Celles et ceux qui luttent ne sont pas mort-e-s

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La grève du 10 septembre a réuni quelques centaines de milliers de manifestantEs. Plus que pour l’ANI. Cela malgré les propos démobilisateurs de bureaucraties nationales prétendant qu’il ne s’agissait pas d’obtenir le retrait de la réforme, mais d’en faire évoluer les contours. Prétendant, comme le gouvernement, que celle-ci comportait des aspects « positifs », minimisant le gigantesque racket patronal et étatique que réprésente l’allongement de la durée de cotisation.

Pourtant, gouvernements, médias, et bureaucraties syndicales se sont empressées de qualifier cette journée d’échec. Aucune intersyndicale nationale n’a eu lieu le 10 septembre au soir, comme il l’était d’usage lors du précédent mouvement des retraites. Il a fallu plus de trois semaines pour que l’exécutif confédéral CGT annonce une « semaine d’action » du 7 au 11 octobre, dont une journée de grève interpro sans aucune date précise. L’exécutif confédéral FO, de son côté, a refusé de s’y joindre et a appelé à une journée de mobilisation et de manifestation nationale lors du vote à l’assemblée, le 15 octobre. Les exécutifs Solidaires et FSU, quant à eux, se sont également bien gardés de toute initiative. Au final, les 4 organisations se sont retrouvées timidement autour de l’appel au 15 octobre, qui s’annonce comme un baroud d’honneur.

Comment en est on arrivé là ?

Pourquoi une telle attaque massive sur la sécurité sociale et les intérêts des travailleuses et travailleurs a-t’elle suscité aussi peu de réactions ?

Dans les entreprises et les services, depuis l’échec de la dernière mobilisation sur les retraites en 2010, la situation est difficile. Le fatalisme gagne beaucoup de nos collègues. Pire encore, ce fatalisme gagne jusqu’aux équipes syndicales de lutte. Plutôt que d’aller à l’encontre de ce fatalisme comme ils le devraient, beaucoup d’exécutifs syndicaux s’appuient dessus pour justifier une timidité revendicative, selon l’idée que ne pas mener la lutte jusqu’au bout, c’est ne pas perdre. Pourtant, si celles et ceux qui se battent peuvent perdre, celles et ceux qui ne se battent pas ont déjà tout perdu.

En l’occurrence, la défaite actuelle a des conséquences dramatiques pour l’ensemble des classes populaires. Une telle politique ne fait que creuser la tombe du syndicalisme, et éloigner toujours plus de travailleuses et de travailleurs de l’action syndicale !

L’alternance politicienne a empiré les choses : une partie de l’énergie militante qui aurait pu être consacrée à renforcer pratiquement les luttes syndicales a été consacrées aux échéances électorale, dans l’illusion que la défaite de Sarkozy marquerait un coup d’arrêt à la casse sociale.

La quasi-totalité des organisations syndicales a donné des consignes de vote, accréditant l’idée d’un « changement » à venir par les élections. Le front syndical s’est brisé, sans surprise, avec la clientélisation de la CFDT par le nouveau gouvernement.

Lorsque les mauvais coups ont commencé de pleuvoir, la mobilisation a été d’autant plus difficile, qu’elle se faisait contre un gouvernement de gauche, qui se présentait comme « moins pire » que le précédent, tout en menant une politique dans l’exacte continuité de celui-ci (à part une communication parfois -et encore- moins agressive). Outre l’habituel matraquage des médias au service du patronat, du gouvernement, s’est rajouté celui des réseaux de clientèle politique du gouvernement. Un « syndicat »(sic) comme la CFDT a franchi ainsi une nouvelle étape dans la jaunisse en distribuant des tracts appelant à ne pas participer aux mouvement de grèves contre l’ANI et contre la réforme des retraites.

Ajouté à cela, une répression antisyndicale virulente, dont les 5 de Roannes sont l’un des symboles, menée par l’Etat, mais aussi, de manière quotidienne, par un patronat de combat qui profite de la crise pour tenter de liquider touTEs les syndicalistes combatifs/ves...

Faire le pari de la lutte

Syndicalistes libertaires, nous n’ignorons pas les difficultés actuelles de la lutte dans les entreprises et les services. Nous n’ignorons pas la progression du fatalisme. Mais nous pensons, à l’opposé du discours bureaucratique dominant, qu’il faut faire le pari de la lutte, en se donnant les moyens de l’organiser dans la durée. Si nous aspirons à une massification de la lutte et ne nous satisfaisons pas d’être minoritaires pour le moment, nous pensons que cela ne doit pas nous empêcher de faire le pari de la lutte : mieux vaut lutter que subir sans rien faire. Ne pas nous laisser aller au fatalisme ambiant, pour ne pas insulter l’avenir, et créer les conditions d’un renversement du rapport de force. Plus que jamais, organiser la solidarité interprofessionnelle, pour nous soutenir les unEs et les autres face à la répression patronale, selon le principe : une attaque contre l’unE d’entre nous est une attaque contre tous et touTEs.

Solidarité financière, rassemblements interboites et interservices, action collective visant à taper au portefeuille des patrons !

Celles et ceux qui luttent ne sont pas mortEs !

Tribune syndicaliste libertaire

La suite à lire sur : http://tribune-syndicaliste-libertaire.over-blog.com/article-analyse-celles-et-ceux-qui-luttent-ne-sont-pas-mortes-120592766.html

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