Les services de la Métropole de Lyon orientent des mineurs vers un squat surpeuplé

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Alors que le Progrès faisait récemment un parallèle entre le collège Maurice Scève et la Jungle de Calais, et que les services de David Kimelfeld (LREM) refusent de continuer à financer la mission humanitaire déployée sur place au prétexte que le site abriterait trop de monde, différents représentants de l’Etat continuent à aiguiller des migrants en direction du collège. Cette semaine c’était le service chargé de la protection des mineurs isolés... Communiqué des soutiens du collège Maurice Sève.

Communiqué de presse :

« Il n’y a pas de crise migratoire. il y a une crise de l’accueil. » François HERAN – Collège de France.
Exemples lyonnais
Hier, mardi 22 octobre, se sont présentés au Collège sans frontières Maurice Scève, cherchant un refuge :
- une famille irakienne de 3 enfants, dont un bébé de 28 jours, envoyée par le gérant de l’hôtel dans lequel la Métropole l’avait abritée après la naissance du bébé. A 28 jours, le bébé a été estimé suffisamment grand pour être mis à la rue.
- un mineur isolé qui sortait de la Méomie [1]. Elle lui avait signifié qu’un doute sur sa minorité justifiait sa non prise en charge et sa mise à la rue, tout en lui fournissant un plan indiquant le chemin vers le collège Maurice Scève.

Le collectif du Collège sans frontière a pu loger la famille, en urgence, dans le nouveau squat de Villeurbanne qu’il a ouvert en septembre à destination des femmes et jeunes enfants. Il n’y a plus de place là bas, que ferons nous ce soir si une autre famille arrive ? Parce qu’il n’y a plus de place au collège, les référents habitants, la mort dans l’âme, ont signifié au mineur qu’ils ne pouvaient l’héberger, le renvoyant de fait à la rue.

La Métropole demande par voie de presse aux habitants du collège de ne plus donner refuge à personne, menaçant, dans le cas contraire d’arrêter son aide sommaire, et, en même temps, ses services envoient au squat du collège les mineurs qu’ils refusent d’héberger. La Préfecture se tait malgré toutes nos alertes. Comme la Métropole, le collectif estime qu’il y a trop de monde au collège Maurice Scève.
C’est pourquoi il demande qu’une centaine d’habitants (vivant actuellement sous tente dans un préau) soient relogés ailleurs, par exemple dans un lieu réquisitionné ou mis à disposition pour la mise à l’abri, par la Préfecture (responsable de l’hébergement des demandeurs d’asile). La Métropole souhaite, à raison, que le nombre d’habitants au Collège sans frontières diminue : nous lui demandons, une fois encore, de nous aider dans nos démarches en ce sens auprès de la Préfecture plutôt que d’envoyer des personnes vulnérables trouver refuge au collège.

P.-S.

Le collectif soutien migrant Croix-Rousse – Collège sans frontières Maurice Scève.

Notes

[1Méomie : service de la Métropole chargé de la prise en charge des
Mineurs Non Accompagnés

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  • Le 27 octobre à 01:07, par Collège sans frontière Maurice Scève.

    C’est la Métropole, ou du moins un « proche conseiller de M. Kimelfeld » qui aurait lancé cette malheureuse expression de « petit Calais » reprise par le Progrès.
    Le parallèle n’a évidemment aucun sens :
    - au « Collège sans frontières », 4 à 500 jeunes ont un projet de vie en France : étudier, travailler, s’installer. A Calais, des milliers de migrants en transit ont pour but d’aller en Angleterre.
    - l’occupation provisoire d’un bâtiment vacant en centre ville de Lyon n’a rien à voir avec la construction sauvage d’un bidonville à proximité du seul point d’accès terrestre vers l’Angleterre. Et ce même si les conditions d’hébergement au collège sont indignes de la France.

    L’utilisation d’un tel terme par la Métropole est mal intentionnée. Jouer avec les peurs et les fantasmes, les instrumentaliser et les entretenir avec ce genre d’expression est une piètre façon de participer au débat public.

    Ceci précisé, nous en profitons pour exprimer ici notre solidarité avec les migrants de Calais et de la région et aux collectifs et associations qui les soutiennent.

    Collectif soutien migrants Croix-Rousse - Collège sans frontières Maurice Scève.

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