En 1984 François Mitterrand est président socialiste de la république et François Hollande l’a rejoint dans son cabinet depuis 1981.
Le projet de loi Savary est un projet de loi visant la création d’un « grand service public unifié et laïc de l’éducation nationale », faisant partie des 110 propositions de François Mitterrand, candidat socialiste à l’élection présidentielle française de 1981.
Dés 1982 les partisans de la laïcité (les pro « École Laïque ») considèrent que le projet ne va pas assez dans le sens d’un service public laïc de l’éducation. Quant aux associations d’enseignement catholique (les pro « École Libre ») elles restent méfiantes car des propositions sont faites pour intégrer les maîtres du privé dans la fonction publique, ce qui met en cause leur autonomie et les scandalise.
Une partie de la gauche et des organisations laïques, ne voyant pas l’aboutissement de la promesse, se font entendre, notamment lors du rassemblement du Bourget le 9 mai 1982, à l’occasion de la commémoration de la loi du 28 mars 1882 sur l’école laïque et obligatoire.
La laïcité, une société totalitaire ?
Les associations de parents de l’École libre [comprendre privée et confessionnelle] réagissent très vivement et organisent une grande manifestation à Paris le 24 juin 1984 qui rassemble deux millions de personnes selon les organisateurs, et 850 000 selon la police.
Des évêques, dont Jean-Marie Lustiger (archevêque de Paris), Jean Vilnet, président de la Conférence des évêques de France, et Jean Honoré, apportent ostensiblement leur soutien aux manifestants. Simone Veil (présidente du Parlement Européen), Valéry Giscard d’Estaing (le précédent président de la république, étiqueté LR [1]), Jacques Chaban-Delmas, mais aussi Jacques Chirac (étiqueté LR) à la tête de la majorité du Conseil de Paris, défilent dans la rue, donnant à la manifestation un caractère politique.
Jacques Chaban-Delmas, étiqueté LR et ancien président de l’Assemblée Nationale évoque en 1984 « une société totalitaire dont les manifestants ne veulent pas".
Retrait du projet et conséquences
En 1984 lors de l’examen du projet, le Parti socialiste fait preuve de peu d’enthousiasme. Puis le président socialiste Mitterrand retire tout à fait le projet de service public de l’éducation laïque.
Finalement le LR s’est farouchement opposé à la laïcité de 1981 à 1984 et le PS s’est résolu en 1984 à ne pas "laïciser l’Éducation Nationale".
Aujourd’hui en 2016, la moitié des élèves français, dans l’ensemble primaire et secondaire, sont éduqués dans des écoles privées, c’est à dire confessionnelles, la plupart catholiques et subventionnées par l’État.
Les deux partis politiques qui alternent en France depuis 50 ans, le PS et le LR, se sont opposés il y a 30 ans au projet de laïcisation de l’Éducation Nationale afin de défendre en sous main l’école privée de confession catholique. Aujourd’hui ils sont les défenseurs de "la laïcité dans l’Éducation Nationale" afin de stigmatiser en sous main les musulmans.
Compléments d'info à l'article
Proposer un complément d'info