Frappez là où ça fait mal

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Theodore Kaczynski se demande si la biotechnologie n’est pas la meilleure question sur laquelle attaquer le système politiquement...


1. LE BUT DE CET ARTICLE

Le but de cet article est de souligner un principe très simple du conflit humain, un principe que les opposants au système techno-industriel semblent oublier. Le principe est que dans toute forme de conflit, si vous voulez gagner, vous devez frapper votre adversaire là où ça fait mal.

Je dois expliquer que quand je parle de « frapper là où ça fait mal », je ne fais pas nécessairement allusion à des coups physiques ou à une forme de violence physique. Par exemple, dans un débat oral, « frapper là où ça fait mal » signifierait présenter les arguments auxquels la position de votre adversaire est la plus vulnérable. Dans une élection présidentielle, « frapper là où ça fait mal » signifierait remporter les Etats qui ont le plus de grands électeurs. Cependant, en discutant de ce principe, j’utiliserai l’analogie du combat physique, parce que c’est vivant et clair.

Si un homme vous donne un coup de poing, vous ne pouvez pas vous défendre en frappant son poing en retour, parce que vous ne pouvez pas toucher l’homme de cette manière. Pour gagner le combat, vous devez le frapper là où ça fait mal. Cela signifie que vous devez aller derrière le poing et frapper les parties sensibles et vulnérables du corps de l’homme. Supposez qu’un bulldozer appartenant à une société d’abattage commence à éventrer les bois près de chez vous et que vous vouliez le stopper. C’est la pelle du bulldozer qui éventre la terre et qui renverse les arbres, mais ce serait une perte de temps d’attaquer la pelle avec un marteau. Si vous passez une longue et dure journée à frapper la pelle avec le marteau, vous pouvez réussir à l’endommager suffisamment pour qu’elle soit hors d’usage. Mais en comparaison avec le reste du bulldozer, la pelle est relativement bon marché et facile à remplacer. La pelle est seulement le « poing » avec lequel le bulldozer attaque la terre. Pour vaincre la machine, vous devez aller derrière le « poing » et attaquer les parties vitales du bulldozer. Le moteur, par exemple, peut être abîmé avec une très faible dépense de temps et d’efforts, par des moyens bien connus de beaucoup de radicaux.

A ce point je dois dire clairement que je ne recommande pas à quiconque d’endommager un bulldozer (à moins qu’il ne lui appartienne en propre). Rien dans cet article ne doit non plus être interprété comme recommandant une activité illégale d’un genre quelconque. Je suis un prisonnier, et si j’encourageais l’activité illégale cet article ne pourrait même pas sortir de la prison. J’utilise l’analogie du bulldozer seulement parce qu’elle est claire et vivante et qu’elle sera appréciée par les radicaux.

2. LA TECHNOLOGIE EST LA CIBLE

Il est largement reconnu que « la variable de base qui détermine le processus historique contemporain est fourni par le développement technologique » (Celso Furtado). La technologie, plus que tout le reste, est responsable de l’état actuel du monde et contrôlera son développement futur. Ainsi, le « bulldozer » que nous devons détruire est la technologie moderne elle-même. Beaucoup de radicaux sont conscients de cela, et comprennent donc que leur tâche est d’éliminer tout le système techno-industriel. Mais malheureusement ils ont prêté peu d’attention à la nécessité de frapper le système là où ça fait mal.

Démolir des MacDonald’s ou des Starbuck’s est sans intérêt. Non pas que je me préoccupe de MacDonald’s ou de Starbuck’s. Je me fiche que quelqu’un les démolisse ou pas. Mais ce n’est pas une activité révolutionnaire. Même si toutes les chaînes de fast-food dans le monde étaient détruites, le système techno-industriel ne subirait qu’un dommage minimal en conséquence, puisqu’il pourrait facilement survivre sans les chaînes de fast-food. Quand vous attaquez MacDonald’s ou Starbuck’s, vous ne frappez pas là où ça fait mal

Il y a quelques mois, j’ai reçu une lettre d’un jeune homme du Danemark qui pensait que le système techno-industriel devait être éliminé parce que, comme il le disait, « Que se passera-t-il si nous continuons de cette manière ? ». Mais apparemment, sa forme d’activité « révolutionnaire » était de faire des raids contre des exploitations de fourrure. Comme moyen pour affaiblir le système techno-industriel, cette activité est totalement inutile. Même si les partisans de la libération animale réussissaient à éliminer complètement l’industrie de la fourrure, ils ne feraient pas du tout de tort au système, parce que le système peut continuer parfaitement bien sans fourrures.

