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Adoma SNI, créateur de sous-France, les salariés en résistance

Les conditions de travail et d’hébergement des demandeurs d’asile sur le Centre d’accueil pour demandeurs d’asile du Rhône sont aujourd’hui indignes et mettent en péril la santé des résidents et des salariés. Appel à la grève jeudi 9 mars.

Le 8 décembre 2016, les salariés du Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile du Rhône Adoma regroupant les sites de Givors, Saint-Genis-Laval et Fontaines Sur Saône, réunis par leurs directeurs respectifs refusent de travailler sur le projet d’établissement envisagé pour les trois prochaines années par la direction d’Adoma pour répondre à la législation en vigueur. Les salariés souhaitent alerter leurs directeurs et plus globalement la direction générale d’Adoma SNI sur leur souffrance et la souffrance des résidents. Ils ont pour cela rédigé une lettre collective destinée à la direction de la SNI/Adoma.

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En effet, la réforme de l’asile mise en place par le gouvernement au mois de novembre 2015 a accéléré les procédures de demandes d’asile et donc augmenté la fréquence des entrées et sorties des résidents dans les Centres d’Accueil pour Demandeurs d’Asile, entrainant un surcroit de travail pour l’ensemble des salariés. A cela s’ajoute le démantèlement de la “jungle” de Calais à l’automne 2016 avec une répartition “inorganisée” des résidents de la jungle dans les CADA et autres Centres d’Hébergement d’Urgence pour Demandeurs d’Asile, entrainant des déplacements massifs de demandeurs d’asile d’un établissement à un autre, aux quatre coins de France, sans cohérence avec les situations respectives des uns et des autres, et entrainant à nouveau un surcroit de travail.

Par ailleurs, la santé des demandeurs d’asile s’avère de plus en plus précaire et les pathologies de plus en plus lourdes, entrainant là-encore un suivi social plus important de la part des travailleurs sociaux, mais également stress, anxiété, culpabilité par rapport à la difficulté à effectuer un suivi digne et de qualité et aux risques suicidaires et passages à l’acte de plus en plus fréquents des résidents.

Au-delà des phénomènes de stress post-traumatiques des résidents liés à leur vécu dans leur pays d’origine ou leur parcours d’exil, force est de constater qu’ils développent également aujourd’hui des phénomène de stress traumatique lié à leur hébergement en CADA du fait de conditions d’hébergement non adaptées, que ce soit au niveau des locaux (promiscuité, espace vital réduit, manque d’intimité, manque d’isolation sonore, présence permanente de cafards...), qu’au niveau du suivi (changements réguliers de référents dus à des arrêts maladie de plus en plus fréquents de salariés en burn-out et partiellement remplacés, présence limitée d’un psychologue ne permettant pas un suivi de qualité des résidents, manque de qualification dans le domaine de la santé et des salariés pour prendre en charge convenablement des situations de handicap lourd et autres pathologies importantes tels que cancers, leucémies, maladies cardio-vasculaires...).

Tous ces éléments affectent fortement la santé des résidents et des salariés, victimes de tensions et dépressions récurrentes. Il y a eu sur l’année 2016, sur le Cada du Rhône SNI Adoma, six situations de burn-out alors qu’il n’y en avait pas eu sur les neuf années précédentes.

Depuis le 8 décembre, la situation a empiré. Non remplacement des arrêts maladie, suppression de postes se poursuivent et s’accentuent et le décès “accidentel”d’un résident a eu lieu sur le site de Givors.

Pour répondre à ces situations, la direction d’Adoma, ex-Sonacotra, société d’économie mixte aujourd’hui adossée à la SNI, qui a réalisé 32 Millions de bénéfices en 2016, décide de... supprimer des postes de travailleur sociaux, de ne remplacer que partiellement les arrêts maladie, de ne pas remplacer les salariés en formation, d’augmenter les taux d’encadrement des résidents.

Les salariés du Rhône estimant la réponse de la direction de la SNI Adoma loin d’être satisfaisante, ils appellent à la grève le jeudi 9 mars devant la DT du Rhône rue des frères Lumière de 14h à 17h.

Leurs revendications sont :
- le remplacement systématique des collègues en arrêts maladie,
- le recrutement d’un IS supplémentaire à temps plein sur chaque site du Cada du Rhône, en plus bien sûr des remplacements de postes supprimés ces dernières semaines,
- le recrutement ou une présence plus importante d’un psychologue ou infirmier sur le cada du Rhône à même de déceler et prendre en charge les pathologies, notamment psychologiques (stress post-traumatique, etc...) systématiques du public accueilli,
- audit sur asile en interne à Adoma,
- l’augmentation générale des salaires suite aux bénéfices importants réalisés par Adoma l’année dernière (32 Millions d’Euros).

Bienvenue à toutes celles et ceux qui souhaitent les soutenir dans ce combat pour le droit à la dignité des demandeurs d’asile et des salariés.

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