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Retour sur la manif du 14 juillet à Die (Drôme)

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Ce lundi 14 juillet, un appel à rassemblement avait été lancé pour 15h sur la place centrale de Die, en vue de protester contre le programme de vidéo-surveillance de la nouvelle mairie. Une petite centaine de personnes avait répondu présentes à cet appel.

L’ambiance était détendue et joyeuse sous les platanes. Il y avait des déguisements, des pancartes avec des slogans sympas du style « ne soyons plus des bio-valets » (en référence à la biovallée) ou « no futur à Die » (en référence au nom de l’équipe de droite élue aux municipales, futur@die ).

La chorale révolutionnaire a chanté longtemps, accompagnée de tambours et de caisses claires, certain-es ont dansé, et on a goûté de bons gâteaux faits maison.

A 16h35, deux voitures de gendarmerie sont arrivées, les autorités ont palabré un moment entre elles. Puis le maire, la sous-préfète et le commandant de la gendarmerie sont venus annoncer aux manifestants un ultimatum : à 17h30, la place doit être vidée, sinon « nous vous envoyons la cavalerie ». Il y a eu quelques débats dans l’assemblée pour savoir si l’on allait obtempérer et de quelle manière. Assez rapidement, les panneaux et la déco ont été repliés, les gens ont commencé à partir, la place s’est vidée. A 18h, il restait une dizaine de personnes qui discutaient devant les grilles installées autour de l’espace du feu d’artifice.

Et là, surprise : 7 ou 8 voitures de gendarmerie arrivent sur la place, les pandores se déploient équipés pour l’intervention, flash balls et tasers à la main. Ils encerclent les dix personnes encore rassemblées sous l’oeil médusés des nombreuses personnes attablées aux terrasses des bars, les repoussent un peu à l’écart, et plaquent une personne au sol et la frappent. Ils en arrêtent une autre. Cette scène est photographiée et filmée par plusieurs personnes qui assistent à la scène.

La personne blessée est emmenée aux urgences de Die sous haute escorte gendarmifère. Ensuite elle est emmenée en garde à vue à la gendarmerie de Die.

Depuis aujourd’hui 13h, ces deux personnes ont été transférées sous escorte a priori vers Valence. A cette heure, on ne sait pas encore quel sort leur est réservé. Comparution immédiate ?

L’article publié ce matin même dans le Daubé relate la version des faits de la gendarmerie et de la mairie : « Une installation qui n’a pas été du goût des autorités préfectorales qui ont demandé aux manifestants de quitter les lieux au maximum à 18 heures afin de permettre la tenue d’une animation le soir-même. Mais les manifestants ont refusé cette proposition, conduisant la gendarmerie nationale à les repousser.

Des militaires ont dû employer la force face à deux hommes qui refusaient de s’en aller de manière assez virulente. Ils ont été conduits à la brigade de Die et entendus pour outrage, rébellion et participation à un attroupement non autorisé. »

Voilà une situation flagrante de mensonge d’état, où deux personnes molestées par les forces de l’ordre sont accusées elles-mêmes de violence, d’outrage et de rébellion.

A Die beaucoup de gens sont sous le choc de ces événements et de la réponse disproportionnée des autorités face à une contestation pacifique et bon enfant des politiques mises en place par la nouvelle mairie.

Le soir-même, à 22h30, démarrait un spectacle de feu d’artifice et son et lumière grandiloquent, pour bien donner le ton de la nouvelle ambiance que souhaite imposer la mairie : des divertissements, du tourisme et une population docile et consumériste.

Aujourd’hui, nous disons que ce qui se passe ici, dans nos vallées, est en lien avec ce qui se passe sous d’autres latitudes.

Si leurs politiques avancent ici, nous reculerons partout.

Venez nous rencontrer, nous rejoindre.

Rendez-vous chaque soir (quand le temps le permet), à 18h au square de la comtesse pour continuer à se réapproprier l’espace publique.

Des habitant_es de Die

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