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Sur les convergences politiques entre l’extrême droite et la gauche laïco-xénophobe

Publié le 31 décembre 2010

Notes d’Yves Coleman pour le débat qui s’est tenu le 11 décembre à La Gryffe : « Les Lumières s’assombrissent-elles ? Extrême-droite, droite et gauche « laïque » unies face aux religions ? ».

Depuis 2007, la revue Ni patrie ni fron­tiè­res a dénoncé à plu­sieurs repri­ses les laï­ques et les athées qui flir­taient avec Riposte laïque ou avec la xéno­pho­bie (comme Mireille Popelin quand elle par­ti­ci­pait encore au site Respublica et qu’elle était encore à l’UFAL). Cela nous a valu quel­ques échanges très vifs avec Jocelyn Bézecourt, res­pon­sa­ble du site atheisme.org et un ani­ma­teur de Radio liber­taire lors du Salon du livre liber­taire de 2008 (le « débat-tra­que­nard » se trouve sur le site anar sonore). Et aussi une cor­res­pon­dance viru­lente avec Jean-François Chalot, ce tros­kyste qui réa­lisa une ver­sion iné­dite du Front unique avec l’UMP contre l’ouver­ture d’une mos­quée sala­fiste à Champs-sur-Marne.

Depuis 2007, la col­la­bo­ra­tion entre « Riposte laïque », la droite et l’extrême droite n’a fait que s’appro­fon­dir et ce ne sont pas les der­niè­res décla­ra­tions de Marine Le Pen qui nous contre­di­ront. En effet la der­nière com­pa­rai­son de l’avo­cate aryenne entre la période de l’Occupation nazie et le fait que quel­ques rues en France soient occu­pées une fois par semaine quel­ques minu­tes par des musul­mans qui ne trou­vent pas de salle assez grande pour prier, cette com­pa­rai­son donc a été d’abord rôdée sur le site de Riposte laïque pen­dant des mois.

« Riposte laïque » agit donc bien en pois­son pilote, en pas­se­relle entre l’extrême droite et la gauche comme nous l’expli­quions dans le pre­mier de nos deux arti­cles sur les pro­chai­nes Assises contre l’isla­mi­sa­tion du 18 décem­bre, le second por­tant sur la gauche réac­tion­naire du XIXe siècle. Ce groupe teste en direc­tion d’un public de gauche des for­mu­les xéno­pho­bes pour qu’ensuite le FN les balance dans les médias avec un effet démul­ti­plié par son poids électoral, évidemment sans com­mune mesure avec le petit lec­to­rat de Riposte laïque.

Le samedi 11 décem­bre 2010, à Lyon, a eu lieu un débat sur le thème des conver­gen­ces poli­ti­ques entre l’extrême droite et la gauche laïco-xéno­phobe. Nous repro­dui­rons dans un autre arti­cle cer­tai­nes des ques­tions très inté­res­san­tes qui ont été posées par les par­ti­ci­pants à ce débat. Pour le moment, nous pré­sen­tons ci-des­sous le cane­vas de la pré­sen­ta­tion.

Avant de com­men­cer je crois qu’il faut se mettre d’accord sur 6 points fon­da­men­taux qui devraient per­met­tre de fixer un cadre et un contexte au débat de ce soir :

1. Les reli­gions et les Eglises ont évolué, leur place dans les socié­tés occi­den­ta­les a changé, et on ne peut plus les cri­ti­quer de la même façon qu’au XIXe siècle – ce qui n’enlève rien à l’impor­tance de l’athéisme et du maté­ria­lisme scien­ti­fi­que, bien au contraire ;

2. L’idéo­lo­gie de l’extrême droite a subi des chan­ge­ments impor­tants, notam­ment sous l’influence de la Nouvelle Droite. L’anti­fas­cisme tra­di­tion­nel – quel­les que soient par ailleurs ses limi­tes démo­cra­ti­ques-bour­geoi­ses – doit donc renou­ve­ler son argu­men­taire s’il sou­haite être convain­cant ;

3. Il existe en France, depuis le XIXe siècle, un cou­rant « socia­liste-natio­nal », à la fois athée et anti­ca­pi­ta­liste, laïque, chau­vin et raciste, en clair une « gauche réac­tion­naire », que l’on ne peut réduire ni à l’extrême droite ni au fas­cisme, ce qui ne la rend pas moins nocive.

