Le capitalisme ou l’exploitation du chaos

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Chaos économique.

Le capitalisme, basé sur l’extraction du profit maximum, a besoin de changements permanents offrant des opportunités à la concurrence exacerbée à laquelle se livrent les exploiteurs dans leur recherche effrénée de bénéfices individuels. Il initie les changements incessants de mode de production chaque fois que la technique lui permet d’augmenter la rentabilité, au mépris d’une gestion responsable des ressources et des espaces. Les friches industrielles sont les témoins de cette frénésie avec leurs lots de pollutions profondes et préjudiciables pour la santé, dont les conséquences n’entrent pas dans le bilan des entreprises. Ce chaos est illustré par la variation aléatoire du prix des matières premières, et les restructurations qui se traduisent par la vente ou la suppression d’entreprises, de secteurs de production au mépris des intérêts des travailleurs qui sont traités comme des matières premières, les « ressources humaines », embauchés et licenciés en fonction des aléas du marché, des opportunités et des aubaines préparées par les gouvernements bourgeois.

Chaos politique.

Depuis les révolutions du 18e siècle et l’abolition des guildes et corporations, aux coups d’Etat réussis (Chili) ou avortés (Venezuela), le capitalisme a façonné l’organisation politique dans le sens de ses intérêts, protégeant la liberté pour la bourgeoisie de s’enrichir, et entravant la solidarité des travailleurs dans l’amélioration de leur sort. Le capitalisme s’accommode de tous les régimes politiques qui garantissent l’inégalité économique et l’exploitation de la majorité par la minorité. Il a soutenu les dictatures fascistes, corrompu ou renversé des gouvernements, initié des actions militaires pour protéger ou développer ses intérêts, par exemple en Amérique latine au siècle passé ou en Irak aujourd’hui. L’armement est d’ailleurs une source de profits considérables, et la guerre nécessaire au renouvellement de la production.

Chaos social.

Depuis la révolution industrielle et l’exode rural entassant les ouvriers dans des ghettos insalubres et alcoolisés, à nos cités ravagées par le chômage, la précarité organisée, abandonnées car économiquement non rentables, tranquillisées aux neuroleptiques, la seule chose qui ait progressé, ce sont les bénéfices des actionnaires. Et la seule action des gouvernements, c’est d’accentuer la précarisation (C.N.E., radiations de l’ANPE, suppression des allocations chômage) et l’exclusion (restriction de la CMU et de l’AME, stigmatisation et expulsion des étrangers), renforcer le contrôle policier (vidéo surveillance, fichage), entraver l’action syndicale, et offrir des opportunités de profit à la bourgeoisie en démantelant le service public (E.D.F., Poste, SNCF, SNCM ), et en expulsant les pauvres des immeubles insalubres pour les livrer à la spéculation immobilière. La valeur d’un immeuble expulsé est décuplée. Il n’est pas sur prenant que ce chaos mondial génère des mouvements sociaux violents comme le terrorisme d’extrême gauche des années 70 ou celui islamiste de nos jours. A la peur sociale répond la terreur fanatique.

Pas de travail, pas de logements, mais plus de prisons, de charters, d’expulsions, plus de flics (publics et privés) et plus d’armes, voilà le résultat du « meilleur système politique » au service de « l’économie naturelle de marché », la démocratie parlementaire au service de la bourgeoisie cupide. Voilà nos maîtres, voilà nos ennemis.

Nous ne les combattrons qu’en redéfinissant les besoins réels des populations, en mettant l’économie au service de l’homme et non du profit, et en refusant la délégation de pouvoir qui est le masque des privilèges et des passe-droits et la porte ouverte à toutes les trahisons. En abolissant l’Etat, qui est le garant de la domination politique des possédants, et les classes sociales, synonymes d’exploitation et d’injustice. En prenant en main nos intérêts par l’organisation à la base de la commune et le fédéralisme libertaire. Et certainement pas en organisant de temps à autres.

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