Entretien avec un enseignant d’anthropologie / sociologie de Lyon 2

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Au sein du mouvement social d’octobre 2010 à Lyon, on peut se poser la question : Où est la mobilisation chez les enseignants de Lyon 2 ?
Quels liens ont-ils avec la présidence ?
Comment envisagent-ils la suite des évènements ?...

Qu’en est-il de la mobilisation chez les enseignants ?

Comme vous le voyez, elle est inexistante. À part quelques individus qui se
mobilisent de leur côté, il n’y a pas de « mouvement enseignant ». D’ailleurs c’est
un peu la même chose du côté des étudiants. Disons que ce n’est pas forcément « en
tant » qu’étudiant qu’on se mobilise pour défendre je ne sais quoi. Ce qui est
d’ailleurs aussi intéressant.

Vous avez eu une rencontre avec la présidence ?

Oui, il est passé pour discuter. Il paraissait complétement déconnecté. Grosso modo,
il demande aux enseignants de prendre leurs responsabilités. Ce qui pour lui
signifie de dire aux étudiants ce qui est bien ou mal de faire ! Mais son discours
est mal passé. Il a essayé de dire qui étaient les méchants... Sauf que les méchants
on les connaît ! Il provoquait (en répondant par exemple à un enseignant « Allez vous
faire foutre »), et était violent dans ses propos. Si ses communiqués sont repris
texto par les agences de presse, il n’en est pas de même du côté enseignant. On peut
se plaindre du manque de solidarité entre les enseignants, et avec les étudiants
pendant le mouvement, mais en même temps le pendant c’est qu’à l’inverse il n’y a
pas de solidarisation avec la présidence, ni entre nous pour dénoncer le mouvement.

Que pensez vous de la suite du mouvement ?

Et bien si on peut penser que le mouvement dans ses formes habituelles est mort, les
choses intéressantes commencent maintenant. Depuis le début, la communication
gouvernementale consiste à dire que « c’est fini ». Et bien d’accord, c’est fini. On
n’a rien gagné. Tant mieux, car ce n’est pas ça le problème. Peut-être qu’à partir de
là, on peut faire quelque chose.

En tant qu’enseignant ?

Question difficile ! On peut déserter nos fonctions, ce qui peut être en soi un acte
politique. Mais en même temps ça serait participer de la mort de l’université et
surtout des sciences sociales dans notre cas. Ce qui peut se tenir, mais ce n’est
pas encore à l’ordre du jour ! On peut aussi se dire qu’à partir de ce qu’on fait, on
peut créer quelque chose à notre niveau, avec d’autres enseignants, avec des
étudiants, d’autres individus hors de l’université... L’idée est plutôt là.

Pour la suite ?

Se rencontrer, discuter, agir... Tout ça doit prendre du sens. En tant
qu’anthropologue et sociologue, on voit bien que la situation est tendue, grave...
Alors bon on essaie d’être partie prenante des initiatives. Je pense que les
sollicitations vont plus venir des étudiants, en espérant qu’on pourra répondre
présent ! Mais ça ne sera jamais au nom des « enseignants de l’université », parce
que ce collectif est inexistant. À moins que le président, en fermant le bâtiment K,
va créer quelque chose entre nous ! Je ne crois pas, mais pourquoi pas !
Après le danger va venir des manœuvres plus sournoises. Vu la tournure de ce
mouvement, j’ai l’impression que tous les coups sont permis. Bon ce n’est pas
nouveau, mais là c’est « à découvert ». Que les RG connus se baladent comme ça sur
le campus, c’est aussi quelque chose de nouveau. À nous d’être assez intelligents
pour construire quelque chose, et savoir porter l’adversité là où elle doit l’être.

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  • Le 10 novembre 2010 à 21:43, par Rebellyon

    Bonjour,
    bien qu’il arrive au collectif Rebellyon de faire des erreurs, et que des erreurs ou des informations fausses circulent, nous essayons de garantir la véracité des propos (enfin leur provenance dans ce cas précis... on ne pourra jamais garantir les propos d’une personne, il s’agit ensuite de confiance).

    Dans ce cas précis il s’agit bien d’un entretien avec un enseignant.

  • Le 10 novembre 2010 à 21:09, par blabloblu

    Alors là, je suis désolé, ça m’arrive pas souvent mais cette info n’a pas de « sens ». Bien sur, l’anonymat de ce « témoignage » s’il est réel, est compréhensible pour des raisons évidenes (se protéger, la hirarchie...), mais de fait, il n’offre aucune certitude de véracité, de vérité et donc de crédibilité ! Comment, moi lecteur, puis-je être sûr que ce texte n’a pas été écrit par n’importe qui, sous couvert d’un parti pris enseignant, pour alimenter et nourrir le but recherché ?

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