RebellyonNE et la féminisation des articles (tutoriel en cours de réécriture)

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Ce tutoriel est en train d’être réécrit, en raison de désaccords internes au collectif sur la manière dont nous intervenons dans l’écriture des articles en encourageant et en corrigeant la féminisation des textes.
D’une certaine manière (mais pas équivalente), le problème se pose aussi pour la mise en page des articles et la correction orthographique. Ainsi nous réfléchissons également à des moyens pratiques permettant aux rédacteur-ice-s de préciser clairement quelles modifications peuvent être apportées à leurs textes (dans la mesure du possible).

Rebellyon est un outil collectif rassemblant des personnes sur les bases du
refus de l’autoritarisme et de la lutte contre tous les rapports de domination. La domination masculine est un de ces rapports de domination.

La règle de grammaire qui fait que, dans la langue française, « le masculin
l’emporte », est une application dans le champ linguistique de ce rapport
de domination. Elle a été construite et appliquée par des hommes. Si cette
règle est issue de ce rapport de domination, elle y joue aussi un rôle.

Ainsi, par exemple, si l’on parle d’un groupe de « travailleurs » quand la moitié, ou une majorité, ou même une toute petite minorité de ce
groupe ne se définit pas comme « homme », cela participe de l’invisibilisation et de la relégation de ces autres (femmes, transexuel-le-s, transgenres, intersexuel-le-s, intergenres, ...) à une position dominée. Mais il est aussi possible d’orienter la grammaire dans une autre direction.

Dans certaines langues, des formules neutres, non-genrées, existent de
longue date ou ont été créées plus récemment. Par exemple, en castillan,
alors que la grammaire officielle parle de presos (prisonniers) et presas (prisonnières), on peut parler de presxs (prisonnier-e-s).

En français, la division grammaticale officielle est aussi binaire :
masculin, féminin. Mêler ces deux formes grammaticales est alors une
solution envisageable pour englober toutes les personnes, qu’elles se
définissent dans une de ces deux catégories, ou dans aucune des deux.

Notre positionnement politique, en tant que média et en tant que collectif anti-autoritaire, est donc d’encourager l’utilisation de la féminisation. Désormais, tous les articles produits par des membres du collectif (en tant que tel-le-s) ou par le collectif lui-même seront systématiquement féminisés.

Nous exhortons les rédacteur-ice-s à féminiser les articles qu’ils-elles proposeront désormais sur Rebellyon. Si tel n’est pas le cas, il leur sera demandé l’autorisation (cette demande sera systématique), par l’équipe de modération, de le faire à leur place. Évidemment, si un-e rédacteur-ice venait à refuser cette pratique et désire que son article demeure masculinisé (libre à cette personne d’expliquer pourquoi), aucune modification de ce type ne sera apportée à son article.

Dans un autre ordre d’idées, les articles issus de « sources externes » (a fortiori si cette « source externe » est couplée à l’article, par exemple sous forme de lien hypertexte, d’image ou de document .pdf), tels des tracts, des textes publiés sur d’autres sites, ou des extraits de livres, ne seront pas féminisés (sauf avec l’autorisation de la personne rédactrice ou du collectif rédacteur), par respect pour la forme d’origine du texte en question. Les textes sans auteur-e-s (individuel-le ou collectif), anonymes, ou tout simplement libres d’être repris et modifiés, n’entrent pas dans cette catégorie et seront systématiquement féminisés.

Nous n’imposerons aucune forme de normalisation de la pratique de féminisation, c’est pourquoi nous encourageons la créativité dans cette pratique. Libre à chacun-e de féminiser de la manière qu’il ou elle jugera efficace, pertinente, politique, esthétique ou artistique. Ainsi, vous pouvez utiliser aussi bien les mots mêlés (« squateureuses »), séparés (« les travailleuses et travailleurs »), les majuscules (« nos amiEs ») que les tirets (« nous avons été expulé-e-s »), les points (« nous sommes tou.te.s en devenir ») ou les slashs. Cette courte liste n’est pas exhaustive, c’est pourquoi nous précisons ici que seules les parenthèses, pour des raisons symboliques évidentes, ne seront pas acceptées.