Je suis d’accord que garder des animaux sauvages dans des cages est intolérable, et que mettre fin à de telles pratiques est une noble cause. Mais il y a beaucoup d’autres nobles causes, comme empêcher les accidents de la circulation, fournir des refuges aux sans-abri, faire du recyclage, ou aider les personnes âgées à traverser la rue. Pourtant personne n’est assez stupide pour prendre celles-ci pour des activités révolutionnaires, ou pour imaginer qu’elles font quelque chose pour affaiblir le système.


3. L’INDUSTRIE DU BOIS EST UNE QUESTION SECONDAIRE

Pour prendre un autre exemple, personne ne pense raisonnablement qu’une chose comme la vraie nature sauvage puisse survivre très longtemps si le système techno-industriel continue à exister. Beaucoup de radicaux environnementaux reconnaissent que c’est le cas et espèrent l’effondrement du système. Mais tout ce qu’ils font en pratique, c’est d’attaquer l’industrie du bois.

Je n’ai certainement pas d’objection à leur attaque contre l’industrie du bois. En fait, c’est une question qui me tient à cœur et je me réjouis de tout succès que les radicaux peuvent obtenir contre l’industrie du bois. De plus, pour des raisons que je dois expliquer ici, je pense que l’opposition à l’industrie du bois devrait être une composante des efforts pour renverser le système.

Mais en soi, attaquer l’industrie du bois n’est pas un moyen efficace de travailler contre le système, car même au cas improbable où les radicaux réussissaient à stopper tout l’abattage du bois partout dans le monde, cela n’abattrait pas le système. Et cela ne sauverait pas la nature sauvage pour toujours. Tôt ou tard le climat politique changerait et l’abattage reprendrait. Même si l’abattage ne reprenait jamais, il y aurait d’autres actions par lesquelles la nature sauvage serait détruite, ou bien domptée et domestiquée sinon détruite. L’exploitation minière et minérale, les pluies acides, les changements de climat, et l’extinction des espèces détruisent la nature sauvage ; la nature sauvage est domptée et domestiquée à travers les loisirs, les études scientifiques et la gestion des ressources, incluant entre autres choses le marquage électronique des animaux, le remplissage des rivières avec du poisson d’élevage artificiel, et la plantation d’arbres génétiquement modifiés.

La nature sauvage ne peut être sauvée pour toujours qu’en éliminant le système techno-industriel, et vous ne pouvez pas éliminer le système en attaquant l’industrie du bois. Le système survivrait aisément à la mort de l’industrie du bois parce que les produits en bois, bien que très utiles au système, peuvent si nécessaire être remplacés par d’autres matériaux. Par conséquent, quand vous attaquez l’industrie du bois, vous ne frappez pas le système là où ça fait mal. L’industrie du bois est seulement le « poing » (ou l’un des poings) avec lequel le système détruit la vie sauvage, et, comme dans un combat de boxe, vous ne pouvez pas gagner en frappant le poing. Vous devez aller derrière le poing et frapper les organes les plus sensibles et les plus vitaux du système. Par des moyens légaux, bien sûr, comme les protestations pacifiques.

4. POURQUOI LE SYSTÈME EST SOLIDE

Le système techno-industriel est exceptionnellement solide du fait de sa soi-disant structure « démocratique » et de sa flexibilité résultante. Parce que les systèmes dictatoriaux tendent à être rigides, les tensions et les résistances sociales peuvent être accrues jusqu’au point où elles endommagent et affaiblissent le système et peuvent conduire à la révolution. Mais dans un système « démocratique », quand la tension et la résistance sociales s’accroissent dangereusement, le système recule suffisamment et fait suffisamment de compromis pour ramener les tensions à un niveau acceptable.

