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Loi travail

Réflexion critique sur l’état des luttes et le reflux du mouvement social pour esquisser les prémices de son dépassement dans cette période d’obscurantisme politique.

Le recul du mouvement contre la loi « Travaille » et son Monde a laissé un goût d’amertume et un sentiment de frustration face à la volonté du pouvoir de passer en force et de réduire toute résistance. Ce mouvement réunissant des acteurs aux motivations hétérogènes comme tout mouvement revendicatif est destiné à faire céder le pouvoir sur son objet ou à s’épuiser et disparaitre avec son objet sans avoir pu trouver son expression politique globale (et son Monde !) en provoquant une réelle crise gouvernementale.

Il n’en reste pas moins que de nouvelles formes de mobilisation, indépendantes des organisations traditionnelles ont émergé, comme Nuit Debout, en se réappropriant l’espace public et la liberté de parole tout en faisant l’apprentissage d’une "démocratie réelle". Faute de s’étendre, le mouvement a du s’éteindre et ne reste plus que quelques braises qui ne demandent que le vent ou le souffle pour s’attiser.

Aujourd’hui un certain nombre de fronts restent ouverts, séparés les uns des autres par leurs objets respectifs, réactifs ou à long terme. S’affirmant dans leur singularité les militants s’identifient à leurs cibles jusqu’à en faire un champ d’expertise et de spécialité en perdant de vue la critique radicale de la globalité. Ce qui génère dans certains cas une ghettoïsation des luttes, un enfermement identitaire et idéologique, une culture de l’entre soi et de l’exclusion en contradiction avec les valeurs partagées dans ces groupes.

Le mode de pensée qui en découle et les représentations du Monde qui vont avec sont du type exclusif (ou/OU) binaires ou manichéens s’alimentant dans un discours permanent sur la misère de ce Monde qui devient à l’extrême victimaire et mortifère, en tout cas l’expression d’une conscience malheureuse. Nous ne nous enfermerons pas dans un discours nostalgique de nos « révolutions trahies », dans la commémoration de nos martyrs, non pas parce qu’il faut les oublier mais parce qu’ils nous tournent vers le passé dont il faut faire table rase pour avancer. Le temps n’est plus au discours sur la misère (tout au plus son actualisation) ou à la dénonciation des forfaitures des politiciens mais il s’agit maintenant de préparer leur dépassement.

Retrouvons le sens élémentaire de la dialectique où la fleur porte en elle le devenir du fruit, arrêtons de focaliser sur le négatif produit par le système mais prenons en compte le positif qui émerge de notre apprentissage de nouveaux rapports sociaux, de notre capacité à nous organiser et à décider sur des modes horizontaux, retenons tout ce qui constitue les prémices d’un renversement de perspective et non pas d’un aménagement de l’existant. Entre ceux qui veulent renverser la table et ceux qui veulent en scier les pieds, il s’agit bien de renversement dans les deux cas.

Aujourd’hui le « spectacle de la politique » électorale envahit l’espace médiatique policé pour faire diversion à la crise de la représentativité de la république bourgeoise en décomposition qui a de plus en plus de peine à maintenir les apparences des valeurs qu’elle défend et à masquer sa vocation de soutien d’un système économique néo-libéral en décomposition.Le décalage entre "forces créatrices"de la société civile et "rapports de domination"imposés par un système politique et économique autonomisés n’a jamais été aussi important.

Cette crise d’identification des citoyens à leur représentation politique comme à chaque fois que le système se sent menacé comporte le risque d’une régression vers des formes de plus en plus autoritaires et guerrières en agitant l’épouvantail de l’ennemi intérieur et extérieur. Stratégie de la peur grand classique du terrorisme d’État qui encourage et renforce des mécanismes de défense identitaires et nationalistes.

L’URGENCE de la situation implique de dépasser les clivages entre luttes non pas dans une logique d’uniformisation mais dans une logique d’unité dans le respect de la diversité (logique intégrative (et/et). C’est donc mettre en évidence ce qui les relie à la totalité de l’aliénation et de la colonisation de nos vies par le système marchand sans hiérarchisation entre les souffrances.

L’unité du mouvement réel de la transformation en marche n’est pas la somme des intelligences individuelles (1+1+1=3) qui le compose mais la valeur ajoutée du dépassement des singularités de chaque lutte (1+1+1=6). Cette convergence implique donc un changement de postures par rapport aux certitudes de chacun sans pour autant perdre ses convictions ou « perdre son âme ! » mais en rompant avec le fatalisme, la résignation et la soumission au scénario que le pouvoir veut imposer. Au delà des idéologies nous pourrions nous fédérer autour autour du sens politique de nos luttes, notre seul parti sera celui de l’intelligence collective du mouvement en marche.
Nous sommes la vague avec son flux et son reflux qui à chaque fois la rend plus forte.

Construisons ensemble les Etats Généraux des luttes et faisons de la fête des Lumières à Lyon une fête contre l’obscurantisme politique, idéologique, social, économique et environnemental.

« Notre but n’est pas de prévoir l’avenir mais de le rendre possible et nous en écrirons le scénario ensemble »

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