OL : la chute

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OL Land

Le club de foot Olympique Lyonnais fût en 2007 la première équipe de football en France à être cotée en Bourse.

Depuis l’introduction du titre OL Groupe en bourse, la valeur des actions n’a fait que dégringoler : de 24 euros en 2007, le titre s’effondre à 5 euros en juillet 2011. Les petits (sup)porteurs appâtés par le service communication du club se seront bien fait plumer.

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Pour tenter de redresser la barre, l’OL Groupe s’attaque à la spéculation foncière. En 2006, des agriculteurs de Décines vendent (sans connaitre les projets de Grand stade) leur terrain agricole pour une bouchée de pain au Grand Lyon (7€/m2), qui le refile à la Foncière du Montout (filiale à 100% de l’OL Groupe) en 2011 (suivant un accord secret passé en 2007 entre la mairie et l’OL) pour 40€/m2.

Une fois les terrains agricoles vendus par les paysans au Grand Lyon, le Grand Lyon modifie le PLU et transforme les terres agricoles en terrains constructibles ; puis l’OL annonce son projet de Grand stade. Une fois les terrains acquis et le projet dévoilé, la Foncière Montout peut revendre les terrains au prix fort (300€/m2) aux grandes surfaces, commerces et centre de loisirs qui souhaiteraient s’implanter aux côtés du Grand stade. En plumant des agriculteurs avec le soutien du Grand Lyon, OL Groupe et ses filiales peut encaisser une gigantesque plus-value (estimée à 300 millions d’euros) sur la revente des terrains.

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En 2010 le député Étienne Tête avait envoyé un courrier à l’Autorité des Marchés Financiers accusant l’OL d’avoir « sciemment sous-estimé les difficultés de réalisation (du Grand Stade de Lyon) pour favoriser l’entrée en Bourse », il vient d’être condamné mi-mars pour dénonciation calomnieuse. Effectivement, l’OL n’avait rien sous-estimé puisque le montant prévu pour l’achat des terres nécessaires à la construction de l’OL Land était précisément budgété, 4 ans avant la conclusion du contrat !

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Mais la spéculation foncière et les expropriations de paysans ne suffisent pas à redresser le cours du titre en Bourse, la chute continue de mi 2011 jusqu’à aujourd’hui en avril 2012, pour couler comme le Koursk et atteindre 3 euros et quelques centimes.

Malgré les sons des trompettes du Progrès ou du Grand Lyon, qui n’ont de cesse d’annoncer la construction d’un Grand Stade, la situation boursière de OL Groupe est catastrophique et le projet de Grand stade ne se porte pas mieux : les habitants de Décines protestent, les paysans du Montout expropriés protestent, les habitants du Grand Lyon protestent aussi en raison du saccage d’une zone naturelle particulièrement protégée. Quant aux supporters, ils préfèrent largement le stade de Gerland, plus central, mieux desservi et moins cher.

La non-avancée du projet inquiète aussi les investisseurs et les documents officiels de l’OL, notamment son rapport financier semestriel 2011/2012, sont nettement moins affirmatifs que le reste de la com’ du club :

Il est rappelé que le calendrier de construction de ce projet pourrait subir un décalage en raison de la survenance d’événements imprévus, tels que la découverte de sites archéologiques sur l’emplacement du nouveau stade, de contraintes architecturales et techniques liées à un ouvrage complexe, de difficultés ou litiges éventuels avec les entreprises de construction ou encore de défaillances de prestataires. Le Groupe pourrait aussi être confronté à des difficultés pour obtenir le financement nécessaire pour la réalisation du stade. Ces différents événements sont donc susceptibles d’entraîner des retards et des coûts supplémentaires importants, voire, dans des situations extrêmes (telles que l’impossibilité d’obtenir les
financements nécessaires) un risque de non réalisation, qui pourraient avoir un effet défavorable significatif sur la stratégie, l’activité, la situation financière et les résultats du Groupe. Un retard important ou la non réalisation de ce projet sont également de nature à affecter de manière significative les perspectives à moyen terme du groupe.

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Bref, depuis que l’Olympique Lyonnais fricote avec le monde du capitalisme, de l’endettement, de la spéculation, des ententes plus ou moins légales, le club de foot est associé aux expropriations, aux magouilles, aux petits porteurs ruinés en bourse, aux habitants mécontents et aux paysans expropriés. A l’opposé des valeurs d’entraide et de solidarité affiché par les clubs de sport. Avec l’écroulement du titre en bourse, nous assistons au naufrage du club lyonnais de foot, tel le Costa Concordia.

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