Pendant les années 60, les gens devinrent pour la première fois conscients que la pollution environnementale était un problème grave, notamment parce que la saleté visible et nauséabonde dans l’air de nos grandes villes commençait à déranger physiquement les gens. Il y eut suffisamment de protestations pour qu’une Agence de Protection de l’Environnement soit créée et que d’autres mesures soient prises pour alléger le problème. Bien sûr, nous savons tous que nos problèmes de pollution sont très, très loin d’être résolus. Mais suffisamment de choses ont été faites pour que les plaintes du public diminuent et que la pression sur le système soit réduite pour un certain nombre d’années.

Ainsi, attaquer le système revient à frapper un morceau de caoutchouc. Un coup de marteau peut briser de la fonte, parce que la fonte est rigide et cassante. Mais vous pouvez taper sur un morceau de caoutchouc sans l’endommager parce qu’il est flexible : il cède devant la protestation, juste assez pour que la protestation perde sa force et son élan. Ensuite le système rebondit. Donc, pour frapper le système là où ça fait mal, vous devez sélectionner les questions sur lesquelles le système ne cédera pas, pour lesquelles il combattra jusqu’au bout. Car ce qu’il vous faut, ce n’est pas un compromis avec le système, mais une lutte à mort.

5. IL EST INUTILE D’ATTAQUER LE SYSTÈME DU POINT DE VUE DE SES PROPRES VALEURS

Il est absolument essentiel d’attaquer le système non pas du point de vue de ses propres valeurs orientées vers la technologie, mais du point de vue de valeurs qui soient incompatibles avec les valeurs du système. Tant que vous attaquez le système du point de vue de ses propres valeurs, vous ne frappez pas le système là où ça fait mal, et vous permettez au système de dégonfler les protestations en cédant, en reculant.

Par exemple, si vous attaquez l’industrie du bois essentiellement pour la raison que les forêts sont nécessaires pour préserver les ressources en eau et les opportunités de loisirs, alors le système peut céder du terrain pour désamorcer les protestations sans compromettre ses propres valeurs : les ressources en eau et les loisirs sont pleinement cohérentes avec les valeurs du système, et si le système recule, s’il restreint l’abattage du bois au nom des ressources en eau et des loisirs, alors il fait seulement une retraite tactique et ne subit pas une défaite stratégique pour son code de valeurs.

Si vous faites campagne sur les questions de persécution (comme le racisme, le sexisme, l’homophobie ou la pauvreté), vous ne contestez pas les valeurs du système et vous n’obligez même pas le système à reculer ou à faire des compromis. Vous aidez directement le système. Les défenseurs les plus sages du système reconnaissent tous que le racisme, le sexisme, l’homophobie et la pauvreté sont néfastes pour le système, et c’est pourquoi le système lui-même travaille à combattre ces formes de persécution et les formes similaires.

Les « ateliers clandestins », avec leurs bas salaires et leurs conditions de travail misérables, peuvent apporter des profits à certaines sociétés, mais les défenseurs avisés du système savent très bien que le système dans son ensemble fonctionne mieux quand les travailleurs sont traités décemment. En soulevant la question des ateliers clandestins, vous aidez le système, vous ne l’affaiblissez pas.

De nombreux radicaux cèdent à la tentation de se concentrer sur des questions non-essentielles comme le racisme, le sexisme et les ateliers clandestins parce que c’est facile. Ils choisissent une question sur laquelle le système peut se permettre de faire un compromis et pour laquelle ils obtiendront le soutien de gens comme Ralph Nader, Winona LaDuke, les syndicats, et tous les autres réformateurs roses. Peut-être que le système, sous la pression, reculera un peu, les activistes verront quelque résultat visible après leurs efforts, et ils auront l’illusion satisfaisante d’avoir accompli quelque chose. Mais en réalité ils n’ont rien accompli du tout pour l’élimination du système techno-industriel.

