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« Torturés par Le Pen » par Hamid Bousselham

Publié le 22 février

Maj le 9 mai 2009

Voir cet autre article de Rebellyon : En 1957, Le Pen député à Paris... tortionnaire à Alger.

Extraits de mon livre :
TORTURÉS PAR LE PEN
La guerre d’Algérie (1954 - 1962)

dont voici la couverture :

Introduction

"En 1943, rue Lauriston, des Français criaient d’angoisse et de dou­leur, la France entière les enten­dait.

En 1958, à Alger, on tor­ture régu­liè­re­ment, sys­té­ma­ti­que­ment, tout le monde le sait, de M. Lacoste aux culti­va­teurs de l’Aveyron, per­sonne n’en parla, ou pres­que. "

Jean-Paul Sartre

Une Victoire

Oui, Jean Marie Le Pen a tor­turé en Algérie, et lui-même a admis avoir usé de la tor­ture en décla­rant notam­ment dans un entre­tien accordé au quo­ti­dien « Combat », le 9 novem­bre 1962 :

« Je n’ai rien à cacher. J’ai tor­turé parce qu’il fal­lait le faire. Quand on vous amène quelqu’un qui vient de poser vingt bombes qui peu­vent explo­ser d’un moment à l’autre et qu’il ne veut pas parler, il faut employer des moyens excep­tion­nels pour l’y contrain­dre. C’est celui qui s’y refuse qui est le cri­mi­nel car il a sur les mains le sang de dizai­nes de vic­ti­mes dont la mort aurait pu être évitée ».

Selon le jour­nal offi­ciel fran­çais du 12 juin 1957, le député para­chu­tiste Le Pen décla­rait également «  J’étais à Alger offi­cier de ren­sei­gne­ment (...), comme tel je dois être aux yeux d’un cer­tain nombre de mes col­lè­gues ce qui pour­rait être le mélange d’un offi­cier SS et d’un agent de la Gestapo. Ce métier, je l’ai fait... »

Tous les témoi­gna­ges des Algériens tor­tu­rés par Le Pen rejoi­gni­rent celui de Mohamed Louli, arrêté à Alger le 14 février 1957, et emmené par Le Pen à la villa des Roses, Boulevard Galliéni, aujourd’hui 74 bou­le­vard Bougara :

« Le Pen m’a tor­turé. Oui, lui per­son­nel­le­ment à l’électricité et à l’eau. Et je l’ai vu aussi tor­tu­rer d’autres déte­nus ».

Le com­mis­saire prin­ci­pal R. Gilles dans un rap­port à M. l’ins­pec­teur géné­ral de l’admi­nis­tra­tion en mis­sion extra­or­di­naire, préfet d’Alger, rap­por­tait ceci : « J’ai l’hon­neur de porter à votre connais­sance qu’à l’issue de son arres­ta­tion et de sa déten­tion, du 8 au 31 mars, par les para­chu­tis­tes du 1er REP, le nommé Yahiaoui Abdenour, né le 3 juillet 1938, domi­ci­lié 53 avenue Lavigerie à Kouba, s’est pré­senté devant moi et m’a déclaré avoir été l’objet de sévi­ces de la part du Lieutenant Le Pen, et sur son ordre.
En par­ti­cu­lier, lors de son arres­ta­tion, des fils électriques furent reliés aux lobes de ses oreilles. Le lieu­te­nant Le Pen lui-même fai­sait fonc­tion­ner une magnéto à mani­vel­les à l’aide de laquelle il envoyait des déchar­ges électriques dans le corps. En pré­sence de ce même offi­cier, le jeune Yahiaoui fut frappé avec un nerf de bœuf, et y fut atta­ché nu sur un banc, pieds et poi­gnets liés, et il dut y ingur­gi­ter de force une cer­taine quan­tité d’eau.

Enfin, il reste cinq jours enfermé dans un « tom­beau », trou creusé dans le sol et fermé par des bar­be­lés, au 74 bou­le­vard Galliéni où il était détenu. A la suite de ces cinq jours de « tom­beau », il ne fut plus mal­traité jusqu’à sa libé­ra­tion. »

Jean-Marie Le Pen doit être pour­suivi pour les actes de tor­ture qu’il a fait subir à nos com­pa­trio­tes.

Tout comme le pré­si­dent du Front National, le tor­tion­naire Jean-Marie Le Pen, le géné­ral Bigeard, l’assas­sin de Larbi Ben M’hidi, le « Jean Moulin » algé­rien, le géné­ral Massu et Maurice Papon doi­vent être jugés comme cri­mi­nels de guerre. Klaus Barbie et Papon ont été jugés en France. Il serait également juste que Le Pen, Massu, Bigeard, Papon et les autres soient jugés pour les mêmes crimes que Barbie par des tri­bu­naux algé­riens et fran­çais.

Nous sommes en droit d’exiger un procès Nuremberg du colo­nia­lisme fran­çais à Alger pour les juger pour crimes contre l’huma­nité.

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Mohamed LOULI

Né le 21 juillet 1927.

J’ai été arrêté dans la nuit du 23 au 24 février 1957, après avoir été relâ­ché par les bérets rouges. J’avais été relâ­ché le 21 février. On m’a repris dans la nuit du 23 au 24. C’est le lieu­te­nant Le Pen qui est, lui-même, venu chez moi à Notre Dame d’Afrique. Il opé­rait beau­coup par là-bas. Il ont tout démoli chez moi. Ils ont ramassé tout ce qu’ils ont trouvé chez moi. Ils sont restés à peu près une heure chez moi. Il était 21h. On m’a atta­ché, on m’a mis un ban­deau sur les yeux. Avec le Pen, il n’y avait que des paras Allemands. Ils m’ont fait monter dans une voi­ture sta­tion­née à 100 mètres de chez moi. La voi­ture, c’était une dau­phine neuve. On est monté à trois der­rière, on était bien serrés, plus le chauf­feur et le lieu­te­nant. Le Pen devant, ils m’ont fait faire un petit voyage dans Alger. J’ai pu, pen­dant quel­ques moments, repé­rer les endroits où on pas­sait, mais à un moment, ils n’ont fait qu’aller et venir, et tour­ner à gauche, à droite, et là, j’ai perdu le fil. On a dû arri­ver Boulevard Gallieni vert minuit, une heure du matin. On m’a fait des­cen­dre et on m’a fait mar­cher tout seul a peu près 200 m, ils étaient der­rière moi, et je tâton­nais pour arri­ver là où on me condui­sait. Et là, on m’a fait entrer dans une villa. On m’a fait monter un étage, et quand ils m’ont enlevé le ban­deau, j’ai vu trois paras étrangers, le lieu­te­nant Le Pen et le capi­taine que je ne connais­sais pas. Le Pen non plus, je ne le connais­sais pas, je ne l’avais jamais vu aupa­ra­vant. Ils ont com­mencé l’inter­ro­ga­toire. Gentiment au départ, sans rien, et après, on m’a fait des­cen­dre dans une cham­bre, et c’est là que j’ai com­mencé à être tor­turé. Alors, le pre­mier soir, c’était à l’eau et c’est Le Pen et le capi­taine qui inter­ro­geaient, il n’y avait pas de bai­gnoire, il y avait une grande bas­sine rem­plie d’eau sale et ils m’ont atta­ché comme un sau­cis­son sur un banc très long avec la tête qui dépas­sait de la plan­che, et chaque fois, quand ils voyaient que je ne disais rien, ils sou­le­vaient, et ma tête ren­trait dans la bas­sine d’eau. Après, je ne me rap­pelle plus, je sais qu’il fai­sait jour quand ils m’ont fait des­cen­dre avec les autres. Oui, il devait être cinq heures du matin. Quand vous êtes à la villa, vous avez en face le soleil. La lumière com­men­çait à poin­dre. Ils vous pre­naient à n’importe quel moment du jour ou de la nuit. Ils n’avaient pas d’heure.

Pratiquement ça ne s’est pas arrêté, si ce n’était pas moi, c’étaient d’autres, pen­dant tout le temps que je suis resté là-bas. Ce n’est que peut-être cinq ou six jours après, qu’ils nous ont ordonné de creu­ser des tombes, des tombes nor­ma­les d’à peu près 1,70 m de pro­fon­deur, autant en lon­gueur et dans les 60 cm de large. Il y en a eu dix, cinq près de la villa et cinq plus bas. Et là-dedans, ils met­taient les gens. Quand ils tor­tu­raient quelqu’un, dès qu’ils avaient besoin de lui, ils pre­naient le pri­son­nier, ils le tor­tu­raient, puis ils le refou­taient dans la tombe.
Moi, per­son­nel­le­ment, j’ai dû passer peut-être, quatre ou cinq jours dedans. Et quant El Hadj Ali Mouloud a été liquidé, à ce moment là, pour éviter qu’il y ait des his­toi­res pareilles, ils ont mis des bar­be­lés jusqu’au ras du sol, ce qui fait que le pri­son­nier ne pou­vait pas sortir. Quand ils venaient le pren­dre, ils levaient un peu les bar­be­lés, puis ils le reti­raient. Il était déjà à moitié liquidé avant d’être sorti, parce qu’ils le pas­saient entre les bar­be­lés. L’affaire Ali Mouloud, on a dit que ce n’était pas une évasion. Il fal­lait devi­ner ce qu’il pen­sait à ce moment là, le mal­heu­reux. Personne ne pou­vait savoir ce qu’il pen­sait. Ce que je peux pré­ci­ser, c’est ce que j’ai vu, moi. On m’avait monté le matin à la ter­rasse de la villa, et ils m’ont laissé debout de 7h du matin à 18h 30 à peu près. Il com­men­çait à faire noir. C’est à ce moment que j’ai entendu du bruit et je me suis retourné. J’étais sur le bord du para­pet de la ter­rasse. Un petit para­pet de 60 cm de hau­teur. Je regar­dais en bas, entre les arbres, et j’ai vu Hadj Ali Mouloud, qui avait com­mencé à faire quel­ques pas vers le bas. A ce moment-là, un para étranger, il par­lait alle­mand, a tiré sur lui dans le dos. Alors, de tous les côtés, ça com­men­çait à tirailler. Les paras qui étaient à côté de moi, ne voyaient pas, ils étaient au milieu de la ter­rasse, à l’endroit où se trou­vaient les appa­reils de trans­mis­sion. Quand ils ont entendu tirer, ils sont venus, ils m’ont jeté par terre, et ils tiraillaient dans les arbres qui se trou­vaient plus bas dans le jardin. Ils ne savaient pas ce qui se pas­sait. Au même moment, il y a eu des tirs qui venaient de la rue, plus bas. C’était un groupe de C.R.S en patrouille. Ils ont tiraillé aussi de tous les côtés, pen­sant qu’ils devaient être atta­qués ou qu’il y avait quel­que chose contre eux, et ça a duré une minute peut-être. Un quart d’heure après, il devait être 19h, le lieu­te­nant Le Pen est monté sur la ter­rasse et il a fait cette réflexion en me voyant : « Tiens, il est encore là, celui-là, qu’est-ce qu’il fout là ? ». Il m’avait oublié, parce que c’était lui qui m’avait monté le matin. Ils m’ont redes­cen­dre, et devant la porte d’une remise où il y avait une tren­taine de pri­son­niers à peu près, le lieu­te­nant Le Pen m’a fait cette réflexion, en voyant le corps de Hadj Ali Mouloud qui était nu, il avait été désha­billé : « Tu vois ce qui arrive à ceux qui ten­tent de fuir. Voilà un de tes amis. ». J’ai dit : « Ce n’est pas mon ami, je ne le connais pas. ». Et c’est vrai que je ne le connais­sais pas du tout. Je l’ai vu mort pour la pre­mière fois. Après, ils m’ont mis dans la remise avec les autres, et Le Pen a demandé à un para de m’atta­cher. Le para, c’était un alle­mand, il ne m’a pas atta­ché. Il m’a mis une corde autour et il a essayé de m’expli­quer de rester comme ça, de passer la nuit comme ça avec les autres, et le matin, quand on vien­drait nous déta­cher, d’essayer de me mettre avec les autres qui venaient d’être déta­chés pour qu’on ne voit pas qu’on ne m’avait pas passé la corde autour des poi­gnets. On a eu des paras, là-bas, qui étaient méchants aussi, qui tor­tu­raient les gens, mais il y en a qui ont refusé de tor­tu­rer, ce sont des paras étrangers, qui s’en fou­taient pas mal de ce qui se pas­sait en Algérie. Il y avait des hon­grois, un espa­gnol, deux ita­liens et tous les autres sont des Allemands. Les fran­çais, c’étaient des offi­ciers. Le lieu­te­nant Le Pen, en plus, nous fai­sait des séan­ces de poli­ti­que. C’est à dire, qu’il pre­nait un groupe de pri­son­niers, et nous disait : « Moi, je ne vous com­prends pas, je suis allé dans beau­coup de foyers arabes, et j’ai vu que beau­coup de ces foyers, avaient de jolis meu­bles, avaient des postes radio, il y en a qui avaient la télé­vi­sion. Les gens sont très bien habillés, alors qu’est-ce que vous cher­chez ? ». Il était loin du pro­blème, parce que poser ces ques­tions à des pri­son­niers, dans un contexte pareil, je crois que c’est un peu déplacé, sur­tout qu’il était député, quand même. D’ailleurs, un pri­son­nier qui est mort après l’indé­pen­dance : Sassi, tailleur à Bab-El-Oued, lui a répondu : « Mais, mon lieu­te­nant, ce qu’on cher­che nous, c’est l’indé­pen­dance. »

Alors, à la suite de cette réflexion, il a passé huit jours, dans des toi­let­tes de 1,50 m de long sur à peu près un mètre de large. On le reti­rait de là-bas, on le tor­tu­rait, on le refou­tait là-bas, et pen­dant huit jours, ça n’a été que ça.

Je crois qu’il était loin des pro­blè­mes, Le Pen. On ne cher­chait pas à être habillé, ni à avoir des postes radio à la maison, ou avoir de jolis meu­bles. C’est ce qui m’a frappé le plus à l’époque, chez Le Pen. On ne fait pas des réflexions comme ça. Pour lui, c’est peut-être, je ne sais pas com­ment vous expli­quer ça, il ne devait même pas savoir pour­quoi il était là. Il s’est engagé pour le plai­sir de s’enga­ger, pour le plai­sir de nous tor­tu­rer, Je crois que c’est ça, parce que ce n’est pas pos­si­ble autre­ment....

Parfois Le Pen frap­pait lui-même. Je peux vous citer le cas d’un pri­son­nier, Abdelwahab Redjini, qui avait été arrêté une jour­née avant moi. C’était un jeune, il devait avoir 20 ou 21 ans. Il est tou­jours vivant. Et Le Pen est arrivé. Après l’avoir tor­turé, on l’a jeté du pre­mier étage dans le jardin. C’est Le Pen qui, lui-même, l’a jeté. Il a été assommé. Et il y a des moments où Le Pen tor­tu­rait Abdelwahab devant nous. Il s’entraî­nait sur lui à le jeter en l’air, et l’autre retom­bait assommé. Il se réveillait et il riait, bien sûr, je ne sais pas com­ment vous dire... C’était ner­veux. Et Le Pen lui disait : « Mais le salaud, il rit encore, avec tout ce qu’on lui file, il rit encore. ». Après ça, il est resté pen­dant trois ou quatre ans à dormir sur du dur, il avait trois ver­tè­bres cas­sées et les dents aussi, il n’en a pra­ti­que­ment plus. Le Pen l’appe­lait par son petit nom, Abdelwahab. Et il s’est acharné sur lui de cette manière, pen­dant quel­ques jours. Plus tard, je l’ai retrouvé dans le camp de tran­sit.

Je me sou­viens aussi d’un jeune, Smain Aknouche, un appelé algé­rien qui était de Notre Dame d’Afrique. Il avait été arrêté dans sa caserne, accusé d’avoir volé des armes et de les avoir don­nées à l’orga­ni­sa­tion, ils l’ont amené et l’on tor­turé. Je n’ai pas vu quand ils l’ont tor­turé, mais il était plein de sang et on m’a fait entrer dans la salle où il était pri­son­nier. J’ai vu Le Pen, qui lui ordon­nait d’essuyer les traces de sang sur les murs, avec un chif­fon. Il avait son pan­ta­lon de mili­taire, torse nu et les bras atta­chés der­rière le dos. Avec un chif­fon entre les dents, il essuyait le sang sur les murs. Après, le chif­fon est tombé, et il a conti­nué avec la langue. Et ce jeune homme, à un moment, il a parlé. Il leur a dit : « Oui, j’ai des armes, elles sont cachées dans un puits, chez moi, à Notre Dame d’Afrique. ». Le Pen et les sol­dats l’ont emmené à 2h du matin, ils l’ont atta­ché, mais quand ils l’ont mis sur la mar­gelle du puits pour le des­cen­dre en bas, le jeune s’est jeté. C’est lui qui me l’a raconté plus tard, il a voulu se tuer... Ils l’ont remonté avec une corde. IL a été assommé, bien sûr, mais rien de cassé. Quand ils l’ont ramené à la villa, j’ai vu deux femmes qui l’atten­daient, c’était sa sœur et sa mère. Je ne peux pas assu­rer que la jeune fille et la mère ont été frap­pées. Et même aujourd’hui, la fille ne veut rien dire. J’ai essayé de l’inter­ro­ger très sou­vent, sur les nuits qu’elle avait pas­sées là-bas, elle n’a jamais voulu dire si elle avait été tor­tu­rée ou pas. Aknouche a été libéré, et en mai 1962, il a été tué par l’O.A.S avec sa femme, à Bab El Oued. Et la jeune fille, main­te­nant, vit seule. Elle ne veut parler à per­sonne.