Par ailleurs, n’hésitez pas à solliciter l’aide de l’équipe de modération si vous rencontrez des difficultés à mettre en place la féminisation de votre texte.

Quelques éléments simples pour féminiser vos textes :

- Ne pas employer que les masculins. Exemple :

  • Écrire « Les travailleuses et les travailleurs en grève » plutôt que « Les travailleurs en grève ».

- N’oubliez pas d’accorder les adjectifs ! Exemple :

  • « Les travailleurs et les travailleuses ont été licenciéEs. »

- Féminiser les termes et soyez créative/fs ! Exemples :

  • Les bergers et les bergères = les bergerEs
  • Les squatteuses et les squatteurs = les squatteureuses ou les squatteurSEs
  • Ceux + celles = ceulles
  • Eux + elles = eulles
  • Ils + elles = ielles

- Favoriser l’utilisation des mots neutres et féminins de préférence :

  • "Les personnes" plutôt que "les hommes" ou "les individus"

Si vous avez des doutes sur l’aspect général de votre féminisation, n’hésitez pas à demander à l’équipe de modération lorsque vous proposez votre article.

Exemple de texte :

Si nous sommes devenu-e-s squatteureuses, c’est bien par nécessité, nécessité de vivre hors du monde qui ne nous laisse le choix que d’être exploité-e-s, humilié-e-s, dépossédé-e-s, névrosé-e-s. Nécessité de faire de nos existences à toustes une serrure explosée, un carreau pété dans les murs érigés par ceulles qui nous dominent.
Tant qu’ielles joueront avec nos vies, qu’ielles se méfient de nos sourires !

P.-S.

D’autres arguments sur la féminisation des textes :

- sur Infokiosques.net
- sur le site de Sud-Éducation

Des guides complets d’aide à la féminisation :

- à l’UQAM de Montréal
- un autre guide genevois

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  • Le 30 janvier 2011 à 18:10, par Camille

    Tiens une proposition totalement a la con, mais qui pourrait etre marrante à essayer :

    faire un espece de double site, genre comme les sites en plusieurs langues, avec le choix d’avoir comme base de conjugaison soit le masculin, soit le feminin.
    en gros on clique sur un bouton et tous les textes passent tout au feminin ou tout au masculin selon les preferences des gens.

    bon ok, c’est relou a mettre en place, mais ca permettrait de mettre tout le monde d’accord sans trop estropier la langue francaise (je sais bien que l’orthographe c’est bourgeois mais bon...)

    sinon, la vraie question c’est comment est-ce qu’on arrive a degenrer le langage. sachant qu’il faudrait trouver une solution qui soit applicable au quotidien, et qui n’alourdisse pas excessivement le texte.
    a ce propos, les critiques sur les « mixes » sont recevables, dans le sens ou une modification profonde de la langue necessite d’etre faite de facon suffisament elegante pour que les gens se l’approprient.
    par exemple accorder indistinctement au feminin ou au masculin, selon l’envie, en tentant de mettre en place une forme de parite (un sur deux...)

    sinon il reste toujours l’option « sms » : plus de regles de grammaire, plus de conjugaison, et surtout plus d’accords de genre !
    le bonheur quoi...

    donc un peu d’imagination que diable, sinon ca va encore s’empetrer dans des debats steriles.

    Biz

    PS : comme on pourra le remarquer, il est aussi possible avec un peu d’imagination d’ecrire des textes majoritairement neutres, quitte a citer explicitement chaque genre de temps en temps (bien qu’a partir de la se pose la question de quel genre on met en premier... mais de toute facon on trouvera toujours quelque chose pour se prendre la tete).