La question de la mondialisation n’est pas complètement sans rapport avec le problème de la technologie. L’ensemble des mesures économiques et politiques appelé « mondialisation » promeut la croissance économique et, par conséquent, le progrès technologique. Cependant, la mondialisation est une question d’importance marginale et une cible plutôt mal choisie de la part des révolutionnaires. Le système peut se permettre de céder du terrain sur la question de la mondialisation. Sans abandonner la mondialisation en tant que telle, le système peut prendre des mesures pour atténuer les conséquences environnementales et économiques de la mondialisation, de manière à désamorcer les protestations. Au besoin, le système pourrait même se permettre d’abandonner complètement la mondialisation. La croissance et le progrès continueraient tout de même, seulement à un rythme un peu moins rapide.

Et quand vous combattez la mondialisation, vous n’attaquez pas les valeurs fondamentales du système. L’opposition à la mondialisation est motivée par le désir d’assurer des salaires décents aux travailleurs et de protéger l’environnement, ce qui est complètement cohérent avec les valeurs du système (le système, pour sa propre survie, ne peut pas se permettre de laisser la dégradation environnementale aller trop loin). Par conséquent, en combattant la mondialisation vous ne frappez pas le système là où ça fait vraiment mal. Vos efforts peuvent promouvoir des réformes, mais ils sont inutiles pour le but de renverser le système techno-industriel.

6. LES RADICAUX DOIVENT ATTAQUER LE SYSTÈME SUR LES POINTSCISIFS

Pour travailler efficacement à l’élimination du système techno-industriel, les révolutionnaires doivent attaquer le système sur les points où il ne peut pas se permettre de céder du terrain. Ils doivent attaquer les organes vitaux du système. Bien sûr, quand j’utilise le mot « attaquer », je ne fais pas référence à une attaque physique mais seulement aux formes légales de protestation et de résistance.

Voici quelques exemples d’organes vitaux du système :

- A. L’industrie électrique. Le système est totalement dépendant de son réseau électrique.

- B. L’industrie des communications. Sans communications rapides, comme le téléphone, la radio, la télévision, les E-mails, et ainsi de suite, le système ne pourrait pas survivre.

- C. L’industrie électronique. Nous savons tous que sans les ordinateurs le système s’effondrerait immédiatement.

- D. L’industrie de la propagande. L’industrie de la propagande inclut l’industrie des divertissements, le système éducatif, le journalisme, la publicité, les relations publiques, et la plus grande partie de la politique et de l’industrie psychiatrique. Le système ne peut pas fonctionner si les gens ne sont pas suffisamment dociles et conformistes et s’ils n’ont pas les attitudes que le système a besoin qu’ils aient. C’est la fonction de l’industrie de la propagande d’enseigner aux gens ce genre de pensée et de comportement.

- E. L’industrie de la biotechnologie. Le système n’est pas encore (autant que je sache) physiquement dépendant de la biotechnologie avancée. Néanmoins, le système ne peut pas se permettre de céder sur la question de la biotechnologie, qui est une question d’une importance critique pour le système, comme je l’exposerai dans un moment.

Encore une fois : quand vous attaquez ces organes vitaux du système, il est essentiel de ne pas les attaquer du point de vue des valeurs du système mais du point de vue de valeurs incompatibles avec celles du système. Par exemple, si vous attaquez l’industrie électrique pour la raison qu’elle pollue l’environnement, le système peut désamorcer les protestations en développant des méthodes plus propres pour générer l’électricité. Si la situation se détériorait, le système pourrait même passer entièrement à la puissance éolienne et solaire. Cela pourrait faire beaucoup pour réduire les dommages environnementaux, mais cela ne mettrait pas fin au système techno-industriel. Cela ne représenterait pas non plus une défaite pour les valeurs fondamentales du système.

Pour accomplir quelque chose contre le système, vous devez attaquer toute génération de puissance électrique par question de principe, pour la raison que la dépendance vis-à-vis de l’électricité rend les gens dépendants du système. C’est un motif incompatible avec les valeurs du système.

7. LA BIOTECHNOLOGIE EST PEUTTRE LA MEILLEURE CIBLE POUR L’ATTAQUE POLITIQUE

La cible la plus prometteuse pour l’attaque politique est probablement l’industrie de la biotechnologie. Bien que les révolutions soient généralement réalisées par des minorités, il est très utile d’avoir un certain degré de soutien, de sympathie, ou du moins d’acquiescement de la part de la population générale.

