Compte rendu de l’expulsion du fort de Vancia

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Dans la douce nuit de pleine lune du 17 au 18 mai, les fourbes équipages de l’empire s’infiltrèrent furtivement dans le fort, déjouant l’attention des courageuses sentinelles qui ne virent rien venir...

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Dans la douce nuit de pleine lune du 17 au 18 mai, les fourbes équipages de l’empire s’infiltrèrent furtivement dans le fort, déjouant l’attention des courageuses sentinelles qui ne virent rien venir...
Il était à peine 6 heures du matin quand l’assaut fut donné, plusieurs équipes escaladant les remparts
à l’aide de grappins et d’échelles, pendant que les véhicules garés devant le fort étaient encerclés par la flicaille.

Une fois les portes ouvertes de l’intérieur, 176 gendarmes mobiles en tenues de robocops et boucliers antiémeutes ont investi le fort, suivis d’une dizaine de civiles peu identifiables, prèf, DCRI autres ainsi qu’une poignée de flics municipaux du coin, avec l’air bien cons dans leur tenue d’intervention sortie du placard pour la première fois en 10 ans. Suivirent les élus locaux, Michel Moiroux s’était refait la boule à zéro pour l’occasion, son adjointe teigneuse décrochait haut la main la palme du mauvais goût pour ses bottes en caoutchouc, et leur fidèle huissier qui devrait se préoccuper de sa santé tant il commence à ressembler au croque-mort dans Lucky Luke.

En deux temps trois mouvements ce fut réglé, nous fûmes cueuilli.es comme des pâquerettes au saut du lit, regroupé.es à l’avant du fort et encerclé.es par les keufs. Quelques vaillant.es entamèrent une partie de cache cache pas très équitable mais furent vite ramenées au troupeau.

Suivit l’instant du reniflage par le chien des stups, brave bête, la présence de ses congénères moins serviles lui faisant soudainement prendre conscience de sa trahison de classe, il mit un point d’honneur à ne rien flairer d’anormal dans les poches des 20 personnes présentes qui passèrent sous sa truffe.

Entretemps, les flics faisaient leur sale métier de flics en retournant les affaires personnelles, cassant le matos qu’il pouvaient « chef ! Chef !, ils ont... un trapèze ! -rah les salauds, coupez les cordes mon brave ! » traitant la famille Rrom avec le mépris de circonstance, superbe image de Hares, 6ans, encadré par deux Mobiles. S’en foutant royalement, tant il a l’habitude.

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À ce moment là deux personnes se prennent un rappel à la loi pour stups (vraiment pas la saisie du siècle) et plus grave, la maman sous le coup d’une OQTF est embarquée. Seule bonne nouvelle de la journée, elle ressortira libre du CRA quelques heures plus tard.

Commence alors pour nous une pénible journée de déménagement, peu nombreu.ses et blasées de notre impuissance, on se détend comme on peut en hurlant des horreurs aux flics faute de mieux. Maigre consolation, un blason tricolore se consume lentement dans le barbecue sous le nez des keufs et plusieurs véhicules de la ville ont dû subir quelques avaries cocasses sur le chemin du retour.

L’impression de déjà vu est flagrante, retour sur un parking avec notre matériel en tas, des rondes de flics et d’agents de sécu, des services techniques municipaux qui posent des blocs de bétons. Nuit à la belle étoile, calme étrange qui règne sur le camp de fortune. On sais très bien que le groupe va se désagréger dans les jours à venir, que les flics ne nous laisserons pas le temps d’établir un campement stable. De toute façon, on ne veut pas reproduire éternellement ce schéma, on finirait à bouffer des fleurs dans nos tipis en attendant le grand soir jusqu’au petit matin. Alors voilà, on trace nos routes d’un commun accord, sans heurts ni larmes, on veut prendre des vacances, seul.es ou par petits groupes affinitaires, mais on conspire encore quelques coups tordus, pour bientôt, quand on se retrouvera, quand les indéfrichables feront leur rentrée des classes. On gueule une dernière fois aux flics qu’on reviendra et qu’ils n’ont pas fini d’entendre parler de nous. Et on se marre. Encore.

Dans les jours qui ont suivi, le parking s’est vidé peu à peu, au rythme des aller-retours de l’unique camion disponible pour le déménagement.
Les gendrames se sont fait une petite poussée d’adrénaline en débarquant en mode cowboys pour retrouver une personne qui leur avait un peu trop mis la pression quelques jours plus tôt, et repartent bredouilles.

Enfin, tout le matériel a fini par se volatiliser du parking un matin où personne n’était présent. Une caravane, une voiture, des matelas, canapés, la totalité de la friperie et de la bibliothèque... des outils, du matos de cuisine, des vélos... Contactés par téléphone, mairies et gendarmeries nient évidemment toutes responsabilités, Michel Moiroud doit beaucoup rigoler.

D’ailleurs, voilà pas qu’il se fend d’un communiqué suintant d’autosatisfaction, justice est faite brave gens, où cet individu à la verve putride se permet de placer une liste de remerciement façon star du rock.

Ce monument de littérature réactionnaire est consultable à cette adresse

Désolé de mettre un lien pareil, mais c’était ça ou tacher les belles pages de Rebellyon avec ce torche-cul.

Si ça vous chante, les commentaires sont ouverts sur son blog...

De même, pour poursuivre l’expérience, l’idée d’un recueil de textes portant sur l’occupation à été évoquée. Vous avez été.es nombreux et nombreuses à passer des bons moment avec nous, ou à nous voir nous étriper mutuellement. De ces moments d’intense expérimentation collective, nous aimerions conserver des témoignages, analyses et critiques...
si ça vous branche, écrivez nous sur :
lafrichevancia (Arobase) gmail.com

Encore combien de forts dans et autour de Lyon déjà ?...

Noël au king-par, Pâques aux remparts !

P.-S.

Voilà un premier texte qui en appelle d’autres, tous compléments, toutes critiques sont évidemment bienvenues...

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