Du changement de gouvernement au changement de civilisation

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Réinventons notre société et réinventons-la sans cesse, au gré de nos désirs, de notre créativité, de notre imagination collective ! Laissons à chacun la possibilité de s’exprimer de la manière la plus conviviale possible !

Bonne nouvelle !

La crise actuelle qui se cristallise autour du CPE est une très bonne nouvelle. Elle est l’aboutissement de plusieurs années de mécontentements, de luttes sociales, de mouvements sociaux en tous genres, et surtout d’un ras-le-bol généralisé, face à la situation actuelle où la précarité et la souffrance sociale s’étendent de plus en plus.

- Elle est une bonne nouvelle, car elle porte en elle tous les ingrédients pour les possibilités d’un vrai changement, à l’echelle de la France, mais aussi par répercussion sur l’Europe et dans le monde.

En effet, jamais depuis mai 68, un mouvement n’avait à ce point réuni autant de catégories de la population, à savoir les lycéens, les étudiants, les chômeurs, les précaires, et les salariés du public comme du privé.
Dans cette configuration, si le mouvement a suffisamment d’énergie, d’unité, de détermination et de confiance en lui, il peut soulever des montagnes et en l’occurence faire chuter le gouvernement, voire provoquer des élections anticipées, mais surtout, amorcer un véritable changement de société, par la base.)

Dans ce cas de figure, un candidat de gauche, quelle que soit sa tendance, son appartenance, ne pourrait que l’emporter, et peu importe son niveau de radicalité.
Le simple fait qu’il soit élu, donnerait un signal fort au mouvement social qui ne pourra que s’engouffrer dans la brèche, imposer que tous les sujets, confisqués par la droite et par la “gauche” au pouvoir depuis quelques années,, redeviennent objets de débats et que le mouvement social, et par extention le peuple, se les réapproprie dans un exercice démocratique d’une nouvelle ampleur.
Cela donnerait un exemple fabuleux au reste du monde. Cela permettrait surtout de remettre un certain nombre de sujets en débat : l’économie, la façon de l’organiser, et pourquoi, comment, selon quels critères et dans quel but, au service de qui, quelle transition, quelles possibilités, quelles transformations, le vivre-ensemble, l’Europe, les rapports avec l’Union Européenne, quelle nouvelle Europe, les rapports avec l’OMC, quelle nouvelle organisation des rapports entre les états, quels rapports avec les Etats-Unis, etc.

Tous ces sujets et bien d’autres, devront être des sujets à débat permanent, et non pas confisqués par le pouvoir, quel qu’il soit et de quelle forme soit-il.

Un vrai débat

Contrairement à mai 68, le mouvement actuel peut réellement déboucher sur quelque chose de nouveau, une nouvelle organisation de la société.

- Tous les mouvements alternatifs qui fourmillent depuis quelques années, les forums sociaux, etc. ont jeté des bases de beaucoup de reflexions, d’analyses et surtout d’alternatives à tous les niveaux et sur tous les sujets. Tout cela pourra alimenter enfin un vrai débat confisqué depuis trop longtemps.
Surtout, il s’agira d’expérimenter concrètement toutes ces alternatives, de voir comment elles se mettent en oeuvre, comment les gens réagissent, comment elles évoluent et ainsi, sans arrêt rectifier le tir et améliorer les choses, sans jamais rester figé ou dogmatique, juste fidèles aux valeurs de justice sociale, d’humanisme et d’écologie.

- Tout cela devra se faire non pas en associant le peuple, la base, mais, de la base, de manière immanente. L’État et le pouvoir, qu’il faudra également et bien entendu redéfinir et remettre en question sérieusement, si tant est qu’on les garde sous cette forme, rien n’est moins sûr, étant relégués à des gestionnaires, des coordinateurs.

Bien sur cela peut sembler bien utopique, et ça l’est. Mais si nous voulons faire évoluer ce qui reste de démocratie, et l’emmener vers une réelle démocratie participative, faire avancer l’idée et la pratique de l’autogestion dans le plus de lieux possibles, il s’agit de mettre la barre plus haut, quitte à progresser par étapes ensuite.
Et surtout se permettre de rêver, d’imaginer et de créer hors des carcants mentaux établis et des sentiers battus.
L’imagination et l’utopie ne restent comme tels, que si l’on ne s’en sert pas pour transformer la réalité.
Cette dictature de la “réalité” soit disante immuable, est paradoxalement de la pure imagination. Un imaginaire imposé, des représentations construites et maintenues par les médias, la publicité, la communication, le pouvoir. Changer l’imaginaire et les représentations, c’est se permettre de changer la réalité, de changer son regard, c’est changer la réalité.