Obtenir ce genre de soutien ou d’acquiescement est l’un des buts de l’action politique. Si vous concentriez votre attaque politique, par exemple, sur l’industrie électrique, il serait extrêmement difficile d’obtenir un soutien en dehors d’une minorité radicale, parce que la plupart des gens résistent au changement de leur mode de vie, spécialement à un changement qui les dérange.

Pour cette raison, peu de gens seraient prêts à abandonner l’électricité. Mais les gens ne se sentent pas encore dépendants de la biotechnologie avancée comme ils le sont de l’électricité. Eliminer la biotechnologie ne changera pas radicalement leurs vies. Au contraire, il serait possible de montrer aux gens que le développement continu de la biotechnologie transformera leur mode de vie et anéantira des valeurs humaines séculaires. Ainsi, pour contester la biotechnologie, les radicaux doivent être capables de mobiliser en leur faveur la résistance humaine naturelle au changement.

Et la biotechnologie est une question sur laquelle le système ne peut pas se permettre de perdre. C’est une question sur laquelle le système devra combattre jusqu’au bout, ce qui est exactement ce dont nous avons besoin. Mais – pour le répéter une fois de plus – il est essentiel d’attaquer la biotechnologie non pas du point de vue des valeurs du système mais du point de vue de valeurs incompatibles avec celles du système.

Par exemple, si vous attaquez la biotechnologie essentiellement pour la raison qu’elle peut nuire à l’environnement, ou que les aliments génétiquement modifiés peuvent être nuisibles à la santé, alors le système peut amortir et amortira votre attaque en cédant du terrain ou en faisant un compromis – par exemple, en introduisant une surveillance accrue de la recherche génétique, ou bien des tests et des règlements plus rigoureux pour les organismes génétiquement modifiés. L’anxiété des gens diminuera alors et les protestations s’affaibliront.


8. TOUTE LA BIOTECHNOLOGIE DOIT ÊTRE ATTAQUÉE PAR PRINCIPE

Ainsi, au lieu de protester contre les conséquences négatives de la biotechnologie, vous devez attaquer toute la biotechnologie moderne par principe, pour des motifs tels que : (a) qu’elle est une insulte à toutes les choses vivantes ; (b) qu’elle place trop de pouvoir dans les mains du système ; (c) qu’elle transformera radicalement les valeurs humaines fondamentales qui ont existé pendant des milliers d’années ; et des motifs similaires qui sont incompatibles avec les valeurs du système.

En réponse à ce genre d’attaque, le système devra résister et combattre. Il ne peut pas se permettre d’amortir votre attaque en reculant d’une manière importante, parce que la biotechnologie est trop centrale pour toute l’entreprise du progrès technologique, et parce qu’en reculant le système ne ferait pas seulement une retraite tactique, mais subirait une défaite stratégique majeure pour son code de valeurs. Ces valeurs seraient minées et la porte serait ouverte à d’autres attaques politiques qui saperaient les fondations du système.

Maintenant il est vrai que la Chambre des Représentants des USA a récemment voté pour interdire le clonage des êtres humains, et au moins quelques membres du Congrès ont même donné de bonnes raisons pour agir ainsi. Les raisons que j’ai lues étaient exprimées en termes religieux, mais quoi que vous puissiez penser des termes religieux impliqués, ces raisons n’étaient pas des raisons technologiquement acceptables. Et c’est ce qui compte.

Ainsi, le vote du Congrès sur le clonage humain fut une véritable défaite pour le système. Mais ce fut seulement une très, très petite défaite, à cause de la faible portée de l’interdiction – seule une partie infime de la biotechnologie fut affectée – et parce que dans le futur proche le clonage des êtres humains serait de peu d’usage pratique pour le système de toute façon. Mais l’action de la Chambre des Représentants suggère que cela pourrait être un point vulnérable du système, et qu’une plus large attaque contre toute la biotechnologie pourrait infliger des dommages sévères au système et à ses valeurs.

