Brèves

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Big Brother fait les gros yeux...
Çà y est, les nouvelles caméras sont installées dans le septième arrondissement. Plus moyen d’échapper au contrôle policier de l’espace si on veut pique-niquer place Raspail, ou se promener entre la Guillotière et place Voltaire, de la place Voltaire à la place Guichard ou entre Guichard et Saxe-Gambetta. La Bourse du travail est maintenant sous vidéosurveillance, et tous les moyens techniques sont donc réunis pour le fameux "flicage du mouvement social" : des petits globes noirs en plus dans le paysage, des petits dispositifs de contrôle supplémentaires dans nos vies...
Dans un des épisodes précédents du Popouri on nous proposait des petites ficelles, piquées à Non à BigBrother, pour se soustraire un peu au vidéo-flicage (cf. popouri n°4) ; mais ces techniques de survie semblent de plus en plus dérisoires à mesure que le réseau de vidéo surveillance s’élargit : si on ne veut pas porter une cagoule pour aller pique-niquer, il nous restera bientôt plus qu’à cisailler les câbles.

unE promeneurEUSE (désagréablement surprisE)

Masséna, station ouverte
La station Masséna était une station pilote : la première station à être équipée de portillons automatiques capables d’enrayer la fraude et donc de faire rempart à l’insécurité (vous imaginez : tous ces pauvres qui se mettent à voyager et à circuler n’importe où alors qu’ils et elles n’en ont pas le moyens...). Fin mai, cette même station s’est vue transformée en point d’accès libre et gratuit au réseau souterrain des TCL, puisque toutes les vitres qui interdisaient le passage aux personnes dépourvues de billet ont été déblayées : pendant plusieurs jours, à Masséna, on a pu entrer dans le métro comme dans un moulin.
La morale de l’histoire : les portillons ne sont hermétiques aux fraudeureuses que tant qu’ils tiennent debout, et ils n’ont pas l’air si solides... Reste à espérer que de ce point de vue là aussi Masséna reste une "station pilote".

unE fraudeurEUSE (agréablement surprisE)

Le contrôle social ou la caution du "réaménagement"
Lyon Citoyen l’a dit ! [1] : « Après la place Bahadourian, notamment, c’est au tour de la place Voltaire de bénéficier d’un réaménagement. »
Ah ! Comme la vie dans le troisième deviendra belle et paisible ! D’ici fin 2006, la place Voltaire sera "comme un centre de village" avec des "terrasses animées par de nombreux massifs" où "il fera bon prendre une pause"... Mais de quel "réaménagement" parle la municipalité ?
Elle veut certes faire des lieux de (non)vie propres, réservés aux cadres dynamiques, à y voir les personnes qui se pavanent sur les dessins des paysagistes et autres architectes. Ou encore des lieux de consommation où les terrasses de cafés se bousculent sur les pavés. Cependant, ce "réaménagement" consiste aussi, comme la municipalité s’en vante par le biais de son organe de propagande qu’est “Lyon Citoyen”, à surveiller, à scruter, à contrôler les mouvements des individu-es avec des caméras de vidéosurveillance habilement dissimulées sous la forme de lampadaires communs. Le projet d’extension de la vidéosurveillance (le budget a triplé de puis la première vague d’installation) a touché la place Bahadourian depuis quelques mois, et bizarrement la place Voltaire est aussi visée par ce projet. Si la place Bahadourian est un modèle dans le 3e arrondissement, alors à quand un projet de commissariat dans le cadre de leur "réaménagement" ?! [2] Bref, tout ceci pour dire que le quartier nord-guillotière est frappé de plein fouet par le désir de la municipalité d’avoir la main-mise sur ce secteur. Après la place Bahadourian, c’est au tour de la place Voltaire sur le modèle de la précédente, commissariat en moins, mais après tout il est à une centaine de mètre tout au plus...

kartochka

Justice bourgeoise à Montbrison
Le verdict du gendarme Salesse qui avait exécuté le jeune Aurélien Joux dans le dos le 10 mars 2003 (voir popouri n°2 : la police tue) a été rendu hier à Montbrison. Hélas, ce n’est pas une surprise, mais le verdict fait état d’une protection de l’assassin d’État : 18 mois de prison avec sursis, non inscription du " délit " au casier judiciaire. En d’autres termes, le gendarme ne sera pas radié par la gendarmerie, ni donc, interdit de porter des armes. La question des dommages et intérêts est remise à une autre séance au mois doctobre. Ce qui s’est passé ce jeudi à Montbrison est un énième exemple du mépris bourgeois pour les victimes non méritantes : le gendarme n’était pas présent pour le verdict, la loi ne l’obligeant pas, le verdict a été prononcé en moins de 30 secondes. Vu que ce verdict était particulièrement scandaleux, l’oncle d’Aurélien s’est un peu énervé : il y a deux semaines un jeune a été condamné a 3 mois fermes pour outrage à agent. Alors, la justice, le tribunal, la démocratie en ont pris pour leurs grades. Le président s’est énervé et a demandé l’évacuation de la salle. La famille va faire appel.
Immédiatement après le verdict du gendarme, celui du patron de Feurs Métal a lui aussi été prononcé en catimini. Il s’agit d’un procès d’un accident du travail très grave, où la victime, un ouvrier de maintenance, a failli laisser la vie et a subi des blessures très graves. L’Inspection du travail avait relevé sur la machine 15 points de non conformités sur 19. Jean Luc Gambiez et son ingénieur de maintenance ont purement et simplement relaxés. Il faut dire que Gambiez est un récidiviste. Il était sous le coup dune condamnation à la prison avec sursis pour accident très grave où il y a eu des morts. Une condamnation l’aurait conduit tout droit en prison.

Notes

[1n°32 -mai 2005.

[2voir popouri n°17 - mai 2005.

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