Aux côtés des inculpé.es du 1er mai. Compte-rendu des comparutions immédiates

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Vingt-deux manifestants.e.s interpellé.e.s le 1er mai. Une dizaine ressortie sans poursuite, après plus de 24h de garde-à-vue. Et huit jugé.e.s en comparution immédiate.

  • 4 jeunes gens passent, arrêtés en se rendant à la manif par un motard. Poursuivi.e.s devant le tribunal pour groupement en vue de commettre des violences et des dégradations et refus de donner les codes de déverrouillage de leurs téléphones.
    Tous demandent un délai pour préparer leur défense. Aucun n’a répondu aux questions pendant les 48h de garde-à-vue (gav).

Au final, ils et elle sont relâchés sous contrôle judiciaire, avec interdiction de rentrer en contact entre eux, pointage hebdomadaire au commissariat, obligation de travail, interdiction de paraître à Lyon pour ceux qui n’y habitent pas. à la sortie de la gav, deux d’entre eux se rendent compte que les flics leur ont dérobé leurs téléphones.

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  • Le cinquième manifestant jugé est un étudiant en architecture. En sortant de la manif à Bellecour, il est arrêté par des policiers qui disent l’avoir vu leur faire un doigt d’honneur plus tôt dans le cortège. Il est également accusé, entres autres, de violences sur agent. Il demande à ne pas être jugé dans la foulée. La procureur demande son placement en détention provisoire.

Il est finalement placé sous contrôle judiciaire avec le même genre de contraintes que les autres.

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  • Le sixième manifestant présenté à la barre est un jeune homme arrivé sur Lyon il y a quelques semaines. En rentrant dans le box, il a la tête tellement explosée (multiples traces de coups, pommette éclatée, etc.) que la juge ne peut pas faire semblant. Elle est obligée de lui demander ce qui lui est arrivé. Il a été violemment arrêté place Bellecour. Une fois menotté, un policier lui a retourné les doigts à l’envers en forçant. Puis quand il a protesté contre le fait que ses menottes étaient trop serrées, un des policiers lui a serré encore plus fort. À l’audience, il assure qu’il n’arrive plus à bouger un de ses doigts. Il est inquiet pour son travail. Et semble sonné de ce qui lui est arrivé. Il n’a que 3 jours d’ITT… Le flic qui l’a interpellé et qui a deux bleus et une griffure a le même nombre d’ITT que lui… Plus tard dans sa plaidoirie, l’avocat du policier réclame 1500 euros de dommages et intérêts. pour son client.

Lui aussi demande un délai pour préparer sa défense. Pour lui aussi, la proc’ demande qu’il soit envoyé en prison parce que ses garanties de représentations sont « vagues » (il est hébergé chez un ami). Finalement, il est relâché sous contrôle judiciaire strict.

Vidéo de l’arrestation
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  • Enfin, deux manifestant.e.s comparaissent ensemble. Tous deux poursuivis pour participation à un attroupement après sommations de se disperser, avec visage dissimulé, refus de donner ses codes de téléphone et violences sur policier (jet de pierres pour l’un, d’une canette pour l’autre).

Le plus jeune demande un délai pour préparer sa défense. Il est placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de manifestation et de paraître sur Lyon. L’autre demande à être jugé de suite. Elle a été arrêté pour avoir jeté une canette à quelques mètres d’un flic après avoir vu un adolescent se faire jeter à terre et arrêter violemment.

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La juge : « Vous visiez trois policiers qui procédaient à une interpellation ? »

Manifestante : « Je regrette, il vaut mieux que je m’abstienne de manifester à l’avenir ».

Avocat de la police : « Ces jets de projectiles peuvent avoir des conséquences dramatiques. Ce sont des faits d’une extrême gravité. […] Il y a des faits encourageants, une progression dans sa façon de considérer les choses, elle n’est pas loin de bientôt reconnaître comme l’ensemble de nos concitoyens qu’il est normal que les policiers puissent intervenir dans ce genre de situations. J’ai du mal à entendre, en revanche, qu’on puisse se retrouver par hasard au milieu de ce genre d’individus décidés à en découdre ».
500 euros de dommages et intérêts réclamés pour le policier « victime ».

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De manière générale, que ce soir la proc’, les juges ou l’avocat de la partie civile, tous ont le même schéma en tête : les manifs sont/doivent être « tranquilles », l’affrontement avec le monde de la marchandise et la police n’est le fait que d’une minorité, à la marge. Cette minorité est une menace. Manifester est un droit qui est gentiment concédé par l’Etat et cette minorité gâche ce droit. Pire : elle impose au reste du cortège de se faire gazer... C’est proprement scandaleux. « Manifestation » et « violence » ne doivent plus aller de pair, dixit la proc’. C’est la rhétorique réactionnaire, vieille comme la droite, qui veut dresser une partie du mouvement contre une autre (les gentils manifestants responsables contre les méchants casseurs). Il est certain que pour cette clique de jeunes (et moins jeune) serviteurs de l’ordre établi, quand ils pensent « manifestation », ce qui leur vient à l’esprit n’est pas le peuple dans la rue, celui de 1789, de mai 68 ou des gilets jaunes, tous ces moment où le pouvoir vacille, où les illusions se dissipent et la masse des pauvres prend conscience de sa force, de la fragilité de ce monde et de sa capacité à en fabriquer d’autres. Non, ils pensent plutôt exercice d’un « droit démocratique » garanti par la police… Quelle misère.

En début de soirée, la manifestante est condamnée à 105h de travail d’intérêt général et 150 euros pour le « préjudice » du policier.

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