9. LES RADICAUX N’ATTAQUENT PAS ENCORE EFFICACEMENT LA BIOTECHNOLOGIE

Certains radicaux attaquent la biotechnologie, politiquement ou physiquement, mais autant que je sache ils expliquent leur opposition à la biotechnologie du point de vue des valeurs du système. C’est-à-dire que leurs principales plaintes concernent les risques de dommages environnementaux et de dommages pour la santé. Et ils ne frappent pas l’industrie de la biotechnologie là où ça fait mal.

Pour utiliser une fois de plus l’analogie du combat physique, supposez que vous deviez vous défendre contre une pieuvre géante. Vous ne pourriez pas la combattre efficacement en coupant le bout de ses tentacules. Vous devez la frapper à la tête. D’après ce que j’ai lu sur leurs activités, les radicaux qui travaillent contre la biotechnologie ne font pour l’instant rien de plus que de couper le bout des tentacules de la pieuvre. Ils tentent de persuader les fermiers ordinaires, individuellement, de s’abstenir de planter des semences génétiquement modifiées.

Mais il y a des milliers de fermes en Amérique, donc ce travail de persuasion individuelle des fermiers est un moyen extrêmement inefficace pour combattre les manipulations génétiques. Il serait beaucoup plus efficace de persuader les chercheurs impliqués dans un travail de biotechnologie, ou les cadres de sociétés comme Monsanto, de quitter l’industrie de la biotechnologie. Les chercheurs de haut niveau sont des gens qui ont des talents particuliers et une formation poussée, donc ils sont difficiles à remplacer. La même chose est vraie des cadres supérieurs des sociétés. Persuader seulement quelques-uns de ces gens de quitter la biotechnologie causerait plus de tort à l’industrie de la biotechnologie que de persuader un millier de fermiers de ne pas planter des semences génétiquement modifiées.


10. FRAPPEZ LÀ OÙ ÇA FAIT MAL

La discussion est ouverte quant à savoir si j’ai raison de penser que la biotechnologie est la meilleure question sur laquelle attaquer le système politiquement. Mais il est hors de doute que les radicaux gaspillent aujourd’hui la plus grande partie de leur énergie sur des questions qui ont peu ou pas d’importance pour la survie du système technologique. Et même lorsqu’ils s’attaquent aux vraies questions, les radicaux ne frappent pas là où ça fait mal. Donc au lieu de se précipiter au prochain sommet du commerce mondial pour exprimer leur colère contre la mondialisation, les radicaux devraient passer un peu de temps à réfléchir sur la manière de frapper le système là où ça fait vraiment mal. Par des moyens légaux, bien sûr.

Article de Theodore Kaczynski paru dans "Green Anarchy" N° 8, printemps 2002

Vous pouvez lire d’autres textes de Theodore Kaczynski ici

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  • Le 28 novembre 2010 à 14:41, par le journal des tueursnet