4. Derrière les dis­cus­sions sur la laï­cité et l’islam, ce sont des conver­gen­ces ou des diver­gen­ces sur la nature de la nation et la per­ti­nence de la défense de l’Etat-nation qui jouent un rôle essen­tiel.

5. La montée des « natio­nal-popu­lis­mes » en Europe coïn­cide avec la cons­truc­tion de « l’Europe for­te­resse ». C’est dans ce contexte social et poli­ti­que qu’il faut situer les débats sur la laï­cité et l’islam, les contrô­les des « flux migra­toi­res » et la défi­ni­tion de qui est « euro­péen » et qui ne l’est pas.

6. À l’échelle inter­na­tio­nale, le débat sur le « conflit de civi­li­sa­tions » est inti­me­ment lié aux inter­ven­tions des Etats-Unis et de leurs alliés au Koweit, en Irak et en Afghanistan ; à la volonté des gran­des puis­san­ces de contrô­ler les sour­ces d’énergie et les grands axes com­mer­ciaux ; au jeu des puis­san­ces inter­mé­diai­res (Iran, Turquie) et des Etats pétro­liers (du Golfe ou pas) qui sou­hai­tent obte­nir une part des béné­fi­ces de l’exploi­ta­tion des matiè­res pre­miè­res et des pro­lé­tai­res ; et, last but not least, aux acti­vi­tés mili­tai­res ou poli­ti­ques des mou­ve­ments isla­mis­tes au Proche-Orient, au Moyen-Orient et au Maghreb qui don­nent une tona­lité reli­gieuse à ce qui sont avant tout des conflits d’inté­rêts maté­riels.

Si l’on prend en compte ces dif­fé­rents éléments, d’iné­gale impor­tance, et si l’on dénonce le natio­na­lisme et le patrio­tisme comme des idéo­lo­gies mor­ti­fè­res, et l’Etat comme le repré­sen­tant natu­rel des inté­rêts du Capital, alors il sera peut-être pos­si­ble de cla­ri­fier les cli­va­ges poli­ti­ques. Sinon la confu­sion per­du­rera.

On assi­mile tra­di­tion­nel­le­ment la droite fran­çaise à la dénon­cia­tion des Lumières, à l’obs­cu­ran­tisme reli­gieux, à l’homo­pho­bie, au sexisme, à l’anti­sé­mi­tisme, au racisme et à la défense d’un « Etat fort », voire des dic­ta­tu­res mili­tai­res ou fas­cis­tes ; et on assi­mile la gauche à la défense de la laï­cité, de la République, de la démo­cra­tie, du fémi­nisme et des droits des homo­sexuels, et de toutes les mino­ri­tés natio­na­les ou eth­ni­ques. Or, depuis quel­ques années, les fron­tiè­res idéo­lo­gi­ques sem­blent s’être brouillées entre la droite, l’extrême droite et la gauche en France, notam­ment à l’occa­sion des débats pas­sion­nés sur le contenu « tota­li­taire » de l’islam comme reli­gion et de l’isla­misme comme doc­trine poli­ti­que.

La tenue de plu­sieurs « apéros sau­cis­son-pinard » dans dif­fé­ren­tes villes en juin et juillet 2010 a été l’occa­sion d’obser­ver une inquié­tante conver­gence entre des répu­bli­cains de gauche (Riposte laïque), des gaul­lis­tes, des vil­lié­ris­tes, des sou­ve­rai­nis­tes de droite et de gauche, et des « Identitaires [1] » (en clair des natio­na­lis­tes fas­ci­sants ou néo­fas­cis­tes) au nom de la défense de la laï­cité et du fémi­nisme, et de l’expul­sion des immi­grés – musul­mans ou pas [2]. Cette coa­li­tion hété­ro­clite pré­tend ras­sem­bler de pseudo-« résis­tants » face à « l’inva­sion » sup­po­sée des immi­grés et de l’islam. Et ils n’hési­tent pas à trai­ter leurs adver­sai­res de « col­la­bos », ou de « col­la­bo­bos ».

Comment expli­quer de telles conver­gen­ces entre mili­tants de droite et de gauche ? Sont-elles vrai­ment nou­vel­les ?

