L’ambiguité des cartes de séjour « étudiant » et autres réflexions

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Obtenir un droit au séjour ne veut pas forcément dire obtenir des droits...

Je lis un peu partout des actions en faveur de l’obtention du titre de séjour portant la mention étudiant.
Pour le moment, rien à redire à ce noble combat.
Le fait de se mobiliser pour mettre la pression sur la préfecture est déjà une réussite. Obtenir le fameux sésame pour un p’tit gars qui est en attente d’un arrêté de reconduite à la frontière (APRF), c’est une victoire : rien à redire non plus.

Si on pousse plus avant la réflexion et qu’on regarde à quoi ce titre de séjour ouvre droit, eh ! bien là, franchement, on est dans l’embarras le plus complet...
Je m’explique. Une carte de séjour portant la mention étudiante ne donne pas de droit au travail ; je sais c’est pas le but de la maneuvre, mais quand même... Une carte de séjour étudiante n’est pas renouvelable automatiquement, comme d’ailleurs tous les titres de séjour d’un an. La carte de séjour étudiante ne permet de bénéficier d’aucun droit social. En clair t’as juste le droit d’étudier...

Ce type de document est encadré par un droit particulièrement restrictif. Il faut noter que pour obtenir une régularisation de plein droit un sans papier doit prouver 10 années de présence stable et régulière, la carte d’étudiant n’ouvre droit à une régularisation qu’au bout de 15 années !
À mon avis il faut refuser la délivrance de ce type de titre de séjour au profit des titres portant la mention vie privée et familiale, c’est pas « topo » mais c’est mieux...
Il faut par ailleurs noter que les préfectures sont toutes habilitées à délivrer des titres de séjour : ça s’appelle le pouvoir discrétionnaire du préfet, et s’il l’a peut être oublié, il faut le lui rappeler !

Certaines préfectures en font un large usage... Pourquoi pas dans le Rhône ? Cela coûte super cher à la collectivité une famille sans papiers : cela mobilise des gens qui font grève souvent (sales fonctionnaires, nan je déconne !), faut mettre des barrières autour de la préfecture (toujours les fonctionnaires) ; à cela vous rajoutez que derrière la barrière faut mettre des bleus (c’est livré avec). En plus les gauchistes y veulent souvent rencontrer quelqu’un (un fonctionnaire de moins au boulot). Les gauchistes y veulent discuter pendant des heures (des fois y parait que le fonctionnaire il est d’accord avec eux et y peut rien faire, trop con !)

Bon, ben, sinon je crois que la nouvelle réforme du petit nerveux va remettre en cause la régularisation automatique au bout de 10 ans. Donc c’est le moment de se magner si vous avez encore des dossiers dans les tiroirs...

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