Honduras : appel urgent soutien a Gustavo castro

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Appel à soutien pour la liberté de Gustavo Castro, victime et témoin de l’assassinat qui a coûté la vie à Berta Cáceres, activiste du Honduras, co-fondatrice du Conseil des Organisations Populaires et Indigènes du Honduras (copinh).

Alerte, la Terre se meurt et ses amis avec… Soutenons Gustavo Castro !
Le ballet des économistes ou autres spécialistes du terrorisme a relégué au second plan médiatique bon nombre de luttes sociales pour les biens communs, les droits des peuples et de la Nature. Pourtant, partout dans le monde, des activistes pacifistes mènent le combat, des millions de petites mains contre de gros bras. Le combat n’est ni mort ni enterré.
Celle qui est morte, c’est Berta Cáceres, activiste du Honduras, co-fondatrice du Conseil des Organisations Populaires et Indigènes du Honduras (copinh) et lauréate du prix « Goldman » en 2015 (reconnaissance internationale pour les actions de défense de l’environnement ; http://www.goldmanprize.org/). Quatre balles dans le corps.
Gustavo Castro, présent chez Berta lors de l’assassinat, n’a pas été loin de subir la même sentence. Il a été blessé par balle par les hommes qui ont tué Berta et a miraculeusement survécu à l’attaque perpétrée le 3 mars à La Esperanza, dans le sud-ouest du Honduras. Depuis, les autorités honduriennes le retiennent en qualité de témoin protégé, niant son statut de victime, son droit à rejoindre sa famille au Mexique et à vivre en sécurité dans son pays, loin de là où il a frôlé la mort. Il s’est soumis à toutes les procédures judiciaires nécessaires dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Berta et revendique aujourd’hui son droit à continuer à collaborer avec la justice hondurienne depuis le Mexique, en vertu du traité d’assistance judiciaire mutuelle signé entre le Honduras et le Mexique. Mais les autorités honduriennes n’en ont cure et Gustavo se retrouve victime d’un théâtre judiciaire, sans la moindre information sur l’avancée de l’enquête en cours ni sur le sort qui lui sera réservé.
Gustavo est un sociologue mexicain. Il est le fondateur de « Otros Mundos A.C. », relais des Amis de la Terre au Mexique, une association basée à San Cristóbal de las Casas dans le Chiapas (sud-est du Mexique), dédiée à la défense du territoire face à la multiplication des mégaprojets. Il a écrit de nombreux textes analysant leurs impacts sur l’environnement et les failles du système capitaliste actuel (voir par exemple : http://otrosmundoschiapas.org/index.php/component/content/category/49-25-el-escaramujo/49-el-escaramujo). Comme Berta, sa lutte pour la défense des fleuves et contre les mégaprojets qui exproprient à tour de bras des communautés entières en Amérique Latine lui a valu d’être un acteur central dans la création et l’animation de réseaux à l’échelle du continent américain (mapder, redlar, rema, m4).
Le copinh résiste depuis des années à la construction du barrage “Agua Zarca” sur le fleuve Gualcarque, entre les départements de Santa Barbara et Intibucá, dans le sud-ouest du pays. Des centaines de personnes appartenant au peuple Lenca, dont l’existence dépend de ce fleuve sacré, se verraient déplacées de force par ce projet de l’entreprise hondurienne desa financé entre autre par deux banques d’investissements finlandaise (finnfud) et hollandaise (fmo). Depuis le début de la construction du barrage en 2013, les membres au copinh n’ont cessé de se mobiliser en bloquant des routes pour empêcher le passage des machines mais la répression menée par l’entreprise, l’armée hondurienne et la police locale a été sans merci : détentions, assassinats et menaces de mort à répétition. Suite à des menaces de mort sur Berta, la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme (cidh) avait demandé des mesures de protection sur sa personne. Rien ne fut fait.
Avec le meurtre de Berta et celui de Nelson Garcia, autre membre du copinh tué par balles le 15 mars, le copinh enregistre 6 assassinés parmi ses membres. C’est ce qui a décidé finnfud et fmo de se retirer du projet il y a quelques jours. Un peu tard, non ?
Dans cette histoire, on n’a pas affaire avec un Rastapopoulos bête et méchant comme dans les aventures de Tintin. On est face à un pouvoir cynique et froid. Dans la BD, l’affreux mafieux veut écraser le jeune journaliste comme une vulgaire araignée mais n’y parvient pas. Dans la réalité il ne reste qu’une bouillie d’araignée. Le cynisme de cette histoire est à vomir.
Tout est mis en oeuvre pour ne pas considérer le lien entre l’attaque du 3 mars et l’activisme des deux victimes (lien non avéré mais tellement visible comme une balle dum-dum au milieu de la figure que ne pas l’envisager est suspect en soi). La justice hondurienne préfère évoquer la piste du vol et du crime passionnel. Gustavo Castro a dénoncé dans une lettre ouverte que les enquêteurs lui ont montrée des photos de membres du copinh parmi lesquels il a été appelé à reconnaître les coupables.
« Cynique » ne semble pas être un mot assez fort pour décrire ce procédé… obscène peut-être. Un peu de sarcasme pour finir de peindre le tableau : ceux qui ont tué Berta et blessé Gustavo sont sûrement de pauvres gars du peuple hondurien qui font ce genre de job de temps à autre pour arrondir des fins de mois difficiles. Comme dit Bersuit Vergarabat : « on entend des tirs dans la forêt, ce sont les armes des pauvres, ce sont les cris du Latino ».
Parfois le sarcasme fait rire, là il fait pleurer. Ce sont des larmes de tristesse d’avoir perdu une compa, une sœur. Ce sont des larmes de peur. Peur pour des amis, qu’ils soient poursuivis et tués pour des idéaux fraternels et pacifistes. Ce sont des larmes de honte. Honte d’un monde où l’argent vaut plus que la Vie. Ce sont des larmes de rage. Rage face à des pouvoirs cyniques et destructeurs.
Une pétition tourne : http://movimientom4.org/2016/03/firma-para-solicitar-el-regreso-de-gustavo-castro-soto-a-mexico/
Information relue, corrigée et complétée par l’équipe de Otros Mundos Chiapas A.C./Les Amis de la Terre Mexique
PS (de Otros Mundos) : ce qu’il y a derrière cette affaire va bien au-delà de Gustavo ou même de Berta. C’est une lutte sociale que l’on cherche à museler par la violence et la peur. Notre combat donne une voix aux invisibles de nos sociétés latino-américaines. Ces invisibles sont des paysans pauvres et marginalisés. Notre combat pour l’environnement ne peut être dissocié de ces millions de personnes. C’est en cela que nous dérangeons certains pouvoirs corrompus, tenus par la finance. Nous cherchons une préservation concertée de biens communs, ils veulent exploiter un capital naturel privatisé aux dépens des peuples en place depuis parfois des centaines d’années.

Sortir Gustavo des griffes du gouvernement du Honduras serait, en plus du retour d’un ami cher et aimé, une victoire symbolique de notre action. Nous n’avons pas l’intention de nous taire malgré les menaces qui pèsent sur nous, la lutte continue !

Nous en appelons à faire tourner l’informations, diffuser et agir de la manière qui vous est propre afin de soutenir cette lutte qui nous touche tous, que l’on soit ici ou là bas.
Voici les coordonnées de l’ambassade du Honduras en France.

Ambassade du Honduras, 8 rue Crevaux 75116 Paris.
Téléphone : 0147558648.
Email : ambassade@ambhonduras.com

Liberté pour Gustavo Castro, justice pour Berta Cáceres !!!

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