- C’est bien pour cela, que notre époque actuelle se caractérise essentiellement par le contrôle de l’imaginaire et des représentations par la mise en spectacle. Nicolas Sarkozy l’a bien compris, en se mettant en scène, et en recadrant tout ce qui peut arriver en faits divers, selon son propre imaginaire qu’il transmet aux téléspectateurs. Tout comme un film, une pièce de théatre, vous transportent dans leur univers. A ceci près, vous savez que ce n’est qu’une fiction. Dans le cas de Sarkozy, vous pensez que c’est vrai, que c’est la réalité.

- De même que Sarkozy fabrique l’avenir, crée ce qu’il va se passer en gardant toujours l’initiative et le contrôle de l’imaginaire et des représentations, aidé bien sûr par les médias, il crée ainsi, ce que l’on appelle en psychologie sociale, une prophétie auto-réalisante, qui en emmenant tout le monde dans sa vision, réorganise la réalité selon ses souhaits, tout simplement parce qu’il a réussi à faire croire que c’est ce qu’il va arriver.
Parce qu’il en est suffisamment convaincu lui même pour emmener tout le monde dans sa conviction.
Face à cela, cette vision de la droite qui a pour elle la “réalité”, “réalité” libérale, puisque tout le monde y croit et s’accorde sur ces faits, le doute fait vaciller.
Seule, une solide et profonde conviction, qu’un autre monde arrive, un monde plus humain, dont la vision doit se préciser dans les têtes et dans les coeurs, peut permettre de créer une contre-prophétie auto-réalisante.

L’imaginaire est la base de tout changement.

Mais pas un imaginaire rigide, dogmatique, fermé, qui exige que les choses se passent d’une certaine facon, que tout se déroule conformément au plan que l’on s’est concocté, au film que l’on s’est fabriqué.
Il s’agit de rester ouvert à ce qui advient, et de savoir saisir les occasions pour les ammener vers ce que l’on aimerait voir advenir.

Un peu comme si j’aimais Suzy et que j’avais décidé que je l’embrasserais pour la premiere fois sur le pont du parc de la Tête d’or. Mais comme Suzy ne veut pas aller au parc de la Tête d’or car elle préferait aller au cinéma, je fais tout pour l’en convaincre, malgré ses réticences, ou bien je boude. Ce qui me fait passer à côté de toutes les autres occasions de l’embrasser, qui se sont présentées ou qui auraient pû se présenter, si je ne les avait pas disqualifiées en restant dans mon rêve, et dans l’exigence qu’il se déroule comme prévu.

Quelle société ? Quel but au vivre-ensemble ?

Cet exposé se veut universel alors qu’il est avant tout personnel et fruit de mes reflexions, ma vision, bref de mon imagination, de mes perceptions et de mon expérience de l’existence.
J’y mélerais politique, philosphie et psychologie, dans le but de trouver la meilleure façon de vivre ensemble, en faisant société, tout en permettant à chaque personne qui la compose, de s’y épanouir.
Comment trouver la meilleure combinaison entre le collectif et le personnel ?
Comment l’organisation collective de la société donne le cadre le plus favorable à l’établissement de relations humaines enrichissantes, constructives et harmonieuses, tout en permettant aux conflits qui ne manqueront pas d’éclater, de se résoudre de manière constructive et intelligente ?
Et aussi comment permettre à chacun de developper son plein potentiel humain, de developper ses richesses propres, ce qui ne manquera pas d’avoir une répercution positive sur l’ensemble de la société. En un mot comment créer à tous les niveaux des cercles vertueux ?

Loin de répondre catégoriquement à ces questions, qui serait assez mégalo pour le faire ? (peut être moi, après tout !), je m’efforcerai de retranscrire le plus fidèlement possible mes réflexions et mes observations.