    Bébé éprouvé par le prix Nobel !
    Je ne sais pas ce qui me prend ? Je ne sais pas ce qui m’a pris ? Mais depuis hier, j’ai envie de buter mon père. Par ici on appelle ça un parricide. Non… je ne suis pas sa fille, mais son plus sordide produit… Je suis une F.I.V. Un bébé éprouvette semé au hasard Par quelqu’un qui a voulu donner naissance à un bâtard. Fecundation in vitro… in vitro, VERITAS Pour qui on me prend ? Pour une dédicace ? Qui sera très contente de faire des grimaces Non… je ne suis pas contente… de faire partie de la classe de ces bébés limaces. On vient de décerner le prix Nobel de médecine à Bob, parce qu’on a estimé qu’il a bien fait son job en 1978 en donnant naissance au premier bébé éprouvette. Que dalle ! C’est un scandale… Un pas de géant pour toutes les mamans… Et un faux pas pour nous autres enfants ! Tous partis à la recherche de leur géniteur planqué quelque part en chine ou en Indochine, parce qu’il n’avait rien d’autre à foutre ! Oui, je crois qu’il va falloir réviser les lois de la Bioéthique pour que le donneur ne soit pas un Ovni, un objet volontairement non identifié… et pour que je puisse savoir à qui je dois ce cadeau empoisonné : de n’être la fille de personne…et puis, je n’ai pas envie d’exister… Sans la moindre trace de volupté. J’étais voulue pas désirée. Visée et atteinte par un attardé qui m’a vendu à la science parce qu’on lui a donné mauvaise conscience et quelques billets pour foutre mon rêve en l’air… Je ne suis pas contente. La vie… la vie… je n’en ai pas envie… j’aurais préférée être l’enfant d’un viol que le rejeton d’un apprenti sorcier. Je hais la science qui m’a donné naissance en croisant un ovule congelé et un sperme fêlé. Je m’appelle Fève… parce que mon hébergeur m’a indiqué que le prénom Eve n’était accordé qu’à celles qui n’avaient rien à prouver ! Bienvenue chez les chut !!! Parce qu’il ne faut pas en parler. Quand on ne peut pas dire papa, il faut apprendre à la fermer ! C’est Ubuesque… les gens sont contents de leurs chercheurs en biomédecine parce qu’ils ont occulté le mal à la racine… que la vie ne vaut pas un clou quand l’amour n’est pas dans le coup… Je suis aujourd’hui employée au CNRS.SS et je fais tout pour le retrouver… A la prochaine fête des rois, c’est sur moi qu’il tombera et là je lui logerai une balle entre les deux joues. La France risque de disparaître de ma carte d’identité Il se prenait pour un poète… pour un prophète…je ne sais plus ! Il m’a enlevé, enfermé et m’a ordonné de me déshabiller. Comme j’étais indisposée, j’avais mes règles, il s’est jeté sur moi… Il a arraché mon pantalon, déchiré ma chemise. Avec un couteau il a coupé en deux mon soutien gorge, m’a entaillé les seins et barbouillé mon visage avec le sang qui coulait. Puis il a déchiqueté ma petite culotte avec ses dents, l’a mâchée puis avalée. Il ne cherchait qu’à m’humilier, à me faire cracher une vérité que j’étais incapable de lui révéler. L’obscène ! Probablement la sienne… Il voulait me dissoudre dans le souffre de sa souffrance, m’infliger la pire des peines qu’on puisse infliger à une personne humaine : lui donner la mort parce qu’elle n’est pas foutue d’être immortelle. Puis il a pris un pieu, me l’a enfoncé dans le bas ventre et s’est mis à donner de petits coups avec un marteau comme pour me sculpter de l’intérieur… Et de plus en plus fort. Et de plus en plus vite… La douleur était si forte que j’ai fini par perdre connaissance… Lorsque je me suis réveillée à l’hôpital le médecin m’a dit que mon bourreau n’était autre que moi-même.
    http://www.tueursnet.com/index.php?journal=Balle%20de%20Nobel

  • Le 12 novembre 2010 à 12:25, par daffy_duck

    D’accord avec Bart. Ca ne sert à rien de forcer les gens à changer.
    Par contre le meilleur moyen actuellement (point de vue personnel en aucun cas une vérité absolue) c’est d’informer les gens sur les dérives de notre système via des actions plus ou moins légales.
    La désobéissance civile est une bonne arme pour cela ( anti Ogm, anti pub, blocage de supermarché) à condition qu’elle soit justifiée.
    Et bien sûr essayer de créer un mode de vie nouveau à notre échelle, montrer qu’autre chose est possible que la société de consommation.

  • Le 12 novembre 2010 à 09:20, par bart

    Créer une tension fera changer les mentalités ? Pourquoi pas.
    Il pense tout de même que lorsque la société industriel aura disparu et que nous aurons traversé famine, guerre etc... alors on se retrouvera autour de la Nature et des valeurs fondamentales. C’est un pari optimiste.
    Ce qui me dérange par dessus tout quand même c’est cette volonté de vouloir imposer un mode de vie, une philo, à une majorité qui n’en veut pas à priori. La plupart d’entre nous n’est pas prêt à se séparer de son confort et de tout ces divertissements, et continue à somnoler en bougonnant. Mais si le monde était obligé de se séparer de la technologie de force par ex, que se passerait-il ?
    Tenterait-il de créer autre chose ? C’est sans tenir compte de l’esprit grégaire de l’Homme, soumis la plupart du temps à un ou plusieurs. Commençons par changer chacun et construire à l’intérieur de nous même. Ca va être trés long et probablement pas plaire à tout ceux qui demande tout, tout de suite.

