A Lyon, association AJD : mépris, tromperie, plutôt des flics que des éducateurs

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Pour l’association AJD qui gère des centres d’hébergements pour jeunes et personnes en difficultés, les licenciements abusifs sont monnaie courante. Contrairement aux belles paroles lors de la mort de l’abbé Pierre, le gouvernement veut déjà faire supprimer le FAR, centre d’hébergement alternatif à Bourg-en-Bresse. Pour la région lyonnaise, c’est l’association, elle-même, des AJD qui fait le jeu du gouvernement. Or, il est indispensable de conserver, avec l’ensemble du personnel, tous ces outils sociaux, voire même au contraire de les développer. La CNT appelle à la mobilisation !

En début d’année 2007, il a été annoncé aux 3 CHRS [1] de l’association AJD que :
« pour l’année 2006, le cumul des déficits des trois CHRS avoisine les 500 000 euros » (cf note de service du 18 janvier).

Lors des réunions institutionnelles, il est annoncé par les directeurs des établissements que les salariés peuvent :
- « Commencer à prendre des souvenirs,… »
- « Si ils ont l’opportunité de partir, le faire. Cela peut réduire les coûts. »

Face à ces propos, les salariés se sont mis en grève le jeudi 18 janvier durant 2 heures, et ont souhaité rencontrer la direction générale des AJD. Lors de cette rencontre 28 salariés de l’association étaient présents, ils ont exposé leurs inquiétudes pour l’avenir de leur travail et ont souhaité des réponses claires et écrites de la direction générale.

Seules des informations orales ont été données comme celles-ci :
- 3 établissements sur 17 ne sont pas en déficit
- le déficit pour les trois CHRS s’élève à plus de 500 000 euros.

Or, nous savons que pour l’année 2006 les déficits sont de :
- Pour le CHRS « Rencontre » : 76 958 euros
- Pour le CHRS « OREE » : 56 097 euros
- Pour le CHRS « Le CAP » : 35 681 euros

Nous atteignons donc un total de 168 636 euros (cf arrêté préfectoral du 20 novembre 2006 ayant pour objet, « centre d’hébergement et de réinsertion sociale, fixation de la dotation des financement pour l’exercice 2006 » article 2.) Où sont donc passés les 300 000 euros qui manquent ? La manipulation des chiffres est évidente ! Ce comportement visant à effrayer les salariés ne fonctionnera pas, nous ne sommes pas dupes !

Il nous a été également précisé que la direction générale été contente de notre venue : depuis quand des salariés en grève font ils la satisfaction d’une direction ?

Le mardi 30 janvier, une nouvelle rencontre a eu lieu entre la direction des AJD et un des CHRS. Les salariés avaient remis des questions écrites afin que des réponses claires puissent être apportées ce jour ci. La première réponse fut : « Vos questions manuscrites ne sont pas signées, ce n’est pas la procédure habituelle je ne répondrais donc pas. » A ce moment là, le mépris devance le discussion. Les salariés ont aussi demandé à la direction de s’engager par écrit sur la non suppression de postes et sur aucun licenciement. La direction a refusé.

Suite à cette rencontre les salariés se sont réunis en Assemblée Générale et une décision a été prise de demander la convocation d’une réunion extraordinaire du Comité d’Entreprise pour que des réponses soient réellement données.

La CNT pense qu’il nous faut sortir de cette négociation stérile avec la direction générale et propose :
- un préavis de grève avec un rassemblement devant le siège des AJD
- d’informer les autres établissements des AJD, les CHRS de Lyon,
- d’interpeller la Presse

Seuls des actes concrets peuvent mettre à mal une association qui a depuis longtemps privilégié le mépris au respect des individus.

Il est nécessaire de se mobiliser tant que l’association AJD ne s’engage pas par écrit sur :

La NON-suppression des postes
et AUCUN licenciement sur les trois CHRS !

P.-S.

Par une chaude journée d’hiver.... Ce qui va suivre ressemble à des milliers d’autres histoires qui finissent par être banales. Fatales !

« Nous sommes en déficit, il va falloir restructurer. Mais la priorité, rassurez vous, c’est de préserver le personnel. »

Vous voyez la médiocre banalité de la situation.
Alors, quelle boite restructure d’après vous ?
Renault, Airbus ou peut être la petite usine du village d’à côté ou encore la Poste. Allez arrêtons le suspens.
C’est l’association « AJD » qui gère 17 établissements sociaux dont trois centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) pour des personnes en difficultés. Ce sont ceux là, pour l’instant, qui ouvrent le bal.

