Face au terrorisme des États, solidarité internationale !

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Le régime baasiste syrien, confronté à un processus de contestation a choisi la répression la plus brutale qui soit, dans le droit fil de la politique de terreur qu’il exerce depuis 1970.

Le régime a d’abord tenté de réduire le mouvement de révolte populaire à une révolte sur fond religieux sunnite, brandissant le spectre de la fitna, c’est-à-dire la discorde religieuse dans un pays marqué par la coexistence de plusieurs communautés religieuse. Il a brandi l’épouvantail des frères musulmans, à l’instar du régime égyptien et du régime tunisien, afin de se poser en prétendu rempart laïque face aux idéologues de l’islam politique.

Mais ce qui apparaît à travers ce mouvement populaire, qui réunit les opprimé­e­s syriens qu’ils soient musulmans, druzes, chrétiens, ismaéliens ou athées, c’est que l’État syrien, comme les autres États de la région craint plus une opposition laïque, et les différentes expressions de la lutte des classes (grève générale comme à Deraa) que celle d’un groupe politico-religieux.

Les propos du baathiste Ayman Abdul­Nour sonnent comme un aveu : "à n’importe quel moment, le gouvernement peut se débarrasser des islamistes au nom de la lutte conte le terrorisme. Il sait également que les États-Unis ne souhaitent pas voir des religieux remplacer le régime actuel."

En replaçant les événements d’aujourd’hui dans leur contexte, la répression sanglante opérée par le régime syrien apparaît comme une « affaire » connue à l’avance par tous les dirigeants de tous les États, Arabes, Occidentaux et autres... Ceux ­ci s’emploient d’ailleurs à minimiser à la fois l’ampleur de la révolte populaire, et celle de la répression.

En effet, à l’instar du régime de Kadhafi, l’État syrien de Bachar el­Assad , en 2011, a choisi d’utiliser la terreur pour briser le mouvement populaire. Enlèvements d’opposants, tortures, assassinats perpétrés par les Moukhabarat (services secrets), et présentés par le régime comme l’action de « gangs armés », les dirigeants aux abois mettent en œuvre tout l’arsenal de la terreur d’État.

L’armée envoyée à Deraa s’apprête à ré­éditer un massacre tel que celui de Hama, qui en 1984 avait fait plusieurs dizaines de milliers de morts.

Dans le même temps, en Égypte et en Tunisie, la contre­révolution est à l’œuvre : l’armée égyptienne, exerçant le pouvoir depuis le départ de Moubarak, brise les manifestations, arrête et torture celles et ceux qui osent braver son
pouvoir, interdit le droit de grève (loi du 23 mars 2011), cherche à étouffer la contestation ouvrière qui n’a cessé d’alimenter le mouvement révolutionnaire.

En Tunisie, une vague de grève sans précédent continue à faire vivre le processus révolutionnaire, par le développement de la lutte des classes. L’État tunisien quant à lui s’emploie à briser ce processus, aidé en cela à la fois par
les partis politiques appelant à la normalisation, et par les bandes armées composées des partisans de l’ancien régime qui tentent d’éloigner, par l’instauration de la terreur dans les rues, la population de la tentation révolutionnaire.

En Libye, la contre-révolution est l’œuvre conjointe du régime de Kadhafi, mais aussi des États impérialistes qui au moyen de l’intervention militaire tentent de reprendre la main dans la région, en aidant à la construction accélérée d’un État recomposé autour des soutiens de Kadhafi et d’opposants à ce dernier, afin de briser la dynamique d’auto organisation à l’œuvre.

Mais là encore, et une partie des révoltés l’a très bien compris ; la révolte se heurte aux limites que constituent la permanence des élites dirigeantes, que seule le développement de l’autogestion généralisée peut remettre réellement en
cause. C’est en ce sens qu’un camarade anarchiste arabe affirmait dès le 27 février que « Les Comités populaires libyens devraient être le fondement d’une nouvelle vie, pas seulement une mesure provisoire ! »

Car dans le cas contraire, une fois le dictateur parti, c’est le manège habituel qui reprend ses droits, au moyen des tractations politiciennes et avec l’appui des nations et gouvernements occidentaux. Ainsi, alors que c’est la rue tunisienne qui a mis fin à 40 années de pouvoir « absolu » et, une fois la tâche accomplie, c’est la « démocratie politique, bourgeoise et exploiteuse » qui s’est vu dérouler le tapis rouge...

De plus, dans ce ballet sanglant du terrorisme d’État, les gouvernants occidentaux ne sont pas en reste. Tout en tenant en façade un discours public sur « la démocratie », ils n’ont eu de cesse de soutenir les potentats en place dans les États de la région, contre leur population. Du reste, à l’extérieur de leurs frontières, ils n’hésitent pas à recourir aux mêmes méthodes que celles employées par les États qu’ils dénoncent. L’exemple des interventions militaires françaises, en Côte d’Ivoire, en Afghanistan, en sont une brillant illustration.

Nul doute que s’ils se sentaient menacés ils recourraient aux mêmes méthodes pour briser les mouvements populaires.

Ainsi, malgré les condamnations diplomatiques, l’État français n’a jamais cessé d’entretenir des liens organiques avec l’État syrien. L’invitation de Bachar el Assad à l’Élysée en 2010 n’en est que l’illustration la plus flagrante. Après avoir soutenu pendant des années les régimes de Ben Ali et de Moubarak, le gouvernement français tente de reprendre la main dans la région par le biais de « beaux discours » et de l’intervention militaire.

Face à ce terrorisme d’État, qui a pour objet de défendre les privilèges de la bourgeoisie, des politiciens, des dictateurs et de leur clientèle, il est impératif de faire vivre la solidarité internationale entre exploité­e­s :

- en développant ici les luttes populaires et l’opposition à l’État

- en dénonçant partout, sur le plan international, les manœuvres des États, et plus particulièrement celles qui ont cours chez nous, en France, tendant à masquer les politiques meurtrières menées derrière des discours à caractère humanitaire et "pseudo-démocratique". Y compris en reprenant à son compte la présentation des événements faite par bon nombre de médias, présentation mobilisée comme outil de propagande guerrière.

- en apportant dans la mesure de nos moyens notre soutien aux camarades qui luttent dans ces pays et font face à la répression étatique.

- en participant, avec ces camarades comme avec le reste du mouvement libertaire international, à la diffusion dans cette région comme partout ailleurs, des idées, et des analyses libertaires pour contribuer ensemble à la construction d’une perspective révolutionnaire à l’échelle mondiale.

Le 4 mai 2011,
Relations Extérieures
& Relations Internationales
de la Coordination des Groupes Anarchistes

Coordination des Groupes Anarchistes
La plume noire, 8 rue Diderot , 69001 Lyon
Permanences mercredi 17h-19, samedi 15h-19h
Émission Idées Noires, tous les mercredis 20h-21h sur le 102.2 Mhz de Radio Canut
groupe-lyon [at] c-g-a.org
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