  • Le 3 janvier 2011 à 15:11, par ecriteur-ou-ecriteuse

    Je ne comprends pas :
    « Les travailleurs et les travailleuses ont été licenciéEs. »
    Normalement l’adjectif est au masculin, pour écrire ça correctement, il faudrait dire :
    « Les travailleurs et les travailleuses ont été licenciés. » et pour respecter la féminisation de vos articles je pense qu’il est plus correct d’écrire :
    « Les travailleurs et les travailleuses ont été respectivement licenciés et licenciées. »
    que l’on peut réduire en :
    « Les travailleurs et les travailleuses ont été licenciés et licenciées. »
    ou aussi "les travailleurs ont été licenciés, tout comme les travailleuses" et inversement.

    Au final, ça risque de vous demander pas mal de boulot pour pas grand chose, étant donné que vos lecteurs et lectrices sont probablement déjà convaincu de l’engagement mixte des personnes citées dans vos articles.
    Vous devriez essayer de faire un script ou d’utiliser celui d’office pour remplacer automatiquement (puis vérification) les masculins par des masculins + féminins.

    D’un point de vue référencement, il est préférable d’écrire à la fois au féminin et au masculin en évitant les . / etc et en préférant les mots existant ou au pire inventés.
    En effet, si il existait par exemple un "squat féminin" les gens qui vont taper dans google "squatteuse expulsées" ne tomberont pas sur "squatereuses expulsées" "squatteurs-euses expulsées" "squatt.euses. expulsés.es" etc...
    Donc si vous remplacez les mots féminins par une des mots résultant d’une fusion masculin/féminin, vous perdez des visites et les gens qui cherchent vos articles risquent de ne pas les trouver.

  • Le 14 novembre 2010 à 15:14, par Lol

    Salut toutes et tous !

    Salut aussi aux autres, qui ne souhaitent pas se reconnaître dans l’identité masculine ou féminine qu’on leur assigne par des formules genre :« Salut toutes et tous ! » avec ce sous-entendu : c’est en tant que « Femme OU Homme » que je t’interpelle...

    Ce pourrait-il que la féminisation, bien que plus sympathique, soit de la même essence que le masculin générique, en sommant les personnes de se reconnaitre dans cette alternative ?

    J’ai l’impression que lutter contre le sexisme, c’est refuser de se faire imposer comme premier critère d’identité ce rattachement au groupe des « Hommes OU Femmes »...

    Et ça me rend parfois triste d’être pri en étau entre le sexisme-machiste ordinaire et le sexisme « alternatif » d’un certain féminisme, qui tout deux m’assignent une identité, masculine OU féminine, comme élément premier de définition, de reconnaissance et d’analyse de ma personne.

    PS : Désolé, pas de propositions concrètes au sujet de la rédaction ;-)

  • Le 26 octobre 2010 à 22:07, par sigir

    Bonjour,
    Je vous propose un autre texte, avec d’autres propositions :
    http://teni.free.fr/trOps/alter/langage_epicene.html

  • Le 3 juillet 2010 à 23:35, par Valérie

    Pour ma part, que ce soit légitimer ou pas par une mention ’’ sans discrimination’’, je ne me retrouve pas dans l’utilisation du masculin comme générique, comme si c’était seulement le masculin qui englobait tout, comme si la marque du féminin était une lourdeur, inutile, le féminin c’est l’Autre !

  • Le 21 juin 2010 à 14:32

    c’est bizarre de considérer que parce qu’un texte est anonyme il peut être retouché alors qu’un texte « signé » ne le sera pas...

    Un texte ça fait émerger une position, qui peut être moins identifiable que la ligne politique d’une organisation patentée, mais je vois pas pourquoi elle aurait un statut différent aux yeux de rebellyon...

    c’est pas que je sois particulièrement attaché à la propriété intellectuelle, et tant mieux si des textes sont repris par d’autres à leur sauce, féminisation etc., mais il me semblait que le rôle de rebellyon c’était plus de donner des moyens d’expression au mouvement que de devenir un média avec une ligne éditoriale propre. (et la féminisation pour moi ça relève de la ligne éditoriale, parce que ça donne une coloration au texte, ça le rattache à un milieu, c’est un parti pris politique qui peut être contesté aussi par des gens qui se préoccupent des questions de rapport de genre, faudrait pas l’oublier).

    bon faut voir ce que ça donne à l’application ce genre de décision...