A la villa, ils fai­saient aussi une sorte de tri­bu­nal, entre eux seu­le­ment. Un capi­taine para, un lieu­te­nant para, un adju­dant et d’autres paras étrangers, et puis parmi eux, il y avait deux Européens d’Algérie (des poli­ciers habillés en paras). Je ne les connais pas, parce que je ne connais pas tout le monde. Et là, ils déci­daient faci­le­ment, en deux, trois minu­tes. Ils dis­cu­taient, le pri­son­nier ne pou­vait rien enten­dre, parce qu’ils étaient loin et ils par­laient dou­ce­ment. Le capi­taine fai­sait un geste, et le pri­son­nier est, soit libéré, soit liquidé, soit encore ramené dans un camp de tran­sit, dans les envi­rons d’Alger, à Béni Messous, Ben Aknoun... Personnellement, j’ai été amené là-bas, au camp de Béni Messous. En fait, c’était une jus­tice illé­gale, parce qu’ils ne dis­cu­taient pas avec nous. Deux paras nous fai­saient entrer, c’était une grande salle, on était peut-être à une ving­taine de mètres de la table très longue, quel­ques tables col­lées les unes aux autres, et der­rière, étaient assis tous les offi­ciers et ces poli­ciers habillés en paras. La dis­cus­sion était menée par le capi­taine, et dès qu’il fai­sait un geste, les paras nous sor­taient. Alors que cer­tains d’entre nous étaient regrou­pés sous un arbre, d’autres sor­taient par l’arrière de la villa, et se voyaient embar­qués sur des 4x4 ou sur des GMC.

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Lakhdari KHELIFA

Né le 28 jan­vier 1923. Il était un des res­pon­sa­bles de l’Union Générale des Travailleurs Algériens (UGTA), lorsqu’il a été arrêté.

J’ai connu Le Pen un soir du mois de février 1957. Je sor­tais de mon tra­vail, je suis passé rue Montaigne pour voir un ami, M. Sassi, tailleur ; je suis rentré, j’ai dit : « Bonsoir, M. Sassi », et un bon­homme m’a mis un revol­ver dans le dos. C’était un guet-apens, voilà. Ils m’ont fait monter, et j’ai trouvé en haut, dans la sou­pente, deux per­son­nes arrê­tées avant moi. On était trois. J’avais trouvé le rideau ouvert, je ne savais pas que Sassi était en état d’arres­ta­tion. Quand il n ’y a plus eu de gibier, il fai­sait nuit, ils ont fermé le rideau, ils sont montés, un lieu­te­nant et un capi­taine que je ne connais­sais pas.

Ils nous ont demandé les papiers. J’avais une carte de recen­se­ment. Alors, ils ont com­mencé à inter­ro­ger le pre­mier. « Qu’est-ce que tu es venu faire ici ». Il a dit : « Moi, j’avais une fac­ture pour M. Sassi ». Ils ont vu la fac­ture, ils ont vu le nom de Sassi, ils l’ont mis de côté. Le deuxième leur a dit qu’il venait faire un deuxième essayage. Ils ont vu le cale­pin de M. Sassi, et ils ont trouvé son nom, ils l’ont mis de côté. Ils sont arri­vés à moi. J’ai dit : « Moi, je suis venu faire un pan­ta­lon, parce que M. Sassi est renommé dans la gabar­dine ». Ils se sont regar­dés entre eux. Alors le capi­taine et le lieu­te­nant m’ont fait des­cen­dre par un petit esca­lier, et je leur ai demandé : « Pourquoi vous m’arrê­tez, qu’est-ce que j’ai fait ? ». Le lieu­te­nant Le Pen m’a donné un coup au ventre. Après, ils m’ont atta­ché les mains, m’ont mis dans une voi­ture et m’ont bandé les yeux. On a roulé. Quant ils m’ont enlevé le ban­deau des yeux, j’étais assis dans un champ. Il était peut-être 10 heures ou 11 heures du soir. Ils m’ont laissé dans ce champ, trois ou quatre heures. Je ne sais pas com­bien. Je voyais des camions arri­ver, pleins de sus­pects. En fait, le champ dans la nuit, je ne pou­vais pas voir, mais c’était le jardin d’une villa. Il y avait le rez-de-chaus­sée, des esca­liers, et au bout de ces esca­liers, une petite pièce. C’est là, qu’ils fai­saient les tor­tu­res, tout à fait en haut. Alors, ils ont com­mencé les inter­ro­ga­toi­res. Moi, je suis monté, j’ai vu la scène. Ils étaient quatre dans la petite pièce, et Le Pen lui-même, a dit : « C’est pas celui-là, c’est pas celui-là ». Ils m’ont fait des­cen­dre, ils ont amené un autre à ma place. Et je n’ai pas vu ce qu’ils lui ont fait. On a entendu des cris, mais on ne savait pas qui le tor­tu­rait. Après, ils m’ont remon­ter, et ils m’ont inter­rogé. Ils m’ont demandé si je connais­sais Ali Moulai, j’ai dit non. « Et qu’est-ce que tu es venu faire chez Sassi ? », « Je suis venu faire un pan­ta­lon », « Qu’est-ce que tu fais, toi ? « Je tra­vaille à la société Job, je suis syn­di­ca­liste », « Tu ne tra­vailles pas avec le F.L.N », « Non, je ne tra­vaille pas avec lui, je suis syn­di­ca­liste, oui ». Alors, ils m’ont mis sur un som­mier plein d’électricité. Ils m’ont mis un chif­fon dans la bouche. Et quand je vou­lais parler, je devais faire un signe. Ils m’ont tor­turé pen­dant dix minu­tes. C’était Le Pen qui m’inter­ro­geait. Et puis, ils m’ont fait des­cen­dre, parce qu’il y avait beau­coup de monde qui atten­dait en bas. Toute la nuit, on a entendu des gens crier, toute la nuit. Vous ne pouvez pas vous ima­gi­ner... Vous enten­dez des gens qui crient, et vous, vous êtes là...

Le len­de­main, nous, les gens sus­pects, on nous a mis en bas, dans un hangar, il y en avait qu’un seul qui avait un lit de camp, c’était à un type para­lysé, Aïssa Cheikh Laïd Boubekeur. Ils l’avaient arrêté avec son fils. Ils tor­tu­raient le fils devant le père, et le père devant le fils. Le fils, on ne l’a jamais revu. Un soir, j’étais dans le garage, ils ont atta­ché ensem­ble Aissi et Zouaoui Mokhtar et ils les ont mis comme ça, dans une fosse. Ils res­taient jour et nuit là-dedans. Un après-midi, Le pen a crié au gar­dien : « Va déta­cher Aissi et Zouaoui Mokhtar ». Il les a déta­chés. Il leur a dit : « Allez vous débar­bouiller ». Il y avait une fon­taine dans le jardin. Ils y ont été, ils se sont débar­bouillés. Je me rap­pelle Aissi, c’était un beau garçon, il avait une jac­quette marron, je m’en rap­pel­le­rai toute ma vie. Ils se sont habillés, ils les ont mis dans une voi­ture, et depuis ce jour là, on ne les a plus revus. Un autre soir, on sor­tait du hangar pour pren­dre un peu d’air dans le champ. Il y avait des sen­ti­nel­les, Ils nous avaient fait une fosse pour faire nos besoins. Le frère qui a été abattu, Hadj Ali Mouloud, je ne peux pas confir­mer, qu’il a voulu se sauver, mais je suis sûr qu’il était parti pour faire ses besoins Parce qu’il n’allait pas vite. Moi, je n’ai pas vu Le Pen , parce que j’étais en bas, mais je l’ai entendu crier, et le mili­taire qui était en bas, a mitraillé Mouloud. C’est là que Le Pen est des­cendu et nous a dit : « Voilà ce que mérite celui qui veut se sauver ». Le Pen, c’était un par­leur, il fai­sait de la psy­cho­lo­gie : « Pourquoi vous faites la guerre, qu’est-ce qui vous manque en Algérie ? Moi, je suis un député, je suis venu ici pour la paci­fi­ca­tion ». Je me sou­viens quand le frère Rouchai a voulu se sui­ci­der. Je l’ai vu comme un mouton égorgé. Ils l’ont pris dans une Jeep, et tout de suite ils l’ont emporté à l’hôpi­tal. Et quand Le Pen est revenu, il nous a dit : « C’est mois le bon Dieu, quand je veux que quelqu’un crève, il crève. Quand je veux sauver quelqu’un parce qu’on a besoin de lui, on le sauve ». Voilà , je suis resté dix-sept ou dix-huit jours chez Le Pen. Et j’ai été libéré. Le pre­mier que je suis allé voir, c’était Ali Moulai. Je lui ai dit : « Il faut faire très atten­tion, ils sont entrain de te cher­cher ». Et on conti­nué nos acti­vi­tés, jusqu’en août 57. Là, j’ai été arrêté de nou­veau par les pars bérets verts, mais pas par Le Pen.

Mme Vve Mouloud MESSAOUD

70 ans. Mère de Hadj Ali Moulai, lâche­ment assas­siné.

En 1957, deux années après la mort de mon mari Mouloud Messaoud dit Lounès, ancien com­bat­tant de la pre­mière Guerre Mondiale, et mobi­lisé entre 1939 et 1945, le lieu­te­nant Jean Marie Le Pen et ses mili­tai­res ont débar­qué chez moi, au 22, rue d’Amourah, à Belcourt, sans aucun motif. Jean Marie Le Pen a donné des ordres à ses paras, pour qu’on m’atta­che avec du fil de fer, de 10h du matin à 16h, dans la cour de ma maison. J’ai reçu des coups de cros­ses sur la tête, der­rière la nuque, dont je garde jusqu’à pré­sent des séquel­les. Ma pauvre fille de 19 ans qui était car­dia­que, et qui se fai­sait soi­gner par des reli­gieu­ses dans le quar­tier du ruis­seau, près de mon habi­ta­tion, voyait sa pauvre mère se faire tor­tu­rer sous ses yeux. Après un choc ter­ri­ble, un an après, elle était décé­dée. Pendant la per­qui­si­tion à mon domi­cile, le carnet mili­taire de mon mari, le carnet de pen­sion et quatre médailles de la pre­mière Guerre Mondiale m’ont été déro­bés. La maison a été entiè­re­ment sac­ca­gée. Un de mes fils, Hadj Ali Mouloud, a été embar­qué par les mili­tai­res du lieu­te­nant Le Pen, à la villa des Roses, à El-Biar (Alger). Après avoir subi des tor­tu­res, il a été lâche­ment assas­siné. D’autres témoins qui étaient avec mon fils Hadj Ali Mouloud, à la villa des Roses, le centre de tor­ture de Le Pen, m’ont confirmé que mon fils Hadj Ali a été lâche­ment assas­siné, et que le Pen leur aurait dit : « Voilà ce qui arrive à ceux qui ten­tent de m’échapper, je suis prêt à me farcir un bou­gnoule à chaque petit déjeu­ner, vous les ratons, vous ne com­pre­nez qu’un seul lan­gage, l’insulte, les coups, et quand vous ne voulez pas com­pren­dre que vous êtes à ma botte, je vous élimine. ». Mon fils Mustapha, alors âgé de 15 ans, quand le lieu­te­nant Le Pen est venu chez moi, ayant appris que sa mère avait été tabas­sée et tor­tu­rée, et que son frère Hadj Ali était mort sous les tor­tu­res, mon fils en a perdu la raison. Retrouvé errant près de la fron­tière tuni­sienne en 1963, il est décédé à l’hôpi­tal psy­chia­tri­que de Blida en 1980, après 17 ans d’hos­pi­ta­li­sa­tion. Dire que ce tor­tion­naire de Le Pen est aujourd’hui un homme poli­ti­que fran­çais influent, à tête d’un parti, et qu’il n’a jamais été jugé pour ses crimes racis­tes qui sont de véri­ta­bles crimes contre l’huma­nité. Je suis en tout cas prête, de mon vivant, et bien que j’ai 70 ans et que je souf­fre encore des séquel­les de la tor­ture, à venir en France témoi­gner contre la bar­ba­rie de Le Pen et de ses com­par­ses.

Cherki Ali ROUCHAI

Né le 29 mars 1931 à Alger. Il était, pen­dant la guerre, agent de liai­son d’Ali Moulai.

