Quand les policiers dégainent dans les manifs

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Manif

Le 27 avril dernier, lors d’un défilé à Rennes en réaction aux résultats du premier tour de l’élection présidentielle, un policier a sorti son arme et braqué les manifestants. Le lendemain, la préfecture justifiait le comportement du fonctionnaire invoquant la « légitime défense ». Légitime défense contre quoi ? Contre une agression manifestante, pardi ! Après un mois d’enquête, les collègues du policier semblent avoir trouvé contre qui (et quoi) celui-ci se défendait : le 29 mai au petit matin, 7 personnes ont été arrêtées, placées en garde-à-vue notamment pour « violence avec arme », et 5 envoyées en détention en attente de leur procès.

On ne connaît pour l’instant que les premiers détails de l’affaire, et ils provoquent déjà de nombreuses interrogations. On peut d’ores et déjà être interpellé par :
- la nature des « violences » qu’auraient subi le policier et la collègue qui l’accompagnait. L’un et l’autre ont bénéficié de 1 et 2 jours d’ITT. A titre de comparaison l’IGPN recense désormais les blessés lors des opérations de police, lorsque celles-ci engendrent des incapacités totale de travail (ITT) de plus de… 20 jours.
- la rapidité de la garde-à-vue. Entre les moyens déployés pour arrêter les suspects (opération simultanée, portes défoncées au bélier par des policiers cagoulés, perquisitions), le nombre de personne arrêtées, et la difficulté posée par ce type d’enquête (on parle ici d’attribuer des actes précis de violence à des personnes présentes dans une foule majoritairement masquée, à l’aide notamment d’images vidéo), tout laissait penser que la garde-à-vue prendrait du temps, voire même déboucherait sur l’ouverture d’une information judiciaire. Au bout de 12h, les gardés à vue savaient qu’ils allaient passer en … comparution immédiate. Comme si leur sort était bouclé avant même leur arrestation.

Ces arrestations semblent avoir été menées pour justifier le comportement du policier lors de la manifestation du 27 avril. Or, pour justifier qu’un motard braque des manifestants, il faut transformer un cortège contre le FN en un « groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations », au sein duquel au moins 6 personnes auraient entrepris de lyncher cet agent de police.

Il est en effet impossible d’assumer actuellement pour le ministère de l’Intérieur, (ou de la préfecture) qu’un policier puisse utiliser son arme dans un contexte de manifestation. Le maintien de l’ordre en France se fait depuis longtemps sans tirer sur la foule. Vous pensez bien : la France est le pays des droits de l’homme dans lequel il est possible de s’exprimer et de protester librement - à l’inverse des régimes autoritaires. La France sait si bien réprimer sans tuer qu’elle forme d’ailleurs les polices étrangères au maintien de l’ordre démocratique : les armes spécifiques (gazs lacrymogènes) ou dites à létalité réduite (flashball, lbd40, tazer, grenades de désencerclement). Si au printemps dernier les CRS mutilaient aux « armes intermédiaires », c’était justement, pour ne pas avoir à sortir les « balles réelles » - ce qui aurait fait tout de même mauvais genre.

La suite à lire sur : https://lundi.am/C-F-Quand-les-policiers-degainent-dans-les-manifestations

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