Notre civilisation actuelle est marquée par l’héritage judéo-chrétien, et l’exemple de Jésus-Christ qui se sacrifie pour l’humanité. La souffrance y est magnifiée, les plaisirs et les désirs condamnés comme péchés. Le corps est suspect, l’esprit est supérieur et doit controler ce que Freud qualifie de pulsions dans sa théorie psychanalitique.

- Désormais, nous avons un système schizophrènique, qui prône d’un côté le travail-religion moralement obligatoire, et exige le sacrifice de son existence avec ses rêves et ses désirs. Une morale basée sur l’effort, le devoir, le mérite... Bref, on nous promet une vie bien grise et pas marrante du tout, faite de stress, de soucis, de responsabilités individuelles oppressantes, le tout, sous fond de culpabilisation si on adhère pas à ce système de valeurs. On retrouve bien les valeurs de la religion dans ce qu’elle a de plus normatif, moralisateur et castrateur. L’ordre moral et disciplinaire.

De l’autre côté, le même système économique nous prône, et ce n’est pas un hasard, par la publicité, la consommation, la religion marchande exactement l’inverse : le plaisir, la volupté, la sensualité, la joie, le bonheur...

Ce sont les deux facettes d’un même système d’organisation de la société.

Comment ne pas être complètement schizo avec ça ? Vous me direz, c’est simple : une vie de merde faite de stress, d’obligations, d’angoisses par rapport au travail, l’argent etc. De l’autre coté, la consommation ou tout ce qu’on rate dans sa vie par manque de temps et de disponibilité d’esprit, mais aussi par formatage, est concentré dans les produits de consommation courante. Les rêves, les désirs, les plaisirs privatisés et la frustration toujours plus grande engendrée, par ce kidnapping de nos vies, lesquelles nous échappent, ne fait que renforcer ces pulsions, ces "envies" d’achat.
Ce qu’on empêche de s’exprimer, revient par la fenêtre, et en l’occurence, on a creusé une fenêtre spéciale, pour faire passer. On peut imaginer le même raisonnement pour tous les loisirs offerts par la société marchande, destinés à évacuer les tensions et au passage prendre un peu d’argent...

La solution paraît évidente

Réconcilier ces deux parties, séparées artificiellement par le capitalisme. Inventons, créons une société ou nous serons réconciliés avec le plaisir, nos désirs, tous ceux qu’on empêche de vivre à longueur de journée, tous ceux qu’on nous fait refouler, créant ainsi la frustration et la somatisation...

Imaginons dès lors, une société hédoniste, où tout est fait pour que chacun puisse créer sa vie, selon ses propres désirs et non pas ces désirs marchands "suscités" par la publicité, pas ces plaisirs narcissiques, mais des plaisirs partagés : La convivialité, l’amour, les plaisirs de la chair, de la gastronomie, du corps et de l’esprit, se cultiver, créer, peindre, faire du sport...

- Et le travail dans tout ça ? Hé bien qu’est ce qui empêche de tourner également le travail vers le plaisir ? Observer de quelle manière le travail est le plus agréable, le plus intéressant, enrichissant.
Créons un “anti-management”, qui ne soit pas l’art de manipuler les gens afin de leur tirer le maximum de productivité, d’efficacité et de rentabilité, mais plutôt, un art de faire "travailler" les gens ensemble ou seuls, de la manière la plus agréable, la plus compatible avec la vie, le respect du corps et de l’esprit, quitte à carrément inventer des choses absurdes : pourquoi ne pas se déguiser, travailler en musique, en faisant du théatre ? Et si certains boulots ne sont pas compatibles avec cela ? Et bien nous pourrons peut être songer à nous en débarasser définitivement.
Une chose est sure, s’il reste des boulots pénibles, il faudra songer à permettre de sérieuses compensations pour ceux qui voudront bien les faire...

La peur du chômage d’un coté, l’appât du gain de l’autre, le bâton ou la carotte. Je propose la fraise !
La motivation par le plaisir !
On travaillera parce que les conditions de travail seront vraiment aggréables.
Et qui seront les mieux placés pour en juger, si ce n’est les principaux intéressé ?
Les gens qui travailleront, décideront de la meilleure façon de travailler : la convivialité avant l’efficacité ! Nous n’avons pas le temps d’être efficaces, nous avons une vie à vivre !

