Les cache-misère coûtent cher

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Article du Jura Libertaire no7

À Lons-le-Saunier, capitale administrative in Jura, les pauvres n’ont ni toit, ni droits : après le foyer des jeunes travailleurs, dont les locaux pourris ont vainement attendu d’être réhabilités, pour à la finale être définitivement fermés, aujourd’hui, l’indésirée, c’est la maison du chômeur.

Au moment où le conseil général met en place sa politique favorite en finançant des événements d’ordre économique comme made in Jura, et où la mairie passe son hôtel de ville au kärcher, les pauvres doivent impérativement dégager.

Le partenariat entre Lons et les associations caritatives est très utile en cette période où les villes deviennent un décor pour recevoir des ministres en campagne électorale. La chasse aux voix est ouverte, les renards politiques sont à l’affût pour se poster. On applique à la lettre l’arsenal répressif des ordres venus d’en haut.

Les salariés des associations prêtent leurs compétences pour préparer et nettoyer le terrain avant d’aller pointer aux assédics, puisqu’ils en auront, eux, les droits.

Quant aux plus démunis, les quelque cinquante qui travaillent à bas prix à Allo coup de main, ou les vingt autres, dans les serres de Nance, ils rejoindront les cohortes de précaires, les « sans » qu’on ne veut pas voir.

Des cohortes grandissantes, car, tapis dans les ateliers peuplés d’intérimaires, attendent d’autres cache-misères : les machines à broyer des vies à coups de plans de licenciements tronqués, négociations sabotées, indemnités de licenciement fictives. Et de comités pour l’emploi bidon et fliqués, dans des petites villes impudentes pètant dans le béton au milieu de leurs cantons sinistrés, mais formatés made in Europe.

Mais voilà : les « sans » ont un point de vue. Ils Elles se regroupent, construisent une vie collective, refusent les intrusions de la ville ou de l’état, défendent des positions, des choix.

Et ces cohortes disposent d’un outil qui est inscrit dans la mémoire collective jurassienne — par ailleurs manifestement pillée —, à intégrer dans cet inventaire comptable : l’Idée Libertaire. Forte, vigilante, debout.

Qui compte, aussi.

Et elle dure.

Sans maître, ni dieu, ni nationalité.

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