Deux débats à Valence sur les transports

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No Tav

Réunion à propos du doublement de l’A7
mercredi 29 mars à 20 h
à l’université Mendès-France
Organisée par le Collectif contre le Doublement de l’A7, les Verts Languedoc et Rhône-Alpes.

Réunion à la Maison des Sociétés de Valence, salle 25s,
jeudi 30 mars à 19h30
Buffet pour manger sur place.
Organisée par le collectif Ardèche-Drôme contre le Lyon-Turin.

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Tract d’appel à la réunion de jeudi contre le Lyon-Turin

Un TGV : pourquoi et dans quelles conditions !

Depuis dix ans les habitants du Val Susa, la vallée du Piémont italien concernée par le passage du TGV Lyon-Turin, luttent massivement contre la réalisation du projet, par les moyens les plus divers (occupation du futur chantier, grève générale, manifestations) sur un mode autogestionnaire. Quand je regarde les sites Web de promotion, les schémas du Lyon Turin, je me demande comment on peut considérer comme écologique ou protecteur de l’environnement un projet :

    • pour lequel on va extraire des montagnes des tonnes de matières premières, créant ainsi des sites de dépôts, et nécessitant donc pendant une dizaine d’années le passage incessant de camions ( suivez la logique ou c’est elle qui vous suivra). Du côté italien, on redoute la présence de fibres d’uranium et d’amiante dans certaines roches.
    • qui utilise l’énergie nucléaire (la puissance requise pour atteindre de grandes vitesses consomme 64 fois plus d’énergie) ;
    • qui va nécessiter des quantités gigantesques de matériaux issus de l’industrie lourde ;
    • qui aggrave la situation d’une vallée déjà défigurées par de infrastructures (industries, et stations de ski).
      On ne protége pas le milieu en construisant des infrastructures gigantesques ni en perçant des massifs montagneux à leur base sur 53 km.

Des réponses superficielles pour des tunnels profonds.

Le Lyon-Turin est un projet mégalomaniaque composé d’une ligne de fret et d’une ligne voyageurs. Certains pensent que ce projet ferroviaire va permettre un transfert de la route vers le rail. Ben voui ! Comme ça, c’est réglé ; nous pourrons continuer à vivre et consommer comme maintenant. Nous vivons sous une économie capitaliste qui tend à augmenter toujours plus les flux de marchandises, les profits, les infrastructures : dans une une fuite en avant qui prévoit 80% d’augmentation de trafic pour les 15 ans à venir.

Avant de se lancer dans ce projet pharaonique, regardons plutôt le contenu des camions. Certains sont vides (ils reviennent à l’entreprise sans prendre de marchandises au retour). D’autres baladent des produits dangereux, beaucoup font des trajets saugrenus : des tomates cultivées sous serre en Espagne sont emmenées aux Pays-Bas pour être pressées, puis vont dans la Saxe pour être mises en bouteille et étiquetées, et retournent en Espagne pour être vendues à 32 km du lieu de production. Enfin 35% d’entre eux transportent des déchets. Il serait en conclusion bien plus pertinent de relocaliser l’économie et d’arrêter tous les transports inutiles.

Un lieu commun circule qui opposerait méchants lobbies routiers (les pétroliers) et gentils décideurs soucieux de l’environnement (aciers, nucléaire). Si nous regardons parmi les financeurs du Lyon-Turin, nous trouvons le Pôle Alpin, qui est le regroupement des sociétés d’autoroutes AREA, ATMB, SRTRF. De même, parmi les membres d’honneur de la transalpine figure Pierre Dumas, le Monsieur Tunnel du Fréjus et de l’autoroute de la Maurienne, sans oublier Monsieur Raymond Barre, chantre du libéralisme.

N’oublions pas que la politique de transport de la région prévoit également le doublement de l’autoroute A7 par la construction d’un tronçon de deux fois deux voies pour améliorer la fluidité du trafic routier dont les camions seront les premiers bénéficiaires. Quel est la cohérence écologique entre ces deux projets ? Si vous ne trouvez pas de réponse à cette question, posez-vous cette autre question : quelle est la cohérence économique entre ces deux projets et qui en bénéficiera ?

Dix mille emplois , une réponse au chômage ?