Il nous semble que cette évolution (appa­rem­ment) récente a été pré­cé­dée et pré­pa­rée, à droite, par le long tra­vail sou­ter­rain des idéo­lo­gues de ce qu’il est convenu d’appe­ler la « Nouvelle Droite » ou les « nou­vel­les droi­tes ». Cette étiquette a été inven­tée pour qua­li­fier une mou­vance aux contours vagues, qui va du GRECE (et sur­tout de son ani­ma­teur Alain de Benoist, atteint d’une « inconti­nence de l’encrier » comme le dit l’un de ses copains fachos) au Club de l’Horloge en pas­sant par de nom­breux clubs, revues et col­lo­ques. Les indi­vi­dus formés ou influen­cés par ces dif­fé­ren­tes struc­tu­res ont à leur tour réin­ter­prété les mes­sa­ges qu’ils lisaient ou enten­daient, ce qui a donné nais­sance à une cer­taine caco­pho­nie idéo­lo­gi­que – par­fois volon­taire, les néo­droi­tiers se plai­sant à pro­cla­mer tout et son contraire et à puiser chez des intel­lec­tuels aussi divers que Georges Dumézil, Claude Lévi-Strauss, Julius Evola, Louis Rougier, Robert Jaulin et Carl Schmitt.

Je n’entre­rai pas ici dans le détail de tous les cou­rants et sous-cou­rants de la « Nouvelle Droite ». Il importe seu­le­ment de sou­li­gner ici qu’un cer­tain nombre d’intel­lec­tuels et de cadres mili­tants des grou­pus­cu­les d’extrême droite ont effi­ca­ce­ment contri­bué à « brouiller les lignes » et à semer la confu­sion entre droite et gauche, en récu­pé­rant beau­coup de thèmes que la gauche avait mis à la mode dans les années 60-70, même si la droite avait déjà exploité cer­tains de ces thèmes : écologie pro­fonde, régio­na­lisme anti-jaco­bin, anti-impé­ria­lisme, bien sûr, mais aussi alter­mon­dia­lisme, mul­ti­cultu­ra­lisme [3] et fémi­nisme [4].

C’est sans doute aux Pays-Bas [5] que ce brouillage des lignes est allé le plus loin, puisqu’il existe dans ce pays un parti d’extrême droite, « natio­nal-popu­liste », impor­tant (24 dépu­tés sur 150), le PVV, Parti pour la liberté [6], qui prône l’expul­sion de tous les immi­grés musul­mans (ce qui est plutôt banal), mais défend aussi les Lumières, les droits des gays et des les­bien­nes, ce qui est plus rare à l’extrême droite : Théo Van Gogh, le déma­go­gue qui suc­céda à Pim Fortuyn [7], et pré­céda Geert Wilders dans la dénon­cia­tion du mul­ti­cultu­ra­lisme néer­lan­dais, de l’immi­gra­tion et de l’islam, avait cou­tume d’apos­tro­pher ses cri­ti­ques de gauche en leur lan­çant : « Vous pré­ten­dez connaî­tre les immi­grés magh­ré­bins, mais moi, je les connais mieux que vous car je les baise régu­liè­re­ment dans les back-rooms. » On ima­gine mal Jean-Marie Le Pen, Bruno Mégret ou même Marine Le Pen tenir ce genre de propos, quelle que soit leur volonté de moder­ni­ser leur dis­cours et leur look…

Pourtant, si l’on par­court la pro­duc­tion « théo­ri­que » des grou­pus­cu­les racis­tes et fas­ci­sants de la « Nouvelle Droite » fran­çaise depuis les années 60, par­ti­cu­liè­re­ment des « néo-païens », on décou­vre que cer­tains d’entre eux ne s’oppo­sent pas à l’homo­sexua­lité… tant qu’elle est dis­crète [8]. Cette posi­tion est pour eux « cohé­rente » dans la mesure où ils van­tent les méri­tes de la civi­li­sa­tion grec­que anti­que et des socié­tés « indo-euro­péen­nes » avant le chris­tia­nisme. Dans leur vison mythi­fiée de cet Age d’Or « indo-euro­péen », ou « indo-ger­ma­ni­que », la notion de péché n’exis­tait pas encore ; la sexua­lité n’était donc pas sou­mise à autant d’inter­dits ; l’homo­sexua­lité et le les­bia­nisme cons­ti­tuaient des formes de rela­tions sexuel­les socia­le­ment admi­ses. Et un tel chan­ge­ment de posi­tion face à l’homo­sexua­lité n’est pas du tout anodin, car il touche à un élément cen­tral pour toutes les extrê­mes droi­tes : la défense de la famille. Pour un parti d’extrême droite, et a for­tiori pour un parti fas­ciste, reconnaî­tre (même timi­de­ment) l’homo­sexua­lité c’est reconnaî­tre impli­ci­te­ment qu’un des points fon­da­men­taux de son pro­gramme et de son idéo­lo­gie n’est plus sou­te­na­ble dans les socié­tés occi­den­ta­les moder­nes.