  • Le 18 juin 2010 à 16:08

    Pour éviter la lourdeur de la lecture (argument spécieux s’il en est, à ce compte là on peut aussi expliquer que partager les tâches dans un couple c’est plus compliqué qu’assigner à chacun le rôle que son genre lui donne, on peut aussi dire que la démocratie ça prend du temps et qu’il vaut bien mieux un chef qui prend les décisions pour tout le monde...), mettons donc tout au féminin !
    ça nous changera et pour une fois ce seront les hommes qui devront se sentir concernés par un genre qui n’est pas le leur !

  • Le 16 juin 2010 à 17:18

    Écrire des bouquins est déjà une pratique identitaire et particulariste, celle des intellectuel-le-s qui citent 2 auteurs (dont deux mecs), 2 bouquins (dont le sien propre) en 10 lignes... Qu’est-ce que t’en sais des luttes contre l’oppression masculine menée par les meufs, transgenres, transsexuelLEs, gouines, ... Au lieu d’asséner ta morale qui distingue « affirmation de »fiertés« » et « libération de l’oppression », demande-toi ce que ces changements veulent dire pour toi, ce que toi t’as comme rôle réactionnaire/conservateur/normalisateur/invisibilisateur pour que, aujourd’hui, il faut qu’ielles soient en groupe de 12000 pour avoir une place dans l’espace public... Ou sinon tu resteras un ennemi politique masculiniste cisgenre pour toutes ces personnes-là, malgré toute ta connaissance libertaire/anar.
    Merci au collectif de rebellyon de prendre cette décision, ca fait bouger les lignes, réfléchir, visibilise les oppressions pour les combattre. Ca ouvre une brèche dans cette grammaire patriarcale, dont s’accomodent si bien tant de libertaires/anarchistes, et nous amène aussi à réfléchir sur nos propres pratiques !!
    (un gars)

  • Le 16 juin 2010 à 13:11

    « Des tâcheronnes allument les torchons »

    Un entretien avec les auteures de "Dites-le avec des femmes".

    Publié le 1er octobre 1999 sur ACRIMED

    Le 28 septembre 1999, Action Critique Médias recevait Virginie Barré, Sylvie Debras, Natacha Henry et Monique Trancart, membres de l’Association des femmes journalistes (AFJ)

    Dans cette enquête, l’approche statistique est ensuite superposée à l’approche linguistique. Pour quelles raisons ?

    C’est d’abord une question de visibilité. On en avait marre que les femmes disparaissent systématiquement sous un pseudo vernis d’universalisme. Et puis nous avions aussi envie de rendre sa place à l’emploi du féminin (et non pas à la féminisation du langage qui est pour nous un concept artificiel). Au Moyen Age, on connaissait l’emploi du féminin grâce, notamment, à la terminaison aujourd’hui désuète en "esse". Et puis, en 1647, le grammairien Vaugelas est passé par là et a imposé pour longtemps cette règle incroyable qui consiste à établir que " la forme masculine a prépondérance sur le féminin, parce qu’elle est plus noble ". Si on garde cela constamment à l’esprit on comprend que le Robert qui ne connaît pas, par exemple, de féminin à écrivain, en a trouvé un à écrivassier et écrivailleur, tous deux péjoratifs. La linguiste Valérie Brunetière rappelle d’ailleurs à juste titre que si " huissière et chercheuse écorchent la bouche ou tintent mal aux oreilles de certains, ce n’est pas tant une affaire de langue, qu’une résistance imaginaire et idéologique ". Cette affaire de langage est loin d’être anecdotique. Qu’on s’imagine les résultats d’un patient bourrage de crâne sur des enfants qui entendent, jour après jour à l’école, que le masculin l’emporte toujours sur le féminin...

  • Le 16 juin 2010 à 13:06, par Alex

    Drôle de débat sur un site tel que Rebellyon...

