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L’amalgame a bâti la France

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Je suis dessinateur de presse, arabe... mais seulement... ami avec Charlie ! (...) J’allais chez Charlie Hebdo depuis le lycée, ça date ! Et puis la dernière fois, c’était en septembre dernier, j’ai partagé une assiette d’huitres avec Tignous, 3 jours de poilade et d’amitié franche... Alors depuis hier, je n’ai rien pu dessiner. Depuis hier, je reçois des messages d’amitiés, des pensées, et aussi des demandes de dessins, et de participation. Mais je reste comme un con devant ma feuille blanche.

J’ai compris que c’était l’horreur tout ça, moi qui enfant, ai "naturellement" vu circuler des armes, appris à mentir pour que 4 types armés de fusils à pompe ne rentre pas à la maison pour se venger, ou pour ne pas balancer des amis (dont je comprenais la situation), au RG qui essayait de nous extorquer des renseignements... Jusqu’à l’année dernière encore, où cette fatalité, cette "loi du milieu" a tué deux de mes potes d’enfance. L’un après l’autre, ils sont morts atrocement et ont fait les faits divers. C’est aussi ça mon âme d’enfant d’immigré.

Des choses du passé refont surface... La laïcité de façade qui m’a fait subir des contrôles d’identité humiliants, qui m’ont souillé le cœur et où j’ai dû ravaler ma rage, des soirées niquées parce qu’on ne rentrait pas en boîte, une petite amie qui m’a dit sur le seuil de sa porte que c’était terminé parce que ses parents ne voulaient pas "qu’elle sorte avec un arabe", ou encore des emplois qu’on me refusait parce que les clients ne comprendraient pas. Des centaines de lettres envoyées et aucun entretien d’embauche à passer ! Peu de ressources financières, et l’ennui chevillé aux pompes bon marché chez Tati. Les vacances au quartier, ou en colo. Des braqueurs au grand cœur, on achetait des trucs tombés du camion à des prix que la Chine ne suivrait pas.. On allait pas chipoter sur la légalité.

Des blancs à la télé, des blancs dans les centre ville, dans les bureaux. Même les assistantes sociales qui paradaient chez nous étaient blanches. La rédaction de Charlie, invariablement blanche. Hier encore, quand je suis allé au rassemblement pour Charlie Hebdo, la place du Capitole n’était pas "noire de monde". Elle était blanche ! Il y avait quelques personnes comme moi, un peu, dont une femme en hijab qui portait un panneau ou il n’y avait pas écrit "Je suis Charlie", rien de pro-liberté d’expression. Non ! Il y avait juste écrit : "Touche pas à ma France ! ". Ca m’a rappelé ma tante qui m’a dit l’autre jour que "les arabes d’Algérie, ils faut s’en méfier, ils veulent profiter, c’est tout !".

Et ça m’a rappelé que la religion me séparait des miens un peu plus chaque jour. Ça m’a rappelé qu’avant ce repli, il suffisait juste d’être arabes pour se sentir proches, peu importe si tu faisais la prière, peu importe si tu respectais scrupuleusement les piliers de l’islam ou pas. Même si je ne cautionne pas cet aveuglement, je le comprends à un point que vous n’imaginez même pas... Bref, on ne mangeait pas de porc, mais on ne s’arrachait pas les cheveux sur des étiquettes "Hallal". Et la petite mosquée dans mon quartier d’enfance était encore une salle des fêtes à l’époque. Ils auraient pu en construire une, mais ils ont décidé que la salle des fêtes deviendrait la mosquée. Depuis, on n’a plus de salle des fêtes, hormis des pièces sans fenêtre dans une cave où ils ont mis des animateurs de quartier. Et on ne se faisait pas insulter à longueur de journaux, de médias radios, télés, de couverture.

Personne pour nous représenter à part des clowns triés sur le volet pour chanter les valeurs républicaines. Ces valeurs qui ont saccagé mon enfance ! On ne représentait pas encore un danger. Mais on était en danger. On l’a toujours été. La pauvreté et la misère, les ghettos sociaux, l’économie parallèle ou la prison, les voies de garages à l’école, l’échec scolaire, le chômage sans perspective d’avenir, et surtout, surtout l’ethnicité : tout ça c’est dangereux. Réellement dangereux. Et puis, un peu partout, je lis que les bien pensants demandent de ne pas faire d’amalgame.... j’y ai cru, j’ai essayé de les éviter ces amalgames. Toute ma vie, je n’ai fait que ça ! Éviter ces putains d’amalgames ! Sauf que voilà, ce pays, la France, est bâtie sur l’amalgame : la séparation économique et sociale est ethnicisée.

