Les fascistes s’affichent !

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La direction du MSI (Movimento sociale italiano) proclamait dans un article publié en août 1947 dans Rivolta ideale, organe officieux du parti :

« Oui, nous sommes fascistes » .

Il peut être parfois utile de se remémorer certains moments oubliés de l’histoire.
Je vous propose quelques extraits de « Fascisme et grand capital », de Daniel Guérin.

Le Fascisme, le National-Socialisme des années 20 à 45

Le fascisme offre avant tout à ses troupes une mystique volontairement vague. Il préfère susciter la foi plutôt que de s’adresser à l’intelligence. Au-delà d’un certain degré de misère, l’homme ne raisonne plus, mais attend un miracle. [S’inspirant de] Psychologie des Foules de Gustave Le Bon, Mussolini déclare « c’est en recherchant ce qui peut les impressionner et les séduire [les foules] qu’on les conduit ». De même Hitler dans Mein Kampf « gagner la masse réside bien moins dans la proclamation d’une idée scientifique qui s’emparerait d’une foule que dans un fanatisme animateur, et dans une véritable hystérie ».

Le fascisme tente de se définir avant tout comme une religion. La crise du capitalisme plonge les masses dans une consternation, un désarroi, analogues à ceux que devaient éprouver leurs lointains ancêtres devant les forces déchaînées et incompréhensibles de la nature. Et comme la religion traditionnelle est usée jusqu’à la corde, et trop compromise par ses attaches avec les possédants, on fabrique à l’homme un ersatz de religion : c’est toujours le vieil opium : « Je crois en notre Saint-Père le fascisme » (Credo du Balilla) [en Italie]. Le fascisme exhume le culte de l’homme providentiel. D’habiles charlatans s’emploient à faire naître dans l’âme populaire le besoin obscur d’un Messie. « Nous espérons un sauveur qui nous tirera de notre misère, mais nul ne sait d’où il viendra » (le grand patron Thyssen, en 1922, cité par G. Raphaël, in Krupp). Goering déclare Hitler « infaillible ». Rudolf Hess s’écrie « Chacun sait que le Führer a toujours eu raison et qu’il aura toujours raison ». Farinacci et quelques autres en Italie « tissent un mythe » autour de Mussolini « promu au rang d’un demi-dieu » (selon Sforza). La revue Milizia fascista donne cette consigne : « N’oublie pas que le Dieu d’Italie, c’est le Duce ». (Temps, décembre 1933).

A ce culte, le fascisme superpose celui de la patrie. Le chef apparaît comme l’incarnation de la nation : servir la patrie, c’est servir le chef aimé. En Italie « Notre mythe est la nation » (Mussolini, octobre 1922), « Seigneur, sauve l’Italie dans la personne du Duce » (la prière du milicien). En Allemagne, lorsque Hitler prononce le mot Deutschland, il entre en transes. « Adolf Hitler c’est l’Allemagne, et l’Allemagne c’est Adolf Hitler » (serment National-Socialiste, Temps, mai 1935). Mystique de la jeunesse : « les jeunes Allemands seront un jour les architectes d’un nouvel État raciste » (Mein Kampf). « En Allemagne c’est la jeunesse qui gouverne » (Temps, septembre 1935).

La propagande fasciste repose sur des principes [simples]. « La propagande n’a qu’un but : la conquête des masses. Et tous les moyens qui servent ce but sont bons » (Goebbels, in Kampf um Berlin). « Sans ces trois moyens de propagande, l’automobile, l’avion et le haut-parleur, nous n’aurions pu finalement écraser nos adversaires » (Hitler, discours de Cobourg, octobre 1935). Utilisation intensive de symboles (salut à la romaine), visuels (faisceaux, croix gammée), vocaux (Eia Eia Elala, ou Heil Hitler), répétition intensive des slogans (« se limiter à des points forts peu nombreux, les faire valoir à coups de formules stéréotypées », Mein Kampf), puissance magique de la parole, prédilection pour les grands meetings, fascination magnétique des foules, mise en scène à grand spectacle (Hitler peut, personnellement, depuis son pupitre d’orateur, modifier les projecteurs et faire mettre les appareils de cinéma en marche. (Temps, mars 1936) « marcher ensemble », « uniforme-fétiche », etc...

En Allemagne, Hitler avouera rétrospectivement : « Un seul danger pouvait briser notre développement : si l’adversaire, dès le premier jour, avec la plus extrême brutalité, avait brisé le noyau de notre mouvement » (discours de Nuremberg, septembre 1933).

http://inventin.lautre.net/livres/Guerin-Le-Fascisme.pdf

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