Panem et circenses

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Logiques de la prééminence du sport, aliénation entretenue par le Pouvoir, crimes et délits occultés par la justice

Panem et circenses

Logiques de la prééminence du sport, aliénation entretenue par le Pouvoir, crimes et délits occultés par la justice

On ne discute plus du sport à la lumière du bons sens et de la philosophie mais dans les ténèbres de son triomphe spectaculaire et marchand :

Mediapart pensait avoir élevé la critique à plus de décences lorsque le journal fit une de ces révélations non seulement contredite dans la pratique, mais encore le débat proposé n’était rien qu’une polémique minimaliste, impropre à révéler la véritable nature du sport de haut niveau dans nos sociétés. Le journal prétendait que la Fédération Française de football et le sélectionneur national cautionnaient des pratiques discriminatoires à l’égard des joueurs de couleur. On n’y vit pas la moindre ébauche critique sur « l’esprit sportif » et en quoi les tricheries, la compétition, la victoire à tous prix, les animosités nationalistes primitives concourent à absoudre le monde tel qu’il va. On n’y trouva pas un seul mot pour convenir de l’obscénité jusqu’alors jamais atteinte que représentent les revenus toujours plus indécents des sportifs et en quoi ces récompenses révèlent la volonté de confirmer la société telle qu’elle est. Mediapart proposait du vent et l’on fit du vent le plus sujet le plus courru dans les médias. De toutes évidences le sport n’est pas prêt de se passer de ses éléments de couleur et c’était, à dire vrai, pour le moins écoeurant de faire passer ce journal pour le chantre des différences dans un pays où la xénophobie est de classe, à savoir qu’elle s’exerce sur les gens ordinaires et pas sur l’élite. Quand le footballeur de couleur Pascal Chimbonda se fit agresser en Corse, il y a quelques années, la presse unanime criait au racisme et nul n’émit l’hypothèse de la revanche d’un démuni contre un nanti et qu’une telle revanche ait d’ailleurs pu s’exercer prioritairement sur un noir n’exclue pas qu’il s’agisse aussi d’un acte de classe.

de l’unanimité qui le mieux témoigne d’une idéologie toujours plus indécente

Les médiatiques protègent « le pain et les jeux », mais Orwell souligne dans son remarquable article « L’esprit sportif » que le sport a été pris très au sérieux au XIXe siècle, « il ne fait aucun doute, dit-il, que ce phénomène est lié à la montée du nationalisme, c’est-à-dire à cette folie moderne qui consiste à s’identifier à de vastes entités de pouvoir et à considérer toutes choses en terme de prestige compétitif ». L’attitude de Mediapart n’était pas très différente, elle se distinguait seulement en cela qu’elle veut protéger du « pain et des jeux multicores, quelque chose dans la lignée de united colors of Benetton. C’est un journal qui de ce point de vue ne manque pas d’une certaine « conscience politique » car il cherche de la sorte à maintenir l’identification de la jeunesse immigrée au sport de haut niveau. C’est un discours très répandu dans les milieux de gauche, maintenir la jeunesse immigrée par le sport, l’identification à l’élite sportive, le rêve d’ascension et les terrains de jeux dans la Cité. Dans les familles de gauche dont les enfants sont issus on ne va pourtant pas s’éduquer sur les terrains de jeux, on dispose de tous les moyens pour s’instruire et notamment la lecture. Peu importe qu’on maintienne la plupart de ces jeunes immigrés dans la précarité c’est à la fois la paix proprement totalitaire qui est préservée et dans un monde de concurrence les enfants de cette gauche, instruits autrement que sur des terrains des jeux, disposeront de quelques places plus facilement acquises.

Le mythe du jeune désoeuvré, issu de l’immigration, qui atteint aux sommets de la notoriété sportive, émeut encore jusqu’aux anarchistes. Qu’ils soient reçus par des chefs d’Etat criminels, qu’ils aient toutes les déférences pour le pouvoir, qu’ils jouent à l’étranger pour s’exonérer des impôts et qu’à partir d’un certain seuil de revenus il n’y a pas d’innocences, mais une véritable compromission avec le pouvoir de toutes les disparités et de tous les privilèges, l’émotion un brin ridicule pour la figure du « rêve américain » surclasse encore malheureusement le simple bon sens.