Mon pre­mier contact avec le lieu­te­nant Le pen , c’était le jour de mon arres­ta­tion. La date, je ne peux pas vous la dire exac­te­ment, mais ça doit être autour du 21 ou 22 février 1957. J’avais com­mencé mon tra­vail vers les 8 heures, comme d’habi­tude. Une demi-heure après, à peu près, ou trois quarts d’heure, un véhi­cule s’est arrêté devant le local où je tra­vaillais, et un groupe de para­chu­tis­tes a fait irrup­tion dans le maga­sin. Ils ont demandé après moi. Parce qu’ils avaient le nom Dahmane. C’était mon surnom de guerre. Le patron leur a répondu qu’il n ’y avait pas de Dahmane. Alors ils ont dit : « Nous vou­drions bien voir les ouvriers que vous avez ici. ». Le patron nous a appe­lés, nous étions trois ouvriers à l’inté­rieur, trois algé­riens. Ils ont com­mencé par nous ques­tion­ner, et moi, j’étais le troi­sième à être inter­rogé. Dès que j’ai ouvert la bouche, ils m’ont dit : « C’est toi ». Parce qu’à cette époque-là, je n’avais pas de dents. Celui qui m’avait dénoncé avait donné tout le signa­le­ment. Ensuite, ils m’ont ligoté avec des menot­tes. Ils m’ont jeté dans un véhi­cule, je crois que c’était une Peugeot 203, et moi j’étais à même le plan­cher. Il y avait des para­chu­tis­tes qui sont monté der­rière. Ils ont mis leurs pieds sur moi, ils ont démarré et nous somme arri­vés au bou­le­vard Gallieni (aujourd’hui, il s’appelle bou­le­vard Bougara). Là, ils m’ont fait ren­trer dans une villa et ça a com­mencé par des ques­tions. Ils m’ont ordonné de me désha­biller d’abord. Je me suis désha­billé. Je suis resté tout nu. Ils ont amené quelqu’un der­rière moi que je n’ai pas vu. Le lieu­te­nant Le Pen lui a demandé : « C’est celui-là ? ». L’autre lui a dit : « Oui mon lieu­te­nant, c’est lui ». Et là , ça a com­mencé les tor­tu­res. Le Pen don­nait les ordres, mais pour vous dire qu’il m’a tor­turé, ça je ne peux pas le dire, parce que ça serait un men­songe. J’étais nu, ils m’ont mis la gégène, une sorte de magnéto. Elle avait des pinces et des petits fils qui étaient reliés à cet appa­reil. Ils m’ont accro­ché les pinces ici, et ils ont com­mencé à lâcher des déchar­ges d’électricité. De temps en temps, ils s’arrê­taient pour me deman­der si je vou­lais parler, ce que j’avais à dire, et tout ça. Moi je disais : « Non, je ne connais rien, je ne connais rien ». ça a duré pres­que toute une jour­née. Ils ont ramené celui qui m’avait dénoncé. Là, le lieu­te­nant Le Pen lui a dit : « Ecoute mon bon­homme, je crois que je suis entrain de mas­sa­crer un inno­cent ». L’autre a dit : ’Non mon lieu­te­nant, je vous jure que c’est lui . ». En fait, je n’avais pas de res­pon­sa­bi­li­tés, mais j’étais un élément du F.L.N. J’appar­te­nais à un groupe armé, un com­mando. Alors, les tor­tu­res ont repris. Là, ça était plus dur qu’au com­men­ce­ment. Le lieu­te­nant Le Pen était là. Il ne sor­tait pas pen­dant l’inter­ro­ga­toire, il ordon­nait à ses hommes de me tor­tu­rer. Sans leur pré­ci­ser com­ment. C’était à eux de choi­sir. Ils sont même arri­vés à me mettre à même le sol et m’imbi­ber d’eau, me mouiller com­plè­te­ment, et me mettre l’électricité. Vous savez ce que c’est quant on est sur l’eau, l’électricité ça donne sur tout le corps. Ça a duré pen­dant deux ou trois jours. Tous les jours, ils fai­saient des séan­ces d’une demi-heure, trois-quarts d’heure. Une fois, qu’ils voient que je vais lâcher, ils s’arrê­tent. Ils me met­tent dans une pièce. Il y avait une pièce dans laquelle il y avait une chau­dière, et ils me met­taient à l’inté­rieur. Dès que je récu­pé­rais un petit peu, ils me remon­taient. Mais entre temps, ils ne chô­maient pas. Il y en avait d’autres qui pas­saient. Moi, j’étais dans la pièce pour récu­pé­rer, de façon à ce que je puisse résis­ter encore. Donc, les trois pre­miers jours, ils m’ont fait l’électricité et l’eau également. L’eau, c’est un bassin, genre de lavoir. Celui qui a cons­truit la villa des Roses, il avait prévu un lavoir dans le garage, pour laver le linge. Ce lavoir était plein d’eau, et c’est dans ce lavoir-là, qu’on nous trem­pait la tête. Le lieu­te­nant Le Pen assis­tait. Les seuls coups que m’a portés le lieu­te­nant Le Pen, c’était la boxe. Là, vrai­ment, il m’a donné une série, je ne peux pas vous dire, si c’est huit ou dix coups de poing. Pour me mon­trer sa force. Il était cos­taud, vrai­ment, il fai­sait à peu près dans les 85/90 kg. Il m’a frappé à l’esto­mac, même à la figure. Mais je ne me suis pas évanoui, parce que j’étais vrai­ment un bon encais­seur. Voilà, ça a duré trois ou quatre jours, c’est sûr, parce que la notion du temps, je ne l’avais plus à cette époque-là, jusqu’au jour où ils m’ont emmené dans la même pièce où est la chau­dière. Je ne sais pas qui est passé avant moi dans cette pièce. Je ne sais pas si c’est un détenu ou un para­chu­tiste qui a oublié la bou­teille. Dés qu’ils ont refermé la porte der­rière moi, j’ai remar­que la bou­teille, et l’idée de me sui­ci­der m’est venue auto­ma­ti­que­ment. J’ai pris la bou­teille, je l’ai tapée contre la chau­dière. Le goulot m’est resté entre les mains et là, j’ai com­mencé à me tailla­der la gorge. Dès qu’ils ont entendu le coup du verre brisé, les para­chu­tis­tes sont accou­rus, et il y a un para­chu­tiste qui a tenté de m’enle­ver le goulot de la bou­teille des mains. Je crois l’avoir blessé. J’étais torse nu, je me suis porté plu­sieurs coups de verre au cou. Alors, le lieu­te­nant Le Pen a demandé un véhi­cule en toute urgence, et on m’a emmené à l’hôpi­tal Mustapha. J’ai été direc­te­ment mis entre les mains du pro­fes­seur Goinard. Je crois que la salle où on m’a mis s’appe­lait « Bichat ». Là, j’ai vu que le lieu­te­nant a demandé au pro­fes­seur quel­que chose, je ne sais pas quoi. Et le pro­fes­seur a fait plu­sieurs fois « Non » avec la tête. Mais il a dit : « Je vais tenter l’impos­si­ble ». Il m’a opéré. Il m’a recousu. Jusqu’à pré­sent, je ne sais pas ce que j’ai à l’inté­rieur, si c’est ma vraie gorge, ou s’il m’a mis quel­que chose d’autre à la place. Il m’a sauvé la vie, je lui tire mon cha­peau. Il savait que j’étais tor­turé, et même, on est arrivé à un point où, après l’opé­ra­tion, on m’a mis dans une sorte de prison, une petite salle avec des grilles, à l’inté­rieur de l’hôpi­tal, on appe­lait ça l’iso­le­ment. Et là, tous les jours, les para­chu­tis­tes cher­chaient à me récu­pé­rer. Les poli­ciers qui étaient de garde refu­saient de me remet­tre aux para­chu­tis­tes sans ordre écrit du pro­fes­seur. Il leur avait dit : « Ce malade ne doit sortir que sur mon ordre ». Alors, je voyais les para­chu­tis­tes der­rière les grilles qui venaient pour me repren­dre. A l’hôpi­tal, je n’ai pas vu le lieu­te­nant Le Pen. Je l’ai vu le jour où ils sont venus me sortir, une fois qu’ils ont eu l’auto­ri­sa­tion du pro­fes­seur. C’était à peu près 25 ou 30 jours après l’opé­ra­tion. Ils m’ont emmené et là, ils ont essayé de pra­ti­quer d’autres tor­tu­res sur moi : l’électricité encore. Le lieu­te­nant Le Pen était là, ainsi que l’offi­cier de la com­pa­gnie, qui était à l’époque, le capi­taine Martin. Ils ont essayé, mais dès qu’ils ont vu que ma gorge com­men­çait à sai­gner, le capi­taine Martin a dit : « C’est pas la peine, arrê­tez. ». Ma gorge n’était pas com­plè­te­ment guérie, j’avais des pan­se­ments. Ils ont arrêté et m’ont des­cendu avec le copain qui était en bas. Et là, nous avons ren­contré pas mal de frères que nous n’avons plus revu depuis ce jour-là. C’est là, que j’ai ren­contré Zouaoui Mokhtar, il dor­mait avec moi, c’est-à-dire le soir. Quand on dor­mait, il met­tait sa tête contre ma poi­trine. Et il était vrai­ment dans un état lamen­ta­ble, il était très mal en point. Le soir, il ne fai­sait que tous­ser. Alors, le matin, quand on se levait, j’avais la che­mise pleine de sang. En tous­sant, il cra­chait du sang. La der­nière fois où j’ai vu Mokhtar, c’était le 12 avril, le jour où on m’a mis entre les mains de la police judi­ciaire, pour être placé en mandat de dépôt. Une fois l’inter­ro­ga­toire ter­miné chez les para­chu­tis­tes, on nous a remis, avec un autre cama­rade, Aissi, entre les mains de la police civile. Ils nous ont emmené au com­mis­sa­riat cen­tral. Là, ils ont pré­paré le procès-verbal et ils nous ont placés en mandat de dépôt, moi et Aissi. Et depuis ce jour-là, on ne les a plus revus, ni Mokhtar, ni Aissi. Il était acharné le lieu­te­nant. Il est arrivé jusqu’à me dire : « Tu cra­che­ras le mor­ceau, sinon je ne m’appelle pas Le Pen. Je me sou­viens aussi qu’ils m’ont fait sortir à deux repri­ses de la villa, pour leur servir d’appât. Tout le groupe s’était habillé en civil. Ils m’ont fait mar­cher sur la rue Bab El Oued, la rue Bab Azzou, et je crois même vers l’avenue Bouzaréah. Il y avait deux para­chu­tis­tes en civil devant, les autres der­rière, et d’autres qui étaient sur d’autres trot­toirs, et mal­heur à celui qui me tou­chait la main ou qui me disait bon­jour, ou qui me fai­sait un signe. La seule per­sonne que j’ai ren­contrée le pre­mier jour, c’était mon res­pon­sa­ble, Ali Moulai. Mais lui ne m’a pas vu. Alors j’ai conti­nué à mar­cher, comme si je ne l’avais pas vu. Lui, il s’était arrêté au square Bresson, il était en train d’atta­cher ses chaus­su­res. Je suis passé. Et une autre fois, ils m’ont fait sortir avec la camion de mon patron. C’était marqué dessus « Piles Wonder ». Ils m’ont mis dans mon camion, et j’ai cir­culé dans la ville. Les paras étaient à l’inté­rieur et en civil, tous armés, mais en civil. Parmi eux, il y avait le lieu­te­nant Le Pen. Mais là encore, per­sonne ne m’a ren­contré, heu­reu­se­ment.

Makhlouf ABDELBAKI

Né le 3 octo­bre 1934.

J’ai été arrêté le 22 février 1957, vers minuit ou deux heures du matin. J’étais caché à la Casbah, 9 rue du Roc d’or. On a cassé la porte et on m’a arrêté. Les mili­tai­res m’ont couché dans un 4x4, ils ont mis leurs pieds sur moi et m’ont emmené dans un camp. Ça s’appe­lait Sdi-Ferruch. Il y avait une bara­que et beau­coup de gens, là-bas. Ils m’ont laissé deux jours, sans rien me dire. Et un jour, ils m’ont appelé : « Allez , c’est à vous ». On m’a dit : « Vous avez jeté des gre­na­des. ». c’est vrai, j’étais un ter­ro­riste. Je tra­vaillais avec Yacef Saadi et Ali Moulai, c’étaient eux les res­pon­sa­bles. Alors ils m’ont demandé : « Combien d’atten­tats avez-vous fait ? Où sont vos amis ? ». C’est le lieu­te­nant Le Pen qui m’inter­ro­geait. Moi j’ai dit : « Je ne connais pas. ». Ils m’ont désha­billé. Il y avait une table très grande, ils m’ont atta­ché les poi­gnets et les jambes et ils m’ont enlevé le tricot de peau. Je me rap­pelle, ils l’ont mouillé, ils me l’ont mis sur les yeux, et ils ont com­mencé la gégène. C’était un soldat de Le Pen qui tour­nait la gégène. Le lieu­te­nant recom­men­çait : « Où sont tes amis ? . Moi je disais : « Je ne suis pas un ter­ro­riste ». en même temps que l’électricité, u mili­taire me frap­pait avec une brosse métal­li­que. La deuxième fois, ils m’ont fait la bai­gnoire. Le Pen, lui, com­man­dait. Les sol­dats m’ont plongé la tête dans l’eau. Je levais le doigt, ils me sor­taient la tête et je fai­sais ma prière : « Dieu est grand. ». Et ça recom­men­çait, ils m’ont inter­rogé pen­dant dix-huit jours. Je crois que j’étais tor­turé pen­dant dix ou douze jours. Quand le lieu­te­nant Le Pen a fait sortir tout le monde de la bara­que, il a dit : « Vous allez voir une exé­cu­tion . ». C’était la nuit, il devait être 22h, Il nous a fait mettre tous debout, et ils ont amené Moussa. Ils l’ont mis à genoux. Il avait été inter­rogé avant. Il était rouge, plein de sang sur la cage tho­ra­ci­que, sur la figure. Il a dit : « Moussa, tu as jeté des bombes, tu as fait le con, tu as menacé les cama­ra­des qui ne sup­por­taient pas la tor­ture.... ». Le Pen mar­chait de long en large devant Moussa à genoux, il a sorti son revol­ver de l’étui, il l’a mis sur la tempe de Moussa et il a tiré. Moussa est tombé, et Le Pen a crié : « Tout le monde dedans, allez, ren­trez, c’est fini. ». Je vous jure, je l’ai vu de mes yeux. C’est la seule exé­cu­tion que j’ai vu en dix-huit jours. Mais après, Le Pen m’a dit : « Si tu ne parles pas, je vais te tuer comme celui-là, je vais te tuer ! Il faut parler, où sont tes amis ? ». Après les 18 jours, on m’a emmené à Béni Messous, à Paul Cazelles, c’était un camp de concen­tra­tion. J’ai été libéré le 12 novem­bre 1961.

Abdenour YAHIAOUI

Né le 2 juillet 1938 à Alger.

J’ai été arrêté le 8 mars 1957 par des hommes du 1er régi­ment étranger de para­chu­tis­tes. Ils recher­chaient un de mes cou­sins, dont le frère avait été arrêté. A l’inter­ro­ga­toire, il leur avait dit l : « Moi, je ne suis pas au cou­rant de l’endroit où est mon frère, mais Abdenour le sait. » Ils sont arri­vés peut-être vers minuit. Nous habi­tions à Kouba, dans une villa. Cette nuit-là, je n’étais pas à la maison. Après qu’ils aient mal­traité mes parents, l’un de mes frères les a accom­pa­gnés là où je me trou­vais, à Notre Dame d’Afrique. C’est un quar­tier, et j’ai de la famille qui habi­tait là-bas. Ils sont venus avec trois voi­tu­res. Il y avait deux trac­tions et un Jeep. Dès que je suis monté dans la voi­ture, direc­te­ment on m’a mis des pinces électriques aux oreilles ; il y avait un magnéto mili­taire dans la voi­ture. Sur le champ, je ne savais pas que l’offi­cier qui menait l’opé­ra­tion était Le Pen. Après, j’ai eu le mal­heur de le connaî­tre. Il a donc com­mencé l’inter­ro­ga­toire dans la voi­ture. De là, il s’est dirigé vers Belcourt, dans l’espoir de trou­ver mon cousin dans l’endroit qu’ils pen­saient être le bon. Ensuite, après on est entré à la villa des Roses.

L’inter­ro­ga­toire à com­mencé. Là, j’ai été plus ou moins mal­traité, et puis ils m’ont mis dans le tom­beau. Chez eux, il n’y avait pas de cachot, ni d’iso­le­ment. C’étaient des tombes creu­sées dans la terre sur les­quel­les il y avait du fil bar­belé, et on était mis à l’inté­rieur de la tombe. J’y ai passé 21 jours, dans la tombe. J’étais quand même assez grand, et dans le tom­beau, je n’arri­vais pas à me mettre debout, j’avais des fils bar­be­lés qui me grat­taient dans le dos. Je pas­sais la jour­née assis, on avait un seul endroit pour sortir la tête, dans la jour­née. Les inter­ro­ga­toi­res étaient menés le soir. Je peux même vous cer­ti­fier que le lieu­te­nant Le Pen s’est assis, avec ses 85 kilos, sur mes jambes. J’étais atta­ché sur un banc, un soldat m’avait mis le tuyau d’eau, et quand j’ai fait un sou­bres­saut ou deux pour tomber avec le banc, Le Pen s’est assis car­ré­ment sur mes jambes pour me main­te­nir assis. Il était acharné, il vou­lait savoir où était mon cousin. Je me suis contenté de dire : « Mon cousin est venu me voir, il était sans tra­vail, il m’a demandé de l’aider et je l’ai fait, mais je ne savais pas ce qu’il fai­sait ». C’est ça que j’ai répété pen­dant tout le temps. C’était le lieu­te­nant qui menait les inter­ro­ga­toi­res. Il leur ordon­nait de conti­nuer les tor­tu­res ou de les arrê­ter. A l’époque, les moyens qu’il uti­li­sait étaient connus. Il y avait la gégène, le tuyau d’eau et la bai­gnoire. Pour la gégène, ils me l’ont faite pen­dant toute la durée du 3 mars au 30 mars. Tous les soirs, tous les soirs, tous les soirs.... Le tuyau, peut-être sept ou huit fois. Et une fois, une série de coups de nerf de bœuf sur les jambes. Je suis arrivé à un moment où je ne réa­gis­sais plus ; j’avais les cuis­ses qui étaient bleues. Et ce qu’ils nous fai­saient aussi, c’est que pen­dant la séance d’électricité, ils nous cou­paient là, sur les bras, avec un cou­teau. Je ne sais pas à quoi ça ser­vait, mais j’avais les bras tout striés. com­plè­te­ment...enfin, un jour ils m’ont coupé les che­veux et me les ont fait manger. Le Pen assis­tait à tous les inter­ro­ga­toi­res. Ça se pas­sait dans une buan­de­rie, une cham­bre, il y avait un bureau, une chaise métal­li­que, sur laquelle on était atta­chés, deux pro­jec­teurs et une machine à écrire. Dans un coin, il y avait un tuyau, un bac d’eau, plus un banc de bois d’à peu près deux mètres de long. Sur le banc, on était atta­chés ; soit, on vous met­tait au tuyau direc­te­ment, soit on vous ame­nait vers la bai­gnoire, alors là, on vous atta­chait les jambes et les pieds en même temps, et on vous fai­sait bas­cu­ler la tête dans la bai­gnoire. Moi, je ne suis pas passé à la bai­gnoire. Avec Le Pen, il y avait des légion­nai­res, un groupe de cinq ou six, spé­cia­le­ment atta­chés à cela, et en per­ma­nence, deux gardes mobi­les ou quel­que chose comme ça, pour le côté admi­nis­tra­tif. Ils assis­taient aux tor­tu­res et ils fai­saient les procès-ver­baux. C’étaient eux l’admi­nis­tra­tion : quand le procès-verbal était fait, l’inter­ro­ga­toire était fini. Il y avait quand même des dos­siers qui étaient établis. Je crois que le lieu­te­nant Le Pen avait beau­coup de haine pour nous. Il était, si je puis dire, méchant, ou plutôt, agres­sif et har­gneux. Le der­nier jour de mon inter­ro­ga­toire sur­tout. Il m’avait posé l’éternelle ques­tion : « Où est-ce qu’il se trouve ton cousin ? Quand est-ce qu’il est venu ? Qu’est-ce que tu a fait avec lui ? ... etc ». Et comme je ne répon­dais pas, il m’a ri au nez : « Tu sais où il est ? ». J’ai dit : « ça fait vingt jours que vous me posez la même ques­tion, et je réponds tou­jours la même chose. » Alors il a dit : « Et bien, moi je sais où il est. Il est au Djebel ». Là, j’ai répondu : « Du moment que vous le savez, pour­quoi vous n’allez pas le cher­cher, vous qui avez tous les moyens.. ? ». Alors là, il a com­mencé par me gifler, puis il m’a frappé à grands coups de poing dans le ventre, et puis je suis tombé dans les pommes. D’habi­tude, les « tabas­sa­ges », c’était avant chaque inter­ro­ga­toire. Ils nous pre­naient entre trois ou quatre mili­tai­res, et on était une poupée de chif­fon au milieu. Chaque fois, c’étaient quel­ques claque, d’un côté ou de l’autre, ou des coups de poing, pour vous enle­ver un peu l’émotion, et après seu­le­ment, le cou­rant électrique, et ça va pro­gres­si­ve­ment. Le Pen, dans ses cas-là, il criait et il se van­tait : « On vous écrasera, les fel­lou­zes », ou encore : « Dis à ton FLN qu’il vienne te sortir de là. ». Après ça, on retour­nait dans les tom­beaux. Ils avaient creusé huit ou dix tombes dans le jardin. Dans la jour­née, il y avait le soleil, mais en mars, vous savez, les nuits sont fraî­ches sans cou­ver­ture. On des­cen­dait par­fois mouillés. Après la bai­gnoire ou le tuyau, ils nous remet­taient dans cet état dans la tombe. Il y avait la sen­ti­nelle qui mar­chait au dessus, et de temps en temps, elle nous jetait un peu de terre. On n’avait pas le droit de com­mu­ni­quer entre nous. Le Pen, lui, il nous voyait de la ter­rasse parce qu’il y avait une ter­rasse en haut de la villa. Il ne des­cen­dait pas jusqu’aux tombes.