    Pour ma part, je salue fortement l’initiative du collectif de thématiser publiquement la question du langage discriminatoire. Et j’ai du mal à comprendre les critiques. Il me semble que la proposition laisse la possibilité de publier un texte non féminisé, sauf que ça ne va plus de soi mais que ça repose sur une décision explicite de l’auteur.e. Pour une fois, ça renverse l’ordre normal et c’est un peu le but de nos luttes en général, non ?

    Il y a certaines formes de féminisation que je préfère à d’autres, mais surtout j’ai vu aussi que les formes utilisées évoluent, que des nouvelles apparaissent, certaines sont retenues par d’autres, se répandent, d’autres non. Et c’est comme ça que le langage fonctionne. Il vit, il se transforme, et l’Académie française peut décider ce qu’elle veut, l’histoire nous enseigne que c’est toujours le langage populaire qui s’impose face au langage savant (qui a longtemps eu deux siècles de retard). Pour quelles raisons nous priverions nous de donner une dimension politique à cette évolution ?

    Quant à la lourdeur des féminisation, le langage est un outil étonnament souple, si vous vous y pencheriez sérieusement, vous trouverez des possibilités innombrables pour jouer. Inventer des nouveaux mots, adapter les mots existants... c’est ce que font tous les jours les personnes qui ont du pouvoir dans ce monde. Alors pourquoi pas nous ?

    S’il vous importe particulièrement d’éviter des formes inhabituelles, ça peu être un bon défi d’éviter les termes et adjectifs genrés désignant des personnes. Ce n’est pas toujours possible, mais dans la plupart des cas des adjectifs peuvent être remplacés par des noms, des termes genrés par des termes non genrés (militant.e.s = activistes). À vous de voir si vous voulez vous prêter à ce genre d’excercice de style. C’est toujours un choix.

    Par ailleurs, la proposition quebecquoise aussi peut être renversée (parce qu’à mon goût elle n’a qu’une très faible influence sur la manière de recevoir un texte) : dans certains milieux en Allemagne par exemple, il est assez répandu de parler au féminin générique. Et vu le monde dans lequel on vit, c’est rare de ne pas comprendre qu’il est question de personnes de genres variés. Alors pourquoi pas faire ça et mettre un avertissement comme ceci :

    « L’utilisation du féminin est choisie pour des fins de lisibilité ; il inclut tous les genres et n’est pas discriminatoire. »

    Dans tous les cas, merci au collectif pour votre initiative !

  • Le 16 juin 2010 à 12:44, par Douille Domino

    je suis très heureux de cette initiative
    que j’appelerai à titre personnelle féministisation/accord grammatical féministe ( je sais c’est moche) des articles plus que féminisation.

    « Qu’est-il important de privilégier ? Le fond ou la forme ? »

    c’est justement l’enjeu de la féminisation des articles de ne pas avoir qu’un objet militant mais une forme militante...

    la forme n’est pas qu’un enjeu esthétique ; la parole dans nos sociétés racistes et sexistes induit tout un tas de stigmatisation plus ou moins consciente (« être blanc comme neige », « avoir des idées noires », « se faire enculer par le gouvernement », etc...) ou d’invisibilisation (« les sans-papiers sont exploités » invisibilise le cas spécifique des femmes sans-papières qui subissent une double, voire triple oppression dûe à leur statut de migrante, de femme, de musulmane et/ou lesbienne et/ou séropo).

    avoir conscience de ces réalités quand on en parle, quand on écrit ne peut que rendre nos réflexions plus pertinentes. donc les « vraies » questions ne sont pas éludées, au contraire elles sont introduites. c’est le minimum aussi pour que chacunE se reconnaisse dans le discours.

    « L’utilisation du masculin est choisie pour des fins de lisibilité ; il inclut le féminin et n’est pas discriminatoire. »

    c’est eux qui l’disent ! pourquoi justement avoir plus choisi le masculin plutôt que le féminin si ce n’est par préférence sexiste pour le dit sexe fort. et hop ! le masculin l’emporte. c’est l’même pseudo-argument qu’on entend à l’école.

    si on choisissait d’utiliser que le féminin, la lisibilité serait parfaite. mais ça fait chier les machos le féminin pluriel. autant on trouve que le masculin fait neutre à force d’invisibiliser les femmes, autant le féminin pluriel gêne l’ego des sexistes...
    la féminisation des textes, par le double accord, a l’avantage de visibiliser les femmes (vous savez, l’autre moitié d’l’humanité) et de s’adresser à touTEs hommes, femmes, trans, queers...