Les visages floutés sur TF1 restent basanés, les dirigeants de ce pays sont tous un peu vieux, pas mal blancs, très masculins. Et ce pays aussi. Quand je suis allé à Clichy-sous-bois l’an dernier, là-bas la population était massivement arabe et noire. A des kilomètres de Paris. Et il y a une sorte de frontière invisible à un moment où tous les passagers du bus deviennent blancs. Et ceux-là, ils vont travailler. On passe des sacs de courses aux mallettes de travail. L’amalgame a bâti la France. Je me suis fait insulter par la police, gifler quelques fois à cause de cet amalgame national. J’ai parfois répondu et j’avais la trouille d’aller trop loin.. de rajouter mon nom sur la liste des centaines de mes frères abattus pas des policiers. Tous ces crimes se sont soldés par des non-lieux, ou de la prison avec sursis. Et en général des promotions pour les assassins.

Alors nous, on est un peu las de ce manège, ça nous fatigue ces valeurs à la gomme, ces vertus inexistantes, cette liberté d’expression à sens unique. On ne dit rien parce qu’être musulman ce n’est pas être Charlie. Enfin... plus depuis l’arrivée de Philippe Val en tout cas. Même ce cher Cavanna, ex-pauvre et fils d’immigré italien, le fondateur de Charlie, pleurait d’impuissance parce que Val a pris et changé l’âme de ce qu’était Charlie Hebdo à la base. Et les médias qui font mine de pleurer, ou de s’insurger devant la barbarie, ce sont eux qui ont armé les criminels qui ont abattu mes amis. Alors si ces médias-là sont Charlie, si Val est Charlie, je ne peux pas être Charlie. J’ai trop de respect et d’amour pour hurler avec les loups. Trop de douleur et encore toutes mes facultés mentales en état de marche.

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Sinon expliquez-moi en quoi mettre une bombe sur la tête d’un prophète est marrant ? Ou écrire "traître" sur le front d’un juif sur une caricature d’avant guerre par exemple ? En quoi c’est marrant, expliquez-moi ? En quoi Dieudonné ne représente-t-il pas le courage du vaillant soldat qui se bat pour exprimer ses idées et convictions ? Lui aussi s’est moqué en parlant de Mahomet ou d’Allah, mais il riait de tout, et AVEC tout le monde ! Alors elle est où la différence ? Je ne comprends pas ! En quoi l’acharnement médiatique à vouloir sans cesse dénicher ce qui cloche avec l’islam est-il une liberté d’expression ? Bordel, c’est quoi au juste la liberté d’expression ? Ne serait-ce pas la France qui a des gros problèmes d’intégration dans ce siècle ? Avec son système vicié, lent, et tout poussiéreux ? Ne serait-ce pas pour une fois, l’oppresseur qui aurait tort ? Au lieu de nous chanter à longueur de temps qu’on a de la chance dans ce pays parce que dans nos pays d’origine c’est pire. Où qu’on se plaint, qu’on joue les victimes, comme si tous nous étions paranos !!? Que les études du CNRS sur la discrimination à l’embauche au logement sont erronées ? Qu’à Amnesty International ils se plantent, quand ils disent qu’il y a une véritable violence répressive à l’œuvre en France à l’égard des populations issues de l’immigration ? Que la Halde ne fait jamais suivre les plaintes pour discrimination ?

Mais quel Charlie voudriez vous que moi dessinateur de presse et de culture musulmane, je sois ? Le Charlie de la bande à Choron, Coluche et Reiser qui rigolait AVEC nous ? Ou celui de Philippe Val et d’un Charb - qu’humainement j’aimais beaucoup mais qui grillait un fusible - qui rigolait DE nous ? Je le lui ait dit à Charb, on était en désaccord mais ça n’empêchait pas que j’avais proposé une autre grille de lecture après l’affaire des caricatures en 2005. D’autres dessins, avec une autre vision. Et rien n’est passé. Ce n’est pas grave, il ne se voyait pas publier ça dans Charlie, c’est son droit. Mais aucun journal n’a suivit. Si, Le Monde. Sauf qu’ils m’avaient demandé d’édulcorer et d’enlever certains passages afin que ça puisse être publiable. Alors j’ai refusé. Parce que je n’ai pas une tête à m’appeler Charlie !

