« Dommage que l’unité n’ait été de notre côté »

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NTM : « Qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ? », il y a plus de dix ans.

Petits échos d’une histoire récente :

- Lors de la réunion de préparation d’une manifestation anarchiste (à l’occasion d’un sommet de l’union européenne, à Bruxelles), une personne se présente comme mandatée par un groupe autonome allemand. Cette personne venait faire le lien entre tendances « pacifiques » et « radicales » du mouvement, dans un esprit de cohésion face à la police. Cette initiative courageuse a été saluée par beaucoup. Dommage pour les insultes de certains « pacifistes » intransigeants. Ces derniers se préoccupaient sans doute plus de respectabilité que de bonne entente au sein de la lutte.

- Lors du contre-sommet de Gênes, et malgré des relations houleuses entre les deux « écoles » : la police s’acharne sur des cortèges pacifiques. Certain-e-s de leurs membres rêvassaient peut-être que la flicaille avait besoin du vandalisme comme prétexte pour faire un carnage. Bref : des émeutiers accourent à plusieurs reprises d’autres quartiers de la ville où ils et elles opéraient. Pas seulement pour « casser du keuf ». Mais aussi par solidarité envers tout-e manifestant-e confronté-e à la répression.

- Lors des manifestations en opposition au G8 à Evian, mêmes querelles. Gentils, méchants, pacifiques, violents… Et pourtant : on constate au moins une fois une solide complémentarité entre un « pink block » festif qui ouvre la manifestation paisiblement et un « black block » qui la clôture par une odeur de souffre. Coopération visiblement très efficace.

Ces trois épisodes ne résolvent pas le problème, d’accord. Mais ce sont des pistes. Ces débats existent depuis toujours et avancent rarement. Pourtant ces méthodes ont souvent cohabité, parfois au sein d’un seul groupe (le Black Panther Party organisait des services sociaux autonomes en même temps que l’autodéfense des quartiers noirs, par exemple).

Nous venons de voir que l’unité est possible. Reste à comprendre qu’elle est essentielle.

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  • Le 16 mai 2007 à 12:59

    Même si je suis inconditionnellement pour l’autodéfense des minorités par leurs propres forces progressistes, en ce qui me concerne je pense que la seule préparation conséquente à l’insurrection c’est l’autodéfense ouvrière.

    Autant dire qu’on en est loin.

  • Le 15 mai 2007 à 20:09, par Popouri

    Le Black Panther Party est effectivement parti du constat qu’il y avait un besoin d’autodéfense pour la population noire. Leur radicalisation n’est pas une posture, elle est l’expression de l’échec des mouvements pacifistes des années précédentes.

    Pour autant ces militant-e-s n’en sont pas resté à une posture défensive comme tu le dis : après le constat d’échec du mouvement des droits civiques, et le début des grandes émeutes urbaines, ils organisent l’autodéfense, certes. Mais tentent de consolider la révolte dans les rues. Par exemple la tentative de jonction avec les gangs de Chicago est bel et bien une stratégie offensive. Ce que l’Etat ne leur pardonnera pas, par ailleurs. Tout comme l’émanation de la Black Liberation Army des rangs des panthères, groupe qui passe à la lutte armée et à l’action directe.

    Donc je crois bien que les panthères noires préparaient l’insurection armée de masse, comme tu dis. La « vraie », je sais pas... Bref, il y a un truc que je trouve intéressant dans le concept d’autodéfense des minorités, c’est qu’il nous sort de la posture d’impuissance ou d’attente que l’Etat soit gentil ; tout en restant proche d’un besoin de la base et éloigné d’une logique d’avant-garde.

    Bien à vous...

  • Le 15 mai 2007 à 14:07

    Il y a une différence entre le BPP et les Blacks Block. Les BB sont offensifs, le BPP était pour construire l’autodéfense avant de penser à l’insurrection (la vraie : de masse et armée).

    En ce qui concerne la France d’aujourd’hui, vu le rapport de force actuel, on serait bien inspiré de ne pas foncer tête baissée dans les pièges du pouvoir. Après, ce que j’en dis...

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