­da­rité, leur huma­nité et leur unité, face au pire.
Parce que dépour­vus de tout, nous, pau­vres four­mis face aux titans, la soli­da­rité, c’est tout ce qu’il nous reste.

Quoiqu’en disent les médias, fai­seurs de bla­blas mani­pu­la­teurs, la grogne va bien au-delà du CPE. Et les mani­fes­ta­tions anti CPE n’appar­tien­nent pas seu­le­ment, aux seuls étudiants. Les jeunes des quar­tiers sont concer­nés, les retrai­tés, les chô­meurs, les sala­riés... Tous, nous sommes concer­nés. La lutte pour le retrait du CPE, est la lutte contre un sys­tème des­truc­teur, un pou­voir aveu­gle, sourd, mépri­sant et vio­lent, qui ne lâchera que des caca­huet­tes et des coups de matra­ques pour apai­ser notre faim et satis­faire nos désirs.

À bas les néga­tion­nis­tes et leurs col­la­bo­ra­teurs sociaux-trai­tre ! À bas l’État poli­cier ! Exigeons la libé­ra­tion des per­son­nes injus­te­ment inter­pel­lées.

P.-S.

    • Voir aussi Bellaciao : Non à la banalisation du terrorisme de l’État turc par l’UE.

Notes

[1] Remarque d’un lecteur : contrairement à ce qui est dit dans l’article, le négationnisme n’est un délit en France que lorqu’il porte sur les crimes de la seconde guerre mondiale. Le génocide des Indiens, celui des Arméniens, l’extermination du tiers de la population algérienne lors de la conquête coloniale de ce pays et les crimes du colonialisme (voir le site noir du colonialisme ) etc. ne sont donc pas concernés. Aucune incrimination ne pèse donc contre ces dénis honteux de la mémoire


Dans les prochains jours :

Infos locales

6 septembre

  • Migrations - sans-papierEs

    Présentation / discussion autour du prochain camp No Border

    Le pro­chain camp No Border ce sera à Bruxelles à partir du 25 sep­tem­bre. Présentation, pro­jec­tion et dis­cus­sion le 8 sept. à 19 h à La Gryffe dans le cadre d’une tour­née d’infos faite par des mili­tan­tEs bruxel­loi­sEs.


5 septembre


3 septembre

  • Rapports sociaux de genre

    Soirée de soutien au livre du CLAS à propos du viol

    Vendredi 1er octo­bre à 19h au « Z » - RN 86 à Soyons 07 (proche valence) - Entrée 5 euros.

  • Migrations - sans-papierEs

    Face au racisme et à la xénophobie d'État : La solidarité de classe, pas l'hypocrisie républicaine

    Tract CGA manif 4 sep­tem­bre :
    - Une suren­chère répres­sive et raciste
    - Une his­toire qui ne date pas d’aujourd’hui
    - Libéralisation de la parole raciste et stra­té­gie de divi­sion
    En se posant en ges­tion­nai­res de l’État et du capi­ta­lisme, les cou­rants poli­ti­ques de gauche qui font mine de s’émouvoir de la poli­ti­que actuelle, ont depuis des années apporté leur pierre à l’édifice d’une répu­bli­que raciste et xéno­phobe.


31 août


26 août

  • Education - partage des savoirs

    Appel à actions anti-bizutage/usinage à l'ENSAM, site de Cluny (pour commencer...)

    Une grande école publi­que abrite tou­jours un bizu­tage mental appelé « usi­nage » durant près d’un tri­mes­tre. Nous avons nommé l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts et Métiers (ENSAM), établissement com­posé de 8 cen­tres dont un près de chez nous, à Cluny, à 20 km de Mâcon. Un col­lec­tif local anti-usi­nage s’est créé et invite à une pre­mière action le 31 août où nous nous espé­rons nom­breux...


25 août

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    Dans le cadre de la cam­pa­gne pour sauver Sakineh et plus lar­ge­ment pour dénon­cer la lapi­da­tion et les exé­cu­tions, le Comité Internationale Contre la Lapidation a lancé un appel à une jour­née de mobi­li­sa­tion le 28 août « 100 villes contre la lapi­da­tion » .


22 août

  • Migrations - sans-papierEs

    cartes postales à l'Elysée

    L’ opé­ra­tion « cartes pos­ta­les » est une énième action en sou­tien à Guilherme et sa famille.


18 août

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