La mairie de Lyon expulse un campement de SDF en plein confinement

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En plein confinement la police expulse un campement de personnes à la rue, sur la presqu’ile le vendredi 10 avril. Alors même que la vie des personnes à la rue est fortement impactée par le confinement et que les solutions proposées sont insuffisantes et inadaptées.

Midi, vendredi 10 avril les services de la mairie expulsent des personnes qui avaient monté un campement sommaire sur la presqu’île de Lyon.

Est présente la police municipale en nombre important (entre 10 et 15 personnes), 4 ou 5 véhicules de la ville et un camion d’éboueurs. Respectant scrupuleusement, bien sûr, la « distance de sécurité », tout ce petit monde se tient debout, éloigné et observateur des trois personnes qui rassemblent, trient, débarrassent leurs affaires.

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Selon le témoignage des personnes concernées, la police municipale est arrivée vers 8h du matin, secouant bruyamment les barrières pour réveiller le petit groupe. On leur annonce qu’ils doivent déplacer leurs affaires pour un nettoyage, « une désinfection nécessaire liée au covid 19 ». Eux pensent à ce moment là qu’ils pourront réinstaller leurs affaires après cet épisode de « nettoyage » (et c’est le discours qui a l’air de leur être tenu au départ !).
On les laisse dans le doute pendant les premiers temps de l’évacuation, les forces de l’ordre ne répondant pas ou peu à leurs questionnements.
Ils remarquent ensuite un changement de discours à l’arrivée de la police nationale, qui leur indique que personne ne pourra se réinstaller au même endroit. Une équipe intervient alors pour souder et repositionner les barrières en « V », empêchant ainsi une future installation.

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On (nous ne savons pas précisément qui) leur indique l’existence de « gymnases » ouverts pour les personnes sans hébergement. Puis, après prise en compte de la présence de plusieurs chiens, « on » leur tend un papier (le même petit papier vert que tu retrouves sur ta voiture pour te signaler une contravention) avec le nom d’un CHRS (Centre d’Hebergement et de Réinsertion Sociale) accessible aux personnes avec chien et les flics leur propose de les y accompagner. Ce CHRS existe réellement pour les personnes qui ont des chiens. Mais il est accessible uniquement par le biais d’une demande auprès de la Maison de la veille Sociale et la durée d’attente pour avoir une place est d’environ 1 an.

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Les personnes n’ont jamais été averties de la possibilité d’une telle intervention de « nettoyage » ou pltutôt d’expulsion. Néanmoins, depuis le début du confinement, plusieurs voisin-e-s sont venu-e-s les voir pour se plaindre de l’état de leur installation.
Le groupe s’était en effet installé de manière un peu plus « pérenne » et « confortable » en s’aménageant un espace qu’il considérait comme « confiné et à l’abri des regards » (installation de plaids de couleurs sur les barrières, matelas épais, stock de couvertures, de nourriture, de croquettes, etc.).

Des places ont effectivement ouvert depuis le début du confinement pour les personnes à la rue. Seulement le nombre de ces places est grandement insuffisant : entre 400 et 500 places ouvertes alors qu’il y a au moins 9000 personnes en demande d’hébergement à Lyon. La plupart de ces places sont par ailleurs situées loin du centre de Lyon coupant ainsi les personnes hébergées des lieux d’accompagnement social. Et surtout ces hébergements sont parfaitement inadaptés : les personnes sont dans des chambres de 3 alors même qu’on nous demande de nous confiner, c’est une véritable mise en danger des personnes !

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Les services de la mairie et la police ont jugé bon d’expulser ces personnes en plein confinement alors même qu’elles s’étaient installées de façon à justement éviter de trop se déplacer. Elles sont désormais condamnées à se déplacer et vont donc se mettre en danger elles-même et les autres. il y a des limites à l’acceptable et il semble que la mairie ait décidé de les dépasser.

P.-S.

Sur la question des personnes à la rue et le confinement on peut retrouver le communiqué de presse du collectif hébergement en Danger :

Les sans abris abandonnés face au confinement ? Communiqué du collectif Hébergement en Danger

A Lyon, à l’heure du confinement, les mesures prises pour limiter la propagation du Covid-19 ont eu un impact dramatique sur pour les populations vivant à la rue ou en hébergement précaire : fermeture des accueils de jour, fermetures des permanences d’accès aux soins et au droits, suspension des (...)

29 mars

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