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OL Land : concertation et démocratie, réalité ou utopie ?

Publié lundi 12 novembre 2007
 

L’association Carton Rouge est opposée à l’implantation de l’OL LAND à Décines.

Dans l’OL LAND il y a un complexe sportif avec un stade, des hôtels, un centre commercial et bien d’autres choses… Pour nous faire croire qu’il y a discussion sur le projet nos élus du Grand Lyon ont engagé une concertation. Voilà ce que nous en pensons.

La procédure de concertation en cours appelle à faire part de réflexion essentielle sur la présentation de ce projet. On voudrait bien croire les propos « qu’on n’est pas là pour imposer » (Jean-Michel AULAS) que les choses se feront « dans la transparence la plus complète » (Gérard Collomb). « L’ouverture des concertations » montre à l’évidence que les choses sont présentées au public comme si le projet était inéluctable  :
- pour la création de la Ly6,
- pour la création par le Sytral du nouvel axe fort qui sera créé,
- pour la modification de l’échangeur numéro sept de la Rocade Est,
- pour les aménagements de proximités qui seront réalisés ”

c’est l’indicatif futur et non le conditionnel qui est utilisé.

Même chose dans l’intervention de M. Aulas au Progrès le 10 février 07 : les choses sont présentées au futur, et comme décidées. Si on peut, à la rigueur le comprendre sans l’admettre d’un entrepreneur privé qui n’engage que lui, on ne peut l’accepter d’élus, qui, faisant la même chose, anticipent sur le débat sur les résultats des procédures démocratiques qui sont chargées de mettre en oeuvre dans les processus dont ils sont, en principe, les garants, et donc préjuger du résultat en exerçant ainsi des pressions inadmissibles.

Que M. Aulas se garantisse que le projet qu’il présente a été étudié sous toutes les coutures «  par des spécialistes » sur la base d’un cahier des charges précis fourni par l’OL, quoi de plus normal, cela nous rassure sur le professionnalisme de l’OL. C’est le contraire qui aurait été surprenant. Mais il aurait été bien aussi étonnant que les études n’aboutissent pas aux conclusions souhaitées par le commanditaire. C’est d’un organisme indépendant et impartial dont il faudrait entendre les conclusions, après fourniture, également, d’un cahier des charges par les habitants du secteur. En l’occurence, le Grand Lyon ne joue pas ce rôle impartial qu’on est en droit d’attendre de lui. Il y a confusion des genres les plus douteux. Deux exemples supplémentaires peuvent en témoigner.

1°) Lors de la réunion organisée par l’OL à Décines le 24 septembre M. Collomb a pris la parole en tant que président du Grand Lyon. Dommage qu’il ait appuyé son exposé par des diapos marqués du sigle de l’OL : ce n’était pas le meilleur moyen de montrer qu’il était indépendant de tout lobby. Ses services n’ont-ils pas les moyens de produire des documents qui présentent les faits de façon indépendante ?

2°) Par ailleurs, « l’actu locale du 2 juillet au 6 juillet » 2007 du groupe socialiste et apparenté du Grand Lyon indique, sous le titre « OL Land respire », que « la création du centre commercial de plus de 25 000 m² contigus au projet du Grand stade à Decines vient d’être autorisée en appel », ce qui appelle plusieurs commentaires, puisqu’on sait que le président du Grand Lyon et membre de ce parti. D’une part, l’OL land paraît clairement considéré comme acquis. D’autre part, la liaison entre l’OL Land et le centre commercial est explicitement évoquée, ce qui montre bien comment le parti politique majoritaire du Grand Lyon connaît le lien entre les deux, même s’il essaye de les faire dissocier dans la démarche de concertation, de révision du PLU et d’aménagement (ce qui est intellectuellement malhonnête) ; enfin, la tonalité de l’article donne à penser que le parti socialiste lyonnais « respire » lui aussi à l’annonce de cette nouvelle.

Comment ne pas avoir dans les 10 lignes de cet article les « liens » (dirons-nous « collusions » ?) existant entre un grand groupe privé et le pouvoir politique majoritaire. Manifestement, la transparence et la démocratie n’y sont pas. Peut-être, en vient-on à penser, y a-t-il « raison d’État » lyonnaise ? Mais, si c’est le cas, qu’on nous explique sans détours et en toute franchise, et qu’on s’entende sur les mots, textes, raisonnements, argumentaires et procédures pour ne pas les détourner de leur sens.

Un argument essentiel de M. Collomb tient dans « le rayonnement » que l’OL assure à la ville. Nous en sommes d’accord mais ce rayonnement national ou international est totalement indépendant du fait que l’OL Land soit à Gerland, a Décines ou ailleurs dans l’agglomération. Or à Décines il est très mal placé, le rayonnement dépend des performances, et les performances ne dépendent ni du stade, ni du lieu de son implantation. L’amalgame est intellectuellement inadmissible. Il y a donc une sorte de terrorisme intellectuel à vouloir forcer la main des citoyens contribuables en leur faisant croire que les choses ne peuvent se faire que comme on les présente, sauf à se « concerter » sur des détails. On en arrive même à entendre qu’être contre OL Land c’est être contre l’OL, voir contre Lyon ! Quelle confusion mentale ! Nous sommes contre une implantation à Décines (ou dans un site du même type), parce qu’elle est, cela crève les yeux, totalement inadaptée.

Quant à la communication sur le projet, elle est sans doute dans son rôle de propagandiste, mais le pouvoir politique n’est pas dans le sien. Lors d’un reportage sur OL Land sur FR3 régional le 1er octobre 2007, on nous dit d’une part que « le club joue la carte écologique » (c’est une contrevérité, on l’a vu, mais on ne demande pas à la propagande d’être sincère) d’autre part que « le Grand Lyon s’engage à payer les infrastructures » chiffrées à 80 millions d’euros (mais sur la base de quelle décision, cet« engagement » ? Encore un indicatif présent !), enfin « que les élus ne souhaitent pas répondre à nos questions ».

Tous les élus ? Disposent-ils des informations indispensables à une prise de décision ? S’agit-il de la « toute transparence » annoncée ? Manifestement, il y a soit rétention d’informations, soit rétention d’ informations pourtant indispensables à une appréciation équilibrée du projet. L’une n’est pas plus acceptable que l’autre, et c’est vraiment la crédibilité des élus qui est ici en compte.

Enfin, il est assez malvenu que ce soit aux élus de l’est lyonnais que M. Collomb vienne dire, lors de la réunion du 17 octobre à Meyzieu qu’il n’admet pas le raisonnement « pas chez moi, mais chez les voisins ». Est-ce vraiment eux qui méritent le plus d’entendre de tels propos ? Nous pensons bien entendu aux élus de l’ouest lyonnais.

CARTON ROUGE


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