D’un réac à l’autre : les présidents changent, les blocages restent !

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Réaction suite à l’annonce du tout nouveau président de Lyon II de débloquer la fac lundi matin.

Le campus de Lyon II portes des Alpes (Bron) est bloqué, occupé et animé par les étudiants depuis déjà plusieurs semaines. La lutte contre le CPE s’accompagne depuis le début, autant chez les bloqueur-se-s que chez les anti-bloqueur-se-s d’un débat incessant sur la démocratie. La légitimité des Assemblée générale, celle d’un gouvernement bien loin des idéaux démocratiques, etc., est au coeur des débats. Le besoin de démocratie, visiblement absente des gouvernements, avait poussé les étudiants à s’auto-organiser, et à prendre leurs décisions dans des AG regroupant tout les étudiants voulant participer à la vie de la fac.

Mercredi 5 Avril, à Bron, l’AG étudiante, souveraine, à voté le blocage des locaux jusqu’à lundi inclu, jour où aura lieu la prochaine AG. Jusqu’ici tout le monde s’accordait pour reconnaître les décisions d’AG comme légitimes. Les bloqueur-se-s le faisaient avec l’accord de l’AG et les anti-bloqueur-se-s du CLE ne voulait pas d’un déblocage sans vote de l’AG allant dans ce sens. Le conseil d’administration de l’université Lyon II s’était lui aussi positionné dans ce sens, refusant des votes à bulletin secret ou avec la carte d’étudiant. Mais si « notre » nouveau président avait hier fait le choix de reconnaître la souveraineté des étudiants sur le campus, ce n’est aujourd’hui plus le cas.

Dans un message envoyé à tous les étudiants, M.Claude Journès, président de Lyon II depuis quelques jours, annonce « la reprise des enseignements lundi 10 avril à 8 heures » en totale opposition donc à l’AG étudiante du mercredi 5 avril. Pire, ce dernier a envoyé un message aux personnels IATOS, lesquels avaient affirmé leur soutien à la lutte anti-précarité, leur ordonnant « d’enlever dès demain (vendredi 7 avril) 6h toutes les chaises et tables qui "traînent" ou formant les barricades ». PUECH (ancien président) nous avait habitué au non-respect des décisions d’AG - on ne compte plus les fois où il avait envoyé la police pour nous déloger et où cette dernière avait refusé - mais Journès est encore pire. En refusant les autres modes de décisions, chers aux anti-blocages (vote à bulletin, etc.), il reconnaissait la légitimité des AG ; or aujourd’hui Journès refuse de reconnaître nos décisions. Il essaye de nous faire reculer en jouant sur la peur des étudiants, celle de rater son année, alors que c’est la volonté de réussir notre vie qui nous motive à lutter !

Qui est légitime ? Le président qui, ambitieux et avide, convoite un poste élevé de la hiérarchie et craint pour sa carrière, ou les étudiants et professeurs, utilisateurs de chaque jours d’un université où c’est entre eux que transitent les connaissances. Professeurs, étudiants et personnels se sont positionnés pour ce blocage et cette lutte ! Le président et son conseil d’administration n’ont aucune légitimité.

Contre l’état et ses larbins : Agir au lieu d’élir !

Loin des logiques électorales il est temps de se réapproprier nos vies, et par là même nos lieux de vies et de travail. S’il est une démocratie pour laquelle il faut se battre c’est la démocratie directe et non la démocratie représentative. Ne reconnaissont plus cette pseudo-démocratie où nous n’avons plus notre mot à dire ! Pour maintenir le blocage, en acord avec nos propres décisions, soyont nombreux vendredi matin mais surtout lundi matin, dès 6h30, pour laisser la fac bloqué et continuer à l’occuper ! Le CPE est encore bien là, et au delà de lui c’est tout le travail salarial, de plus en plus précaire, qu’il faut remettre en cause !

Cette lutte n’est pas prête de finir, ni CPE, ni CDI, repensons nos vies !

Ci-dessous le mail envoyé par le président à tous les étudiants :

Nous abordons à présent une étape nouvelle. Nouvelle parce que la
mobilisation syndicale a eu pour effet de vider le projet CPE d’une
grande partie de sa substance. Nouvelle parce que les négociations
sont engagées, ou vont l’être. Mais nouvelle aussi parce que la
poursuite du blocage des enseignements met l’année universitaire en
péril.

Nous devons sauver l’année universitaire, nous devons garantir la
crédibilité du semestre et des diplômes qui seront délivrés cette
année à l’université Lumière Lyon 2.

Dans ce but et en accord avec les doyens et directeurs de
composantes, l’équipe présidentielle a pris les décisions suivantes.

Notre objectif est d’abord l’ouverture de l’Université. Elle implique
la libre circulation des personnes et la reprise des enseignements.
Cette reprise des enseignements pourra s’accompagner sur chaque site
du maintien d’un espace permettant le débat public.

Les enseignements reprendront jeudi 6 avril sur le campus Berges du
Rhône à partir de 8 heures. La nécessaire remise en état des locaux
sur le campus Porte des Alpes permettra une reprise des enseignements
lundi 10 avril à 8 heures.

Cette reprise des enseignements conditionne le maintien du calendrier
des examens.

Enfin pour préserver la valeur des diplômes, les équipes pédagogiques
définiront des modalités de rattrapage.

Nous en appelons à l’esprit de responsabilité de chacun et chacune
d’entre vous. Gardons-nous de toute initiative qui affaiblirait notre
Université de façon durable.

L’équipe présidentielle.

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