La statue de Louis XIV devrait disparaitre de la place Bellecour pour restauration ... espérons qu’elle n’y revienne jamais

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Dans le cadre du 4e Plan Patrimoine 2019/2024, la statue équestre de Louis XIV devrait quitter la place Bellecour pour restauration. Elle devrait malheureusement ensuite retourner au centre de la plus grande place de Lyon pour continuer de narguer les lyonnais.es, ainsi que les idéaux démocratiques et républicains de la Révolution. Loin de moi l’idée d’appeler toutes et tous à abattre cette statue une fois pour toute, comme ce fut le cas pour la précédente statue équestre de Louis XIV, érigée en 1713 par Martin Desjardins au même endroit, et qui fut détruite pendant la Révolution, le 28 août 1792, pour être transformée en canons ... encore que cela serait du plus bel effet, ainsi qu’un message clair envoyé aux monarques jupitériens d’aujourd’hui.

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Première version, aujourd’hui détruite de la statue équestre de Louis XIV


Construite en 1825, l’actuelle statue sculptée par François-Frédéric Lemot, fait partie de ces nombreuses oeuvres d’art et d’architecture qui visèrent à enterrer les acquis et idées de la Révolution Française et ainsi consolider le pouvoir royal. Bien que plus « libérale », la Monarchie de Juillet s’accommoda très bien de cette glorification de Louis XIV, l’un des rois les plus tyranniques, adeptes de la guerre permanente, d’un pouvoir centralisé absolu, le fameux « L’État, c’est moi », d’un refus total de toute tolérance religieuse via la révocation de l’édit de Nantes et les dragonnades, un dépensier qui tape dans les caisses de l’État à un tout autre niveau que François de Rugy, non pas pour s’offrir du homard, mais un des palais les plus fastueux de l’Histoire, endettant la France pour des siècles, levant des impôts sur le dos des plus pauvres pour financer guerre et palais. Louis XIV est l’incarnation de la tyrannie absolue, et c’est pourtant lui qui trône au centre de Lyon.

Alors tant qu’à le déboulonner pour restauration, autant le réinstaller dans un musée là où est sa place. Mais nullement en plein centre ville, tel un héros de la cité.

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