Délocalisation, licenciement, précarisation, casse des acquis sociaux, harcèlement, flexibilité... On va encore s’aplatir pendant combien de temps ?

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L’état des lieux !

À Siemens, en Allemagne, les salariéEs se
sont vus proposer un retour à 40 heures sans
compensation salariale.

À Marichal Ketin, en Belgique, le patron a
proposé aux salariéEs de travailler gratis quatre
heures de plus par semaine. Heureusement les
salariéEs ont refusé.

Chez Bosch, les salariéEs devront travailler
une heure de plus par semaine non payée.
Ils/elles devront renoncer au paiement de
deux jours fériés (la Pentecôte et l’Ascension)
et à la prime d’intéressement. Ils/elles ne
seront plus payéEs pendant leur pause. De
plus les augmentations de salaire sont gelées à
1% sur trois ans, la majoration du travail de
nuit est revue à la baisse et leur formation sera
développée « hors temps de travail ». Enfin la
prime du 13e mois n’est plus comptée pour
l’indemnité de congés payés, et les cadres sont
annualisés (parions que cela va très vite s’appliquer
aux ouvrierEs). Bref il ne leur reste
que les yeux pour pleurer.

Chez Doux, c’est 2h30 en plus que les
salariéEs devront travailler gratuitement par
semaine. Ici aussi les pauses ne sont plus
payées. En plus, la fin de la RTT pourrait
coûter près de 1 000 euros supplémentaires
par an, près d’un mois de salaire, en budget de
transports et en garde d’enfants.

À Carrefour un accord plus subtil proposé
qu’aux volontaires (pour le moment !), met
dans la balance une augmentation de salaire
contre le renoncement à une semaine de
vacance. Cela revient à gagner deux heures de
salaire en plus dans l’année mais en travaillant
5 jours de plus. Trouvez l’arnaque !

À Ronzat, PME de 34 salariéEs, le patron a
proposé un retour aux 39 heures dès le 1er
septembre. Un recours a été entrepris par les
salariéEs et le comité départemental de l’emploi
a pris le dossier en main début septembre.

Une stratégie de longue date

Un des principes du capitalisme est de faire
du profit en réduisant les coûts salariaux :
c’est-à-dire faire travailler les salariéEs pour
que dalle. Le patronat veut donc diminuer les
salaires et imposer des conditions de travail
plus rentable pour lui mais plus difficiles pour
les salariéEs. Ce n’est pas par hasard si cette
remise en cause du temps de travail a lieu en
même temps partout en Europe. Il s’agit bien
d’une stratégie du patronat pour faire exploser
le Code du travail. Cette stratégie est élaborée
de longue date. Déjà en France la loi des 35
heures en faisait partie. Il s’agissait à l’époque
de faire accepter l’idée de l’annualisation du
temps de travail et donc de la flexibilité. Pour
faire passer la pilule la gauche a offert deux
carottes : une réduction du nombre de
chômeurE et une réduction de la durée du travail.
Pour ce qui est du chômage, selon l’Insee,
la réduction du temps de travail aurait permis
de créer seulement 350 000 emplois entre
1998 et 2001. Ceci pour un coût de plus de 20
milliards d’Euros par an. Autrement dit l’Etat
a payé les entreprises pour que les salariéEs
fassent le même travail en moins de temps. Et
pendant ce temps la précarité et le chômage
augmentent, tandis que les indemnités ASSEDIC
diminuent.

« si on insiste, on finira bien par faire abroger
le Code du travail...
 » Nicole, patronne, université d’été du Medef.

Aujourd’hui, le patronat en veut plus et
essaye de reprendre la carotte « diminution du
temps de travail ». Il se sent tellement fort
qu’il se passe d’une nouvelle loi en attaquant
entreprise par entreprise, de partout où c’est
possible. Ainsi il fait coup double. Les salariéEs
deviennent plus flexibles et il divise les
travailleurEs, en cassant l’unité des droits,
représentés par les accords collectifs et le Code
du travail, et en instaurant une grande disparité
entre les entreprises.

Mais comme ça ne lui suffit toujours pas il
fait pression sur les gouvernements pour
assouplir encore plus la loi. Lors de son université
d’été le Medef a fait savoir qu’à son
goût la droite n’était pas assez libéral. Les
patronNEs ne se sentent plus. Même Seillière
fait figure de modéré !

Diviser pour mieux régner

Le patronat sait que la force des salariéEs est
leur unité. Il a peur du « tous ensemble » des
grandes manifs. Alors plutôt que d’attaquer
collectivement comme ça se fait habituellement
il a choisi de résoudre le problème entreprise
par entreprise et salariéE par salariéE.

D’abord première division, il met en concurrence
les travailleurEs en menaçant de délocaliser
 : il fait jouer la concurrence du plus
soumis. Ensuite comme à Bosch il fait ses propositions
malhonnêtes, individuellement à
chaque salariéE. Ceux/Celles-ci se retrouvent
donc naturellement diminuéEs car privéEs de
leur force collective. Ce que les grands médias
ont appelé « référendum », n’était ni plus ni
moins un avenant au contrat de travail envoyé
par la poste. Ceux/Celles qui refusaient
étaient licenciéEs. C’est beau la démocratie.
Grâce à ce jeu le patronat crée une disparité
entre les salariéEs qui ne voient plus leur intérêt
commun, pourtant bien réel.

Or, c’est au syndicat de permettre aux
salariéEs de retrouver la clairvoyance de leur
intérêt de classe. C’est dans le syndicat que les
travailleurEs organisent leur force collective. Si
la CFDT a choisi de collaborer avec les
patrons, et si la CGT est empêtrée dans sa
stratégie du grand écart (je proteste sous la
pression de la base mais je cède aux patronNEs
pour rester un « partenaire social »),
c’est parce qu’elles ont renoncé à des pratiques
de lutte des classes, et quelles ont
accepté la cogestion.

Ripostons !

Rien n’est perdu, mais les travailleurEs doivent
réagir collectivement et fermement. De
quoi avons-nous peur ? De perdre notre
emploi ? C’est en refusant de se battre que
nous allons tout perdre. En acceptant un
accord humiliant les 820 salariéEs de Bosch
ont aussi accepté le licenciement de 110 d’entre
eux/elles (sur 300 prévus au départ). À
Doux 300 suppressions d’emplois sont maintenues.

Il est grand temps de reconstruire le rapport
de force nécessaire pour s’opposer au patronat.
C’est pourquoi nous sommes solidaires de
l’appel de la fédération CGT-Métallurgie à se
mobiliser le 21 octobre. Cet appel à faire grève
et à manifester doit s’étendre à tous les secteurs,
et ne doit pas s’arrêter à une journée.
Seule la grève générale fera plier le patronat !

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