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Je me sens mal quand il y a un acte terroriste au nom de l’islam. Je me sens mal quand des dessinateurs prennent une caricature pour un dessin d’humour. Comme s’ils n’avaient jamais eu de cours sur l’image. Et je me sens coupable de faire partie de chacun de ces groupes, de les comprendre, de voir qu’ils se trompent sur l’autre, et sur eux-mêmes, parce qu’incapable de parler. L’empire ottoman, celui des Abbassides, et tout le monde arabe en général était humain malgré la dictature et les violences inhérentes à l’exercice de pouvoirs impérialistes. Je parle des peuples. Les juifs, alors persécutés dans toute l’Europe trouvaient principalement refuge chez nous. Et nombre de nos illustres ancêtres, des savants ou des poètes ; pensaient que le domaine de tous les domaines, la quintessence divine n’était pas la science, ni l’art, ni la géométrie, mais bel et bien l’amour et la sexualité. Le moyen par lequel on donne généralement la vie donc ! Nous n’incarnions pas la terreur et la mort. Nous célébrions ce que dieu a mit de plus cher à notre disposition : La vie ! Je parle du savoir et des valeurs que ces peuples se transmettaient. Et aujourd’hui, un nombre important des miens, acculés au mur, se sont repliés pour s’opposer, résister pour ne pas être rien pour personne. Ne surtout pas être rien à nos propres yeux. Immigré ici ou là-bas, c’est la même impression d’être partout apatride, mais on ne se l’avoue pas. Et de toute façon à qui, puisque personne n’écoutera ...

Les gens qui savent ce que c’est que de vivre nos vies savent que j’ai édulcoré mes BD pour m’adapter, me mettre au niveau intellectuel et psychologique de ce pays. C’est à dire en dessous de toute volonté de dialogue, d’ouverture, d’objectivité et de réciprocité. Je ne peux pas ouvrir mon cœur à un pays qui me sort des mots à la con comme "diversité" ou "vivre ensemble" et qui diffuse à gogo vidéos et bandes son du drame sans égard ni pour les familles de mes potes qui sont morts, ni pour la majorité des musulmans que le système médiatique fait souffrir à longueur de temps ! Sinon dites moi où sont passées les vidéos de caméras de surveillance du commissariat de Joué-Les-Tours ?

Au fait, à propos des intégristes, je me rappelle qu’ils étaient venu au quartier, j’étais enfant. Des mecs sortis d’une camionnette qui ressemblaient à celle de "Retour vers le Futur" quand Doc se fait abattre. Bref, je n’ai pas pensé à ça, mais je me souviens que ma mère (qui nous élevait toute seule) les avait vu (et flairé) et qu’elle m’avait foutu la trouille en me disant que j’aurai affaire à elle si jamais je leur adressais la moindre parole.

J’ai reçu quelques messages qui disent que rien ne justifie l’acte terroriste... alors je vais donc RÉPÉTER : Je NE cautionne PAS cet acte effroyable, ce meurtre. Cessez de me relier à cela, je vous remercie ! D’autant que j’ai perdu personnellement de bons potes dans l’histoire. Et je vais donc PRÉCISER : Dans l’état actuel des choses où les populations immigrées, noires, arabes, musulmanes etc. subissent la ghettoïsation économique, sociale que l’on sait depuis un bail, il ne leur reste que 5% de dignité, une religion, cet espace intime qu’est la foi et qui fait tenir debout dans les situations les plus critiques. Et malgré cette maigre "bandelette de Gaza" intime et psychologique que les musulmans tentent de préserver pour ne pas craquer sous le poids de la mise à l’écart et des insultes répétées, il se trouve malgré tout en France, des gens qui se permettent de s’offusquer qu’on tienne à ce petit bout de territoire privé qu’est la religion.

Au risque de choquer, ça ne m’étonne plus qu’il se soit trouvé des gens avant la seconde guerre mondiale pour faire circuler de sales blagues antimites en France, à une époque où les juifs étaient à peu près dans la même situation que celle des musulmans aujourd’hui. Finalement, il y a une vraie cohérence dans ce pays les gars, ça c’est une constante bien nationale ! Personnellement, je n’ai jamais compris pourquoi à Charlie ils ne s’acharnaient pas avec autant d’assiduité à la criminalité politico-financière de religion monétaire, et qui finira par tous nous enterrer vivants dans nos petites batailles identitaires. Si nous en sommes là, c’est parce que le système tourne à vide. Sauf qu’en 2014 y’en a qui veulent encore vérifier si les musulmans ont vraiment de l’humour. Sans même se douter qu’il y a des cons vraiment vraiment vraiment partout. Même s’il n’y a pas que cela (heureusement), il y en a chez les musulmans comme il y en a chez Charlie ! Sinon ce bon vieux Siné ne se serait jamais fait virer !

