Sarkozy et la société de contrôle

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La dernière publication du journal de la CGA, L’Égalité économique et sociale est en ligne sur Rebellyon.

Deleuze, dans ses dernières années, avait montré la mutation de nos sociétés « disciplinaires » en « sociétés de contrôle ». Dans les sociétés disciplinaires, avant l’arrivée des ordinateurs, on entrait et on sortait d’une « machine disciplinaire » à une autre, à un rythme incessant (école, prison, caserne, hôpital, etc…).

Deleuze, dans ses dernières années, avait montré la mutation de nos sociétés « disciplinaires » en « sociétés de contrôle ». Dans les sociétés disciplinaires, avant l’arrivée des ordinateurs, on entrait et on sortait d’une « machine disciplinaire » à une autre, à un rythme incessant (école, prison, caserne, hôpital, etc…). Aujourd’hui, même si ces institutions sont –encore et toujours- privilégiées pour mettre en œuvre la politique d’assujettissement, la société de contrôle investit même le temps que nous passons « en dehors » de ces « machines disciplinaires ».

Et les décisions politiques de Sarkozy, ces dernières années, semblent nous amener tout droit dans ce type de société à surveillance continue, et investissent massivement cette nouvelle forme de domination « temporelle » : contrôle continu, formation permanente, prévention de la « délinquance » dès l’âge de 5 ans, note de « vie scolaire », et même l’âge de la responsabilité pénale est susceptible d’être abaissé à 16 ans. Dans la société de contrôle dont rêve Sarkozy, plus d’enfance, plus de présomption d’innocence : la criminalité commence au berceau, mieux : elle se détecte au berceau, et n’en finit plus d’opérer un tri permanent entre "bons" citoyens et futurs délinquants, puisqu’il faut bien en fabriquer de nouveaux, mais, bien sûr, toujours loin des beaux quartiers.

L’ « affaire » d’Avignon, peu relayée dans les médias, est révélatrice de cette volonté. Cinq enfants (de 4 à 5 ans !) ont été exclus de leur école pour avoir « forcé » une fillette de participer à leurs jeux sexuels. L’exclusion a été décidée par le directeur de l’établissement et n’a fait l’objet d’aucun suivi psycho-éducatif (dont l’absence structurelle est criante dans le Vaucluse), ni même d’un dialogue avec les parents. La décision est d’autant plus choquante qu’elle laisse les enfants dans une situation d’abandon total, croyant avoir réglé le problème, encore une fois, par la pure et simple répression. Même si l’on pourrait penser que cet incident de cour d’école est allé trop loin, au sens de la domination masculine et du sexisme, il faut se rappeler que la violence des jeunes est largement le reflet de la violence qui est à l’œuvre dans notre société (violence économique, violences sexistes, etc). Mais le point le plus grave, c’est que l’on qualifie cet incident comme on qualifie un crime d’adulte, avec les mots d’ « attentat à la pudeur », de délit « en réunion », etc. La mode est à l’absence de réflexion, à la criminalisation immédiate, au gommage de l’enfance et de l’adolescence. Avec Sarkozy, le contrôle et la répression ne connait plus les limites de l’espace, ni celle du temps. La circulaire qui a mis en place la « note de vie scolaire », effective dans tous les établissements scolaires, va dans le sens du flicage continuel, et, sous prétexte de « détecter » la délinquance, elle la fabrique de toute pièce, et le plus tôt possible, comme s’il fallait grossir les chiffres pour les prochaines élections. Ainsi, si un élève refuse d’apprendre par cœur la Marseillaise, il sera sanctionné par cette notation abjecte. La société idéale, selon Sarkozy, voudrait nous persuader qu’un criminel sommeille en chacun de nous, aussitôt nés. Plus de temps de répit, d’innocence, d’apprentissage. Une des dernières inventions du sinistre Sarko, le "permis piéton", qui sanctionnera par un bout de papier l’attitude des tout jeunes sur les trottoirs. Encore un espace de liberté supprimé, réglementé, récompensé ou puni. Et les « criminels » que l’on fabrique avec de tels critères, ne sont plus perçus comme les symptômes des problèmes de notre société capitaliste, ils seraient, selon lui, tout bonnement à écarter.


En jouant sur les peurs, les gouvernements cherchent à faire passer toujours plus de répression, et voudraient nous vendre le totalitarisme comme solution politique, pour mieux cacher les vraies causes du malaise social !

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