Comme à ce point de servitude le public renonce, les médias excitent l’émotion les marchands subventionnent et l’Etat les en remercie, tous ces alliés objectifs sont derrière le sport, l’idéologie devient une « culture », un « art » et les sujets sportifs des « artistes », des « génies » parce que rien ne vient menacer cette obscène surenchère. Un joueur de football français perçoit 890 000 euros/mois, n’en verse pas un centime aux impôts nationaux et mieux les faits divers se succèdent qui impliquent des sportifs de haut niveau, hommes que la valeur marchande et la gloire assurent à ce point de toutes impunités qu’ils peuvent avec arrogance rosser un jeune supporter de 12 ans mécontent de leur prestation et probablement en commettre de plus odieux en bénéficiant de l’omerta et de l’impunité.

Conséquences : criminalité des vedettes et impunité. On peut commettre des crimes et des délits pourvu qu’on dispose d’une bonne valeur marchande. Tout s’achète, tout est permis !

Dans l’affaire du joueur de rugby qui avait assassiné en Afrique du Sud un policier et s’en était sorti en écopant seulement de 5 ans avec sursis et d’une somme dont il s’était acquitté auprès de la famille, nous apprenons maintenant qu’il est admis officiellement à jouer en France, dans le championnat qui, au monde, paye le mieux les joueurs. Sous la pression d’un ministre bordelais, la Préfecture lui ayant octroyé des papiers, surgit une nouvelle et bien opportune version des faits. Le joueur n’aurait fait que se défendre de policiers corrompus. Pur accident qu’il payerait d’un lourd sentiment de culpabilité et c’est pourquoi il a quitté sa terre natale pour gagner le championnat dont on tire les meilleurs revenus. Torturé par la culpabilité il n’en perd pas moins le nord et son club, son public, son ministre veulent la Victoire ! Sempre tirare dritto : Une de ces devises que les fascistes italiens inscrivaient sur les murs. A rapprocher de « droit au but ! » et de « aux armes et nous avons gagné ! »

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Faites-nous rêver....

En moins de dix ans quelques affaires : Jonathan Woodgate et Lee Bowyer, coupables d’attaque sur un étudiant asiatiqu et Jody Morris joueurs de Leeds, de viol, exercent leur métier, les sanctions sont mineures, pas d’emprisonnement. Titus Bramble, joueur de football anglais est arrêté deux fois à dix ans d’intervalle, pour des affaires de viol. Il aura pu exercer pendant une dizaine et est à présent suspendu par son club, pas de sanctions pénales. Brandao accusé de viol en France s’exile et joue au Brésil. Ivan K. soupçonné de viol et blanchi. Alessandro Mancini accusation de viol, joue toujours. Cristiano R. et Robbie Van P. se sont également sortis d’accusations de viols, totalement blanchis. Comme JH. mythique chanteur belge. Sur internet il n’est plus fait nulle part mention que le basketteur Kobe Bryant a versé une importante somme d’argent à la femme qui l’accusait de viol. C’est pourtant ce que j’ai lu dans un journal (L’Equipe), de son envoyé spécial aux Etats-Unis, au moment de l’affaire. Désormais l’argent n’est plus mentionné et on prétend, sur internet, que le joueur en est sorti blanchi et « marqué ».