    « L’habitude voulait que la féminisation ou non des textes reste de l’ordre du libre choix des auteurs »
    si on lit bien l’article, il s’agit surtout d’inciter les rédactRICEeurs à la féminisation. en cas d’absence, de correction faite avec leur consentement. mais aussi du libre choix du type de féminisation ou de son absence si possible motivée

  • Le 16 juin 2010 à 12:21

    comme ca fait des années que rebellyon écrit au masculin alors on a qu’à écrire tout au féminin pendant quelques années ! héhéhé.

    Trève de plaisanterie...

    j’hallucine que les mecs « anarchistes » laissent ici des commentaires négatifs. ça vous gêne pas que le masculin l’emporte sur le féminin ?
    alors vous êtes des gros machos, !!
    dans les medias les femmes sont invisibilisées ou ramenées à leur rôle de mère, épouse... heureusement que rebellyon se démarque.

    moi je dis bravo à l’équipe de rebellyon pour cette décision classe et courageuse !

  • Le 16 juin 2010 à 11:50

    Tout est question d’habitude et d’education !!Si nous avions ete eduquEs a rediger avec une conjugaison neutre cela nous semblerai logique et pas si contraignant que ca !!Pour ma part jutilise depuis qq annees deja une grammaire neutre, et je ne trouve pas qu’il soit si difficile que ca de s’exprimer ou de lire de cette maniere !!Puis des fois se bouger un peu et donner un peu d’energie pour faire avancer les choses ne parait pas si couteux en comparaison du sexisme affligenat de notre culture, qui se reflete finalement tres bien ds notre grammaire !!
    A nous de reprendre le pouvoir et de s’approprier les mots si nous souhaitons reelement que la pensee globale prenne conscience, du sexisme interiorise aui nous envahit et nous condition jusque dans notre langue !!
    GaelLE

  • Le 16 juin 2010 à 11:02

    Non mais j’hallucine des commentaires là !

    Je suis transgenre et ça m’a beaucoup touché de lire ce texte, d’abord parce que la féminisation des articles ne peut que ravir mon engagement féministe mais aussi parce que ce texte dit qu’on a pensé à moi, a priori, sans même que j’ai à gueuler ou à dire « oui mais moi aussi j’existe ».

    Quand je vois des super militants se demander si ça n’est pas mauvais pour l’accessibilité des textes j’ai envie de bondir. Vous croyez pas que ça rend les textes plus accessibles de les travailler pour qu’un maximum de personnes s’y sentent inclusEs ?

    Mais peut-être qu’on s’en fout complètement que tout le monde soit inclus dans les textes militants. Parce qu’après tout on va faire la révolution entre hommes cisgenres n’est-ce pas ? Plus de justice sociale juste pour eux. Les autres on s’en fout, d’ailleurs on a tellement les yeux fixés sur nos nombrils qu’on les voit pas. On est même sûrs que ce ne sont pas des « lecteurs acharnés » ! Qu’est-ce que t’en sais Mandine de l’identité des genTEs qui lisent Rebellyon ? En tout cas tu te trompes !

    Toute la communauté transpédégouine féministe applaudit cette décision, alors pourvu que ça tienne !

  • Le 15 juin 2010 à 16:19

    petit bug, le fichier est ICI

  • Le 15 juin 2010 à 15:23

    Bon, je ne rentrerai pas ici dans le débat.