Le travail social doit donc être rentable ?

Nous sommes arrivés au sommet de l’absurdité du système. L’aide doit rapporter ! La souffrance physique, psychique doit montrer un bilan positif ou du moins équilibré. Le déséquilibre doit être équilibré. Bravo ! Comment peut on penser, soutenir et mettre en application cette logique économique qui veut que tout ne soit que marchandise ? Non, la souffrance ne se rentabilise pas ! Quand vont-ils se rendre compte qu’ils sont grotesques ?

Ces centres d’hébergement sont des lieux d’accompagnement avec une forte présence éducative et un soutien social accru. Les personnes accueillies sont pris en charge globalement. Nous essayons avec la personne de travailler sur tout ce qui la fait souffrir et l’empêche d’avancer plus sereinement. Au delà du problème du logement ou de l’emploi nous travaillons aussi avec des personnes pour qui il faut d’abord trouver un équilibre psychique (la psychiatrie n’ayant pratiquement plus aucun moyens !), ou encore sortir d’une dépendance (alcool, drogue,…). Ou simplement être dans un espace sécurisant, leur permettant de retrouver des repères apaisants (violences conjugales). TOUT CELA coûte trop chère….

Le résultat de cette restructuration sera de licencier et de supprimer des postes (en effet comment restructurer sans se séparer du personnel) la prise en charge de la personne se fera avec moins de présence humaine et peu de soutien éducatif.

Le travail social disparaît et devient du contrôle social.

On mettra les gens dans des appartements, on leur donnera un peu d’argent histoire qu’ils ne meurent pas trop de faim (car quand le peuple a faim la révolte n’est pas loin !), on vérifie de temps en temps qu’ils ne font pas trop de conneries, on passera une fois par semaine au mieux voir si l’appartement n’est pas trop sale... Soutenir la personne et travailler sur la globalité de ses difficultés n’est plus d’actualité. Il faut juste, ne plus la voir dans la rue et qu’elle ne fasse pas trop de bruit. Le reste, le capital s’en tape.

Et que vont devenir ceux qui ne peuvent pas vivre sans soutien, seuls en studio, ceux pour qui même le quotidien est une difficulté ? Rassurons nous : l’association AJD vire des travailleurs sociaux, des cuisiniers, des veilleurs, mais embauche un directeur financier en septembre 2006, qui par une logique de gestion d’entreprise se fera un plaisir de leur venir en aide…

Salariés ! La pression, l’autorité ne peut exister qu’avec l’accord de celui ou celle sur laquelle elle s’exerce !

A lire sur le Chat Noir Tempête

Notes

[1centre d’hébergement et de réinsertion sociale

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  • Le 31 décembre 2009 à 22:25

    Je suis personnellement un ex adolescent de Pomme d’Api Caluire.
    Aujourd’hui universitaire, je ne garde aucune rancune de ce qui suivra tant cela me semble loin
    Simplement si je peux, au hasard,me servir comme « tribune » de mon passage sur ce site,témoigner, des disfonctionnement de ce « centre ».
    Violence, coups, humiliations sur mineurs.
    Principalement émanant du Chef de service de l’époque, un certain Michel Claude(je m’abstiendrai de citer le nom)les almagames douteux entre la société adrénaline du fils du directeur...
    Adolescents obligés de partir chaque week end en stage dans cette société de « loisirs » pour faire tourner la société du fiston.
    Mais surtout je le répète les

    violences physiques volontaires sur jeunes.

    Note : L’ironie du titre me frappe, tant il éétait impossible d’obtenir d’un éducateur une assistance pour allez porter plainte...

  • Le 2 juin 2007 à 21:35

    Bonjour

    Pour moi ceci une tempête dans une mer agitée. Je suis passée par la souffrance au travail. Un arrêt de travail et inscription dans une association harcèlement au travail. Je peux vous dire que j’ avançais sur un terrain miné, un avertissement avec une mesure de licenciement. Heureusement le calme revient car notre directeur à été licencié. Je suis à AJD Pomme d’Api sur Caluire. Les statégies pour mettre fin à un contrat sont sans fondements. Je suis heureuse de connaitre le site et de savoir que je ne reste pas un cas isolé. Je pense aujourd’hui qu’il devrait y avoir une intervention de la presse.

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