Le 4 juillet 2018 : 3e procès correctionnel intenté contre Sophie Perrin !

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Pour avoir voulu poursuivre un doctorat en reprise d’études à l’université Lyon 2 sur le thème des violences sexuelles incestueuses, Sophie subit un véritable harcèlement judiciaire depuis 8 ans maintenant. Nous vous invitons donc à venir le 4 juillet exprimer votre solidarité en étant présent.e.s durant l’audience, au TGI, 67 Rue Servient, Lyon 3e, 8e Chambre correctionnelle, à partir de 14h00.

Cette fois-ci, il s’agit d’une citation directe du Parquet à partir d’une plainte qu’il avait lui-même classée sans suite début 2016, et qu’il re-sort donc, sans éléments factuels nouveaux, deux ans plus tard ! Comment se fait-il que le Parquet, « tout seul comme un grand », re-pioche dans une pile de papiers une vieille plainte de 2016 ? Mystère.

C’est le 3e procès correctionnel infligé à Sophie à l’initiative du Parquet de Lyon et du service ad hoc de l’université Lyon 2 (service juridique). Université où, quelques années avant parcoursup et sa sélection à la tête du CV du client, déjà, Sophie était empêchée par certain.e.s profs de fac de poursuivre en doctorat ses recherches débutées en master sur le thème des violences sexuelles incestueuses.

Comme plus d’une femme sur 100 en France (source : INED, enquête CSF, 2006), Sophie est aussi une survivante de violences sexuelles incestueuses.
Or, c’est ce même Parquet de Lyon qui avait classé sans suite sa plainte en 2002 contre son parent incesteur, coupable d’agressions sexuelles plusieurs fois par semaine envers elle durant plusieurs années. Ce, sans même prendre la peine d’interroger ce dernier, ni se questionner sur l’idée d’auditionner les autres victimes potentielles dans cette famille. Un cas de figure très ordinaire en justice dans ce type de cas. Mais « on » le tolère, cependant que ce sont des militant.e.s qui sont inculpé.e.s et voient leur ADN prélevé suite à des actes militants...à quoi et à qui sert cette « justice » ?

C’est cette même université Lyon 2, qui depuis 2010, a trouvé normal de soutenir, et de revendiquer, le blocage des courriels de Sophie sur son serveur, courriels qui comportaient avant tout une parole et des connaissances scientifiquement construites sur un sujet tabou : les violences sexuelles incestueuses. Et, de manière plus générale, sur la question dite des abus de pouvoir. Voire celle du pouvoir tout court…Y a-t-il des thèmes tabou dans la recherche ? Dans l’Université ?
Un point commun entre ces deux acteurs du harcèlement judiciaire contre Sophie : la gêne occasionnée par la parole sur l’inceste, dès lors qu’elle n’est plus confinée au secret du confessionnal auprès du psy – ceci étant d’ailleurs une conception bien peu thérapeutique du rôle du psy.
Ainsi, le responsable du département d’anthropologie de l’époque, Monsieur Olivier Leservoisier, expliquait par écrit à la police : « Elle nous fait peur. Nous, tout ce que nous voulons, c’est qu’elle soit soignée ».

Gêne ? Le mot est ici faible, lorsque la « gêne » conduit ainsi à une mise hors du champ de la recherche, puis à une criminalisation et tentative de psychiatrisation pour avoir parlé sur le sujet, et, pis encore, avoir produit des connaissances scientifiques dessus !

Ce n’est certainement pas grâce à son parent incesteur que Sophie est fonctionnaire depuis le début des années 2000.

Mais c’est à cause de certain.e.s enseignant.e.s chercheurs/euses « d’une fac de gauche », qu’elle peut perdre son emploi à force de procès pénaux. Ce qui semble d’ailleurs un objectif de leurs plus récentes procédures, étant donné l’insistance qu’ils mettent, dans leur rédaction, à rappeler au Parquet et aux magistrat.e.s que Sophie « est (encore) fonctionnaire » (quel scandale…).