Pour manger, ils nous don­naient dans la tombe, et on dor­mait dans la tombe. On ne pou­vait pas sortir sauf si on avait un besoin natu­rel. Alors, il fal­lait appe­ler la sen­ti­nelle et elle nous accom­pa­gnait jusqu’à la porte des toi­let­tes et nous atten­dait, puis nous remet­tait dans la tombe. Je me sou­viens d’un homme qui a été fusillé comme ça. Il s’appe­lait El Hadj Ali Mouloud. On ne sait pas s’il s’est dirigé vers les toi­let­tes ou s’il a voulu se rap­pro­cher de la gué­rite pour fuir. La sen­ti­nelle lui a tiré dessus. Il a été abattu d’une rafale. Par la suite, le soldat nous a dit qu’il ne vou­lait pas le tuer. C’était un alle­mand, celui qui a tiré, il s’appe­lait Yalta. Martin et le lieu­te­nant Le Pen, la majo­rité, c’étaient des Allemands, et deux Espagnols.

A la fin, le lieu­te­nant Le Pen nous a pris en photo, - la majo­rité des déte­nus à la villa des Roses – et il nous avait même conviés, si on avait l’occa­sion de passer à Paris, de deman­der après M. Le Pen, à l’Assemblée natio­nale.

P.-S.

Le livre Torturés par Le Pen de Hamid Bousselham est édité par Rahma en 2000 à Alger, co-édition Rahma-Anep.

Lire aussi le livre d’Henry Alleg, La Question, aux Editions de Minuit, 1958.

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  • Le 27 avril à 19:05

    Le Pen est toujours député européen (tout comme sa fille, nouvelle coqueluche des médias).
    Honte à ses collègues qui n’osent le dénoncer directement et ouvertement pour ce qu’il a fait de pire.

  • Le 29 octobre 2008 à 17:02, par alice

    j’ai honte pour cette France, mon pays,ou nous nous disons etre le pays des droits de l’homme alors qu’un homme JM Le Pen dors encore tranquillement et peut se presenter aux elections presidentielles.

    on cherche encore a faire arreter les nazis ayant responsable du genocide mais Le Pen en 3 mois est autant nazis que l’on ete les plus hauts responsables du genocide juif.

    A quand une justice ? A quand un veritable proces ? qu’est ce qui l’en empeche etant donne tous les faits relater par les temoignages ?

    Honte a cette France qui quelques annees apres la seconde Guerre mondiale ose pointer le bout de son nez et faire d’une decolonisation un veritable massacre.

    Messieurs les membres du gouvernement je ne vous felicite pas. Vous refletez particulierement bien hypocrisie de ce pays.

  • Le 28 novembre 2007 à 16:13, par chérif

    « Quand la France torturait en Algérie » de Hamid Bousselham par Henri Alleg

    « Quand la France torturait en Algérie » *

    Ouvrez ce livre et vous serez à la fois fasciné, retenu par ce qu’il montre d’effrayant et pressé d’en arriver au bout tant les images et les textes sont insupportables.

    Par Henri Alleg

    Ils le sont plus encore sans doute pour ceux qui, ayant connu les chambres de tortures et les atrocités dans la guerre coloniale, peuvent être portés a croire qu’ils n’ont plus rien à apprendre sur les souffrances et le martyre de ces dizaines de milliers d’hommes et de femmes au combat pour leur dignité durant des années de feu.

    Mais à quoi bon, diront certains, découvrir ou redécouvrir des témoignages aussi terribles ? Pourquoi donner à lire ou à relire des textes aussi cruels, aussi cyniques que celui, par exemple, de ce général qui ose à la fois se vanter d’avoir été à la fois assassin et tortionnaire et qui prend une sorte de plaisir pervers à faire et à refaire dans le détail le récit de ses plus horribles forfaits ? Ne vaut-il pas mieux dans l’intérêt de ces deux peuples qui se sont affrontés durant les sept dernières années et demi d’une guerre sanglante, pour construire enfin un avenir de paix et d’entente nécessaire, ne vaut-il pas mieux tourner la page ?

    C’est là une langage que l’on entends bien souvent en France, notamment de la part de ces hommes politiques ou de leurs héritiers qui, depuis prés d’un demi siècle, se sont efforcés de cacher par le silence, la censure et les poursuites contre ceux qui osaient dire la vérité, le vrai visage de ce que fut la guerre d’Algérie.

    Au point qu’aujourd’hui l’ignorance de la jeunesse française sur cette époque est quasi-totale. Comment s’en étonner quand on sait que, les lois d’amnistie aidant, l’étude historique de cette guerre, de ses causes et de son déroulement, est restée quasiment absente des programmes des écoles. Tourner la page, mais sans l’avoir lue et sans avoir médité les leçons ? Voilà en fait ce que voudrait ces bonnes âmes qui ont déjà, et très largement, passé l’éponge sur les écrasantes responsabilités des gouvernants français dans la conduite de la guerre et dans le maintien durant plus d’un siècle de l’odieux régime colonial.

    Non. Il faut savoir ce qu’a été cette guerre, à la fois dans l’immensité de son horreur et dans les souffrances qu’elle a infligées à ceux et à celles dont le crime était d’avoir choisi de vouloir être libre. Il faut savoir – et ceux qui viendront après nous, qu’ils soient Algérien ou Français – jusqu’à quelles ignominies et quelles indignités ont pu descendre des militaires et des gouvernants qui osaient se présenter comme des défenseurs des droits de l’homme et de la civilisation.

    Oui, savoir et retenir tout cela, non pour cultiver une haine stérile ou un quelconque et malsain esprit de revanche, mais justement pour en détourner ceux qui vivent aujourd’hui. Et c’est seulement en sachant ou en refusant hypocritement de la voir, qu’on pourra aider les nouvelles générations des deux pays à bâtir les pont d’amitié, de fraternité et d’entraide qu’elles souhaitent.

    C’est pourquoi les textes et les photos réunis ici ont une si grande valeur éducative. Comme en ont aussi, contenu dans ce recueil, les portraits de patriotes qui avaient choisi de faire face et dont les noms flamboyants survivront pour rappeler que, dans les pires circonstances, il y aura toujours des hommes et des femmes qui, quel qu’on soit le prix, se dresseront pour défendre la dignité, la liberté et l’espérance de leur peuple.

    C’est sans doute à ces leçons que songera en premier lieu le lecteur qui parcourra e livre, et c’est en cela que le rappel qu’il constitue est si utile. En même temps, ces pages sont comme un avertissement solennel à tous ceux d’aujourd’hui qui pourraient se laisser aller à croire que l’époque des oppresseurs, des monstres et des assassins appartient désormais au passé.

    Il n’est que de regard autour de nous pour savoir qu’il n’en est rien et que, plus qu jamais, nous tous qui rêvons d’un monde enfin humain, devons demeurer vigilants.

    * Hamid Bousselham

    (Editions Rahma-Anep)

    Le Quotidien d’Oran

    Mercredi 19 Décembre 2001

    « Quand la France torturait en Algérie » de Hamid Bousselham

    L’ouvrage retrace les étapes successives de la longue nuit coloniale et les sacrifices énormes consentis par tout un peuple pour recouvrer sa dignité et sa liberté.

    Fiche technique

    * Collection : Témoignage
    * ISBN : 9961-903-35-8
    * Dimensions : 21 x 29,5 cm
    * Année de parution : 2001
    * Nombre de pages : 280

  • Le 28 novembre 2007 à 16:06, par hamid bousselham

    Notes de lecture :« Torturés par Le Pen » de Hamid Bousselham par Boujemaa Haichour.

    El Moudjahid du 7 novembre 2000

    46e Anniversaire du déclenchement de la Révolution

    NOTES DE LECTURE

    « Torturés par Le Pen »

    Ce n’est pas un hasard si mon ami Hamid Bousselham est venu à la rencontre des gens de Constantine pour animer une vente dédicace de son livre « Torturés par le Pen », paru en co-édition des maisons Rahma et l’ANEP.

    Par le Dr Boujemaa HAICHOUR (*)

    Devant un parterre d’universitaires et d’homme de culture, dans un lieu insolite, « Le Fast-Food Tiddis », qui devient un espace d’échange et de communication, que le livre fut présenté et qui a suscité des discutions sur la torture durant la guerre de Libération Nationale

    Je voudrais quant à moi profitant de l’occasion pour faire simultanément une double lecture à la fois de l’ouvrage de Hamid Bousselham « Torturés par le Pen » et celui de Benjamin Stora « Le transfert d’une mémoire » paru aux éditions de La Découverte.

    Hamid Bousselham appartient à cette génération qui a un regard critique sur le événements et les hommes. Né le 30 juin 1951, il a grandi dans une famille de militants et le destin a voulu qu’il soit parmi les siens lorsque, lycéen au lycée français de Washington où son père Si Abdelkader Boussellham était en poste comme ambassadeur, il fut apostrophé par son professeur d’histoire.

    Il prit alors conscience du phénomène du racisme et de l’antisémitisme, en écoutant religieusement le cours d‘histoire sur le nazisme que le professeur expliquait aux élèves, faisant le parallèle entre les fours crématoires et les étouffoirs et fours à chaux dont les Algériens ont été victimes pendant la guerre de Libération Nationale.

    Evitant la confrontation, Hamid continua de regarder les images des camps de concentration nazis et les montagnes d’ossement juifs, lorsque apparaissent dans sa mémoire les affres de la colonisation française dont son oncle paternel Si M’hamed Bousselham, arrêté en 1957 et torturé à mort avec dix-sept de ses compagnons avant d’être souffrants jetés et encore vivants dans un four à chaux aux environs de Sidi Bel-Abbès par les paras de la légion étrangère.

    En ce 46e anniversaire de la Révolution de Novembre 1954, le livre de Hamid Bousselham vient nous donner un éclairage à partir de témoignages sur la pratique de la torture. Le mélange de cruauté sauvage et barbare dont les tortionnaires d’une catégorie de militaires français infligeaient à la condition humaine fait que la France des Droits de l’Homme a failli aux idéaux de la Révolution de 1789.

    « Prise de Conscience »

    Bévues, exécutions sommaires, tortures abjectes, guillotine, bombardements au napalm, haine, toute ces épreuves, le peuple algérien les a endurées. Et parmi ces tortionnaires, un homme qui se targue d’être une personnalité politique dans la France des Droits de l’Homme, c’est Jean-Marie Le Pen qui à maintes reprises reconnaît avoir torturé les Algériens lorsqu’il était parachutiste et officier de renseignement.

    Parmi les témoignages rapportés dans ce livre de Hamid Bousselham, ceux de Mme Mouloud Messaoud, Mohamed Louli, Lakhdari Khélifa, etc. Le Lieutenant le Pen faisait fonctionner une magnéto à manivelle à l’aide de laquelle il envoyait des décharges électriques dans le corps des victimes.

    Les témoignages sont poignants et Hamid Bousselham les expose crument aux lecteurs, qui montrent comment à la Villa des Roses d’El Biar, Le Pen torture les Algériens, et ses propos racistes et antisémites son rapportés tels que « Voilà ce qui arrive à ceux qui tentent de m’échapper ; je suis prêt, dit Le Pen, à me farcir un bougnoule à chaque petit déjeuner : Vous, les ratons, vous ne comprenez qu’un seul langage : l’insulte, les coups et quand vous ne voulez pas comprendre que vous êtes à ma botte, je vous élimine ».

    Mohamed Louli fut victime parmi tant d’autres et torturé dans une bassine d’eau sale, attaché comme un saucisson sur un banc par Le Pen. Il faisait creuser par les victimes leurs propres tombes et les jetait ligotées par-dessus les balcons, fracturant leurs colonnes vertébrales, les mettant dans une souffrance insupportable et douloureuse. Il y avait autant de menus que de spécialités dans la façon de faire goûter la torture.

    Le Pen en a essayé toutes les recettes. Un Jour l’histoire prendra acte et le poursuivra selon le code pénal français de 1994 comme un criminel de guerre et sera présenté devant un tribunal international de crime contre l’humanité. L’ouvrage de Hamid Bousselham qui vient de paraître en 151 pages constitue un autre document sur la torture en Algérie durant la Guerre de Libération Nationale.

    C’est le souvenir douloureux d’une période de forte émotion dont les blessures profondes laissent leurs traces indélébiles dans la mémoire des peuples. Les impulsions racistes et la torture dans la République que sont les supplices de la corde, de l’étranglement du cou, de la mise en croix, le frottement des plaies par le sel ont crée des traumas dans le mental des victimes qui ont échappé à la mort.

    Quand au livre « Le Transfert d’une mémoire – de l’Algérie française au racisme anti-arabe » de Benjamin Stora, paru en 1999 aux éditions La Découverte, comme à l’accoutumée, en spécialiste de l’histoire du Mouvement national en Algérie, Stora est des rares universitaires dont la contribution apporte de par les sources et les références, des informations utiles dans la recherche historique.

    Le livre en question de 142 pages est structuré en quatre parties avec introduction et une conclusion. Dans les besoins d’histoire, Benjamin Stora souligne au passage des générations, cette attitude à vouloir rejeter en France les étrangers et les Français d’origine étrangère. Il rappelle en guise de témoignage, l’audience des discours xénophobes de Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret.

    « L’histoire proche est la plus difficile de toutes, menacée à la fois de dévier sous l’aiguillon de la mémoire immédiate, d’étouffer sous le poids des documents journalistiques ». Stora dans son ouvrage présente ce débat encore vivant de cette « lepénisation des esprits » et cette préférence à l’Algérie française de l’OAS dans son combat politique.

    Les approches mémorielles des pieds-noirs et les immigrées en France sont formulées dans les blessures si douloureuses, si secrètes et si cruelles de la guerre d’Algérie.

    Cette Algérie reste pour les plus nostalgiques de l’OAS, un Far West américain, un territoire des éblouissements, un univers de richesses et des incroyables explorations qui épargnent le voyage vers la lointaine Amérique.

    « Le transfert d’une mémoire » de Benjamin Stora

    L’Algérie comme le note Stora est une région emblématique de la solitude des passions. Elle est comme le dira Joëlle Hureau, terre d’abondance et de refuge. Face à un Nord industriel, l’Algérie reste pour les pieds-noirs un Western nostalgique aux couleurs criardes.

    Stora nous présente dans son ouvrage la Guerre d’Algérie comme jouant le rôle d’un pivot central (et sanglant) dans l’émergence et la construction durable d’un récit de type « sudiste »―la hantise des partisans de l’Algérie française est… la sécession. Les passages de l’ouvrage d’Alain Peyrefitte nous révèlent les facettes cachées du discours réel du général de Gaulle : »Qu’on ne raconte pas d’histoires !... Les Arabes sont les Arabes et les Français sont les Français. Vous croyez, devait il dire, que le corps français peut absorder dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et après demain quarante ?... Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-deux-Eglises, mais Colombey-les-deux-Mosquées ».

    Mais revenons sur Le Pen et la torture durant la Guerre d’Algérie qui m’a inspiré à faire une même note de lecture aux deux livres présentés, celui de Hamid Bousselham et de Benjamin Stora, qui revient d’ailleurs sur le personnage de Jean-Marie Le Pen. Le Pen qui est né le 20 juin 1928 a été depuis qu’il suivait les cours de la faculté de droit un activiste à la tête de la Corpo. Il se porte volontaire dans le régiment des bérets verts ou les paras au Tonkin en Indochine lorsque Diên Biên Phu est tombé aux mains des résistants vietnamiens.

    Il retourne à Paris et rallie Pierre Poujade et sera parmi les poujadistes de Jean-Maurice Demarquet élu aux législatives du 2 janvier 1656. Il se met en congé du Parlement et décide de rejoindre l’Algérie où il participe dans l’opération secrète de Suez. En mars 1956, où il est officier de renseignement, il est accusé d’avoir torturé un jeune Algérien dans la Villa Susini.

    C’est Henri Gille, commissaire principal d’Alger, résistant et ancien déporté qui fait la révélation sur la torture en témoin important dans l’action répressive qui a fait rage sur la population musulmane en cette année 1957. Son rapport est édifiant sur les pratiques tortionnaires de Jean-Marie Le Pen.

