Nous ne voulons plus de la méthode GESTAPO !

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Lyon, le 12 mai 2004.

Depuis un mois, nous subissons de multiples violences de la part des différentes polices : harcèlements, contrôles, déplacements, menaces, enlèvement des véhicules, abus lors des gardes à vue, vol de notre argent, insultes racistes, chasse au client.

Plus particulièrement, nous dénonçons les pratiques extrêmement violentes et le harcèlement de la BAC. Nuit et jour, ils interviennent sur le terrain, se faisant parfois passer pour des clients pour nous interpeller ou se servant du fait d’être client par ailleurs pour mener la répression (connaissance des tarifs, chantage à la loi, pressions diverses).

Les abus lors des mises en garde à vue sont nombreux et les conditions d’arrestation sont celles des criminels dangereux : arrivée des policiers digne d◊une prise d◊assaut, irruption des policiers jusque dans les camionnettes, avec torches électriques, ordres criés et menottes, obligation de se déshabiller et de rester nu en cellule, refus de donner à boire et à manger, de consulter un médecin, d◊appeler son avocat et de faire appeler un proche.

Les exemples ne manquent pas. Ce mois-ci, une femme a été arrêtée et placée en garde à vue pour racolage par la BAC. Elle a été emmenée menottée à l’hôtel de police où elle a été contrainte de passer la nuit nue dans une cellule. A la fin de la nuit, la police a du la faire hospitaliser en urgence pour hypothermie. Elle n’a pas pu voir de médecin ni d’avocat durant sa garde à vue, alors qu’elle souffrait de diabète et qu’elle l’avait signalé aux policiers. Cet exemple n’est pas un cas isolé puisque bien d’autres femmes ont été placées nues en garde à vue. De même, les 9, 10 et 11 mai, une autre jeune femme a été retenue 48 heures en garde à vue, nue, sans manger et sans boire à l’hôtel de police et au commissariat du 2e arrondissement.

Nous ne savons plus qui croire, tant les messages de la police sont contradictoires entre eux et paraissent en contradiction avec les lois. En effet, est-ce le rôle de la police, par exemple, d’interdire aux personnes prostituées de travailler rue Montrochet au nom de la loi sur le racolage ?
Est-ce son rôle encore de leur conseiller de ne
travailler qu’à certaines heures ? ou seulement dans les camionnettes ?

La police est sensée faire appliquer la loi sur le racolage et non interdire, ni régenter la prostitution. De même, il existe des droits pour les personnes mises en garde à vue, droits que les policiers devraient connaître et respecter, quelle que soit l’origine ou l’activité de la personne.

Par conséquent, nous demandons à ce que les autorités compétentes se prononcent sur les points suivants :

- Existe-t il une interdiction explicite de se prostituer sur un territoire donné de l’agglomération de Lyon ?
- Est-ce que les comportements que nous constatons sur le terrain sont conformes à vos consignes données par voie hiérarchique ?
- Est-ce que les traitements et les violences que nous subissons de la part de la police sont conformes à vos directives données par voie
hiérarchique ?

Pour des raisons de sécurité et afin de ne pas subir de représailles de la part de la police, nous, les personnes prostituées de la rue Montrochet, désirons témoigner avec notre nom de travail. Nous sommes soutenues dans cette démarche par l’association CABIRIA qui sera notre contact.

Signataires : Françoise, Francesca, La Plus Belle, Laure, Diana, Véronica, Mireille, Mimi, Héléna, Fernanda,
Gina, Sonia, Simone, Chantal, Mabelle, Marie-Lou,
Carla, Jenny, Annette, Celia, Suzy, Nadine,
Chrystel, Véronique, Elvire, Tina, Regina, Sindy.

Copies à : le procureur, le préfet, le maire de Lyon,
le directeur de la DDASS, Maître SABATIER,
le directeur régional de l’AFP.

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