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A Lyon, trois femmes à l’affiche

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Cette année à Lyon, la municipalité s’est saisie de la journée internationale pour le droit des femmes (célébrée le 8 mars) pour nous faire de belles campagnes de pub et mettre à l’honneur les « femmes remarquables », mais par la même occasion, rendre moins visibles les autres.

Cette année à Lyon, la municipalité s’est saisie de la journée internationale pour le droit des femmes (célébrée le 8 mars) pour nous faire de belles campagnes de pub et mettre à l’honneur les « femmes remarquables », mais par la même occasion, rendre moins visibles les autres. Oui, toutes les autres, toutes celles qui le seraient moins - « remarquable » - toutes celles qu’on ne voit pas mais vivent dans le même monde : les femmes qui travaillent tous les jours pour gagner leur vie, celles qui sont au foyer, celles qui étudient, celles qui fuient leur pays en guerre, celles qui s’occupent de leur famille et de leurs enfants, celle qui s’occupent des enfants des autres… bref, la moitié de la population mondiale quoi.

Donc, depuis quelques semaines, les visages de « femmes remarquables » fleurissent à Lyon puisqu’à l’approche du 8 mars la Ville avait souhaité mettre en avant Simone de Beauvoir, Marie Curie, Lucie Aubrac, avec en sous titre de ces affiches : « partout, toujours, il y aura des femmes remarquables ».

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Pour l’élue Thérèse Rabatel, adjointe à l’égalité femme homme, le message est celui là : prouver aux jeunes femmes notamment qu’il est possible de s’émanciper, de faire le métier que l’on souhaite et d’écrire l’Histoire comme leurs brillantes aînées.

Mais, cette histoire, telle qu’on la faisait déjà au 19e siècle, nous donne une vision révisionniste et plutôt conservatrice du passé. Il faudrait être de grandes personnes, avoir fait de grandes choses pour avoir voix au chapitre. Alors que les autres, le peuple, on n’en parle pas, pire : on rend invisible les personnes qui le composent et qui construisent le monde dans lequel ils et elles vivent tous les jours. C’est un peu l’histoire des grands hommes à la Stéphane Bern, en opposition à l’histoire sociale et culturelle qui étudie les structures sociales : apparemment un peu plus complexe et difficile à digérer pour le service marketing de la municipalité.

Après, loin de moi la volonté de dénigrer les avancées qu’ont permis les travaux de Marie Curie en sciences physique, l’action résistante de Lucie Aubrac sous l’occupation, et les pensées philosophiques et féministes de Simone de Beauvoir dans « Le deuxième sexe » notamment.

Cette campagne et la façon dont elle a été promue et soutenue est aussi une belle façon d’invisibiliser tous les travaux sur le genre, et la construction sociale du féminin et du masculin. En présentant des femmes remarquables, on reprend les codes de ce que sont les hommes remarquables. Surtout, on empêche de penser le genre et comment les femmes se construisent socialement, puisque on ne montre chez elle que ce qui serait remarquable mais pas ce qui fait que ce sont des femmes et comment elles sont devenues femmes. Comme le disait justement Simone de Beauvoir.

Thérèse Rabatel (l’adjointe à l’égalité femme homme) reconnaît que la situation des femmes au quotidien s’est largement améliorée depuis des décennies, mais que beaucoup de chemin reste à parcourir. Elle ajoute : on constate aujourd’hui un inquiétant retour de la distinction fille-garçon avec le bleu et le rose, habillée en bleu pour l’occasion de sa rencontre avec les médias. On note le petit clin d’œil du renversement des codes de genre, mais on note aussi son caractère peut être un peu simpliste…

Pour le 8 mars donc, divers évènements étaient prévus dans l’agglomération lyonnaise. Pour l’occasion, même l’Olympique Lyonnais s’y est mis : il distribuait des roses aux femmes et aux hommes place Bellecour de 13h à 18h... Super !
Le Sytral lui, distribuait des flyers pour lutter contre les discriminations faites aux femmes dans les TCL. Attention, le service marketting a encore frappé : des affiches représentent un petit bonhomme avec un boulet au pied et portent ce slogan « une main aux fesses, un pied en prison »… Des copines ont fait un autocollant beaucoup plus efficace : une main aux fesses un poing dans ta gueule !

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