Communiqué de « Jamais Sans Toit » et appel à rassemblement

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Nous, collectif « Jamais sans toit », entendons dénoncer à nouveau les graves manquements de l’État à sa mission de protection et d’hébergement des citoyens les plus fragiles.

Ainsi, malgré les déclarations récentes de Mme Sylvia Pinel (que nous sommes contraints de qualifier de mensongères) qui déclare dans son communiqué de presse officiel du 24 mars 2015 : « Il ne doit y avoir aucune remise à la rue sans accompagnement et tout doit être fait pour assurer la continuité de la prise en charge des personnes, notamment des familles. Aussi, toutes les familles se verront proposer des solutions d’hébergement ou de logement », la plupart des familles hébergées dans le cadre du plan froid cet hiver, seront mises à la rue d’ici au 15 avril, et ceci dans la plus complète illégalité en dépit de l’article L345-2-2 du code de l’action sociale et des familles.

La gestion de l’hébergement d’urgence dans le Rhône est devenue tellement inefficace et inique que des travailleurs sociaux en sont venus à solliciter le collectif « Jamais sans toit », composé de simples citoyens, pour demander la prise en charge de l’hébergement d’une mère de famille gravement malade et n’obtenant pourtant aucune solution d’hébergement officielle.

Mois après mois, ce désengagement récurent de l’État entraîne des situations catastrophiques pour les populations concernées, sans cesse déplacées, et maintenues illégalement dans une précarité et une incertitude permanentes. Dans ces conditions les droits fondamentaux des enfants à la santé et à l’éducation (notamment) sont bafoués.

C’est pourquoi aujourd’hui, et en résonance avec le collectif des travailleurs de l’urgence sociale nous rappelons, une fois de plus, solennellement aux élu-e-s et représentant-e-s de l’État qu’ils-elles sont mandaté-e-s par le peuple pour faire respecter les principes et les lois de la République. La mise à l’abri des plus fragiles, quelle que soit leur situation économique ou administrative, est l’un de ces devoirs.

L’application de ce devoir n’est ni négociable ni modulable. L’Etat doit respecter et appliquer ses propres lois !

NOUS EXIGEONS DONC AVEC Le Collectif des Professionnels de l’urgence sociale :

- LA NON REMISE À LA RUE DES PERSONNESBERGÉES DANS LE CADRE DU PLAN FROID, COMME L’A PROMIS MME LA MINISTRE.

- LA CRÉATION DE 2000 PLACES D’HÉBERGEMENT ADAPTÉES DANS LE RHÔNE POUR PERMETTRE L’APPLICATION DE LA LOI

ET APPELONS EN PREALABLE A D’AUTRES ACTIONS A UN RASSEMBLEMENT COMMUN LE vendredi 10 AVRIL A 17h30 DEVANT LA DDCS (LYON 3)

vendredi 10 avril 2015

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  • Le 11 avril 2015 à 10:58, par

    > Envoyé : Fri, 10 Apr 2015 16:40:23 +0200 (CEST)
    > Objet : Ce matin 10/04/15, expulsion intolérable, inacceptable et inhumaine du Cours d’Herbouville
    Ce 10 avril 2015, nouvelle matinée intolérable, inacceptable et inhumaine à Lyon 4e.
    >Depuis quelques mois des familles vivaient ou plutôt tentaient de survivre sur les berges du Rhône tout en essayant de maintenir le lieu propre malgré l’absence de poubelles (ci-dessous environ un tiers du lieu de vie).
    Ces derniers jours il y avait :23 adultes dont au moins une femme enceinte (de 8 mois m’a-t-elle dit)20 enfants (1 de 5 mois, 2 de 1 an, 3 de 2 ans, 3 de 3 ans... avec un enfant de 4 ans handicapé)

    Ce matin du 10 avril 2015, vers 7h une camionnette de VNF (Voies Navigables de France) arrivait, plus tard un camion avec bulldozer et vers 8h10, environ 6 fourgons de police avec un interprète et un huissier.
    Tout était "prêt" pour mettre à la rue ces 43 personnes.
    Les familles, avec une dignité incroyable et une résignation indicible, ont rapidement tenté d’assembler ce qu’elles pouvaient emmener sur leurs caddies, se soumettre au contrôle d’identité..., devant un armement ostensiblement placé à la sortie, armement que je ne qualifierai pas, le voir suffit à avoir froid dans le dos :
    Est-ce le pays des droits de l’homme ? Est-ce le pays dans lequel nous vivons ? Est-ce normal qu’une enfant soit ainsi intimidée devant un tel arsenal plutôt que d’aller à l’école comme tout enfant ? Pourtant son cartable est en bandoulière, mais elle ne pourra pas, voire plus, aller à l’école !
    > Et l’exode commence. où dormiront ces personnes ce soir, elles ne le savent même pas.
    Manifestement la survie de ces personnes n’est pas un problème pour nos "responsables" qui ont pourtant la charge d’assurer la sécurité de tous.
    La loi du plus fort est appliquée et les journaux annonceront la nouvelle : « un campement illicite a été évacué ».Ils oublieront de dire que la loi du plus faible est bafouée car il est tout aussi illicite de ne pas héberger des personnes en situation de détresse.
    >A ma connaissance, aucune des 43 personnes n’a eu une proposition d’hébergement.
    Aujourd’hui, les familles n’ont pas eu le temps de me demander d’appeler le 115 - numéro (dit) d’hébergement d’urgence, d’ailleurs à quoi bon puisque la réponse que j’ai eue à chaque fois que j’ai appelé ces derniers temps était : « il n’y a pas de place, il faut rappeler dans 15 jours ».
    Et voici quelques exemples de ce que ces familles ont été obligées d’abandonner, alors qu’elles n’avaient déjà pas grand-chose :
    Et ce soir le Samu social ou d’autres seront appelés pour apporter couvertures, nourritures. Notre société marche sur la tête.
    >Pendant cette errance des familles, la machine à détruire ne perd pas son temps pour éradiquer le peu qu’elles avaient.
    Le bulldozer est à pied d’œuvre : Les « hommes en blanc » sous le contrôle de la police arrachent les toits, laissant apparaître ce qui sera ni plus ni moins jeté sans égard ni ménagement.

    Et c’était leur lieu de vie, un lieu d’intimité. Un lieu on l’on pouvait (sur)vivre, mieux qu’à la rue. Aujourd’hui, en errance, ils n’ont plus que leur balluchon.
    J’arrête là. J’en ai la nausée.

    INFOS >> Place Sathonay >>> Nuit du 10/11 avril :
    Aucun plan pour la nuit, aucun moyen pour eux de cuisiner ou faire quoi que ce soit. Ils ont qq tentes avec eux apparemment mais rien de prévu pour le moment.
    Pour le nombre, je dirais qu’ils sont au moins 20 avec les enfants

  • Le 8 avril 2015 à 15:46, par

    ddcs= Direction départementale de la cohésion sociale.
    59 rue Chaponnay, 69003 Lyon

  • Le 8 avril 2015 à 10:21, par Durand Michel

    Merci de me préciser le sens de DDCS. et l’adresse. Je devrai savoir mais voilà, j’ignore .

  • Le 7 avril 2015 à 00:19, par bonnier

    Le rassemblement a bien lieu le 10 avril soit vendredi et non mercredi comme indiqué par erreur.

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