    Pour dédramatiser un peu, moi ces histoires ça me fait toujours penser à ces fameuses tirades de Pierre Desproges au tribunal des flagrants délire, à propos du « français, françaises » de nos chers politiciens. Écoutez plutôt (trouvé sur le net, mais bien galère de remettre la main dessus)

  • Le 15 juin 2010 à 14:32, par Jacques Wajnsztejn

    Je ne ferai pas ici une critique de la genrisation de l’orthographe, critique qui, de manière plus globale est déjà présente dans mon livre « Capitalisme et nouvelles morales de l’intérêt et du goût », disponible à la librairie La Gryffe. J’y essayais de remonter aux sources théoriques des pratiques particularistes et il faut bien le dire identitaires à un moment où celles-ci restaient encore fort limitées en France et n’étaient point trop sectaires comme le montre le fait qu’Y. Bonnardel écrivait encore à l’époque dans Temps critiques. Nous n’en sommes plus là. Le politiquement correct triomphe partout et ce qui se rattachait encore à une libération de l’oppression est devenu l’affirmation de « fiertés », la recherche de regroupements entre « semblables ». Restez donc entre vous et si
    vous êtes bien sûr libres de vos pratiques d’écriture, de publication et de censure à l’envers, pour ce qui me concerne et étant entendu que certains (pas certaines donc ce n’est pas la peine que je genrise !) sur votre liste me demandent parfois de faire passer des textes sur Rebellyon, je vous annonce clairement que je vous interdits (moralement bien sur !) toute intervention de ce genre sur mes textes. Vous ne m’en demanderez donc plus ou alors vous continuerez à les passer dans leur forme originelle.
    Je ne peux même pas prendre congé fraternellement car n’est-ce pas un affreux masculin qui se cache là pour exercer sa domination ?
    Je terminerai donc par un sec JW.

  • Le 14 juin 2010 à 16:21

    Je trouve cela assez amusant que beaucoup critiques portent sur le fait que les lecteuRs vont avoir du mal à lire les textes, même en étant assidus….
    …et jamais sur le fait que beaucoup de personnes peuvent aussi et enfin se sentir concernéEs et inclusEs dans les textes et compte rendu d’action… On peut espérer et faire le pari que des lecteureuses iront au bout des textes féminisés alors qu’ielles ne lisaient pas ceux écrits au masculin, par exemple. Et puis dans la plupart des textes, seuls quelques mots ont besoins d’être féminisés.

    Quant aux critiques sur le collectif, peut être aussi peut on poser la question de l’écrasante majorité de mecs blancs qui le compose et voir ici une possibilité d’ouverture et de mixité de ce collectif.

    A bonNE entendeurSE…

  • Le 14 juin 2010 à 14:56

    Quelques critiques sur l’actuel choix du collectif Rebellyon sur la
    féminisation systématique des articles.

    J’avoue avoir été assez surpris du choix du collectif. L’habitude
    voulait que la féminisation ou non des textes reste de l’ordre du libre
    choix des auteurs, sans que le collectif ne cherche à les faire pencher
    d’un coté ou de l’autre.

    La féminisation systématique des textes pose pour moi un certain nombre
    de problème :

    Le premier aspect, sans rentrer dans les considérations politiques de ce
    choix, est celui de l’accessibilité de la prose militante, de la
    lisibilité des textes parus sur Rebellyon. Personnellement autant
    quelques lignes (annonces, slogans, etc) féminisé ne me posent pas
    problème, autant la lecture d’un texte plus long et féminisé (quelque
    soit le choix graphique de la féminisation d’ailleurs) me saoule
    rapidement et tend à freiner ma lecture. Alors même que je suis un
    lecteur assidu ! Je n’ose imaginer la difficulté que cela pose pour un
    lecteur plus occasionnel. Dans la mesure ou le but de rebellyon est
    d’apporter au plus grand nombre une information alternative, on peut se
    demander si le choix fait n’est pas contre-productif.

    De plus si on prend cet effet en compte, on doit avouer que ceux qui
    iront au delà de la difficulté de lisibilité sont ceux qui ont déjà
    l’habitude de cette pratique, ou tout du moins y sont sensibilisés. Ce
    ne sont donc pas ceux pour qui cette pratique changera grand chose en
    terme de sexisme ou d’antisexisme (quand bien même on penserai qu’un
    pratique grammaticale peut influencer profondément un habitus
    sociologique, ce que je ne crois pas, mais c’est un autre débat). Le
    frein à la lisibilité au texte est bien réel, et tend pour certain à
    donner un coté « sectaire », « folklorique » ou « private » à des textes que
    nous voudrions apporter au plus grand nombre. De même que mettre en
    avant un folklore avant-gardiste tend à nous couper du public visé, il
    en va de même pour une pratique grammaticale aussi lourde, dont le sens
    profond n’est de plus guère évident pour le lecteur de passage.

