Liberté pour Samir Tafer

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Samir a été arrêté lors d’une mani­fes­ta­tion lycéenne en décem­bre 2008, il avait alors 22 ans. Accusé d’avoir « aidé à retour­ner une voi­ture », il écope de 8 mois de prison ferme, qu’il com­men­cera à purger à Lyon Saint Paul

Samir a été arrêté lors d’une manifestation lycéenne en décembre 2008, il avait alors 22 ans. Accusé d’avoir « aidé à retourner une voiture », il écope de 8 mois de prison ferme, qu’il commencera à purger à Lyon Saint Paul. Plus de 3 ans et demi après, Samir pourrit encore en détention !
En effet, depuis son incarcération, Samir enchaîne peine sur peine, à l’intérieur de la taule, dans un inlassable harcèlement de la part de l’Administration Pénitentiaire (l’AP). Depuis 40 mois il doit subir l’hostilité des surveillants et de l’AP qui multiplient les coups bas, les provocations, les insultes racistes, les transferts à répétition.

En 2009, Samir alors en fin de peine obtient une place au Centre de Semi-Liberté de Lyon. Cet aménagement ne durera pas puisqu’il est renvoyé en prison au bout d’une seule journée, au motif de s’être précipité et d’avoir bousculé un maton au moment de sortir. En juillet 2010, il est recondamné à 2 ans supplémentaires dont 14 mois ferme pour une altercation avec un gardien, au Centre Pénitentiaire d’Aiton. En décembre 2011, Samir est incarcéré à Saint-Quentin-Fallavier. Depuis son arrivée, il n’a fait l’objet d’aucun rapport défavorable, il a même trouvé une place de "gameleur" où il sert les repas aux autres détenus. Pourtant, une semaine avant sa libération, un surveillant le provoque en lui refusant son droit de promenade (une seule heure tous les jours). Lorsque Samir le fait remarquer, il est bousculé à plusieurs reprises. Il finit par se défendre en repoussant des deux mains un surveillant : cinq matons lui tombent dessus et il écope de 12 mois ferme supplémentaires.

En plus de trois ans et demi de détention, Samir a connu près d’une dizaine d’établissements pénitentiaires. Régulièrement transféré, il est successivement passé par la Maison d’arrêt de Lyon Saint-Paul, la Maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône, le Centre de Semi-Liberté de Lyon, la Maison d’arrêt de Lyon-Corbas, le Centre pénitentiaire d’Aiton, la Maison d’arrêt de Grenoble-Varces, le Centre pénitentiaire de Moulin-Yzeure, la Maison d’arrêt de Saint-Quentin-Fallavier et, enfin, le Centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse.
Samir subit le harcèlement des matons parce qu’il a osé leur résister physiquement. Dans chaque taule les surveillants se passent le mot, ils s’arrangent pour le briser, mettent tout en oeuvre pour le faire condamner à de nouvelles peines, pour repousser toute possibilité de libération. Aux peines de prison s’ajoutent les procédures disciplinaires : maintien en isolement, passages au mitard, refus de libérations conditionnelles et de sortie sous le régime de la semi-liberté (même quand il possède une promesse d’embauche). Ces dernières semaines, Samir ne recevait plus de courrier ni de linge propre, et sa mère a été interdite de parloir. Pour répondre à cette stratégie d’isolement il a engagé une grève de la faim qui lui a permis de sortir du quartier disciplinaire. Mais Samir est à bout et nous ne pouvons pas le laisser emmurer vivant, soumis comme tant d’autres à l’arbitraire de l’AP.

Ses proches n’abandonneront pas Samir au main de ses bourreaux.
Sa famille a contacté des associations de défense des droits de l’ homme, le Ministère de la Justice, le Contrôleur général des prisons, le Syndicat de la Magistrature, et bien évidement la directrice de la prison de Bourg-en-Bresse où Samir est actuellement incarcéré.
Bien que ces démarches administratives soient déterminantes dans un cadre procédurier, il est important que nous soyons nombreux à mettre la pression pour réclamer la libération de Samir. Il faut que tous ceux qui s’acharnent contre lui sachent désormais qu’il n’est pas seul, qu’il y a du monde derrière et qu’on restera déterminé à l’arracher des griffes des bandes de matons.
Il est plus que nécessaire de constituer une force depuis l’extérieur, capable d’avoir des répercutions sur ce qui se vit depuis l’intérieur. Que le sentiment d’abandon que produit la prison se brise grâce à la force des soutiens multiples et répétés.

Il faut écrire à Samir, lui faire passer des messages de soutien. Nous appelons à un Rassemblement le 6 juin à 14h devant le Tribunal de Grand Instance de Lyon, le plus nombreux possible où il sera l’occasion d’affirmer notre volonté de voir ses parloirs avec sa mère rétablit ainsi que la fin des vexations, brimades et autres provocations à son encontre.

Des proches de Samir

P.-S.

En photo, Samir prenant la parole au mégaphone peu avant son interpellation le 18 décembre 2008.

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