À propos de l’offensive turque dans le Nord-Est syrien

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Co-auteure de l’ouvrage Burning country : au cœur de la révolution syrienne [1], Leila al-Shami livre une analyse tranchée et équilibrée sur les enjeux et les non-dits de la situation au nord-est de la Syrie après l’offensive de l’armée turque et de ses milices. Nous la traduisons pour CQFD avec son accord.

La récente offensive turque sur le nord-est de la Syrie et le retrait des troupes américaines de la région déclenchent une nouvelle catastrophe humanitaire aux proportions colossales.

Ces derniers jours, plus de 130 000 Syriens ont fui pour sauver leur vie, dans une quête désespérée de sécurité. Des dizaines de civils ont été tués par des bombes turques et assassinés par des milices alliées des Turcs. Dans le chaos, les prisonniers de l’État islamique se sont évadés des camps de détention et sont maintenant dans la nature – beaucoup d’entre eux, y compris des enfants, sont des étrangers, ressortissants d’États qui ont refusé de les prendre sous leur responsabilité.

L’invasion turque a reçu le feu vert de Trump (et probablement de la Russie) et a vu les États-Unis abandonner leurs alliés, les Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par des milices kurdes), avec lesquelles ils s’étaient associés dans la guerre pour détruire l’État islamique. Ce n’est pas la première fois que les États-Unis abandonnent leurs alliés en Syrie, et il est peu probable que cette trahison tombe facilement dans l’oubli pour ceux qui en subiront les conséquences.

L’opération de la Turquie a deux objectifs. Elle espère, d’une part, écraser l’autonomie kurde dans le nord, dont une grande partie est sous le contrôle du PYD (Parti de l’union démocratique) kurde depuis 2012, un groupe lié au PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), considéré par l’État turc comme un ennemi intérieur ; et, d’autre part, établir une zone tampon pour le retour des réfugiés syriens confrontés à une hostilité et une xénophobie croissantes en Turquie.

La suite à lire sur : http://cqfd-journal.org/A-propos-de-l-offensive-turque

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  • Le 20 octobre 2019 à 13:51, par nguyen

    Du point de vu humanitaire un individu = un individu. Cependant, l’expérience de communalisme fédéral a lieu au Rojava et pas ailleurs. On se mobilise pour des vies humaines et pour un modèle de société dont on voudrait voir s’il fonctionne et s’il est transposable ailleurs. La volonté de détruire les kurdes n’est pas seulement xénophobe, ils font souvent des propositions qui ne plaisent pas à tout le monde. Cet arrière plan politique explique qu’on se mobilise plus pour le Rojava. Je comprends que ça soit difficile à accepter pour un syrien non kurde.

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