Si cer­tains his­to­riens et poli­to­lo­gues ont déjà com­mencé à décrire l’évolution de la droite et de l’extrême droite depuis 30 ans, il n’en est pas de même à gauche. À part le filon sen­sa­tion­na­liste qui consiste à dénon­cer tous les anti­sio­nis­tes comme des anti­sé­mi­tes (cf. les ouvra­ges de P.A. Taguieff qui tour­nent mal­heu­reu­se­ment aux pam­phlets approxi­ma­tifs dès qu’ils abor­dent les posi­tions de l’extrême gauche et de l’ultra­gau­che ; ou le livre de Michel Dreyfus, « L’anti­sé­mi­tisme à gauche », qui croit qu’en rem­pla­çant la pré­po­si­tion « de » par « à » on résou­dra un pro­blème épineux et sécu­laire qui touche à la nature de l’anti­ca­pi­ta­lisme, et qui se permet lui aussi de lancer des accu­sa­tions infon­dées contre Lutte ouvrière et cer­tains ultra­gau­ches), on ne peut pas dire que les uni­ver­si­tai­res se soient beau­coup inté­res­sés aux rap­pro­che­ments récents entre la gauche et la droite.

Plus exac­te­ment, on trouve de nom­breux essais à propos de « l’isla­mo­pho­bie » qui pré­ten­dent que la gauche a tou­jours été colo­nia­liste, que la majo­rité des phi­lo­so­phes des Lumières étaient racis­tes, et que l’uni­ver­sa­lisme de la gauche conduit à une impasse « euro­cen­triste ». Le pro­blème est que ces auteurs de la gauche « post­mo­derne » aban­don­nent tout esprit cri­ti­que face aux reli­gions, par­ti­cu­liè­re­ment face à l’islam, mais aussi face à l’isla­misme, pré­sen­tant ce der­nier comme un mou­ve­ment émancipateur. La ques­tion de la reli­gion étant inti­me­ment liée à celle de la nation, on ne s’étonnera pas que ces intel­lec­tuels, qui ont un regard tota­le­ment acri­ti­que sur le natio­na­lisme des Etats et des mou­ve­ments de libé­ra­tion natio­nale des pays non occi­den­taux, soient inca­pa­bles de cri­ti­quer les reli­gions qui ryth­ment la vie quo­ti­dienne des peu­ples concer­nés.

En dehors de Zeev Sternhell, vio­lem­ment cri­ti­qué par la plu­part des his­to­riens fran­çais, Marc Crapez est l’un des rares auteurs, à ma connais­sance, qui aient apporté quel­ques pistes inté­res­san­tes sur la gauche réac­tion­naire du XIXe siècle et ses conni­ven­ces idéo­lo­gi­ques pro­fon­des avec ce qui allait deve­nir l’extrême droite (cf. notre arti­cle à ce sujet sur ce site 1586). Il montre dans son livre qu’au XIXe siècle et dans la pre­mière moitié du XXe siècle, il exis­tait déjà en France des cou­rants athées et racis­tes (à l’époque anti­sé­mi­tes), anti­ca­pi­ta­lis­tes et natio­na­lis­tes : ces blan­quis­tes et ces com­mu­nards bou­lan­gis­tes de gauche étaient en quel­que sorte reconnus comme des « cama­ra­des dans l’erreur » par les autres ten­dan­ces socia­lis­tes de l’époque. Ils for­maient la bran­che « socia­liste-natio­nale » de la famille, et Riposte laïque aujourd’hui (l’anti­sé­mi­tisme en moins le racisme anti-arabes en plus) en est la piètre héri­tière.

