Témoignage d’expédition punitive de la police aux Minguettes

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Rubrique mensuelle de l’association Témoins

Les policiers étaient déjà venus chez moi, il y a environ six mois, pour chercher un de mes enfants qui n’habite plus chez moi depuis 1997. Ils étaient venus deux fois, mais j’ai toujours refusé de les laisser entrer en disant que mon fils n’habitait pas chez moi, ce qui est la réalité. Ils m’ont dit « Tu nous casses les pieds, tu emmerdes le monde, un jour nous allons venir à 6 heures du matin et nous allons tout casser ». Et ils l’ont fait !

C’était un jeudi, jour du marché à Vénissieux, vers 6 heures du matin, j’ai entendu des coups très forts sur la porte d’entrée. J’étais déjà debout et je me préparais à aller au travail et ma femme était dans la cuisine en train de préparer le café.

Je signale qu’il n’y a eu aucun coup de sonnette, ni quelqu’un qui ait dit « police ouvrez » ou un quelconque avertissement. J’ai regardé par la lunette de la porte, mais ils l’avaient bouchée. Aussi j’ai crié « Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce que c’est ? » et j’ai entendu derrière la porte quelqu’un qui disait « Allez-y, cassez la porte ! ». Comme ils avaient beaucoup tapé sur la porte, la serrure était déformée et je ne pouvais pas l’ouvrir. (Mais, si les policiers s’étaient annoncés, j’aurais pu les faire entrer par la deuxième porte car nous habitons un duplex). J’ai entendu un coup de feu et la serrure a été détruite.

Des hommes cagoulés sont entrés en vitesse. Le premier m’a donné un coup de bouclier, puis un coup de poing. Avec le pistolet, il m’a coincé contre le mur avec les bras en l’air. J’ai dit « C’est pour quoi ? ». Il m’a répondu « Ferme ta gueule ! ». Les autres sont entrés. Celui qui n’était pas cagoulé a dit « Allez-y, cassez tout ! ». Et ils s’y sont mis ; par exemple, l’un d’eux a donné un coup de pied dans la porte de l’armoire à glace, qui est tombée. Des photos ont été prises de l’appartement saccagé.

Dans une pièce, il y avait Abdallah, 11 ans, qui dormait sur un matelas. Il a été ébloui par une lampe torche et on lui dit « Bouge pas, sinon on te tire une balle ! ». Quand il a vu que c’était un gamin, il lui a dit « Reste là ». Au premier étage, il y avait Mohamed, 19 ans et Hamza, 14 ans, qui dormaient sur 2 lits superposés. Hamza a été mis par terre par trois policiers qui l’ont menotté et frappé, la tête plaquée contre le bureau. On lui a vidé son cartable. Hamza criait que les menottes lui faisaient mal. Un policier lui dit « Tu veux qu’on serre plus fort ! Tu veux que je te tire une balle dans la tête ! » et à ce moment-là il lui a donné un coup de poing. Des certificats médicaux peuvent en témoigner. Un inspecteur ou un commissaire est venu et il a dit « Embarquez-le ! », mais Hamza a dit qu’il avait 14 ans, alors l’inspecteur a dit qu’on le laisse de côté. Dans la chambre, un policier a dit « Tu fais moins le beau, fils de pute ! ».

Quant à Mohamed, plusieurs policiers sont sur lui. Lui aussi crie « Arrêtez, vous me faites mal ! ». Il a reçu plusieurs coups, car il avait du sang sur la figure. Quelqu’un a dit « Ton père, on va le taper ! » et Mohamed a dit « Tapez-moi, mais ne touchez pas à mon père ! ». L’inspecteur a dit « Lui, embarquez-le ! ». En sortant de la chambre, le policier en civil qui commandait les hommes cagoulés a vu le lecteur de CD sur le lit et a dit « Celui-là, je le prends ! » et il l’a emporté.

Dans une autre chambre, il y avait une personne de 23 ans qui dormait. Elle a été saisie, bousculée, menottée et un des policiers lui a mis le pied sur la tête.

Quand je demandais aux policiers pourquoi ils étaient venus, ils me répondaient « Ferme ta gueule ! » et personne ne m’a donné d’explications. L’inspecteur ou le commissaire qui était sur les lieux ne m’a rien expliqué et ne m’a présenté aucun papier de perquisition. Ils ont fait tout ça gratuitement, pour rien...

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