Les miens, les issus de l’immigration, les jeunes, les vieux, les clandos, les blédards, ceux qui virent muslim, modérés ou radicaux, les rappeurs, les intégrés, les rageux, les "viva l’algérie", ceux qui disent "Cheh !" depuis mercredi, ceux qui pleurent, tous ceux qui se taisent, ceux qui ont peur, ceux qui applaudissent, ceux qui ont la rage, ceux qui ont mal, ceux qui comprennent sans cautionner, ceux qui cautionnent sans comprendre, tous. On critique parce qu’on aime ce putain de territoire Français et ses habitants ! Malgré tout le mal qui a été fait, malgré les incompréhensions, la surdité, la peur, l’ignorance que ce pays a envers nous, on l’aime quand-même surtout si ça l’emmerde ! Si on l’aimait pas, on serait simplement indifférents. On ne critiquerait rien, on ne provoquerait pas, on ne sifflerait pas la marseillaise, il n’y aurait pas de drapeaux algériens dans les stades, il n’y aurait pas eu le rap, pas de tensions, pas d’émeutes, pas de liens, pas de relations, aucun crime ni passion, pas de blessures, aucune souffrance, pas de tentation Djihadiste, pas d’attentats, pas de drames, ni de moments de joies (heureusement plus nombreux !).

Je sais que Charlie Hebdo s’acharnait sur l’islam avec le même amour. Et la même incompréhension. Mais tant que les médias n’ouvriront pas leurs ondes et leurs journaux aux uns et aux autres avec la même attention, tant que les inégalités sociales et économiques persisteront à s’acharner encore et toujours sur le seul critère racial, alors la vie continuera. On va rire, mais on va pleurer ensemble. Quoiqu’il arrive ce pays on l’aimera de tout notre cœur, jusqu’à ce que mort s’en suive !

Cette journée de deuil national est un cache misère... Le terme "national" ne me parle absolument pas. Et par certains côtés oui, je suis comme Charlie, mais je ne suis pas Charlie ! J’ai un pied dans le monde arabe, un pied en occident.
Un pied dans les quartiers et l’autre en France
Un pied dans le dessin de presse et l’autre dans la vie de tous les jours
Un pied chez Charlie Hebdo, un pied au cul de Charlie Hebdo
Un pied dans les médias alternatifs et l’autre dans les journaux
Un pied dans l’anonymat et l’autre dans la l’auto-censure
Un pied dans la douleur, et l’autre dans la colère. RIP Charlie...

Halim Mahmoudi
source


Lire aussi Charlie Hebdo : compilation des articles publiés sur Rebellyon.info en janvier 2015 (Article centralisant les contributions à Rebellyon.info depuis le massacre de Charlie Hebdo)

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  • Le 16 janvier 2015 à 16:29, par Ex-lecteur de Charlie Hebdo

    Merci pour ce texte. Je l’ai fait lire à pas mal de mes coreligionnaires (athées tendance chrétiens ou le contraire) car j’en avais marre d’entendre des discours tous faits et cette volonté de "sacraliser" ce journal sans en avoir jamais fait la critique. Alors dans ce contexte d’émotion plus ou moins spontanée, dans ce brouhaha médiatique, trouver un texte comme celui-ci qui remet beaucoup de choses à leurs places, ça fait du bien !

  • Le 12 janvier 2015 à 21:44, par lulu

    "peut-on refuser d’être la cible de la satire ?" : Question ma foi centrale. On ne peut de toute façon jamais refuser, car personne ne vous demande votre avis. On peut en revanche s’interroger sur ce que cela signifie. Si vous lisez l’anglais, je vous conseille de jeter un oeil à une planche du bédéiste Joe Sacco dessinée pour l’occasion
    http://www.theguardian.com/world/ng-interactive/2015/jan/09/joe-sacco-on-satire-a-response-to-the-attacks
    D’ailleurs, j’en profite pour lancer un appel : qui pourrait traduire ça en français ? Ce serait vraiment très classe !
    NB : je ne suis pas l’auteur du texte

  • Le 12 janvier 2015 à 16:29, par nguyen

    Les dessins érotiques dans lesquels les femmes sont en mauvaise posture ne me font pas rire. Cependant quand on souscrit au principe de l’humour bête et méchant, quand on en rit s’agissant des politiques ou d’une communauté à laquelle on n’appartient pas, peut-on refuser d’être parfois la cible ?

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