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Qu’est-ce qu’on attend dis-moi ? - Poésie révolutionnaire

La soumission : cette bavure de lâcheté quotidienne.

A genoux un peu plus à chaque matin et la gueule encore ternie de la veille à venir. Train-train mon amour et ma rage au creux du bide qui en demande encore. Qu’est-ce qu’on attend dis moi ? Encore un peu plus de têtes baissées et de claques aux joues insoumises ? Encore un peu de sang sur les trottoirs ?
Je revois mars mon calendrier nouveau, et le tien aussi, cette aubaine qui a fait le poing levé et le sourire comme un espoir, je revois les mains aux couteaux pour les soupes aux goûts de mille couleurs et le bruit du vivant, toujours le bruit du vivant.
Et tout s’éteint comme on souffle sur une bougie de cire, l’année s’écoule, et les journaux de papiers soumis qui taisent les scandales, mort après mort, coups après coups sur le terrain cupide de cette mascarade élection. Qu’est-ce qu’on attend dis moi ?
Mai. Mai ça n’a pas suffit ? Et leurs pantins mains sur les matraques dans les genoux, dans ta gueule à toi et dans sa gueule à elle, à lui, à eux, à nous, et les containers de verres qu’on renverse, les feutres sur les murs - ACAB - et au matin les lèvres fermées, les bleus sur la peau, pas un mot, pas à moi, à toi, à elle, à lui, à eux, à nous.
A-t-on donc si peur ? Pourtant j’entends l’Irlande, que le vent se lève, et j’entends l’Espagne, j’entends chaque drapeau et chaque crayon, et les plumes aux chaînes, les corps du monde qui se fracassent de nos balles mon Occident, tu les entends ?
A mort les nantis du délire fasciste, et vitres brisées sous les pavés pavots, les pas partis, partisans des peu ou rien tant qu’on peut sans pardon. Et pourquoi pas tout démolir ? Qu’est-ce qu’on attend pour museler les chiens de gardes de cette oligarchique ronde ? Pour renverser les poubelles encore et tenir à la culasse les bouteilles poussières qui feront nos armes ? Et pour l’effacer du tableau, cette ombre imbécile , cette silhouette de haine dans nos rues ? Guerrier contre la connerie qui n’a plus peur de l’ouvrir, toutes dents dehors, qui n’a plus peur de rien, et pourtant moi, elle, lui, eux, nous, cachés, si peur dans les rues de ma ville, de ma vieille ville, de mon Vieux Lyon.
A ma brève je tremble bévue de notre silence. Complices moutons de nos fissures au-dedans des os, au-dedans des rêves, pas un souffle à la lumière de l’aube, le noir se porte pourtant aussi le jour, les affiches s’arrachent à la lumière, les chansons se chantent à la vue, dans le métro, les poings se serrent même seul, même à plusieurs, même sans préfecture.
Qu’est-ce qu’on attend dis moi ?
A quand enfin les chants en étendard ? Les fleurs Molotov tendues en robe d’été ?
Que faut-il de plus ? Des cadavres sous les fenêtres de Croix-Rousse ? Est-ce ce confortable nid télévisé qui sangle à nos pieds ces chaînes sans parfum ?
Reprends liqueur, regarde comme nos gosiers sont beaux, comme ils brillent d’autre chose à la lueur de nous.

La soumission : ce tyran interne de notre béante

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