Fukushima, une région hyper dangereuse

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A Fukushima Daïchi, 3 coriums sont actifs, des piscines de stockage encombrées de combustibles usés sont très détériorées, les dernières mesures révèlent une contamination sur le centre du Japon et le pire scénario est encore envisageable. Une partie de la population s’organise pour lutter contre les effets de la radioactivité et pour l’arrêt de l’énergie nucléaire dans leur pays comme ailleurs.

État de la centrale

Après avoir probablement percé dans quelques points les
cuves des réacteurs 1, 2, 3, il est probable qu une partie des trois coriums soit présent sous les cuves et que les bétons des radiers ne seraient plus totalement
intacts (à prendre avec toutes les précautions d’usage). Que ces coriums sont actifs, puisqu’il y a probablement des phénomènes de criticité sporadiques et
donc des émissions neutroniques.

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Les piscines de stockage des combustibles usés contenaient beaucoup d’assemblages. On peut penser qu’elles pourraient être vidées de leur combustible mais pas avant au
moins 3 à 5 ans pour diverses raisons. Le scénario du pire serait, bien évidemment, que l’une s’écroule vers l’extérieur, laissant partir son combustible ! Les Japonais ne sont malheureusement pas à l’abri d’un séisme dans les 4 ans qui viennent...

Source : Synthèse du Portail de la radioprotection pratique et opérationnelle

Le scénario du pire

La piscine attenante au réacteur n°4 est pleine à craquer de combustible : pas moins de 264 tonnes . Or cette piscine est située à 20 m au dessus du niveau du sol, et le bâtiment qui la soutient est en piteux état suite aux explosions répétées dans la centrale.

Dans le cas où elle s’effondrerait, l’IRSN a estimé que la zone d’évacuation autour de la centrale devrait être d’au moins 60 km de rayon, et que plus personne ne pourrait rester travailler à la centrale à cause de la trop forte radioactivité qui y régnerait (plusieurs centaines de Gray/h sur 1 km à la ronde).

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A partir de ce moment, plus rien ne serait contrôlable car les évènements dramatiques s’enchaîneraient les uns après les autres : les autres piscines ne pourraient plus être refroidies puisque les hommes auraient déserté le site. Ce ne serait alors plus une mais 7 piscines qui seraient en perdition. Les 6 autres piscines perdraient leur eau par évaporation au bout de quelques jours ou quelques semaines et les 1700 tonnes de combustible qu’elles contiennent commenceraient à brûler ‒ à ciel ouvert pour 3 d’entre elles. C’est alors l’hémisphère nord entier qui serait touché durablement par un panache hautement radioactif.

Source et suite : Le blog de Fukushima

Estimation de la contamination (actuelle)

Globalement et de façon simpliste, fin juillet 2011, en additionnant l’ensemble des dépôts radioactifs, la contamination de l’océan , la contamination des aliments, les rejets radioactifs en cours, on tombe sur des ordres de contamination de l’ordre de 5 à 7 fois celle occasionnée par Tchernobyl.

Source et suite : Synthèse du Portail de la radioprotection pratique et opérationnelle

Certains préfèrent quitter la région ou le Japon

« Exode des docteurs et des infirmières hors de la préfecture de Fukushima », ici.

Un professeur d’université à Osaka : « Ici, dans la ville d’Otsu, préfecture de Shiga, à 500 Km de Fukushima, nous relevons des doses [de radioactivité ambiante] d’environ 0.15 µSv/h en moyenne, ce qui est environ cinq fois plus ce que le gouvernement Japonais indique. Ma femme ainsi que mes enfants vont quitter le Japon dès que possible car je sens qu’un exode s’approche et il pourrait devenir délicat de placer les enfants dans une école si nous tardons trop. »

Source : gen4

Il est organisé en France un accueil pour les Japonais afin de leur éviter une trop grande contamination.

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Des Japonais luttent contre la radio-inactivité de leurs dirigeants

Des Japonnais pressent les Nations Unies d’enquêter sur la violation des droits de l’enfant, dans la préfecture Fukushima, suite à leur surexposition à la radioactivité : Japanese NGOs Urge UN to Investigate Violation of Children’s.

Des habitants de Fukushima exigent du gouvernement le droit de vivre une vie sans exposition à la radioactivité, le Droit au relogement : Wanted : The Right to Relocate — Growing Radiation Exposure and the July 19 Citizen-Government Talks in Fukushima.

Une manifestation massive a eu lieu à Tokyo le 19 septembre : 60 000 personnes ont défilé, un chiffre qui a largement dépassé les attentes des organisateurs.

Des citoyens interpellent le gouvernement pour son incapacité à gérer la catastrophe nucléaire (texte en francais).

Des laboratoires indépendants prennent l’initiative de contrôler la radioactivité dans les aliments, dans l’eau, l’eau de mer, sur les sols et dans l’urine des enfants contaminés, avec l’aide d’ONG étrangères.

Des universitaires réalisent (de leur propre initiative) des cartes de la radioactivité au Japon, qui laissent apparaître que le centre du Japon est aussi salement contaminé .

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Et des citoyens proposent des testing de radioactivité des aliments dans les centres commerciaux .

- A l’extérieur du Japon :

Des japonais manifestent aussi contre l’énergie nucléaire dans les rues de New York :
Fukushima citizens lobby in U.S. against nuclear energy.

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Ils organisent des conférences anti nucléaires : Fukushima evacuee makes anti-nuclear speech in NY.

A New York certains exigent que les Nations Unies arrêtent de faire la promotion du nucléaire : Fukushima Eyewitnesses to Visit New York, Challenge UN to Stop Its Promotion of Nuclear Power.

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Et s’opposent à l’exportation du nucléaire japonais : Stop the Japanese Export of Nuclear Power.

Perspectives

Il est urgent que l’industrie nucléaire cesse de dissimuler des informations essentielles, que le Japon ne gère plus la catastrophe seul avec l’Areva local, Tepco ; mais qu’une aide internationale protège les japonais de la radioactivité, et s’assure que tout est mis en œuvre pour qu’un accident ne se répète pas sur le site de la centrale.

Quant à la France, au vu du nombre de réacteurs nucléaires sur son territoire, de la fréquence des accidents dans le monde, si elle n arrête pas ses centrales elle est probablement le prochain candidat à la catastrophe. Lyon qui se situe à 25 km de la centrale nucléaire du Bugey pourrait ressembler à Minamisoma à 25 km de la centrale de Fukushima.

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Fin du nucléaire en France : certains sont décidés

La Coordination Contre la Société Nucléaire : Stop-Nucléaire Lyon c/o Librairie la Gryffe, 5 rue Sébastien Gryphe Lyon 7e

STOP EPR Pour des alternatives au nucléaire

Le Réseau Sortir du Nucléaire

La Coordination Stop Nucléaire

Le Collectif Anti-Nucléaire 71

La CNT 69

Peut être l’ACRO

La Coalition pour le Désarmement Nucléaire

Il y a aussi des pistes dans la revue Silence, aussi La Gazette du nucléaire et des idées dans ce memento.

P.-S.

Utiliser Google Traduction pour traduire les articles en anglais.

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