- Mais il faut bien faire tourner la société ! Et bien faisons la tourner moins vite ! Pourquoi sommes-nous si pressés ? Après quoi courrons-nous ? A la fin, on meurt tous ! Quel but à la vie, sinon de vivre ? Quel but y’a t-il à faire une société, sinon de la vivre ensemble, et de le faire dans la convivialité et le plaisir partagé ? L’économie doit redevenir un outil, rien de plus !
Finis les objectifs de croissance et toutes ces fariboles ! On en a rien à foutre ! Brûlons ces dieux que nous nous sommes nous mêmes crées ! Les sumériens de la première civilisation d’ancienne Irak, s’étaient inventés des Dieux qui exigeaient d’eux le sacrifice de leur vie afin de les satisfaire...
Des milliers d’années après, nous en sommes encore là, sauf que les Dieux s’appellent marché, croissance, argent, et autres gris-gris modernes dont nous sommes devenus superstitieux... Et si on fait ça, le dieu croissance ne risque t-il pas de nous punir ? Surtout ne faisons rien pour le contrarier...

Notre histoire et notre culture recellent de tas de façons de vivre ensemble, dans la convivialité et le plaisir partagé : réhabilitons les jeux populaires, les fêtes de quartiers, les carnavals, les défilés festifs...
Réinventons notre culture. Remplaçons les horribles et grisâtres hommes d’affaires par des artistes joyeux et colorés, remplaçons les panneaux publicitaites par des supports artistiques libres.
Remettons la créativité au pouvoir, partout, et tout le temps.

Réinventons notre société et réinventons-la sans cesse, au gré de nos désirs, notre créativité et notre imagination collective. Laissons à chacun la possibilité de s’exprimer de la manière la plus conviviale possible.

- Baissons donc massivement le temps de travail, en supprimant toutes ces activités inutiles, en le partageant mieux, et libérons ainsi du temps, pour vivre, débattre, nous aimer, nous rencontrer, élever nos enfants, qui, avec des parents moins stressés, auront sûrement moins besoin qu’on les drogue pour qu’ils se tiennent tranquilles à l’école !
Faire l’amour, créer, faire de la politique, nous investir dans des projets artistiques, associatifs, culturels, nous cultiver...

Tout ce temps libéré sera bénéfique et pour les individus et pour la société, créant des cercles vertueux, remplacant les odieux cercles vicieux de : frustration, violence, répression, contrôle, discipline...ect...

Au passage bien sûr, changeons l’école ! Qu’elle devienne un endroit de réelle formation de l’humain. Qu’il apprenne à apprendre, à devenir autonome, qu’il sache la technique et les savoirs de l’esprit, qu’on lui apprenne à ne pas se laisser manipuler par les mots, les concepts, qu’il ait un esprit critique et créatif. Qu’on apprenne aux élèves à vivre ensemble, à tirer le meilleur des relations humaines.
Incluons-y des réseaux d’échange des savoirs. Je n’ai pas besoin de développer, tout cela, des tas d’auteurs ont écrit sur le sujet : Celestin Freinet, Albert Jacquart, Phillippe Merieux... Inspirons nous de leurs idées humanistes pour refonder l’école.
Et faisons-le dès maintenant, dans les lycées, les collèges, ré-écrivons les programmes en vue d’une école formant à une société vivante et humaine.

Faisons pareil pour l’université. Qu’elle devienne un réel espace de transmissions, d’échanges, de débats et de création de savoirs enrichissants et épanouissants, non pas ce que la droite est en train d’en faire, une fabrique de cerveaux formatés aux besoins du marché.

Faire en sorte qu’on puisse à tout moment se former à ce que l’on désire, grâce à des formations autogérées, des universités populaires, des réseaux d’échange de savoirs ou la personne est réellement actrice de son apprentissage...

Réorganisons la société pour qu’elle devienne réellement autonome en énergie, et ne pollue plus la terre. Relocalisons l’économie et les échanges, installons des panneaux solaires, réduisons tous les trajets... Tout cela est déja en train de se faire, grâce à toutes les initiatives des altermondialistes, des objecteurs de croissance, des AMAPiens etc.

Tout ceci n’est que le début, à vous de continuer ici et maintenant et partout !

Cette effervescence doit gagner tout le pays !
Parlez-en à vos amis, à vos voisins, à vos parents, à vos amants !
On a tous à y gagner à part quelques grippe-sous !
Rien ne sera plus jamais comme avant !

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