  • Le 10 novembre 2010 à 23:17, par Dimitri

    Tres intéressant. Mais d’un point de vue pratique, je me pose une question : pourquoi toujours vouloir trouver une clef de voute dans un système, qui n’en a pas ?
    Bien sur, frapper là ou ça fait mal est important dans biens des cas. Mais cela reste pour moi une stratégie à adopter sur des mouvements précis. Par exemple en utilisant les médias, une spécialité de greenpeace. Ou alors en arrachant des OGM, c’est utile dans le sens symbolique pour rameter un maximum de gens sur la question. Si le « système », à savoir dans ce cas les multinationales, voulaient faire des OGM au nez du peuple, il en feraient (et en font).
    Ce concentré sur une chose précise à deux inconvénients : on laisse les autres domaines sans contraintes et on perd énormément de monde. On peut en convaincre beaucoup de ce battre contre les bio tech, je rejoindrais volontiers. Mais convaincu ne veut pas dire actif. Le temps passé sur la massification, la récupération de touts les groupes, l’accord sur les actions, bref le simple fait d’etre uni et actifs ensemble contre un truc est quasiment impossible, mis a par une menace directe du truc lui-meme (la réforme par exemple) qui motive des masses à attaquer le « truc » ainsi que sa réforme.
    Bref, pour moi il n’existe pas de clef de voute, donc d’attaques unies sur une menace objectivement déterminée et pesée. On a beaucoup mieux : Il existe un peuple, avec ces croyances, ces idées et ces courants. Ce qu’on a à faire, c’est à allumer des feux un peut de partout (démonter des Mcdo, contre le bois, contre les OGM, pour la protection des animaux...) et l’attiser avec des idées de fond.
    Avec une éducation alternative supposant à chacun de ce posé des questions et à ce construire ses idées avec les courants en place. C’est un bruit de fond, et pas une attaque ciblée qui doit monter. Si les courants rassembleurs, comme le combat contre la réforme, s’autodépassent par un transformation en un combat contre le « systeme » c’est par tout ceux qui ce sont mis et ce mettent à réfléchir, pas parce-que deux ou trois personnes l’on fait voté en AG. Et ça, c’est profondément incompatible avec les valeurs du système. à la limite, je m’en fout de savoir qui on attaque. Cette question ce pose quand on est ensemble, et qu’on veut faire quelque chose. Là, la stratégie est importante. L’organisation doit existé : on fait une AG, on réfléchit. Etudiant(e)s ? Commençons par voir les leviers les plus directs et efficaces que nous avons pour rassembler du monde. Après nous verrons bien. Travailleur(euses)s ? tout dépend dans quelle boite on bosse, si il ne faut pas déjà ce prouver qu’on peut dire « merde » à la direction. Radicaux ? Tout dépend de quoi. Si l’entreprise du coin qui fait chier est un Mcdo, alors allons la faire chier. Les conséquences médiatiques et sur l’opinion générale s’étudient au cas par cas.
    La lutte serait une sorte de bruit de fond, qui deviendrait inaudible pour tout le monde : politiques comme contestataires. Car on aurait la l’expression colorée et variée du peuple. L’incapacité pour les syndicats de faire une liste de revendications, de planté un drapeau en tete de manif, une masse grouillante qui fait énormément peur par son caractère imprévisible et spontané. Comme dans touts systèmes sociaux, des courants apparaitraient, des références (culturelles principalement : musique, dessin, tags... ou littéraires, etc.) aussi. Et petit à petit, le dessin de l’avenir proche puis lointain deviendrait clair. A ce moment là, l’ancien système n’existerait plus comme nous l’avions connu. Il est impossible de savoir comment cela ce terminerait, en fait. Et c’est peut-être le mieux.

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