En France, depuis des dizaines d’années, la croissance augmente au même rythme que le chômage et la précarité. Le projet du Lyon-Turin s’inscrit dans cette logique. Il favorisera les délocalisations, la destructions des emplois locaux et la surexploitation des travailleurs. Son coût prévisionnel actuel s’élève à 26 milliards d’euros et va encore considérablement augmenter. Cet argent public sera soustrait de fait aux écoles, aux hôpitaux mais certainement pas à l’Armée.

La SNCF prévoit pour 2006 de supprimer 30 emplois en Maurienne dans le fret. Avec la privatisation rampante, les critères de service public sont remplacés par des critères de profits. Pour la Maurienne, comme pour tout le territoire traversé, les entreprises des chantiers viendront de l’extérieur de la vallée, des grosses entreprises qui au mieux sous-traiteront des emplois précaires et des activités dangereuses. Les ouvriers seront les premiers à inhaler l’amiante, et à être en contact avec l’uranium extraits de la roche. Les familles seront peut-être indemnisées par l’État (nous), mais plus tard, comme c’est le cas aujourd’hui pour tous ces salarié-es qui ont été au contact de l’amiante alors que cette matière était interdite dans certains pays depuis 20 ans.

Du Grésivaudan au Val de Suse, du Trièves aux rives du lac du Bourget, le tourisme n’est pas la seule industrie qui ravage les vallées alpines : promoteurs, manageurs, ingénieurs, techniciens, chercheurs, politiciens, urbanistes et autres paysagistes s’extasient à coup d’euros, de bétons et d’encarts publicitaires.

Il y a 30 ans, contre la construction du générateur nucléaire Superphénix, des centaines de personnes s’étaient regroupés, village par village pour constituer « les comités Malville ». Alors que la presse, certains syndicats, des partis politiques défendaient ce projet, il nous appartient de ne pas renouveler les même erreurs et nous nous devons de rejoindre les habitants du Val De Suse dans cette lutte.

L’opposition grandit et les questionnements quant à l’utilité de la nouvelle ligne ferroviaire Lyon-Turin sont enfin portés sur la place publique. Les décisions concernant la politique des transports nous concernent directement. Réapproprions-nous les choix qui affectent nos vies. Le premier pas dans cette direction, c’est un travail d’information par les populations elles-mêmes, loin des discours partisans des promoteurs économiques et politiques du projet !

Non au Lyon Turin ! / NO TAV, NO TIR

Le collectif Ardèche-Drôme contre le Lyon-Turin.


Quelques notes sur la réunion de mercredi 29 à la fac de Valence

Depuis quelques temps, des personnes opposées au doublement de l’autoroute A7 souhaitaient de faire une réunion pour faire connaitre leur lutte. Nous les avons donc contactées pour essayer de discuter avec eux, en pensant que le problème de la circulation des camions, c’est globalement le transport des marchandises.

Malheureusement, nous étions naifs ! Profitant de la lutte contre le doublement de l’autoroute A7, qui est annoncé à ce débat ? Gérard Leras, chantre du TGV Lyon-Turin qui va transformer cette réunion en une apologie du ferroutage et de l’admirable travail qu’il a fait pour faire avancer ce projet écologiste. Eh ! oui...

Comme nous ne sommes pas des politiques, que nous n’avons pas l’habitude de parler en public et même que ça nous gonfle, et qu’en plus on fait ça parce qu’ils se foutent de nous avec leur projet pharaonique, on ne sait pas à l’heure actuelle quelle forme prendra notre intervention mercredi 29 à la fac de valence : tarte à la crême ou autre...
Mais que les Verts cessent de faire l’apologie de la liaison Lyon-Turin, qu’ils réfléchisent deux secondes à la signification de ce projet, tant au niveau environnemental qu’aux niveaux économique et humain.
Qu’ils nous disent qu’ils sont pour le gaspillage pour une société où le seul intêrêt, c’est celui du CAC 40.
Nous espérons vraiment que parmi eux, il y en a qui ne suivent pas le chef Leras dans sa croisade.

P.-S.

* TAV : Abréviation italienne de Treno di Alta Veloce (Train à haute vitesse)
* TIR : Abréviation italienne de Transport International Routier

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