1er Mai Rouge et Noir pour la Lutte des Classes

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Le 1er Mai 1906, la CGT lance son offensive : Grève Générale pour les 8 heures de travail par jour. Cette bataille pour la réduction du temps de travail est au cœur de la lutte des classes comme celle sur la hausse des salaires.

En effet, il s’agit de la répartition de la richesse produite par les travailleurEs. Le but ultime de ces luttes étant bien sûr l’expropriation des patrons. Cette grève générale est aussi annoncée comme étant un exercice pratique d’unité, de combat et de solidarité de la classe des exploitéEs.
Mais cette bataille s’inscrit aussi dans le développement du syndicalisme : Un syndicalisme de lutte de classe, offensif, démocratique... Bref on devrait plutôt dire que c’est le développement de l’anarcho-syndicalisme et du syndicalisme révolutionnaire.

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C’est une époque caractérisée par une dynamique de conquête sociale et la CGT entend bien assumer son rôle d’organisation de lutte. Consciente de l’arme ultime que représente la Grève Générale, elle décide de l’organiser. C’est en congrès que le choix de l’arme est décidé. Il ne reste plus qu’à la préparer, à en faire la propagande. C’est ce à quoi vont s’employer les syndicalistes de la CGT pendant des mois jusqu’au déclenchement le 1er mai 1906. Voilà bien un syndicalisme qu’il nous faut reconstruire loin de la rengaine fatigante de la CGT actuelle qui se borne à répéter au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans la misère : « La Grève Générale ne se décrète pas, elle vient toute seule ».

À la CNT, nous pensons que le syndicalisme doit nous permettre de dépasser ce système capitaliste et que c’est par l’attaque que nous y arriverons (comme ils le pensaient il y a 100 ans). C’est bien pour ça que nous avons fait le choix de construire la Confédération Nationale du Travail : un but clair de transformation sociale révolutionnaire et les mains libres. Nous ne nous retrouvons pas dans ces grandes centrales syndicales qui se sont tellement installées dans la cogestion de ce système capitaliste qu’elles craignent de se suicider en attaquant ce système. Par contre, nous nous retrouvons pleinement dans l’histoire du syndicalisme et de ses fondements : l’anarcho-syndicalisme et le syndicalisme révolutionnaire. D’ailleurs en cette même année 1906, la CGT adopte la Charte d’Amiens. Cette charte est un texte fondateur de notre syndicalisme :

- Lutte des Classes jusqu’à disparition du salariat et du patronat.
- Amélioration immédiate du quotidien des travailleurs/ses (RTT, hausse des salaires).
- La destruction du capitalisme comme but
- La Grève Générale comme arme principale.
- Le syndicalisme comme base de la réorganisation sociale future.
- Autonomie et indépendance du syndicalisme par rapport à tout groupement politique ou philosophique.

La Charte d’Amiens adoptée au congrès de la CGT en 1906 à Amiens.
Résultat du vote : Pour 830 - Contre 8 - Blanc 1

La CGT groupe en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat ;

Le Congrès considère que cette déclaration est une reconnaissance de la lutte de classe, qui oppose sur le terrain économique, les travailleurs en révolte contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression, tant matérielles que morales, mises en œuvre par la classe capitaliste contre la classe ouvrière ;

Le Congrès précise, par les points suivants, cette affirmation théorique : Dans l’œuvre revendicatrice quotidienne, le syndicalisme poursuit la coordination des efforts ouvriers, l’accroissement du mieux-être des travailleurs par la réalisation d’améliorations immédiates, telles que la diminution des heures de travail, l’augmentation des salaires, etc. Mais cette besogne n’est qu’un côté de l’œuvre du syndicalisme ; il prépare l’émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste ; il préconise comme moyen d’action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd’hui groupement de résistance, sera, dans l’avenir, le groupe de production et de répartition, base de réorganisation sociale ;

Le congrès déclare que cette double besogne, quotidienne et d’avenir, découle de la situation des salariés qui pèse sur la classe ouvrière et qui fait, à tous les travailleurs, quelles que soient leurs opinions ou leurs tendances politiques ou philosophiques, un devoir d’appartenir au groupement essentiel qu’est le syndicat ;

Comme conséquence, en ce qui concerne les individus, le Congrès affirme l’entière liberté pour le syndiqué, de participer, en dehors du groupement corporatif, à telles formes de lutte correspondant à sa conception philosophique ou politique, se bornant à lui demander, en réciprocité, de ne pas introduire dans le syndicat les opinions qu’il professe en dehors ;

En ce qui concerne les organisations, le Congrès déclare qu’afin que le syndicalisme atteigne son maximum d’effet, l’action économique doit s’exercer directement contre le patronat, les organisations confédérées n’ayant pas, en tant que groupements syndicaux, à se préoccuper des partis et des sectes qui, en dehors et à côté, peuvent poursuivre en toute liberté la transformation sociale.

Programme pour un 1er mai 2006 noir et rouge

Vendredi 28 avril 20h : La charte d’Amiens (1806), débat avec M. Chueca à La Gryffe, 5 rue Sébastien Griffe, lyon 7e / 21h : Précarité : esclavage moderne ! De la généralisation de la précarité dans la société aux luttes contre le CPE, quelles perspectives pour le mouvement social ? À la plume noire 19, rue Pierre Blanc Lyon 1er

Samedi 29 avril 15h : projection/débat : « Chers camarades », de G. Vidal au local de la CNT , 44 rue Burdeau, Lyon 1er / 19h apéro-bouffe

Lundi 1er mai 10h : Manifestation : place Gabriel Peri pour rejoindre la manif unitaire à 11h place Jean Macé / 12h : Repas de quartier : concert de Ghost Mice (folk punk, USA) place Sathonay, Lyon 1er

Samedi 6 mai 16h : projection/débat “l’exploitation des travailleurEs sans papiers” suivi d’un apéro-repas végétarien prix libre en soutien aux sans papiers

Vendredi 12 mai 20h30 : Concert GNAWA Diffusion+Fath +Amel salle Joliot Curie Vénissieux

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