Sur le front du logement.

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Quand la crise du logement se pose en termes politiques.

Le logement est actuellement au centre des préoccupations. Celles des individus qui en cherchent un souvent sans succès évident, celles des médias qui culpabilisent les squatteur-euse-s, des propriétaires qui cherchent une fois de plus à faire un maximum de bénéfices sur le dos des habitants.

La difficulté de l’accès au logement est aujourd’hui criante. La mise en compétition des futurs locataires entre eux pour l’accès au logement, dans le but de faire monter la spéculation immobilière et les prix des loyers conduit aux difficultés que l’on connaît pour se loger. Les prix montent et comme d’habitude se sont les pauvres qui trinquent et qui ne trouvent plus de logement. On a alors une précarisation de l’habitat (aucune assurance d’avoir les moyens de garder son logement et difficulté pour en trouver un nouveau). La ville de Lyon a trouvé encore mieux pour faire monter le prix des loyers : la refonte (rues et avenues refaites, installation de caméras...) des quartiers traditionnellement populaires (les pentes de la Croix-rousse, la Guillotière...) sert à faire monter les tarifs, engendrant ainsi un maximum de profit tout en effectuant une « épuration sociale », les ancien-ne-s habitant-e-s de ces quartiers n’ayant plus les moyens d’y habiter se retrouvent relégué-e-s dans des zones où, moins visibles, ils ne gênent plus l’image que les politiciens veulent donner de la ville. Il s’agit réellement d’une ségrégation sociale, riches d’un coté, pauvres de l’autre.

Les locaux les plus insalubres échouent encore une fois aux plus précaires (pour ceux qui trouvent quand même un logement). On observe une précarisation de ceux-là même qui sont déjà les plus précaires. Ce sont eux qui habitent les logement insalubres, trop petits, aux chauffages approximatifs, aux installations électriques dangereuses, les plus pauvres se voyant de surcroît parfois couper eau et/ou électricité. Les étudiants, ne produisant pas de richesse et dont les moyens dépendent du revenu de leur parents, sont eux aussi touchés (plusieurs centaines d’étudiants sans logements sur Lyon) ceux ayant accès au logement se retrouvant dans des chambres minuscules (9m² !). Le gouvernement, non content de cet état de fait, a tenté il y a peu de diminuer la taille minimum de l’habitat louable (de 9m² à 7m²) dans le but de générer du profit sans prendre en considération les conditions de vie des locataires.

Les méthodes d’habitat alternatif (squats) se voient criminalisées alors même qu’elles sont le refuge des plus précarisé-e-s (voir 9 rue des chartreux). Les squatter-euse-s (nous ne parlons pas ici des squat politiques et associatifs) n’ayant bien souvent pas eu d’autre choix que celui là pour trouver un logement. La criminalisation des occupations de locaux auparavant vides, qu’il s’agisse d’une nécessité ou d’une démarche politique (ou d’une démarche volontaire), est la réponse de l’état et du capital face à un moyen libre et égalitaire qui échappe totalement à leur contrôle. Alors même que les logements vides sont nombreux en ville (en particulier ceux appartenant aux municipalités) l’opposition des pouvoirs publics est flagrante et conduit les plus démuni-e-s à vivre dans la rue. Alors lorsqu’ils (politiques et médias) nous parlent de crise du logement, on serait plutôt tenter de dire qu’il y a en fait une crise de la répartition des logements.

Il est donc grand temps de mettre en pratiques d’autres principes de logement, l’occupation des locaux vides est une nécessité, la distribution des logement doit se faire en fonction des besoins de chacun.

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