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Justice et vérité pour Adama : retour sur un week-end de mobilisation en Rhone-Alpes

Depuis le décès d’Adama Traoré, mort en Juillet dernier entre les mains des gendarmes, la famille essaye d’obtenir justice. Entre mensonges, approximations et mépris les Traoré sont broyés par un système judiciaire décomplexé. Pourtant leur combat pour la vérité s’intensifie. Adama devient aujourd’hui le symbole d’une lutte contre l’oppression, le controle permanent, le racisme d’Etat et l’injustice. La famille Traoré a trouvé ce week end un important soutien en Rhones Alpes. Retour sur un week end riche en émotions.

La France unie, métisse et populaire sort rarement de son sommeil. Depuis la coupe du monde de 1998 peu nombreux sont les moments d’unité où les communautés s’interpénètrent et se soudent pour avancer ensembles. Le samedi 21 Janvier, au bar associatif de l’Engrenage à Grenoble, ce mythe de partage et de solidarité prend pourtant corps autour d’un étendard commun : "justice et vérité pour Adama Traoré". Son frère, Lassana est catégorique : pour lui il faut réussir à converger afin de lutter contre les crimes policiers et les mensonges d’État. Broyée par la justice depuis l’assassinat d’Adama, la famille Traoré en est convaincue : seuls face à la violence institutionnelle la vérité n’éclatera jamais.

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Pour rappel Adama Traoré est décédé le 19 juillet 2016 à la gendarmerie de Persan, à la suite de son interpellation à Beaumont-sur-Oise. Adama en attente de sa nouvelle carte d’identité avait tenté d’échapper à un énième contrôle de police routinier. Rattrapé par trois gendarmes, il est maintenu au sol, recevant une charge de près de 240 kg. La mort survient rapidement, une cote ayant transpercé son poumon, malgré ses nombreux appels à l’aide.

Depuis lors, la famille endeuillée fait face aux mensonges, incohérences et approximations d’un appareil d’État qu’elle juge corrompu et qui tente par dessus tout d’étouffer l’affaire.

Aujourd’hui les gendarmes responsables de la mort d’Adama Traoré n’ont toujours pas été mis en examen. Le procureur en charge de l’affaire, Yves Janier a été muté suite à des vices de procédures. L’affaire a été dépaysée dans un autre département. Une nouvelle juridiction est en cours afin de déterminer s’il y a assez d’éléments pour auditionner les gendarmes. Trois juges d’instruction ont été nommé pour plus d’équité et de transparence. La famille est satisfaite que la nouvelle procédure tienne compte de ses revendications. Il a avait déjà été difficile d’obtenir une contre autopsie. La première avait été faite dans des circonstances floues, inconnues de la famille qui, depuis trois jours, cherchait désespéramment à savoir où se trouvait le corps. Le rapport d’autopsie insistait sur une crise cardiaque apriori causée par une infection généralisée préalable à l’arrestation. La contre autopsie révèle que la mort a été causée par un syndrome asphyxique mettant en lumière la responsabilité indiscutable de la police et confirmant ainsi les dires d’un sapeur pompier présent au moment du décès. ( http://www.lemonde.fr/police-justic... )

Pour la famille Traoré, la justice essaye d’étouffer l’affaire afin que les militaires de ne soient pas inquiétés. Elle reçoit de nombreuses menaces de mort anonymes l’exhortant à arreter ses démarches.

Venu avec sa sœur Hawa et sa mère, Lassana raconte le calvaire qu’ils endurent au quotidien. Bagui, l’un des frères est incarcéré depuis cinq mois pour outrage et rébellion. Une peine supplémentaire pour une famille endeuillée.

Lassana, Hawa, Bagui, les 13 autres frères et sœurs d’Adama ainsi que leur mère appellent la France entière à se soulever pour obtenir justice et vérité. Pas seulement pour Adama mais aussi pour toutes les personnes mortes entre les mains de la police. Pour Medhi, Zied, Bouna, Pierre, Rémi et tou-te-s les autres. Pour toutes les prochaines victimes. La famille appelle la France à se soulever contre les méthodes d’interpellations musclées, les contrôles systématiques au faciès et la surenchère sécuritaire. Elles souhaite interpeller les français sur l’escalade de la violence entrainée par les nouvelles lois issues de l’Etat d’urgence permettant aux policiers de se servir de leurs armes de la même manière que les militaires. ( http://www.senat.fr/espace_presse/a... ) Elle invite les syndicats, les différentes communautés, les jeunes et moins jeunes à prendre part au combat à ses cotés pour la paix et la justice.

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Le message a été en partie entendu. Le 22 Janvier à Lyon, la manifestation de soutien à la famille d’Adama a réuni quelques centaines de personnes. A l’instar de la veille à Grenoble, c’est un cortège métissé qui a défilé de la place Jean Macé à la place Guichard. La manifestation était placée sous un important dispositif policier. La mobilisation s’est déroulée dans le calme et l’émotion.

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Le prochain rendez vous est donné le 2 février à la Cigale à Paris pour un concert de soutien. https://www.facebook.com/La-v%C3%A9...

PAS DE JUSTICE PAS DE PAIX - JUSTICE ET VERITE POUR ADAMA - LIBEREZ BAGUI - ON NE LÂCHERA PAS

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