    L’historien Pierre Vidal-Naquet en témoigne aussi en dénonçant les méthodes de la torture dans son ouvrage « La raison d’Etat ». Il publia d’ailleurs dans la revue Vérité-Libérté de juin-juillet 1962 l’intégralité du rapport Gille dans un dossier intitulé « Le député tortionnaire ». Jean-Marie Le Pen reconnaît les faites et n’entamera aucune poursuite judiciaire, plus encore il confirmera ses pratiques dans une interview le 9 Novembre 1962 au journal Combat.

    Le 4 avril 1984, le canard enchaîné a publié une série d’articles poursuivis les 11 et 18 juillet dans la même année par d’autres études, présentant Jean-Marie Le Pen comme un officier pratiquant la torture pendant le Guerre d’Algérie. Le 20 mars 1985, le journal Libération ouvre une seconde enquête sur la période algérienne du lieutenant Le Pen. Lors d’une émission télévisé du 2 février 1992, Michel Rocard accuse Jean-Marie Le Pen d’avoir torturé les Algériens durant la Guerre d’Algérie.

    « La lumière du cœur »

    Dans les deux ouvrages de Hamid Bousselham et Benjamin Stora, Jean-Marie le Pen est accusé d’avoir été un tortionnaire. Le devoir de mémoire doit nous mettre en éveil pour dire aux générations toute les vérités sur cette guerre sale et inhumaine, dont les tortionnaires Massu, Bigeard, Papon, Le Pen…ont laissé leurs traces sanguinaires sur les milliers de torturés, de mutilés dont les traumatismes restent à jamais,l’acte sauvage de la machine de guerre de la colonisation sur le peuple algérien et sa mémoire.

    La France doit surmonter le traumatisme profond de son histoire coloniale, notamment en Algérie.

    La visite du Président Bouteflika en France, la reconnaissance par la France de la guerre d’Algérie par l’Assemblée nationale et par les représentants du peuple français que sont les députés, sont les signaux forts pour rétablir les relations privilégiées entre les deux états dans tous les domaines de la coopération.

    Il n’est plus possible pour les peuples français et algérien de laisser s’éteindre la lumière des coeurs, car beaucoup de liens d’histoire, de culture et de sang les unissent de part le passé si tumultueux qu’il fut, afin de d se projeter vers un avenir de grande entente entre les deux rives de la Méditerranée.

    Les Présidents Jacques Chirac et Abdelaziz Bouteflika ont compris l’enjeu dans le renforcement des relations bilatérales et la coopération des relations bilatérales et la coopération multiforme qui doit caractériser l’ambiance et l chaleur humaine des deux peuples tant par la communauté algérienne émigrée en France que par les Français originaires d’Algérie pour une grande réconciliation en ce début de siècle.

    « Torturés par Le Pen » et « Le transfert d’une mémoire sont deux ouvrages à lire en ce 46e anniversaire de la Révolution du 1er Novembre 1954 dans toute la méditation et le recueillement sur les tombes de nos martyrs morts pour les idéaux de liberté, de dignité et des droits de l’homme.

    * Chercheur universitaire et actuel Ministre des Postes et des Technologies de l’Information et de Communication.

    El Moudjahid du 7 novembre 2000

  • Le 26 novembre 2007 à 18:44, par rym

    50 ans après, Jean-Marie Le Pen nie toujours les accusations de torture en Algérie
    Un passé de tortionnaire, un présent de menteur
    Source : La Tribune
    « On a un petit peu mal au début, mais après ça passe ». C’est en ces termes, summum du cynisme, que Jean-Marie Le Pen a justifié les actes de torture pratiqués durant la Bataille d’Alger en 1957.

    Lors d’un document inédit diffusé jeudi soir sur la deuxième chaîne française, le passé tortionnaire du chef du Front national est remonté à la surface, éliminant de facto la présomption d’innocence dont jouissait encore l’intéressé.

    Intitulé La question, Le Pen et la torture, le film documentaire de José Bourgarel est un véritable travail de recherche, fruit d’un profond voyage dans l’Algérie qui n’oublie pas les souffrances endurées durant la guerre de libération, pour les confronter ensuite à la mémoire flanchante de Le Pen.

    A Alger, José Bourgarel recueille les témoignages accablants de quatre militants nationalistes. Leurs souvenirs sont aussi vivaces que leur engagement révolutionnaire.

    Mohamed Abdellaoui ouvre le bal. Il avait 27 ans en 1957, et Alger vivait les premiers jours de sa bataille. Militant du FLN (Front de libération nationale), il distribuait ces tracts qui mobilisaient la population et faisaient trembler la puissance coloniale.

    Ses confidences sont poignantes et déroutantes par leur précision. La scène de l’abjection se situe à Fort l’Empereur sur les hauteurs de la capitale.

    Ligoté, jeté par terre, Mohamed Abdellaoui raconte le supplice que lui aurait fait endurer Jean-Marie Le Pen en personne. « Il m’a mis un sac mouillé sur le visage, un fil électrique sur le sexe et l’autre sur mon orteil, et après il activait lui-même l’interrupteur », affirme endolorie la victime âgée aujourd’hui de 77 ans.

    Une douleur ineffaçable qui n’empêchera pas Mohamed Abdellaoui de revenir à Fort l’Empereur un demi-siècle après cette forfaiture. Il reconnaît l’emplacement, la salle et le lieu exact où, selon lui, Jean-Marie Le Pen a commis l’innommable à son encontre.

    De retour en France, José Bourgarel confronte ce témoignage à celui du chef du Front national. « Je ne sais même pas où se trouve ce Fort l’Empereur », déclare celui que l’on surnommait alors le lieutenant député. Une dénomination qui a collé à Jean-Marie Le Pen durant les six mois qu’il a passés en Algérie.

    Elu en 1956 à l’Assemblée nationale française sous l’étiquette du parti extrémiste de Pierre Poujade, il tient à effectuer son service militaire dans Alger la rebelle. Et face à son interlocuteur qui, début 2007, le confronte aux témoignages des militants FLN torturés, il se défend avec férocité.

    « Je n’ai jamais participé aux interrogatoires spécialisés, ni aux interrogatoires violents », dit-il comme pour justifier sa participation à d’autres moins virulents sans doute. Mais en fin politicien, Jean-Marie Le Pen joue avec les mots comme il sait si bien le faire.

    Le terme torture est encore vague à ses yeux, et cinquante ans après les faits qui lui sont reprochés, il nie tout en bloc. Même les propos troublants de Abdelkader Amour sont battus en brèche.

    Ce militant avait 19 ans en 1957, sa mission : secrétaire d’une cellule du FLN. Lui aussi reconnaît avoir été torturé par Le Pen. Mais comment a-t-il su exactement le nom de son tortionnaire ?

    A la fin de la Bataille d’Alger, le général Massu décore le lieutenant député de la croix de la valeur militaire. La photo est publiée en bonne et due forme dans le journal.

    Les victimes mettront enfin un nom sur le visage inoubliable de leur tortionnaire.
    Mais ce dernier persiste et signe. « Je ne suis pas reconnaissable sur la photo », dit-il avec certitude face à José Bourgarel qui semblait dépité par une si grande arrogance.

    Quand son interlocuteur lui demande si il aurait quand même pratiqué la torture si ses supérieurs le lui avaient ordonné, sa réponse est sans appel. « Je l’aurais fais sans scrupules », lui répond-il.

    Mais le témoignage le plus troublant et surtout le plus accablant est bien celui de Mohamed Moulay. Ce jeune Algérois avait 12 ans en 1957, et il a assisté à la mise à mort de son père.

    Artisan électricien, Moulay père était aussi un militant du FLN.
    Un engagement qui lui vaudra d’être torturé dans son propre magasin situé à la Casbah.

    Il est tard la nuit, quand ses cris déchirent le silence de la vieille ville d’Alger.
    « Il avait le ventre rempli d’eau, il prenait coup sur coup, ils ont commencé à le torturer à l’eau, puis ils sont passés à l’électricité. C’était atroce », raconte son fils triste et fier à la fois.

    La preuve par le poignard Son témoignage est d’autant plus poignant qu’il s’est illustré par un acte de bravoure inouï. Une fois les parachutistes partis, Mohamed Moulay ose du haut de ses douze ans s’introduire dans le magasin et subtilise une inestimable pièce à conviction.

    Un poignard de soldat, avec l’inscription suivante : JMLP 1er REP. « Jean-Marie Le Pen, Premier régiment étranger de parachutistes. »

    L’explication du propriétaire de ce couteau est confuse. « Un poignard est accroché à un ceinturon, dans lequel se trouve aussi mon arme », dit-il. Il utilisera à satiété le jargon militaire comme pour discréditer Mohamed Moulay, et de faire de cette pièce à conviction un non-événement.

    Même son semestre militaire terminé en Algérie, le député Le Pen sera rattrapé par son passé sombre.

    Un rapport devenu célèbre le tourmentera longtemps, et Pierre Vidal-Naquet l’utilisera bien des années plus tard contre lui.
    Du nom du commissaire Gilles, cette déposition est celle d’un jeune militant algérien dénommé Abdennour Yahiaoui qui aurait été torturé par le futur chef du Front national.

    « Deux fils électriques dans les lobes des oreilles, et une manivelle activée par Jean-Marie Le Pen en personne ».
    L’intéressé dément sans vergogne.

    Les méfaits de l’amnistie Cinquante ans après les faits, les souvenirs refont surface avec toute la douleur que cela peut faire renaître chez les victimes. Une douleur encore plus présente quand on sait que l’amnistie décidée en vertu de accords d’Evian interdit toute poursuite judiciaire.

    Ce sont ceux là les méfaits de l’amnistie outre Méditerranée. A défaut de réconciliation et de vérité, c’est l’impunité qu’elle engendre dangereusement.

    M. K. D

  • Le 25 novembre 2007 à 12:24, par hamid bousselham

    La Torture pendant la guerre d’Algérie

    Le Monde du mercredi 20 juin 2000 relate en première page le témoignage d’une algérienne. Il s’agit de Lila Ighilariz qui fut torturée par l’armée française en 1957 après avoir été capturée par la 10e division parachutiste stationnée à Paradou Hydra. Cette division était commandée par le Général Massu, et Bigeard était également présent.

    Citons Lila : « Massu était brutal, infect. Bigeard n’était pas mieux, mais le pire c’était Graziani, lui était innommable, c’était un pervers qui prenait plaisir à torturer. Ce n’était pas des êtres humains ». Lila a souvent hurlé à Bigeard : « Vous n’êtes pas un homme si vous ne m’achevez pas ». Et lui répondait : « Pas encore, pas encore ! ».

    L’ex-dictateur chilien Augusto Pinochet n’a pas été poursuivi pour son coup d’état, mais pour avoir ordonné et peut-être pratiqué la torture. Des magistrats espagnols et français ont lancé des mandats d’arrêt suite à des plaintes de chiliens qui avaient été torturés sous le régime de Pinochet. Non seulement Massu et Bigeard n’ont pas été poursuivis, mais ils ont obtenu des honneurs. Bigeard a même été parlementaire ! Salan, Jouhaud, Challes et Zeller ont connu la prison pour tentative de coup d’état. Peut être n’avaient-ils jamais torturé, bien que cela ne soit pas sur !

    Bigeard est l’auteur d’un livre intitulé : « Le manuel de l’officier de renseignement ». Ce document officiel a été publié par l’armée française et imprimé chez Lavauzelle, Boulevard Saint-Germain à Paris. J’ai eu personnellement ce livre entre les mains durant mon séjour sous les drapeaux en Algérie. Sur la couverture était portée la mention « Écrit au camp Jeanne d’Arc par le colonel Bigeard ». Ce livre décrit avec autant de précision que de sadisme les méthodes de torture préconisées : la magnéto dite « gégène » qui produit du courant continu haute tension que l’on envoie par les parties génitales ou les mamelons des seins quand il s’agit de femmes. Lila a du connaître ce supplice ! Y sont décrit également le masque à gaz dans lequel on introduit de l’eau, la baignoire etc.

    La baignoire, Lila en parle. Sa mère a subi ce supplice. On a également fait devant elle un simulacre de pendaison de son enfant âgé de trois ans.

    A l’époque, les officiels prétendaient que la torture en Algérie était le fait de « cas isolés ». Ce n’est pas vrai ! La publication du livre de Bigeard en témoigne, prouvant qu’il s’agissait bien d’une pratique généralisée et organisée en haut lieu dans l’armée.

    Dans chaque place du territoire algérien, il y avait un « officier de renseignement », tortionnaire officiel entouré de son équipe de « Paras ». Dans le Constantinois ou j’ai passé seize mois en 1959 et 1960, j’ai personnellement observé les faits suivants. A Telergma sévissait le lieutenant Durudaud, officier sadique qui « questionnait » en moyenne cinq personnes par jour. L’état dans lequel il les laissait scandalisait les gendarmes chargés de les interner ! Durudaud trouva la mort dans une opération de renseignement qu’il avait montée. Il a eu la légion d’honneur à titre posthume ! Dans la place d’Ain M’lila, le renseignement était l’affaire du Comte de Clermont, fils de Henri, Comte de Paris. Son « officine » était à un niveau supérieur à celle de Telergma quant aux nombre d’interrogatoires journaliers. Enfin, à Constantine, la ferme dite Ameziane, de sinistre mémoire, était un véritable camp de la mort où la torture était pratiquée de façon industrielle.

    La guerre d’Algérie a fait environ un million de morts du côté algérien, à comparer à 32 000 du côté français. Combien d’Algériens ont subi la torture ? Le silence est fait sur cette question, mais il y a fort à parier qu’une forte proportion du million de morts l’a subie, car une exécution sommaire et sans jugement suivait souvent la séance de torture.

    On compte environ 40 000 morts et disparus après le 11 septembre 1973, date du coup d’état de Pinochet, de la mort de Salvador Allende et de l’incendie du palais de la Moneda.

    Pinochet porte la responsabilité de ces événements. Quand déposera-t-on une plainte contre Bigeard et Massu afin qu’ils puissent être jugés pour leurs crimes ?

    Pinochet, Milosevic, Mavlic, Massu, Bigeard, ... même combat ! Les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles. Mais qui enverra Bigeard devant le Tribunal International de La Haye ? La Fédération Internationale des Droits de l’Homme pourrait y penser.

    L’auteur est membre du PS et Maire Adjoint à Orly (94)

    Robert Chley

  • Le 25 novembre 2007 à 11:01, par djazira

    pourquoi ce livre est si important ?

    Il nous dit : Lepen est un tortionnaire qui n’as pas étè jugé.
    Il nous dit que Lepen est en liberté
    en dépit des lois internationnales.

    POURQUOI ?

    Je me pose des questions ; c’est pour cela que CE LIVRE est important.

    La liberté des algériens est liée à la soufrance , à LA TORTURE,de milliers d’inconnus.
    Reconnaitre quelque uns ,c’est leurs rendre hommage et nous permettre à nous algériens , de vivre sans culpabililtée.
    A quoi servent les commémorations des combattants pour la libertée ?
    A nous permettre d’accepter leur mort, leurs tortures , leurs sacrifices inhumains pour que nous soyons libres.
    C’est de l’ordre de la réparation pour tous les héritiers de ces enfants, femmes et hommes torturés,
    mutilés,
    dégradés dans leur dignité.

    Si ce travail ne se fais pas , nous resterons dans l’effacement, dans une non histoire.
    Nous le devons à des millions de jeunes francais qui ne comprennent pas leurs antagonismes liés à la non reconnaissance des humilations et le mépris de son histoire ;
    La violence, la haine est l’expression du mépris de soi ;etre incapable de se faire entendre seulement est de l’ordre de la torture.
    je suis enseignante dans un lycée professionnel et mon travail consiste en premier lieu à demander à mes élèves de produire un auto portrait pour s’exposer au regard des autres.
    pour la plupart c’est un acte de courage et libérateur de concience de soi .
    J’inscris mon travail en continuité avec le travail de HAMID BOUSSELHAM

    Je remercie REBELYION d’avoir le premier reconnu ce travail . J’encourage l’auteur à continuer ce travail et produire un scénario pour un film qui permettras peut etre à reveiller les consciences .

  • Le 23 novembre 2007 à 22:04, par hamid bousselham

    Jean Marie Le Pen a torturé en Algérie par hamid bousselham

    Le Pen et la torture, la vérité au grand jour ?

    Ecrit par Arthur Cattaneo
    22-11-2007
    « J’ai torturé parce qu’il fallait le faire » tel sont les mots de Jean-Marie Le Pen en 1962 dans un entretien au journal Combat. France 2 revient sur le parcours du politique dans un documentaire exclusif, « Le Pen et la torture ».

    Jean-Marie Le Pen / François Lafite1957, la guerre d’Algérie fait rage depuis plus de 3 ans et le lieutenant Le Pen fait parti du 1er régiment étranger de parachutistes (1er REP). Le député Le Pen élu en 1956 au banc de l’Assemblée National quitte ses fonctions la même année, en se portant volontaire pour se battre pour la défense de l’Algérie française. 6 mois plus tard Le Pen retrouve son rôle de député.

