Non au TGV Lyon-Turin

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Depuis 10 ans les habitants de Val Susa, la vallée du Piémont italien concernée par le passage du TGV Lyon-Turin,luttent massivement contre la réalisation du projet, par les moyens les plus divers (occupation du futur chantier, grève générale, manifestations) sur un mode d’organisation très autogestionnaire.

La lutte des habitants de Val Susa est la notre, car nous sommes opposés à la circulation accélérée des marchandises, conséquence du capitalisme et nécessaire à son développement et à sa domination. En effet, la construction de grandes infrastructures de transports (autoroutes, TGV, ports, aéroports) est essentielle aux nouveaux modes de production, qui recourent à la sous-traitance, à la fabrication éclatée géographiquement, au flux tendu qui élimine les stockages jugés non rentables. Elle ouvre la voie à l’expansion du marché mondial et soumet les populations aux impératifs de l’économie capitaliste globalisée, à une division internationale du travail totalement irrationnelle, provoquant la destruction de la petite activité productive traditionnelle et des économies locales ou régionales.

Pour les mêmes raisons, nous soutenons les luttes du même type, qu’il s’agisse de l’opposition au projet de TGV ou de 2 x 2 voies au Pays basque, ou du passage d’une ligne électrique à Très Haute Tension (THT) en Catalogne. Du point de vue de la santé publique et de l’écologie on peut s’attendre au pire. L’ouvrage principal à construire pour la nouvelle ligne ferroviaire est un tunnel de 53 km qui joindra Saint-Jean-de-Maurienne (France) à Venaus (Italie). Le chantier prévu pour durer au moins 15 ans va générer beaucoup d’encombrements (500 camions supplémentaires par jour sur les routes existantes), de bruits, de vibrations, de poussières, de pollutions. En Val Susa, c’est plus d’un million de m3 de roches contenant de l’amiante qui vont être extraites et stockées un peu plus loin. L’amiante roche fibreuse est responsable, on le sait, du mésothéliome, un cancer du poumon dû à l’inhalation des particules microscopiques qu’il libère et que le vent ne manquera pas de disperser. Côté français, c’est 15 millions de m3 contenant de l’uranium qui seront extraites. L’uranium présente un double risque, celui, disent les experts, de polluer les eaux souterraines comme de surface et de provoquer, après inhalation, un cancer du poumon, le lymphome. Pour les habitants des vallées concernées, le projet c’est 15 ans d’ambiance chantier avec en perspective, une mort par cancer du poumon. De quoi se révolter, non ?

L’argument social selon lequel les infrastructures de transport permettent de créer des emplois est un mensonge. Certes, la construction de ces grands chantiers crée un peu de travail temporairement, mais le fonctionnement de ces infrastructures génère une plus grande destruction et précarisation de l’emploi, en facilitant l’expansion de la production et de la distribution à grande échelle, et sa concentration dans les mains des multinationales qui dominent les marchés mondiaux. Ce qui a des effets dévastateurs sur les conditions de travail dans les pays du Nord et étend la surexploitation dans les pays du Sud et de l’Est. De plus, il est évident qu’un secteur de transport surdimensionné, avec des coûts de construction et d’exploitation disproportionnés, absorbe des ressources économiques que d’autres secteurs d’activité, y compris ceux qui répondent à de réels besoins sociaux, réclament impérieusement. Les ressources publiques sont gaspillées dans la création d’infrastructures gigantesques et extrêmement coûteuses -un gâteau que certains se partagent (les mafias en Italie), grâce à diverses commissions et adjudications plus ou moins frauduleuses -et, en parallèle, on assiste à une réduction des dépenses à caractère social.

L’argument écologique régulièrement avancé en faveur du TGV est le suivant : « Comment pouvez-vous être contre le train ? Cette ligne TGV permettra le ferroutage ! C’est un projet écologique, non ? ». Voilà un argument qui repose sur la croyance en un capitalisme à visage humain ou en un développement qui pourrait être durable. Les Verts français incarnent bien cette position où l’écologie peut faire bon ménage avec le capitalisme, comme si ce dernier n’était pas le responsable des atteintes à l’équilibre et à la survie de notre planète. Ceux qui se veulent les conseillers du Prince ont choisi le train (qui résonne buccolique et service public dans l’inconscient collectif) contre la bagnole (qui tue et qui pollue) sans tenir compte que les prévisions d’accroissement du trafic des marchandises font envisager 300 TGV Lyon-Turin par jour (une véritable « autoroute ferroviaire ! ») et aucune diminution du trafic routier, bien au contraire. Ce sera donc l’autoroute plus le TGV. Les habitants de l’étroit Val Susa qui ont déjà l’autoroute, ainsi que deux routes nationales, une voie ferroviaire classique et une ligne électrique à haute tension, ont l’impudence de déclarer que pour eux ça va, qu’ils ont déjà donné.

« Collectif lyonnais contre le TGV Lyon-Turin »
4, rue Bodin 69001 Lyon
nonaulyonturin-lyon@no-log-org
(réunion chaque lundi à 19 h à la Maison de l’Ecologie)

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