    Me gêne également la place du collectif Rebellyon dans cette logique. Le
    fait que le collectif tende à influencer les textes parus sur le site,
    au delà des exigences minimales de la mise en page, et de celles,
    politique, de la charte du site, me donne l’impression que les membres
    du collectif veulent contrôler l’expression sur le site. Tendre ainsi à
    faire du site une « vitrine » politique, éditoriale, du collectif. Cette
    tendance, un peu autoritaire sur les bords, tend à amoindrir le
    rebellyon « outil collectif » au profit d’un rebellyon "vitrine
    éditoriale". Cette évolution du collectif me pose problème, mais,
    extérieur au collectif, il ne s’agit bien sûr que d’un impression
    subjective.

    Voilà, je ne m’attarderai pas sur le choix « politique » de la
    féminisation, pour lequel je comprend que les choix divergent. Pour moi
    la féminisation est bien plus un frein qu’un outil efficace pour la
    lutte antisexiste, mais je peut comprendre l’avis opposé.

    Pour moi la féminisation doit rester du choix de l’auteur, sans pression
    du collectif. L’argument de la lourdeur supplémentaire du travail pour
    le nouvel auteur n’est également pas à négliger.

  • Le 14 juin 2010 à 12:41

    Au Québec, on trouve sur la plupart des documents officiels, la mention « L’utilisation du masculin est choisie pour des fins de lisibilité ; il inclut le féminin et n’est pas discriminatoire. » Je trouve ça pas mal comme alternative à la féminisation...

  • Le 11 juin 2010 à 14:06, par escargot

    Je suis d’accord avec la dernière remarque, cela dit que ne suis pas certain-e (je ne veux pas me sexuer) que le fait de

    proposer les deux désinences (ce qui évidemmment est légitime et aide à lutter sur certains plans) ne renforce pas

    également le fait de toujours se penser par rapport à son sexe. et si c’est le cas n’accentue-t-on pas les inégalités ou tout au moins les prétendues différences par ce système binaire ?

    Aussi je proposerai plutôt d’aller vers ’a’ neutre qui reste à inventer. ou peut être à emprunter à d’autres langues ?

  • Le 9 juin 2010 à 16:20, par MaxLanar

    Effectivement, la féminisation alourdie très certainement la lecture. Il n’est pas intéressant de discuter ce point.
    Ce qu’il est plus intéressant de discuter est si oui ou non une langue sexiste et qui considère comme dominant le masculin est néfaste ou pas.
    Personnellement je pense que oui. Le langage véhiculant la pensée et étant souvent performatif il est indéniable que la langue française entretient et favorise le sexisme.
    Une autre question à poser est : est-ce que lutter contre ceci est important ?
    Il me semble, dans le fond, que les détracteur-ice-s de la féminisation ne sont soit pas très conscient-e-s des enjeux qu’elle implique ou bien ne se sentent tout simplement pas très concerné-e-s.
    Et discuter du coté esthétique ou pratique ne fait qu’éluder les vraies questions...

  • Le 9 juin 2010 à 00:27, par Mandine

    En effet la féminisation des textes ainsi envisagée alourdie le discours et en noie quelque peu la clarté. Qu’est-il important de privilégier ? Le fond ou la forme ? Le but est-il de diffuser ses idées en touchant également les gens qui ne sont pas des lecteurs acharnés ou bien de réserver, une fois de plus, ce type d’écrit à un public d’initiés. Personnellement je trouve ça stupide et stigmatisant...

  • Le 8 juin 2010 à 19:02

    je comprends la démarche, mais c’est déjà pas agréâble de lire un texte sur un écran alors avec tous ces mots à rallonges... brrrr

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