    Tout ceci aurait pu s’arrêter là, cependant dans les mois qui suivirent son retour à la vie médiatico-politique de la métropole, de nombreux témoins algériens et anciens membres du FLN reconnaissent l’ancien lieutenant Le Pen dans les journaux.

    En effet ils viennent de revoir leur bourreaux, leur tortionnaire, celui qui « appuyait sur le bouton » et qui envoyait les décharges électrique. Le lieutenant Le Pen du 1er REP ainsi que de nombreuses autres sections intervenait la nuit faisant des raids dans les casbahs d’Alger. Aucunes preuves car c’est une torture propre et qui ne laisse pas de traces, aucuns moyens de porter plainte car les lois d’amnistie de 1964 et 1966 interdisent toute action judiciaire aux victimes des innombrables violences commises entre 1954 et 1962, qu’elles soient liées aux opérations françaises ou à celles du FLN.

    De plus la camaraderie de corps interdit toute vérité, La Grande Muette tient bien son nom. Cependant il y a des survivants et ceux là parlent et racontent ce qu’ils ont vu. Depuis plus de 40 ans monsieur Le Pen est cité dans les affaires de tortures, mais à chaque fois il est exempt de toute culpabilité.

    C’est à partir de ces témoins et de ses interrogations que José Bourgarel à fait son enquête, aidé par de ceux qui auraient souffert sous les mains du jeune député-lieutenant. Son enquête le conduit à Alger auprès de ceux qui ont un jour vécu l’enfer de ces raids et de la torture, quatre d’entre eux lui racontent ce qu’ils ont vu, la vérité.

    Ils décrivent avec une grande précision les faits et ceux qui sont morts sous les interrogatoires. Certains montrent même les lieux exacts de leur torture et parlent des supplices infligés, les fils électriques branchés sur leur sexe et la honte d’être nu.

    Une vérité vraie qui dérange certains...
    Cet excellent film ne laisse aucun doute ni d’ambigüité sur la réalité des faits qui ont pu être commis là bas durant l’époque ou le lieutenant Le Pen était présent. D’une réalisation simple, ce documentaire historique s’appui sur des éléments précis et bien que monsieur Le Pen nie et dément dans l’interview avec force tout ce que l’enquête de José Bourgarel apporte comme preuve, Le Pen semble dans sa négation appuyer la thèse qu’il aurait été un bourreau et un tortionnaire.

    Un vrai documentaire qui mérite d’être vu pour l’histoire, mais aussi pour que la vérité triomphe un jour à la lumière et qu’elle ne soit plus cette souffrance sombre que tout le monde connaît mais que personne n’ose révéler.

    Le Pen et la torture, de José Bourgarel.
    Diffusion ce soir dans le magazine Infrarouge, à 23h sur France 2

    http://www.isubway.fr/content/view/823/152

    La position du tortionnaire
    Télé. Selon cette enquête, Le Pen a pratiqué la torture en Algérie.
    CHRISTOPHE FORCARI
    Libération du jeudi 22 novembre 2007
    La Question : Le Pen et la torture un documentaire de José Bourgarel

    Le mot « torture » écorche la bouche de Jean-Marie Le Pen. Le président du Front national, âgé de 79 ans, ancien lieutenant du 1er régiment étranger de parachutistes de la Légion étrangère, jeune député et volontaire pour servir durant la guerre d’Algérie de la fin 1956 jusqu’en mars 1957, préfère parler de « méthodes de contraintes » qui ne « laissaient pas de traces ». « Et une fois que c’est fini, on oublie la douleur mais cela ne laisse pas de traces. C’étaient des moyens de coercitions physiques, des choses plus intimidantes que réelles », commente le président du Front national, peu enclin habituellement à manier la périphrase.

    Témoins. Depuis ce qu’il fut pudiquement convenu d’appeler « la fin des événements d’Algérie et des opérations de maintien de l’ordre », Jean-Marie Le Pen se voit régulièrement accusé d’avoir torturé pendant la bataille d’Alger. Le très rigoureux documentaire de José Bourgarel, diffusé ce soir à 23 heures sur France 2, interroge tous les témoins qui ont croisé la route du bouillant officier parachutiste, farouche défenseur de l’empire colonial français sans jamais avoir suivi les activistes de l’OAS. Le réalisateur reprend toutes les pièces à charge de ce dossier et montre bien comment le climat de l’époque a entraîné l’armée française à pratiquer, de manière quasiment généralisée, la torture. « Si j’avais dû forcer des terroristes à avouer où étaient leurs bombes, je l’aurais fait sans problème. Leurs bombes ne faisaient pas de détail entre les innocents et les militaires », reconnaît Le Pen.

    « Marc ». La première accusation de torture contre Jean-Marie Le Pen tombe en 1962 sous la plume de l’historien Pierre Vidal-Naquet. Un témoin de l’époque relate que pendant « les séances », il se faisait appeler « Marc » afin de préserver son anonymat. Et puis le reportage revient longuement sur l’histoire de ce couteau des Jeunesses hitlériennes, gravé au nom de Le Pen et que le lieutenant aurait perdu au cours d’une arrestation. Ce qui a permis par la suite de l’identifier. « Les Hitlerjugend, c’étaient des scouts », estime le candidat présent au second tour de l’élection présidentielle de 2002.
    La Question : Le Pen et la torture

    Le Pen et la torture en Algérie
    Jean-Marie Le Pen engagé volontaire en Algérie en 1957 (Photo DR)

    Jean-Marie Le Pen engagé volontaire en Algérie en 1957 (Photo DR)

    Dans « La question Le Pen et la torture », enquête documentaire attendue sur France 2 le mois prochain, José Bourgarel reprend le dossier àla base. Interview.

    Votre documentaire revient sur des faits vieux de 50 ans. Pourquoi avez-vous entrepris cette enquête maintenant ? – C’est un peu le hasard, l’idée m’est venue lorsque j’étais à Alger en 2002, juste après la présidentielle. Tout le monde n’avait qu’un mot à la bouche : Le Pen. Le Pen le tortionnaire, Le Pen le boucher. Enormément de gens de toutes conditions m’ont demandé “Comment la France a-t-elle pu voter pour ce type, avec ce qu’il a fait ici ?” Je me suis alors dit qu’il y avait une enquête à faire sur le passé algérien du président du Front national. Le temps passe…En 2006, à l’approche de la présidentielle, l’idée m’est- revenue et j’ai commencé mes recherches.

    N’a-t-il pas été trop difficile de retrouver des témoins et de rouvrir les blessures devant la caméra ? - Tous les Algériens qui ont accepté de témoigner l’avaient déjà fait une fois pour un journal. Ils avaient donc surmonté la douleur de remuer ces très mauvais souvenirs. Et le choc de 2002 a délié d’autres langues et beaucoup, vieillissant, se disent que c’est maintenant ou jamais. Cependant deux personnes ont totalement refusé de parler ; cinquante ans plus tard, elles sont toujours aussi traumatisées.

    En février 1957, de nombreux soldats ont reçu l’ordre de torturer. Aucun militaire ne témoigne dans le film, pourquoi ? – C’est mon seul regret, de haut en bas de la hiérarchie, aucun des militaires que j’ai joints n’a voulu parler devant la caméra. Ils ont confirmé qu’un ordre émanant de l’état-major avait été donné, que la torture avait été effective, mais c’est tout. Pour eux, témoigner sur le sujet Le Pen c’est monter la première marche vers le grand déballage. Ils ont peur car ils ont tous en mémoire la manière dont Aussaresses a été mis au ban après ses révélations (1). Et bien entendu, certains vivent très mal leur culpabilité. Mais à la télé, si la personne ne parle pas, elle n’existe pas.

    Avez-vous retrouvé des preuves matérielles ? – Je raconte tout ce qui est dit et fait mais je n’ai pas de preuve irréfutable, sauf le P.V. de la déposition d’un Algérien pro-français publiée par l’historien Pierre Vidal-Naquet en 1962. Malheureusement Le Pen appartenait à l’un des régiments putschistes, le premier régiment étranger parachutiste qui a été rayé de l’histoire après le putsch de 1961. Toutes les archives ont été dissoutes.

    Jean-Marie Le Pen dément avoir torturé, comment l’avez-vous convaincu de témoigner dans le documentaire ? – Je ne l’ai pas piégé, je lui ai présenté honnêtement mon film et proposé un droit de réponse. Je voulais donner la parole à tous les protagonistes. Il a compris qu’il était dans son intérêt de collaborer. Nous avons mené une interview de trois heures durant laquelle il s’est vraiment défendu.

    Propos recueillis par Charlotte Clidi

    (1) Dans ses mémoires Aussaresses reconnaît avoir torturé des prisonniers algériens “Services spéciaux, Algérie 1955-1957”)
    http://teleobs.info.nouvelobs.com/articles/863 ?force=true

  • Le 22 novembre 2007 à 17:46

    El Watan du 22 novembre 2007 France 2 diffuse ce soir un documentaire sur le passé du chef du Front National

    Quand Le Pen torturait en Algérie

    Face à la multiplication des attentats perpétrés par les combattants du FLN, la torture, d’abord restreinte, deviendra systématique, méthodique.

    Le premier supplicié : « Là où je l’ai vu la pratiquer de façon directe, c’était quand il s’est assis sur mon torse et il tenait la serpillière. Il disait à celui qui versait de l’eau de continuer, de ne pas s’arrêter… » Le deuxième supplicié : « Ils ont enlevé le matelas et nous ont ligotés sur le sommier, mon père et moi. Et ils ont commencé la torture… » Le troisième supplicié : « C’était lui le tortionnaire. C’était lui le responsable, c’était lui le chef des tortionnaires… » Lui, c’est Jean-Marie Le Pen, ancien lieutenant de l’armée française durant la guerre d’Algérie. Eux, ce sont Mustapha Merouane, Mohamed Abdellaoui et Abdelkrim Amour, trois Algériens arrêtés au cours de la Bataille d’Alger avant d’être atrocement suppliciés par le lieutenant Jean-Marie Le Pen. Eux accusent, lui nie tout. Et comme pour mieux marquer son dédain, Le Pen prend même l’accent arabe pour répondre à ses accusateurs : « C’était comme Sarko, dit-il. Je suis omniprésent. Il était partout Missieur. Il était à Fort l’Empereur, il était à la villa des Roses, il était à Belcourt, il était à La Casbah. C’était le diable absolument. C’est ça, oui… » Ainsi commence le documentaire choc que diffusera ce soir à 23h la chaîne France 2 : « La Question : Le Pen et la torture », réalisé par le journaliste et cinéaste José Bourgarel. Plus de cinquante ans après les faits, Bourgarel fait ainsi parler des suppliciés, des historiens, des journalistes, des avocats, des politiques et bien sûr l’intéressé lui-même autour d’une seule et unique question : Jean-Marie Le Pen a-t-il oui ou non pratiqué la torture au cours de ses six mois de service passés en Algérie en tant que lieutenant du 1er régiment étranger de parachutistes (1er REP) ? Le documentaire est remarquable tant il est concis, équilibré et juste. Plus de deux ans après le début de l’insurrection armée en novembre 1954, la guerre d’Algérie va entrer dans une nouvelle phase, lorsque le FLN portera le feu au cœur d’Alger. Incapable d’en finir avec la rébellion, le gouvernement socialiste de Guy Mollet accorde alors les pouvoirs spéciaux à l’armée. Nous sommes en janvier 1957. Plus de 8000 parachutistes sont chargés de traquer, arrêter et torturer tous les suspects. Parmi ces hommes qui vont conduire la répression, on retrouve un jeune lieutenant de 27 ans, grand blond à la mâchoire carrée, Jean-Marie Louis Le Pen. De retour d’Indochine, où les troupes françaises ont subi une terrible débâcle, ce jeune militaire est pour ainsi dire bien taillé pour l’emploi. Populiste, anti-républicain, Le Pen n’est pas moins farouche partisan de l’Algérie française. « Par solidarité et pour voir ce qui s’y passe là-bas », il s’engage donc comme para volontaire pour une période de six mois. Il en fera trois.

    La torture massive,rapide et généralisée

    Face à la multiplication des attentats perpétrés par les combattants du FLN, les militaires français vont alors employer tous les moyens, pratiquer toutes les méthodes, même les plus répréhensibles pour faire parler les suspects. D’abord restreinte, la torture deviendra systématique, méthodique. « L’utilisation de la torture est massive, rapide et généralisée », commente l’historien Benjamin Stora. Les paras patrouillent dans Alger de jour comme de nuit et des milliers d’Algériens seront ainsi arrêtés, interrogés et torturés. Quand ils ne sont pas tout simplement exécutés. Mustapha Merouane avait 20 ans à l’époque. Dans la nuit du 2 au 3 février 1957, les militaires investissent sa maison située dans La Casbah. L’interrogatoire se déroulera au domicile familial-même. C’est Jean-Marie Le Pen qui faisait fonctionner le courant électrique. Toutes les quarante minutes, le supplice de la gégène recommençait, si d’aventure le malheureux refusait de donner des noms et des adresses des caches. « Le Pen prenait des notes », dit Mustapha. Mohamed Abdellaoui, 20 ans, n’aura pas plus de chance. Lorsqu’on le conduit aux séances de torture, il s’entend dire : « M. le député t’appelle à l’assemblée… » M. le député, c’est bien sûr Jean-Marie Le Pen. Dans une chambre chichement meublée, Mohamed fait face à son tortionnaire. « A poil ! », lui lance ce dernier. Nu comme un ver, les mains et les pieds liés, un fil électrique accroché à son sexe, Mohamed sera soumis à la torture pendant un mois. « Jean- Marie Le Pen a jeté un bidon d’eau sur moi », raconte-t-il. Le Pen le tire par les cheveux et lui tape la tête contre le sol. Brisé, à bout de forces, Mohamed en appelle à la mort pour le délivrer de son martyre. « Tuez-moi », implore-t-il ses bourreaux. Abdelkrim Amour a 19 ans lorsqu’il est arrêté au cours d’une rafle à Alger. Il sera torturé de la même manière par, dit-il, un fou sanguinaire qui se faisait appeler lieutenant Marco. « C’était une équipe entraînée dans la haine. Ils voulaient nous casser, nous briser… » Face à la caméra de Bourgarel, il raconte avec le souci du détail : « Assis sur mon ventre, ils versaient de l’eau. Quand ils s’arrêtaient, Marco relançait le tortionnaire : ‘‘Allez continue, continue…’’ » Le lieutenant Marco, c’était le surnom donné à Jean-Marie Le Pen par ses colégionnaires du 1er régiment étranger de parachutistes. Mohamed Chérif Moulay, lui, avait à peine 12 ans quand les paras étaient venus arrêter son père, un haut responsable politico-militaire du FLN, le 2 mars 1957. Pendant plusieurs heures, le pauvre père fera l’expérience d’une large gamme de supplices qui vont des coups en passant par l’eau savonneuse qui remplissait le ventre au point que celui-ci tend à exploser, jusqu’à la gégène.