Le véritable scandale, pour nous, c’est la criminalisation de la parole et du travail scientifique d’une survivante de violences sexuelles incestueuses par ces institutions. Ce, alors même que les trop rares travaux déjà existants sur le sujet l’affirment clairement : c’est justement en premier lieu le silence, social aussi bien qu’au sein des familles, qui permet aux violences sexuelles incestueuses de continuer à exister aujourd’hui (Dorothée Dussy, Le berceau des dominations : anthropologie de l’inceste, livre 1. Marseille : La Discussion, 2013)

Nous voyons que, précisément, ces institutions, université et système judiciaire, ont, depuis 8 ans, contribué, de fait, à broyer la parole construite par Sophie sur l’inceste. Le plus choquant est probablement que l’institution judiciaire, censée sanctionner des coupables d’actes criminels et reconnaître leurs victimes, participe activement à ce broyage.

Nous savons pourtant de notre côté, que ce broyage n’est pas uniquement celui de la parole de Sophie en tant que chercheuse, adulte : nous connaissons ces cas encore plus choquants, où lorsque c’est un des parents l’agresseur, l’autre parent, souvent la mère, croit son enfant qui lui en parle. Et finit par être condamnée par la « justice » à de la prison pour avoir voulu protéger cet.te enfant de décisions de justice en matière de garde qui le/la remettait à la merci du parent agresseur en dépit de ces révélations. Le tout, dans l’isolement, sans aucune présence militante en soutien car ce ne sont pas des thèmes « traditionnels » de mobilisation du militantisme progressiste. Pourtant, c’est bien la même institution qui criminalise aussi, par exemple, la famille Traoré ainsi que les syndicalistes et acteurs/trices des mouvements sociaux, et refuse fréquemment de sanctionner les puissants de tous bords lorsqu’ils commettent des actes condamnables, qu’ils soient policiers, politiques, patrons, ou pères de famille par exemple.

C’est pourquoi nous vous invitons, dans un premier temps, à venir le 4 juillet exprimer votre solidarité avec la cause défendue par Sophie, en étant présent.e.s durant l’audience, au TGI, 67 Rue Servient, Lyon 3e, 8e Chambre correctionnelle, à partir de 14h00.

Nous vous rappelons également que vous pouvez encore signer la pétition la concernant si vous ne l’avez pas déjà fait, et qu’une collecte de soutien financier est centralisée par la CGT éduc’action du Rhône (chèques à l’ordre de la CGT éduc’action, Bourse du Travail, 69422 Cedex 03, mention : solidarité Sophie Perrin, ou encore par virement sur le compte de la CGT éduc’action du Rhône : n°10278 07390 00019010840 74 avec mention en objet « solidarité Sophie Perrin. »).

Le collectif Troubles-fête malgré nous proposera par ailleurs prochainement (à l’automne 2018) un débat public sur ce thème du système judiciaire actuel et sur ses relations avec les victimes d’inceste et leurs proches.

P.-S.

Le collectif de soutien : Troubles-fête malgré nous, collectif lyonnais de lutte contre les violences sexuelle incestueuses ; Françoise, anarchiste, ex-membre de la Fédération Anarchiste, enseignante en mathématiques certifiée bi-admissible à l’agrégation (en retraite), bénévole associative « chiens visiteurs », membre de l’AIVI (Association Internationale des Victimes de l’Inceste) ; Sacha, rédacteur et dessinateur pour le journal satirique foutou’art ; Sam, militant à la CGT éduc’action

mercredi 4 juillet 2018

3e procès correctionnel intenté contre Sophie Perrin !

14h00 - 19h30
Tribunal de grande instance, 8e chambre correctionnelle

67 Rue Servient, Lyon 3e

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  • Le 7 juillet à 23:54, par Sophie

    Le procès est reporté au 11 février 2019, sur demande du tribunal : en effet, la juge a estimé que l’affaire était « trop dense et trop complexe » pour être jugée en trois coups de cuillère à pot en tribunal à juge unique. Elle demande donc le renvoi devant un tribunal à trois magistrats.

    Il est à préciser que ceci fait aussi suite à la réception, par ces braves gens, de la pétition, qui a dépassé les mille signataires, demandant précisément à ce que cette affaire ne soit pas jugée en trois coups de cuillère à pot...

    La nouvelle audience est programmée sur un après midi entier (contre 1h30 pour celle prévue en ce début juillet).

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