Derrière le « dialogue » et la « conférence » sociales, c’est le Capital qui impose la cadence

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Tandis que la crise du capitalisme s’étend, les travailleurs et travailleuses d’Europe (comme en Espagne, Grèce et Italie) continuent à subir les plans d’austérité.

La France n’en est pas exempte, même si de nombreuses mesures avaient été suspendues le temps que se déroule le cirque électoral : l’augmentation des prix (en particulier du gaz), le gel des salaires et des minimas sociaux, la destruction des services publics et les licenciements reprennent de plus belle, à peine un mois après la fin des élections.

Ainsi ce Jeudi 12 Juillet le groupe PSA a fini par révéler son plan de restructuration : ce sont donc 8 000 salariéEs, dont l’intégralité des 3 000 travailleurs et travailleuses du site d’Aulnay, qui seront jetéEs à la porte, sans compter des dizaines de milliers d’autres dans des entreprises sous traitantes. Ce qui n’est que l’amorce d’une vague massive de restructurations dont les salariéEs, comme les Sanofi de Toulouse, seront les seulEs à faire les frais.

Ces annonces interviennent après la clôture de la « Conférence Sociale » orchestrée par la nouvelle majorité gouvernementale, véritable mascarade destinée à faire croire que l’État est une institution neutre capable d’arbitrer de façon impartiale entre les intérêts contradictoires défendus par les organisations ouvrières et patronales.

La seule mesure palpable qui en ressort finalement est le remplacement de la hausse de la TVA de la majorité précédente par la hausse de la CSG. Si la TVA est un impôt particulièrement inégalitaire, puisqu’il pèse plus lourdement sur les plus pauvres, la hausse de la CSG n’est qu’un « changement » dans la continuité : sous prétexte de trouver de nouveaux financements pour la protection sociale il s’agit bien de réduire d’autant les cotisations sociales du patronat. En prétendant « mettre à contribution autant le patronat que les salariés », c’est en fait une nouvelle fois ces derniers qui vont passer à la caisse...

Ainsi, c’est avec une remarquable unanimité que la classe politique aux affaires (la Droite d’hier, comme la Gauche d’aujourd’hui) s’accorde à dire que, pour sortir de la crise, il faut « réduire le coût du travail » ou « alléger les charges des entreprises », c’est à dire transformer la partie des richesses produites par les travailleurs et travailleuses qui leur est redistribuée indirectement sous forme de prestations sociales... en bénéfices pour le patronat . On ne saurait mieux illustrer le fait que l’État, quelque soit sa couleur politique, n’est pas le garant de la justice sociale, mais bien un instrument destiné à défendre les intérêts de la bourgeoisie.

A l’heure où, dans de nombreuses entreprises et dans les services publics, les travailleurs et travailleuses (dont des syndicalistes de base) luttent contre les licenciements ou les suppressions de poste, le fait que des bureaucrates syndicaux se félicitent d’une reprise du dialogue social montre bien le décalage entre les préoccupations de la classe ouvrière et celles des appareils censés les représenter.

Les travailleurs et travailleuses, en activité ou pas, n’ont pas besoin de dialoguer avec leurs exploiteurs dont ils entendent quotidiennement les ordres. mais de s’organiser collectivement pour défendre leurs intérêts. Les déclarations de sollicitude de certainEs politicienNEs ou responsables syndicaux ne remplaceront jamais l’action directe, et contrôlée par la base dans nos luttes pour construire le rapport de force nécessaire pour faire reculer le patronat et en finir avec le capitalisme.

A Aulnay, Toulouse comme ailleurs, seule la lutte paiera !

Contre les licenciements, reprise directe des entreprises !

le 14 Juillet 2012,
Relations Extérieures
de la Coordination des Groupes Anarchistes

Coordination des Groupes Anarchistes

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