    Amnistie pour les tortionnaires

    Non loin de là, l’enfant, ses frères, ses sœurs et sa mère assistaient au spectacle et pouvaient entendre tout : les cris, les gémissements, les râles, une rafale de mitraillette, puis le silence. Le lendemain, le fils se rend sur les lieux et récupère un poignard accroché à un ceinturon kaki. Sur le poignard, celui-là même utilisé naguère par les jeunesses hitlériennes, peut lire l’inscription suivante : « JM LePen-1er REP ». L’équipée algéroise de Jean-Marie Le Pen s’achève le 31 mars 1957. Le Pen rentre en France. En mars 1962, l’Algérie et la France signent les fameux Accords d’Evian qui marquent la fin de la guerre. Dans la foulée, des décrets d’amnistie sont promulgués interdisant toute poursuite judiciaire contre les Algériens et les Français coupables de crimes, de meurtres, d’assassinats, de massacres ou de tortures commis au cours du conflit qui aura duré sept ans. Que répond Jean-Marie Le Pen lorsque le journaliste José Bourgarel le confronte aux témoignages de ses victimes ? Goguenard, moqueur, voire méprisant, l’ancien lieutenant dément, s’offusque, s’indigne et crie au complot. « Je n’ai aucune considération pour ce genre d’accusations », clame-t-il. Sa ligne de défense demeure la même, intacte, inchangée, immuable, même lorsque le réalisateur exhume les archives de l’époque. Et les écrits sont pourtant accablants. Le 9 septembre 1962, Jean-Marie Le Pen accorde une interview au journal Le Combat. Il dit : « Je n’ai rien à cacher. J’ai torturé parce qu’il fallait le faire. » Un autre témoignage viendra confondre l’ancien lieutenant français. Le 4 octobre 1966, l’ex-maire d’Alger, Jacques Chevallier, accuse nommément Jean-Marie Le Pen d’avoir torturé un de ses employés. Foutaises, répond à nouveau l’intéressé. Depuis, rares seront les gens qui oseront fouiller le passé sombre de Jean-Marie Le Pen. C’est que depuis, l’homme s’est taillé un costard de redoutable politique doublé d’un riche homme d’affaires. En 1972, il crée le Front national avant de devenir, dix ans plus tard, une véritable force politique en France quand le parti réussira à décrocher ses premiers sièges aux assemblées communales lors des élections de mars 1983. Hélas, pour l’ancien séide de l’Algérie française, si l’amnistie interdit le jugement des anciens tortionnaires, ceux-ci n’échappent pas pour autant au travail des historiens ainsi qu’aux enquêtes des journalistes. Il faudra donc attendre février 1985 pour que les remugles du passé ressurgissent avec la publication dans les colonnes du quotidien d’une enquête retentissante sur le passé de Jean-Marie Le Pen en Algérie. Aussi, pour la première fois, des Algériens acceptent de témoigner à visage découvert sur les tortures subies des mains mêmes de l’ancien lieutenant. Les témoignages sont accablants, mais Le Pen ne se démonte pas. Ulcéré, il décide d’attaquer en justice le quotidien pour diffamation. Il le fera d’ailleurs systématiquement contre quiconque oserait évoquer son « escapade » algéroise. Bien que la justice ait condamné Libération pour diffamation, le journal produira un nouveau témoignage, encore plus accablant, d’un ancien compagnon de Le Pen. Le sergent Wilhelmus Vaal se souviendra avoir vu celui-ci dans ses œuvres à la villa des Roses à Alger. Il raconte dans Libération : « Il tapait sur un type qui était déjà entamé, raconte-t-il. Et encore branché à la gégène. »

    Le Pen ignore les faits

    Qui est Vaal ? Pour de nombreux Algériens, ce légionnaire n’est pas un parfait inconnu. Vous vous souvenez de cette fameuse photo de Yacef Saâdi prise peu de temps après son arrestation à La Casbah, le 23 septembre 1957 ? Sur le cliché en question, on peut voir deux policiers avec un képi mettant en joue le prisonnier. Un troisième militaire, en tenue de para, se tenait dans l’encadrement de la porte, juste derrière Yacef Saâdi. C’était le sergent Wilhelmus Vaal. Mais une fois de plus, Le Pen feint l’ignorance et évacue l’existence du légionnaire d’un brusque mouvement du menton. Si Jean-Marie Le Pen a gagné tous les procès qui l’avaient opposé à ses contempteurs, un tournant surviendra tout de même en 2002 lorsque le quotidien Le Monde, sous la plume de la journaliste Florence Beaugé qui publie les 4 mai et 4 juin 2002 de nouveaux témoignages d’Algériens torturés par le Pen. Evidemment, celui-ci portera l’affaire devant la justice. Mais au lieu de lui donner encore une fois raison, les juges débouteront le président du Front national. Le Pen tortionnaire ? « C’est un complot de la droite libérale », tonne-t-il. Cinquante ans après les faits, Jean-Marie Le Pen refuse d’admettre les faits. Quid de ses victimes ? « Je ne peux pas dormir, dit Mohamed Abdellaoui. Je suis possédé. Mon cœur va s’arrêter… »

    Samy Ousi-Ali

  • Le 9 octobre 2007 à 15:39, par Hassiba Benbouali

    « Les tortures ? Il faudrait d’abord les avoir senties sur sa propre chair pour pouvoir en parler et donner son avis pour ceux qui ont flanché après la gégène, l’électricité, l’arrachage des ongles…
    Inimaginable, insupportable, inqualifiable, on devient une bête…. On crie, on se tortille, on souhaite la mort qui ne vient pas, on dit n’importe quoi pourvu que cela s’arrête…. Comme tant d’adolescents, je suis passé à la moulinette. Douze jours de tortures sans répit, de jour comme de nuit. Nous étions onze patriotes, c’était en août 1957, les militaires français nous ont conduits de l’école Bab Djedid vers la ville de l’ex-boulevard Gallieni à El Biar, aujourd’hui rasée… La délivrance est venue lorsque les parachutistes avaient ramené les militants du réseau sanitaire, nous étions en quelque sorte libérés puisque les nouveaux venus allaient subir les tortures à notre place. Là, nous avons vu Le Pen… Personne ne peut imaginer les effets des tortures, il faut les avoir subies… J’ai vu un militant devenir fou, les parachutistes lui ont enlevé un morceau de chair de son pied…
    Je ne suis pas un héros. C’était inné, je suis né en 1940 à la Casbah où j’ai grandi. En 1954 ; j’avais 14 ans et déjà je flirtais avec la vie artistique, les chansons, j’avais déjà remporté plusieurs prix. Cela me permettait d’aider mon père ; la vie était dure, le mépris, l’oppression, les enfants de mon âge étaient déjà adultes et mûrs. Nous vivions la montée de la Révolution, les militants, les fidayine constituaient pour nous de symboles, des exemples à suivre. Des personnalités révolutionnaires, telles que Larbi Amari, dit Petarès, Moune Tiah, Sid Ali Bouziri étaient des idoles pour les jeunes parce qu’ils avaient osé défier l’ordre colonial. Nous
    observions leur détermination face aux militaires français notamment à La Casbah en 1957, j’ai intégré une cellule de soutien en apportant ma contribution… J’ai été arrêté début août 1957 à la suite de la dénonciation d’un compagnon qui avait été atrocement torturé. Je ne lui en ai jamais voulu, je l’ai vu à l’école Bab Djedid où l’on m’a conduit ; il avait un poignard enfoncé dans sa jambe. Il était gêné en me voyant. Pour avoir moi-même subi les tortures, je sais que le corps, la résistance a des limites. Aujourd’hui, certains accablent leurs compagnons de traîtrise alors qu’ils n’ont pas vécu une gifle. Le traître est celui qui a collaboré de sa propre volonté, avec le système colonial, c’est celui qui était adepte de l’Algérie française. Après quelques jours, j’ai été emmené avec dix autres patriotes à la fameuse villa du boulevard Gallieni à El Biar. Elle était située plus bas que la maison Renault, elle a été rasée. C’était horrible, incroyable, insupportable. A toute heure, les tortures étaient appliquées. Jusqu’à souhaiter la mort.
    Douze jours de supplices… Nous avons « respiré » lorsque les parachutistes ont ramené 35 militants du réseau sanitaire. Alors les tortionnaires se sont intéressés à eux. C’était comme une délivrance. Ensuite j’ai été transféré aux camps de détention de Ben Aknoun et Beni Messous...

    Lire ce témoignage en consultant :
    http://www.lejourdalgerie.com/Editions/311006/Rubriques/Culture.htm

  • Le 22 juillet 2007 à 07:40, par Nathalie

    Les méthodes utilisées par certains soldats de l’armée française durant la guerre d’Algérie n’ont rien à envier à celle de la gestapo.Pour cela il est intéressant de lire ’’Quand la France torturait en Algerie’’ et’’Torturés par le Pen’’ de Hamid Bousselham.(Editions Rahma,Anep, Alger.)
    Je crois que tout ce qui peut contribuer à un travail de mémoire et à éclairer notre passé est une contribution positive pour nous français et pour les algériens par ailleurs.
    Les témoignages accablants du general Aussaresse sur la torture en Algerie sont là depuis deja l’an 2001 mais les autorités françaises ne parviennent pas à regarder en face la réalité cette guerre occultée pendant un demi siècle.Aprés avoir pris connaissance du livre du général Aussaresses sur la torture en Algerie,j-m le Pen a déclaré ,en toute bonne conscience,que ’’ les méthodes qui furent utilisées étaient des méthodes brutales mais n’ayant pas l’ignominie de ce qu’on décrit et qui sont le fait de petits groupes spécialisés couverts par leurs autorités militaires’’.
    Mais en lisant les 2 livres cités ci dessus on verra que la réalité ,et témoignages prouvent autre chose.
    Pendant la bataille d’alger,le lieutenant jean marie le Pen pratiquait la torture dans la villa des roses,au 74 boulevard gallieni à el biar.C’est dans ces lieux qu’il s’est livré sur des prévenus sans défense à des actes d’une éxtreme cruauté sous prétexte de les faire avouer.dans la villa il disposait d’une baignoire pour y pratiquer la torture dite de la ’’baignoire’’.il y plongait la téte de ses victimes jusqu’a suffocation.iI etait aussi arrivé au lieutenant le pen de finir ses victimes dans le jardin de la villa ou bien d’organiser une exécution d’un détenu aux yeux de ses victimes impuissantes.
    Un temoin Mahfoudh Abdelbaki se souvient un jour le Pen a fait sortir tout le monde de la baraque.il leur a dit :’’ vous allez voir une exécution’’.c’etait la nuit.il nous a demandé de nous mettre debout.puis les soldats ont amené Moussa.ils l’ont mis à genoux.il sortait d’interrogatoire et il était couvert de sang sur le visage et la cage thoracique.le Pen va et vient dans la salle devant Moussa à genoux.il lui dit’’ Moussa tu as jeté des bombes,tu as fait le con.tu as menacé tes camarades,qui ne supportent pas la torture’’.alors il sortit son revolver de l’étui.il l’a mis sur la tempe du pauvre et il a tiré.puis il a crié’’ tout le monde dedans.allez rentrez,c’est fini’’.Moussa à été exécuté pour ’’l’exemple’’.Le Pen s’installait parfois à la terrasse de la villa des roses pour ’’admirer’’ le spectacle de sa toute puissance d’officier tortionnaire ayant droit de vie et de mort sur ses victimes.
    le Pen frappait lui même ses prisonniers sans défense transformés en sac d’entrainement.il les boxait en trouvant un plaisir sadique à les mettre k.o
    D’après la veuve de Mouloud Messaoud,dont le fils,Hadj Ali Mouloud,a été torturé 0 mort dans la villa des roses,LE PEN s’est adressé en ces termes à ses compagnons de détention : ’’je suis prêt à me farcir un ’’bougnoule’ à chaque petit déjeuner.vous les ratons,vous ne comprenez qu’un seul langage,l’insulte,les coups,et quand vous ne voulez pas comprendre que vous etes à ma botte,je vous élimine’’
    Ce qui n’empêchait pas le pen de rappeler à tout moment à ses victimes ’’ la mission civilisatrice de la france’’.il rassemblait parfois ses victimes encore couvertes de sang et leur administrer des leçons de morale’’je ne vous comprends pas pourquoi vous faites la guerre à la france ? qu’est ce qui vous manque ? je suis allé dans beaucoup de foyers.j’ai vu que beaucoup avaient de jolis meubles et des postes radio.certains avaient méme de la télévision.qu’est c que vous cherchez de plus ? "...
    Et dire que Sarkozy a reçu ce tortionnaire de le Pen à l’Elysée.Ce que ni Mitterrand ni Chirac n’ont fait ...

  • Le 17 juin 2007 à 13:44, par Jean Moulin

    il faut que les Français sachent qui est Le Pen, cet homme qui a la prétention de diriger notre pays

    Si le séjour de Jean-Marie Le Pen dans l’Algérie en guerre a été bref – de janvier à fin mars 1957 –, le lieutenant du 1er régiment étranger de parachutistes (REP), attaché à la division Massu, a laissé dans l’ex-colonie française de terribles souvenirs. Elu député poujadiste à l’âge de 28 ans, ayant voté l’envoi du contingent en Algérie décidé par le gouvernement de Guy Mollet, Jean-Marie Le Pen s’engage en 1956 pour six mois. Il débarque en pleine bataille d’Alger. Basé à la Villa des Roses (aujourd’hui remplacée par un jardin public sur les hauteurs d’El-Biar), il fait officiellement du renseignement.

    Les Algériens qui ont eu à faire à lui, dans le cadre des opérations de « maintien de l’ordre », suivant la terminologie employée par les autorités françaises à l’époque, et qui acceptent de témoigner, gardent l’image d’un homme « extrêmement violent » et, par-dessus tout, d’un « tortionnaire » . Le cas de Abdenour Yahiaoui est particulièrement éclairant.

    Le Pen : « J’ai torturé … »
    Les dossiers du Canard Enchaîné, N° 45, octobre 1992.

    « Je n’ai rien à cacher. J’ai torturé parce qu’il fallait le faire. Quand on vous amène quelqu’un qui vient de poser vingt bombes qui peuvent exploser d’un moment à l’autre, et qu’il ne veut pas parler, il faut employer des moyens exceptionnels pour l’y contraindre. C’est celui qui s’y refuse qui est le criminel car il a sur les mains le sang de dizaines de victimes dont la mort aurait pu être évitée. »

    Ainsi s’exprime, dans une interview accordée au quotidien Combat, le 9 novembre 1962, un candidat aux législatives nommé Jean-Marie Le Pen, qui croit sans doute se montrer à ses électeurs sous son meilleur profil. Dès le lendemain, il tient à préciser que le terme de « torture » ne peut s’appliquer aux « méthodes de contraintes » qu’il a utilisées en Algérie quand il servait comme sous-lieutenant. A cette nuance près, il ne « conteste pas l’objectivité » avec laquelle ses propos ont été rapportés.

    Cette opinion sur le problème de la torture, grand débat qui agite alors la France depuis plus de cinq ans, ce n’est pas la première fois que Le Pen l’exprime sans faire le détail. Ses propos de soudard ont laissé bien d’autres traces. Pour ne citer que les plus indiscutables, le Journal officiel du 12 juin 1957 rapporte les mots du jeune député poujadiste Le Pen : « J’étais à Alger officier de renseignement comme tel je dois être aux yeux d’un certain nombre de mes collègues ce que pourrait être le mélange d’un officier SS et d’un agent de la Gestapo. Ce métier, je l’ai fait... »

    En juillet 1984, vingt-sept ans plus tard, Le Canard publie, sous la plume de Gabriel Macé, un article qui rappelle que l’homme qui va entrer au Parlement européen est un ancien praticien de la gégène. […] Le temps a passé, et le rude baroudeur aspire désormais à la respectabilité de l’homme politique. Autre public, autre image. Le Pen affirme qu’il n’a jamais torturé et décide de poursuivre Le Canard en diffamation pour, dit-il, « vider l’abcès une fois pour toutes ».

    Les procédures judiciaires seront longues car la loi sur la presse interdit à un journal accusé de diffamation de rapporter la preuve qu’il a dit la vérité si les faits remontent à plus de dix ans, ou s’ils sont amnistiés. Mais la justice finit par donner raison à ceux qui dénoncent les actes de torture commis par Jean-Marie Le Pen, en les relaxant des poursuites en diffamation. La Cour de cassation, a ainsi confirmé, en juin 2001, un arrêt de la cour d’appel de Paris en faveur de Pierre Vidal-Naquet. Quelques mois auparavant, elle avait pris la même décision en faveur de Michel Rocard, qui, en 1992, à la télévision, avait accusé Jean-Marie Le Pen d’avoir torturé. La Cour avait estimé en particulier que l’ancien premier ministre « avait poursuivi un but légitime en portant cette information à la connaissance des téléspectateurs »

  • Le 12 avril 2007 à 14:48, par Mylène

    Décidément ce Jean-Marie Le Pen était capable de tout. Pour mémoire, voici son intervention ,en tant que député ,pour soutenir le maintien de l’Algérie française, le 28 janvier 1958, à l’Assemblée Nationale :

    Ce qu’il faut dire au Algériens, ce n’est pas qu’ils ont besoin de la France, mais que la France a besoin d’eux. C’est qu’ils ne sont pas un fardeau ou que, s’ils le sont pour l’instant, ils seront au contraire la partie dynamique et le sang jeune d’une nation française dans laquelle nous les aurons intégrés.
    J’affirme que, dans la religion musulmane, rien ne s’oppose au point de vue moral à faire du croyant ou du pratiquant musulman un citoyen français complet. Bien au contraire, sur l’essentiel, ses préceptes sont les mêmes que ceux de la religion chrétienne, fondement de la civilisation occidentale. D’autre part, je ne crois pas qu’il existe plus de race algérienne que de race française...
    Je conclus : offrons aux musulmans d’Algérie l’entrée et l’intégration dans une France dynamique. Au lieu de leur dire, comme nous le faisons maintenant : « vous nous coûtez très cher, vous êtes un fardeau », disons-leur : « nous avons besoin de vous, vous êtes la jeunesse de la nation ».

  • Le 4 avril 2007 à 14:42, par Louis

    Pour votre information :

    François Mitterrand a approuvé plus de trente exécutions capitales de militants du FLN entre 1956 et 1957 pendant la guerre d’Algérie alors qu’il était garde des Sceaux dans le gouvernement de Guy Mollet, selon une enquête du ’’Point’’ .04-09-01 .

    ’’Sur les 45 dossiers d’exécutés lors de son passage Place Vendôme, François Mitterrand, ne donne que sept avis favorables à la grâce (six autres avis étant manquants)’’, souligne l’hebdomadaire dont les révélations sont fondées, selon lui sur la consultation, après dérogations, du ’’registre des grâces’’ -dans lequel sont écrits, à partir de 1950, les noms de l’ensemble des condamnés à mort- et de 141 dossiers de condamnés exécutés.

    Lors de la consultation de ces documents inédits de la chancellerie obtenus auprès de la Direction des Archives de France, les journalistes du ’’Point’’ précisent avoir établi un décompte du nombre de combattants exécutés pendant la guerre d’Algérie pour arriver au chiffre de 222 militants du FLN exécutés entre 1956 et 1962.