Il faut donc dénon­cer ces rap­pro­che­ments idéo­lo­gi­ques entre droite et gauche qui sont mor­ti­fè­res pour tout chan­ge­ment social, mais aussi sou­li­gner que la cri­ti­que des reli­gions doit tenir compte de leur évolution, et de l’évolution des com­por­te­ments poli­ti­ques des croyants et des fidè­les. Sinon il est impos­si­ble affron­ter la ques­tion de l’islam dans les pays capi­ta­lis­tes occi­den­taux, et les pro­blè­mes qui peu­vent être posés par l’influence néfaste de cette reli­gion sur un cer­tain nombre de tra­vailleurs et d’exploi­tés.

Et cela concerne bien sûr d’autres reli­gions que l’islam : il suffit d’obser­ver l’apa­thie et la rési­gna­tion encou­ra­gées par les pen­te­cô­tis­tes dans l’émigration haï­tienne en France depuis le trem­ble­ment de terre du 13 jan­vier 2010, et la façon dont sur place ils pré­ten­dent que le séisme serait une puni­tion divine pour la pra­ti­que du vaudou par le peuple haï­tien !

Y.C.

Quelques arti­cles parus ou à paraî­tre dans Ni patrie ni fron­tiè­res mais qui sont déjà sur le site mon­dia­lisme.org

Sur Respublica puis Riposte laïque :
- Riposte laïque, sa « Mireille » et son « Petit Conservatoire » ... de la Xénophobie (1)
- Riposte laïque ou Poubelle xéno­phobe ?

Sur Wilders inter­viewé par RL et chou­chou de RL :
- De Geert Wilders à Riposte laïque, l’Internationale de la xéno­pho­bie
- Geert Wilders et le PVV aux Pays-Bas : Le « Parti pour la Liberté » vous exclura aussi !

Avec qui peut-on (et ne peut-on pas) s’allier pour lutter contre l’isla­misme ?
- Débat : avec qui peut-on s’allier pour com­bat­tre l’isla­misme ?

P.-S.

Note de la modère : le titre a été légèrement changé pour remettre dans le contexte de la discussion. Signalons aussi un bilan de ce débat à La Gryffe sur Mondialisme.org.

Notes

[1] Le terme d’identitaire a été choisi par ces individus pour éviter d’utiliser le mot « nationaliste ». Il existe des groupes identitaires dans différents pays d’Europe.

[2] La même coalition réactionnaire organise des Assises internationales contre l’islamisation le 18 décembre 2010. A ce propos, un site d’extrême droite annonce que je serais un des « invités surprises » de ces Assises. Il s’agit bien évidemment d’une blague débile. Malheureusement, la nocivité des néodroitiers et des néofascistes ne se limite pas à de telles plaisanteries de potaches.

[3] C’est ainsi que le Vlaams Blok, devenu plus tard le Vlaams Belang, se réclame d’une « Europe multiculturelle de peuples monoculturels (et monoraciaux) » de structure confédérale.

[4] La « Nouvelle Droite », en reconnaissant les genres et en invoquant un « universel féminin » a pu faire illusion.

[5] Ce n’est pas un hasard si le groupe De Fabel van de illegaal a étudié en détail comment l’extrême droite néerlandaise s’est emparée de thèmes comme l’altermondialisme, l’écologie et le féminisme (cf. le recueil d’articles La Fable de l’illégalité publié par Ni patrie ni frontières en 2004).

[6] Cf. les articles suivants publiés sur le site mondialisme.org et dans la revue Ni patrie ni frontières : « Geert Wilders et le PVV aux Pays-Bas : Le « Parti pour la Liberté » vous exclura aussi ! » ; « De Geert Wilders à Riposte laïque, l’Internationale de la xénophobie » ; « Geert Wilders, un politicien populiste et d’extrême droite » ; « Qui est vraiment Geert Wilders ? ».

[7] Pim Fortuyn fut assassiné le 6 mai 2002 par un déséquilibré se réclamant de l’écologie, et Théo van Gogh le 2 novembre 2004 par un Marocain musulman.

[8] L’extrême droite actuelle, aidée par Riposte laïque, rejoue la même partition, cette fois contre « l’islamisation » imaginaire de l’Europe.. Dans un article de « Pouvoirs » (n° 87, novembre 1998), Piero Ignazi signale qu’au début des années 90 le MSI néofasciste, qui se transforma en Alleanza nazionale en 1994, adopta, à une courte majorité, une position hostile aux discriminations contre les homosexuels en Italie.

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