L’étrange dans ces histoires c’est que ces vedettes au fort potentiel marchand sortent toujours indemnes. On peut soupçonner des femmes d’accuser des gens riches pour obtenir de l’argent. Mais ce qui « surprend » c’est qu’il n’y a pas un seul criminel parmi les stars, pas une seule crapule. Les femmes sont systématiquement des affabulatrices et les vedettes les jouets de la célèbre cupidité du genre. Pourtant il y a bien une affaire qui a tourné différemment… Le dénommé Godwin Okpara croupit en prison pour une histoire de viol. Mais il y a un détail qui a son importance : Okpara avait terminé sa carrrière quand il a été appréhendé et emprisonné. Il n’avait plus de valeur marchande. Comme le rugbyman Marc Cecillon lorsqu’il a assassiné sa femme. C’est étrange n’est-ce pas ? La valeur marchande d’un homme semble toujours le blanchir. Un étonnant miracle qui indique sans aucun doute que ces hommes à forte valeur ajoutée sont aussi des êtres moralement irréprochables et qu’ils cessent de l’être, quand stoppant leur carrière, ils n’ont plus de valeur marchande.
Comme si une forte valeur marchande vous exposait toujours aux calomnies des « jaloux » des « envieuses », comme si dotés d’une forte valeur marchande les hommes étaient toujours irréprochables et ce n’est que lorsqu’ils perdent cette valeur qu’ils cessent d’être des individus moralement exemplaires...

L’arbre qui cache la forêt : le leurre

Dans l’affaire DSK, qu’il soit véritablement l’auteur d’une agression sexuelle, qu’il soit tombé dans un piège (hypothèse non dénuée de fondements au pays du 11/09, de l’élimination de Wilhelm Reich, du coup d’Etat responsable de la mort d’Allende, un pays qui n’a pas exactement une histoire exemplaire avec les noirs…) c’est le traitement médiatique qui révèle ce que Debord aurait appelé un leurre. C’est d’ailleurs pourquoi l’affaire est surexposée tandis que les affaires dont nous avons précédemment parlé sont demeurées confidentielles, puis réécrites et falsifiées par internet. Pour leurrer. Il suffit d’en montrer une très ostensiblement pour cacher toutes celles qui demeurent confidentielles et noyées par la très volontaire confusion médiatique. La désinformation c’est la profusion médiatique qui sème la confusion. Parce qu’un DSK sous les lumières des médias cache une véritable impunité des élites. Le spectacle sort un Tron, un DSK pour « calmer son monde » et le focaliser dessus, et ESSENTIELLEMENT ainsi préserver le système des privilèges, de l’omerta et de l’impunité, ainsi que les violences dont par nature se rendent coupables toutes personnes qui exercent un pouvoir hégémonique.

Du XIXe siècle, en passant par le nazisme, permanence d’une idéologie : c’est une histoire écrite par le Pouvoir

Dans son journal Victor Klemperer, rescapé du nazisme dit : Le mot "combatif" est dans toutes les bouches nazies (Mein Kampf, mon combat) et corollairement Hitler présente sa politique en matière d’éducation, l’éducation physique vient largement en tête, la formation du caractère est secondaire car elle advient selon lui plus ou moins d’elle même lorsque justement le physique est le maître de l’éducation et qu’il réprouve l’esprit. Au dernier rang du programme pédagogique, suspectées et dénigrées, la formation de l’intellect et des nourritures spirituelles.

Aujourd’hui psychiatres et médicastres recommandent le sport, plus rarement les livres. Le joggeur présidentiel a la banane corrélée à l’expansion de la misère et "combatif", "se battre" vient partout, au spectacle, au sport, sur les lieux de l’aliénation salariée, on l’entendit même d’un combat pour qui convoitait une femme

Observatoire des évidences

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  • Le 25 novembre 2011 à 12:57, par zombibanana-picture-show

    Merci à l’auteur de cet article.....

    Il est d’autant plus remarquable que la critique radicale du sport est un sujet très peu abordé dans les milieux libertaires et autonomes. La gauche et l’extrème-gauche autoritaire ont du mal à laisser tomber l’éloge soce-dème stalinien et trotskyste du soi-disant sport « démocratique et prolétarien ».

    Le sport est à la fois un dérivatif pour détourner le prolétariat de la lutte de classes et un vivier pour les idéologies fascistes qui font de la force et de la brutalité leur fond de commerce : « pas de place pour les faibles !.... » comme le disaient les nazis.

    A méditer en ces temps de fascisme renaissant, et aussi pour se démarquer
    des faux-culs de l’idéologie républicaine du sport « black-blanc-beur », les mèmes
    qui participent à la curée médiatique raciste dés que des lycéens un peu trop basanés sortent de leur bahut pour aller manifester.

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