    ’’Quelques feuillets, deux ou trois bristols griffonnés de mains illustres ont donc suffi à mener, le plus souvent au terme une parodie de justice, 222 hommes à la mort en cinq ans’’, écrit ’’Le Point’’.

    Les premières exécutions correspondraient au passage de François Mitterrand, alors âgé de 39 ans, au ministère de la Justice entre le 2 février 1956 et le 21 mai 1957. Ainsi, avant de faire abolir la peine de mort en France en 1981, l’ancien président de la République aujourd’hui décédé se serait opposé aux recours en grâce de 32 militants du FLN condamnés à mort, selon ’’Le Point’’.

    ’’’Avis défavorable au recours’ ou encore ’Recours à rejeter’ : ces deux formules tracées à l’encre bleue ont la préférence de François Mitterrand quand, garde des Sceaux, il décide de donner un avis défavorable au recours en grâce des condamnés à mort du FLN dont les dossiers lui sont soumis’’, peut-on lire dans l’hebdomadaire.

    Pour prouver ses dires, l’hebdomadaire publie un fac-similé d’une demande d’avis du garde des Sceaux sur le recours en grâce de Babouche Said ben Mohamed, un document où sont apposés les mots ’’avis défavorable au recours’’ avec la signature de François Mitterrand et la date du 8 juin 1956.

    Onze jours plus tard, selon ’’Le Point’’, ’’les deux premières exécutions capitales de militants du FLN ont eu lieu à la prison de Barberousse, à Alger’’.

    (Source : AP)

  • Le 2 avril 2007 à 13:20

    Je trouverai normal de parler davantage de la torture pratiquée par les autorités françaises pour une raison très simple : elle a été largement plus massive. Le centre de torture de Constantine où la torture se faisait à l’echelle quasi industrielle totalise à lui seul nettement plus de crimes contre l’humanité que les indépendantistes (plus de 100 000 algériens « interrogés » le plus souvent après des rafles)

    Ensuite oui la torture a continué dans l’Algérie indépendante : ce sont là les séquelles du colonialisme, un traumatisme lié à 132 ans de barbarie coloniale qu’il est évidemment difficile de surmonter ; Mais j’ai bon espoir que l’Algérie renoue un jour avec l’esprit de l’Emir abdel Kader, précurseur par son humanisme de la croix rouge et sauveur des chrétiens de Damas promis à une mort certaine lors de son exil.
    N’oublions jamais que c’est l’administration coloniale et la pression policière française qui a fait du FLN « un parti à visé totalitaire » selon l’expression m^me de M. Harbi.

    J’ajouterai que pas plus que la torture perpétrée par les autorités françaises ne regarde la seule France, les abominations de certains indépendantistes ne regardent la seule Algérie. Le crime contre l’humanité interpelle l’humanité toute entière.
    Mais encore une fois le déséquilibre est eclatant : il y a eu finallement très peu de français victimes de crimes contre l’humanité de la part des indépendantistes, et même si on compte les harkis massacrés après la guerre cela ne rétablit en rien l’équiibre. Il ne faudrait pas réviser cette évidence.

  • Le 23 mars 2007 à 15:07

    Exact pour le côté unilatéral, mais pour l’ALN c’est à l’Algérie de s’en occuper (il s’agit de procès nationaux, non ?)...

    Evitez de citer Wikipédia, ce n’est pas - en soi - une source vérifiable (c’est dit sur le site).

  • Le 21 mars 2007 à 17:26, par Ghizlaine

    Vous avez bien raison , il faudrait également juger, pour crimes de guerre ,Guy Mollet et Mitterrand , sans oublier Lacoste , Bourgès-Maunoury et Max Lejeune .C’est, effectivement ,François Mitterrand qui, en 1956, a créé les conditions légales de la torture en Algérie.
    Selon Jacques Attali, Mitterrand aurait reconnu avoir fait une erreur quand il a, comme garde des Sceaux, proposé la loi qui est devenu la loi de mars 1956 qui donnait tous les pouvoirs aux militaires en matière de justice en Algérie. La faute politique est d’avoir remis à l’armée les pouvoirs de police et de justice jusque là détenus par l’autorité civile en Algérie. Il n’en reste pas moins que Le Pen a torturé en Algérie et pour ses crimes , il n’a pas été jugé. Il est , de nouveau , candidat présidentiel . J’ai honte pour notre France .

  • Le 21 mars 2007 à 10:54, par Haliway

    Et les français torturés par les algériens du FLN et du ALN ???
    Marre de voir l’histoire traitée de façon unilatérale ...

    Extrait :

    De son coté, l’ALN employa des méthodes telles que émasculation des hommes et utilisation de leur propre organe rigidifié par une tige de métal pour les sodomiser, et pour les femmes seins coupés, ventres ouverts au couteau, etc. Paul Bonnecarrère, notamment, évoque les deux dans son livre La guerre cruelle ; supplétifs musulmans ou civils des mechtas fidèles à la France égorgés, émasculés, les lèvres, les oreilles et le nez coupés, femmes éventrées, massacre d’un village MNA par le FLN.

    Les tortures visaient à entretenir un climat de terreur. La torture a d’ailleurs continué dans l’Algérie indépendante, d’après Algeria Watch, comme le souligne aussi Pierre Vidal-Naquet à la LDH. Le numéro spécial N°61 de 1957 de la revue Algérie Médicale, organe officiel de la société médicale des hôpitaux d’Alger et de la Fédération des Sciences médicales de l’Afrique du Nord, présente les efforts du corps médical français en Algérie pour réparer les mutilations faites au visage contre les Musulmans n’ayant pas suivi les consignes du FLN. En juin 1957, les victimes civiles du FLN en Algérie s’élevaient à 6075 Français-musulmans et 870 Européens. En 1962, il fallait rajouter a ce nombre, les dizaines de milliers de Harkis tués après avoir été désarmés et abandonnés par l’armée française.

  • Le 20 mars 2007 à 14:14, par maudu

    A priori, on peut croire que Le Pen a participé à des actions peu glorieuses pendant la bataille d’Alger, mais enfin, quand même un peu de vérité historique : pendant la bataille d’Alger ce sont les socialistes qui étaient au pouvoir en France, pas Le Pen, ce sont eux qui ont autorisé ces exactions et qui ont laissé faire... S’il y avait un jugement de criminel de guerre à faire, il faudrait y traduire messieurs Guy Mollet et Mitterrand ( qui a fait voter la loi autorisant le pouvoir à utiliser le contingent pour le fameux maintien de l’ordre ), evidemment les sous-fifres sont responsables de leurs actes, mais ce sont les hommes au pouvoir qui seraient à condamner.

  • Le 31 janvier 2007 à 15:45, par Rym

    Pour votre in formation : Communiqué d’Amnesty international

    "France/Algérie : Les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles

    Amnesty International demande que les responsables des crimes de guerre et
    des crimes contre l’humanité commis durant la guerre d’Algérie soient
    traduits en justice.

    Des hauts responsables militaires français de la guerre d’Algérie
    (dont les généraux Jacques Massu et Paul Aussaresses) admettent aujourd’hui
    publiquement avoir ordonné ou pratiqué la torture et les exécutions extra
    judiciaires. D’autres continuent de se taire. Il s’agit de crimes qui
    continent de bénéficier d’une impunité absolue.

    Les crimes décrits par ces généraux constituent des crimes de guerre
    et peut-être même des crimes contre l’humanité qui doivent faire l’objet
    d’une enquête, et dont tous les responsables doivent être traduits en
    justice, et les victimes indemnisées.

    En application des Conventions de Genève et du droit coutumier
    international, tous les états ont compétence universelle et doivent
    traduire en justice et punir les responsables des crimes de guerre et des
    crimes contre l’humanité. De tels principes doivent s’appliquer à la guerre
    d’indépendance d’Algérie (1954-1962) et pour toutes les parties.

    Amnesty International rappelle que les aspects positifs du débat qui a
    lieu en ce moment en France se doivent d’être concrétisés par des mesures
    conformes aux principes internationaux qui régissent les crimes reconnus
    par ces généraux.

    Reconnaître ces crimes ne saurait suffire. Le vrai débat porte sur
    l’impunité dont continuent de bénéficier leurs responsables et le déni de
    justice auquel continuent de faire face les victimes et leurs familles.

    Les autorités françaises ont salué l’arrestation du général Pinochet
    en Angleterre. Il s’agit maintenant d’appliquer les principes qui ont
    gouverné leur attitude aux nouveaux développements qui se déroulent dans
    leur propre territoire à la suite des déclarations des généraux Massu et
    Aussaresses.

    Les procédures judiciaires engagées ces dernières années en France
    (Barbie, Papon, et Touvier notamment) et ailleurs concernant des crimes
    perpétrés des décennies auparavant ont démontré que les impératifs de
    justice ne peuvent être effacés par le temps.

    Le caractère imprescriptible de ces crimes est un fait reconnu par le
    droit international.

    Amnesty International considère que le manque de volonté politique
    des gouvernements français successifs de traduire en justice les
    responsables de ces crimes a contribué a présenter la torture, les
    exécutions sommaires et les « disparitions » comme des maux nécessaires.

    "La lutte contre l’impunité constitue la pierre d’angle de
    l’éradication de la torture et des crimes contre l’humanité" conclut AI.

  • Le 29 janvier 2007 à 16:55, par dilgo

    Monsieur,
    Je viens de m’apercevoir du long témoignage que vous avez laissé sur le Bondy Blog en commentaire du premier épisode que j’y publie.
    Merci. Je découvre par là-même vos contributions à l’histoire.
    Bonne continuation, Dilgo.

  • Le 23 janvier 2007 à 18:40, par Warda

    Nous savons à travers les témoignages de plusieurs algériens que le Pen a torturé . Pour ses crimes il doit être jugé. L’envoyée spéciale du journal LE Monde , Florence Beaugé a recceulli d’autres témoignages d’algériens torturés par le Pen. Son livre « Algérie, une guerre sans gloire. Histoire d’une enquête », Calmann Lévy, Paris 2005 complète celui de Hamid Bousselham « Torturés par Le Pen » . Henri Alleg a rendu hommage au travail de Hamid Bousselham dans un article publié par le Quotidien d’Oran et au travail de Florence Beaugé, « non pas pour avoir découvert une vérité qui est connue », mais pour avoir montré aux Algériens que « tous les Français ne sont pas des Jean-Marie Le Pen, tous les Français n’admettent pas ce qui s’est passé dans leur pays et souhaitent pour les générations qui viennent une fraternité et une amitié qui n’auraient jamais dû disparaître ».
    Saviez vous qu’à l’Assemblée nationale, Le Pen avait déclaré : « Si vous ne faites pas l’Algérie française, vous aurez la France algérienne. » Faire l’Algérie française, c’était faire des musulmans algériens des citoyens à part entière. Vous pouvez parfaitement comprendre par ailleurs que pour avoir torturé en Algérie je ne souhaite pas que Le Pen devienne président de cette France si chère à notre coeur.
    Il suffit de lire les témoignages de ces algériens torturés par Le Pen, pour qu’un jour on ne puisse pas dire je ne savais pas que Le Pen avait torturé en algérie.

  • Le 23 janvier 2007 à 15:58, par feriel

    Vous avez raison sur un point : « La vérité ressortira de toute façons » Cela dit, plus personne ne doute décemment que le Pen a torturé en Algérie. D’autres témoignages d’algériens torturés par le Pen ,notamment ceux publiés par le journal « le Monde » confirment que le Pen a bel et bien torturé en Algérie avec tous les pouvoirs de torturer comme Aussaresses , Schmitt,
    Graziani, Chabanne, Faulques,
    Fleutiaux, Erulin,
    Massu et Bigeard...

  • Le 18 janvier 2007 à 13:51

    Arrettons les betises.

    La verite resortira de toute facons, et vos noms avec.

    Les mensonges ne vous porteront pas au paradis.

  • Le 24 décembre 2006 à 19:37, par nikki

    Le pen finira peut être, comme Pinochet par mourir tranquillement dans son lit , et dire qu’un quart de la population française a déja voté pour qu’il devienne président. Cela dit , il faut tout faire pour dénoncer ses crimes pour que tous les français sachent qui est réellement le pen , tortionnaire en Algérie...candidat présidentiel en France.

  • Le 8 décembre 2006 à 12:28, par v/

    Bonjour,
    on comprends pourquoi la plaie de cette guerre ne se referme pas, ou si peu. La plaie, ici même en france, c’est ce type qui mourra probablement tranquillement dans son lit, et c’est la présence de ce genre de fasho qui empêche toute réconciliation. C’est effectivement honteux pour notre démocratie. Bcp de tristesse à lire ces témoignages de tortures gratuites par un psychopathe se prenant pour dieu. Lepen à lui tout seul est une sorte de provocation permanente à l’égard des algériens. difficile de comprendre pourquoi un procès n’a jamais eu lieu afin de mettre sur la table ce qu’il s’est passé de chaque côté et de régler les comptes une fois pour toute. c’est très regrettable, et principalement à l’égard de ceux qui en ont souffert ou en sont mort. bien à vous,
    Valéry - Paris


Dans les prochains jours :

jeudi 17 mai


samedi 19 mai

Infos locales

  • Résistances et solidarités internationales

    Projection-débat sur les mouvements sociaux au Chili

    L’asso­cia­tion « Chilenos en Rennes » débar­que à Lyon, et vous invite à une pro­jec­tion-débat, le diman­che 20 mai à 19h30, au bar De l’Autre CôTé du PonT.

  • Expression - contre-culture

    Soirée de Lancement de la revue Volée de plomb

    Le groupe « Retour de mani­velle » vous invite au lan­ce­ment de sa revue :
    Ce numéro ques­tionne les pos­si­bi­li­tés d’auto­no­mie dans une société tech­no­lo­gi­que­ment assis­tée, à tra­vers la réap­pro­pria­tion des savoir-faire et notam­ment ceux qui relè­vent de l’impri­me­rie :

  • Expression - contre-culture

    Luttes, une exposition de Papy@rt au Lavoir Public

    Du 12 mai au 4 juin 2012, Le cri de l’encre hors les murs
    Au Lavoir Public, 4 impasse Flesselles, Lyon 1er pré­sente LUTTES, Une expo­si­tion de Papy@rt

  • Ecologie - nucléaire - Alternatives

    Rencontres Désobeissance civile et Clown activisme à Décines

    Après la jour­née « j’art dîne » de mer­credi, le repas de quar­tier du jeudi, ce wee­kend des 19 et 20 mai sera placé sous le signe de l’acti­visme...
    Le pro­gramme sera défini le samedi matin en fonc­tion des par­ti­ci­pan­tEs.

  • Résistances et solidarités internationales

    Rassemblement en soutien à Elvis

    Rassemblement le 23 mai 2012 à 18h 30 en sou­tien à un étudiant sans-papiers

  • Fêtes - Festivals - Vie du mouvement

    Bar de la CNT

    Bar de la CNT tous les jeudis soirs


12 mai

  • Infos

    A écouter : des nouvelles de la grève étudiante au Quebec

    Au Québec les étudiantes et les étudiants sont en grève depuis 3 mois contre un projet de hausse des frais d’ins­crip­tion. Entretien audio d’une ving­taine de minu­tes avec Carlo, acti­viste de Montréal.

  • Infos

    Commémoration des massacres du 08 mai 1945

    Le 08 mai 1945 l’armée fran­çaise mas­sa­crait des dizai­nes de mil­liers d’Algériens dans le Constantinois. Ce mardi 08 mai plu­sieurs dizai­nes de per­son­nes se sont réu­nies pour une com­mé­mo­ra­tion place Gabriel Péri dans le 07e arron­dis­se­ment. Quelques sons pio­chés là-bas à écouter sur rebel­lyon.info

  • Résistances et solidarités internationales

    URGENCE ! Soutien aux 2 000 prisonniers politiques palestiniens en grève de la faim

    Depuis le 17 avril, 2000 pri­son­nier(e)s pales­ti­nien(ne)s mènent une grève de la faim. Tout comme près de 800 000 pales­ti­niens qui ont connu les pri­sons israé­lien­nes depuis 1967 - soit un pales­ti­nien sur trois ! - le seul crime de ces pri­son­nier(e)s est d’avoir résisté à la colo­ni­sa­tion pour l’appli­ca­tion du droit : la fin de l’occu­pa­tion et le droit au retour des réfu­giés.

  • Fêtes - Festivals - Vie du mouvement

    Free surprise party en soutien à la caisse de solidarité

    Samedi 12 mai dès 22h à Lyon 7e.

  • Fêtes - Festivals - Vie du mouvement

    Festival « Un autre monde » à Montluel

    Au pro­gramme du Festival Un Autre Monde 2012, retrou­vez le Tram Des Balkans à la salle poly­va­lente à Montluel toute la jour­née du samedi 12 mai.

  • Infos

    Soirée de soutien à l'entarteur de Raffarin

    Soirée de sou­tien pour l’entar­teur qui pas­sera devant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Lyon le 30 mai 2012 pour « Violences avec arme en l’espèce ». Samedi 12 mai à la Coopérative du Zèbre avec pro­jec­tions et concert à partir de 19h


10 mai


8 mai


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